LIVRE II. GHAPITRB I
nique de saint Vincent, que Cliildebert déposa en grande solennité dans Téglise par lui fondée non loin des jardins du palais dos Tlicrmes, et qui fut dédiée sovis le double vocable de Saint- Vincent et Sainte-Croix. Nous ne tarderons pas à lui voir donner le nom de Saint-Germain des Prés. TiC même Childebert, qui cherchait à raclieter ses fautes par des fondations pieuses, orna, embellit et décora splen-didement une autre église de Paris, que l'on croit avoir été 1 église de Saint-Etienne, et sur les assises de laquelle fut élevée, vers la fin du douzième siècle, la grande cathédrale (le Paris. T/liistoire ne doit pas se montrer trop rigoin^euse envers ces barbares, qui, malgré les entraînements de leur nature, et bien que participant aux violences de leurs con* teniporains, tirent des efforts pour étendre sur leurs peuples et sur eux-mêmes le saint empire de la religion. On voit ce qu'ils furent quoique chrétiens * qu'auraient-ils été s'ils étaient demeurés ensevelis dans les ténèbres du paganisme? «
Peu de temps avant sa mort Childébert accorda de vastes possessions h la basilic{ue de Saint- Vincent et Sainte-Croix; puis, étant décédé , il fat inhumé dans cette même église. Plus tard sa femme Ultrogotlie et ses dmx fdles, Chroteberge et Chrotesinde, furent ensevelies près de lui. Sur la tombe ou Childebert était représenté, tenant d'une main le modèle de Téglise, de l'autre le sceptre royal , on traça cette inscription beaucoup trop laudative : « Il triompiia des Allobroges , des Daces , du roi des Brétons, des Groths et de l'Espagne; il fonda le palais f aiila) de Saint- Vincent, enrichit les temples de Dieu , distribua de Targent aux pauvres, et accumula ainsi dans le ciel des trésors éternels, » [De regaliabbatia Sancti'Germani, )
70 HISTOIRE DE PARIS. (m-62&)
Sons le règne de Ghilddtiert, saint Germain étant évê«
que de Paris, et en Tannée ■^j'], on tint à Paris un concile dont les actes nous ont été transmis. Quatorze ëvéques ou archevêcfues y assistèrent, sous la présidence de Probîen, archevêque de Bourges, et parmi eux il s'en trouva huit que rÉglise a mk au rang des saints. Cette assemblée travailla à remédier à différents désordres contraires aux immunités de l'Eghse ou dus a la violence des Francs. Excommunication fut prononcée contre ceux qui usurpaient les biens de PÉglise par ordre ou avec le consentement du roi. Les hieus ecclésiastiques dont les leudes et les princes francs s'étaient emparés, depuis Finvasion, devaient être restitués, alors même qu'ils seraient passés aux mains des héritiers des détenteurs. Défense fut faite de contraindre des vierges ou des veuves à contracter mariage malgré leurs parents. Exconununication fut prononcée contre quiconque usurperait Tépiscopat par Tautorité du prince et sans l'aveu du métropolitain ou des autres éveques de la province. Ces canons, rédigés au temps de Cliildebert, furent publiés sous le règne de son sucesseur, Glotaire^ et confirmés par une constitution de cç prince, à l'exception de celui qui interdisait aux rois de nommer des évéques au . mépris des formes canoniques.
Peu d'années avant la tenue du concile dont nous venons de résumer les actes, une autre assemblée du même ordre avait eu lieu, à laquelle s'étaient trouvés réunis vingt-sept évéques. Il s'agissait de juger Saffarac, évêque de Paris et successeur d'Amélius. Saffarac s'étant reconnu coupable de plusieurs crimes fut déposé par le concile et relègue dans un monastère. On le remplaça par Ëusèbe, qui ordonna prêtre Godowalde (saint Goud)eteutà son tour