CHAPITRE PREMIER
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Après la défaite des Gallo-Roinaias , à Soissons, Clovis mit cinq ans à soumettfe le territoire qui s'étend de la Loire h la Seine. Selon Fopinion commune Paris tomba aU pouvoir des Francs vers l'an 494. Clovis était encore païen, mab ne devait pas tarder à embrasser le christianisme, f^ongtemps occupé de ses expéditions contre les Alamans, les Suèves et les Burgondes, il ne fixa sa résidence dans aucune capitale. Cependant il résidait h Paris lorsque, après avoir soumis les tribus armoricaines et vaincu laThuringe, il manifesta l'intention d'attaquer les Wisigoths , établis au sud de la Loire (5o6). Ce fut à Paris qu'il assembla ses leudes et leur dit : « Je ne puis souffrir que les ariens possèdent la plus belle et la plus grande partie des Gaules; marchons contre eux, et, avec l'aide de Dieu, soumettons à notre empire le pays qu'ils occupent. » Pour obtenir l'intercession des apolres saint Pierre et saint Paul, le roi barbare fit vœu de bâtir ta leur honneur une basilique dans la ville de Paris , et, comme il se trouvait alors sur la hauteur qu'on appelait
6a HI8TOIRB DE PARIS. (Ut-ett)
ie mont Ijoriitttius ( depuis lors la inonlagne Sainte-Geneviève )y il jeta au loin sa lourde fnuicisque et décida que l'église dont il ordonnait d'avance la construction s*étendrait aussi loin que le lieu où allait tomber cette hache. L*année suivante (5o7) il vainquit Alaric et les Wisigoths, dans la plaine deVougle, et mît ensuite près de deux ans à subjuguer les nations et les cités d'Aquitaine. A la suite de ces expéditions , et après avoir reçu d'Anastase, empereur d'Orient, les titres de patrice, d'auguste et (le consul, il revint à Paris et fit dv cette ville la capitale de son royaume. Ce fut vers le même temps que, pour ao* complir son vœu , il fit commencer la construction de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul ; mais il mourut en l'an 5x1, laissant à ses fils ie devoir de leitniner cette splendide basilique.
Clovis occupe une place considérable dans notre histoire ; il est le véritable ioudateui' de la monarchie française ; à ce titre sa gloire traversera les siècles. Or, de son vivant et dans la période qui suivit sa mprt, les Parisiens ne voyaient en lui qu'un chef barbare, plus ou moins révolté contre RomCy et qui, armé d'une liache à deux tranchants, se faisait obéir et craindre, sans, se faire aimer. Ln autre nom que le sien était alors en honneur et populaire; c'était celui de l'humble bergère de Nanterre, de cette Genovèfe ou Geneviève dont nous avons déjà parlé, et qui s'était révélée aux Parisiens par sa piété et ses bienfaits. On se souvenait que ses prières avaient autrefois préservé Paris de l'invasion des Huns ; on se racontait par quels efforts miraculeux, elle avait procuré des vivres à la ville assiégée^ alors que a le pauvre peuple mouroit de langueur sur le pavé, regrettoit d'avoir