‹ Histoire de Paris, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 24 sur 91 · LIVRE* If. CHAPITRE III. IO · texte numérisé non relu

LIVRE* If. CHAPITRE III. IO

du pont Notre-Dame et au coin septentrional de la rue du Haut-Moulin. Cette église, plusieurs fois reconstruite, a été démolie en 1810 pour fiiire place au quai de la Cité. A coté et au sud de Saint-Denis de la Chartre on remarquait la chapelle Saint-Symphorien ou saint-Luc, ou, pour mieux dire, la chapelle de Sainte-Catherine, sur* l'emplacement de laquelle l'autre ne fut élevée que plus tard. Dans Tespace que termine au nord le Palais de Justice, et qui, vers le sud, s'étend aux ahords deTlIôtel-Dieu, on rencontrait le quartier ([u'on appelait alors la Ceinture de sdint Éloi ; il y avait là un monastère que ce saint avait fiiit bâtir vers Tan 63a, et où il avait placé trois cents religieuses sous la direction de sainte Aure. On y remarquait également un oratoire dédié à saint Martial, et qui, à une autre époque, reçut le nom de Saint-Éloi. A l'extrémité du Marché-Neuf s'élevait une chapelle baptismale, d'abord dédiée à saint Jean, et qui reçut plus tard le nom de Saint- Germain le Vieux. L'auteur de la vie de sainte Geneviève dit que la patronne de Paris y i*essembla un grand nombre de femmes, comme dans un asile sûr, lorsqu'on apprit la marche d'Attila vers le territoire des Parises. Vis-à-vis de b cathédrale, à Tangle formé par la rue Saint*Christophe et les bâtiments du parvis Notre-Dame, on remarquait sous les Mérovingiens une petite église placée sous l'invocation de Saint-Christophe ; il est douteux, comme plusieurs l'affirment, qu'elle servit de cliajjelle aux comtes de Paris; ainsi qu'on Ta vu plus haut, la charte de Vandemir nous apprend qu'à cette époque elle était la chapelle d'un monastère de filles.

L'ile de la Cité était ceinte d'une muraille flanquée de tours romaines; elle communiquait avec les deux rives

loâ UlSXÛiaS DE PARIS.

de la Seine par deux ponts , qui n^ëtaient pas dans le même axe , et aux extrémités desquels se trouvaient des ouvrages de défense. A l'extrémité occidentale, et comme adossée au palais des rois mérovingiens, on remarquait Tespèce de citadelle qu'où appelait la Tour. Vers la région septentrionale deTile, non loin du lieu oii, de nos joursy on construit le tribunal de commerce, et à l'entrée du quai aux Fleurs, ïiy avait une prison que Fauteur des Gestes du roiDagobert appelle prison de Giaucin, carcer Glaucim, « U est très> présumable, dit judicieusement Dulaure, mais il n'est pas certain qu'il existait, du temps de la domination romainei sur la rive de la Seine, prèsduPont-au-Change, et surrem* placement du quai aux Fleurs, une prison dont parle Grégoire de Tours ^ 6/ e^^. Tut on. Uisioria, lib. vm, cap. 33), et que Tauteur des Gestes du roi Dagobert nonune atrcer Glaueini^ prison de Glaucin ; elle était voisine d'une porte de Paris Ces ta Dagoberti régis ^ cap. 33). Je place cette prison sur le quai aux Fleurs parce (|ue deux églises, celles de Saint-Denis et deSaiot-Symphorien , à cause de leur voisinage de cette prison , ont porté le surnom tle la Quutre^ mot qui signifie prison, et que ces églises étaient situées près de ce quai. Je place cet établissement pendant la période romaiDC parce qu'on a la preuve de son existence peu de temps après cette période^ que les premiers rois francs n'étaiadl guère en usage de fiûre construire des édifices, et que le mot Glaucin est latin.

<c Une tour voisine de cette prison., ou qui en faisait partie, se nomma d'abord tour de Marque fas , puis iour Roland, »

Les faubourgs de la riveg^udie, vers le déclin de la période mérovingienne,' devaient être séparés ie« uns des

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antres par de vaMes espaces livrés à la culture , tels que le

clos du Chardonnet, le clos Bruno, le clos l'Évcque, les domaines dépendant des abbayes de Saint-Victor , de Sainte* Genevièfve, de Saint-Grermain. De lom en loin on rencontrait des groupes d'habitations, des chapelles, disséminées presque au hasard sur les hauteurs ou dans la vallée. Le palais des Thermes continuait de servir de résidence d'été aux héritiers de Clovis, lorsque les plaisirs de la chasse ou le besoin de distractions pacifiques ne retenaient pas ces princes dans leurs maisons de plaisance beaucoup plus éloignées, telles que Chelles, le Vaudreud, Nogent. La rive gauche de la Seine , à l'occident du palais des Thermes et de l'abbaye de Saint-Oerrrtain, était presque entièrement couverte de prairies marécageuses ; ces vastes espaces f tantôt verdoyants, tantôt à demi inondés, cor* respondaient à ce que nous appelons aujourd'hui le faubourg Saint-Germain, le Gros-Gaiilou la plaine de Grenelle. En se rapprochant de la Cité on rencontrait la chapelle de Saint-André, la chapelle de Saint-Séverin, l'église de Saint-Julien le Pauvre, le bourg et l'oratoire de Saint- Marcel , la chapelle Saint-Jean de latran , et , en se rapprochant des Thermes, la chapelle Saint-Benoît et un hôpital qu'on nommait l'aumônerie de Saint-Benoît.

Sur la rive droite de la Seine les faubourgs et les villages de la banlieue étaient déjà beaucoup plus considédérables et plus importants que ceux de la rive gauche. C'est une question controversée que de savoir si les administrations mérovingiennes les avaient entourés d'une muraille. Déjà, à coup sur, on pénétrait dans ces quartiers de Paris par des portes spéciales , notamment par la porte des fiagaudes, mais il n'est pas bien établi que ces ouvrages

IlO HISTOIRE DE PARIS.

fussent reliés entre eux par une enceinte. Quoiqu'il en soit, à rextréinitë sq^tentrioiiale du Grand Pont s'élevait une forteresse dont Î1 ne nous reste que le souvenir, et qui occupait l'espace appelé de nos jours place du Chàtelet.

Sur la gauche de cette forteresse^ dans la campagne, on rencontrait un village considérable, déjà appelé bourg de Saint-Germain , et qui entourait la vieille église de Saint- Germain le Rond 9 plus tard appelée Saint-Germain l'Auxerrois. Dans Torigine cette église, située sur la route deParis àNanterre, n'était, dit-on, qu'une simple chapelle, un oratoire construit au lieu où saint Germain d'Auxerre, se trouvant en voyage, s'arrêta pour opérer un miracle sous les yeu.v du peuple de Paris. Plus tard , vers l'an 58 1, Ghilpéric 1"* agrandit cette cliapelle commémorative et y fit élever une église que, dans le testament de Bertram, évéque du Mans, on appelle la Basilique neuve, Basilica nopa^ vraisemblablement par opposition avec T église Saint-Vincent et Saint-Germain, déjà construite sous Chil- * debert. C'est là, selon nous, l'opinion la plus probable ; uous la dégageons d'une multitude d'hypothèses mises en avant parles érudits et les antiquaires les plus respecta* bles, qui ne sont nullement d'accord sur l'origine et sur la fondation de Saint -Germain l'Aïuerrois.

Comme pour augmenter la confusion, cette église, bâtie sur l'emplacement de l'oratoire élevé en mémoire de saint Germain d'Auxeri'e , fut destinée par Ciiilpéric 1" à servir de sépulture à saint Germain de Paris, sur le tombeau duquel s'opéraient chaque jour de nombreux miracles. Les traditions populaires lui attribuèrent dans la suite le nom de Saint-Germain TAuxerrois, et d'ailleurs les restes mortels de saint Germain de Paris n'y furent point

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transportés, selon le désir de Chilpéricy mais ils furent et deraeurèrentinhumés dans Téglise Saint-Vîntsent et Sainte» Croix, qui, à son tour, reçut le nom de Saint-Germain, et que nous appelons aujourd'hui Saint-Germain des Prés.

Ainsi, sur la rive gauche, à quelque distance de la résidence mérovingienne, existait l'église fondée par Cliildebert » et que Ton s'habituait déjà à nommer Saint- Gennain des Prés, et, sur la rive droite, dans le bourg de Saint-(iernMiin d'Auxerre, l'autre église, bâtie par Ghilpéric P% et que, pour la mieux distinguer de Tautre, on af^lait Saint-Germain le Rond (i). Qu'on nous

(i) Le coq» de saint Germain de Paris avait été inhiuné dans Pocmloire de Saint-Symphorien, qui attendit i Pégfise Saiot-Yinoent (Saint- Germain des Prés). Cette chapelle était trop étroite ponr contenir Taf-

fluciice des fidèles, et Chilpéric l"" fît bùtir une basilique où les reliques du saint devait'iil être transportées. Bertram, évèque du Man<, qui avait prévu cette translation , voulut que la donation mentionnée dans son testament suivit le corps de saint Germain : Si snnctam corpus ejus in bftsilica nova ... si concesserint ut nnhi (ransferalur villa ipsa uhi semptr ejus corpus Juerit^ sempcr ihi deserviat. L'église construite sous Tinvocation de saint Germain, évéque de Paris, est donc bien distincte de Saint-Vincent et de la chapelle où fut inhumé saint Germain, et cette basilique est donc évidemment celle qu'on nomme de nos jours Saint- Germain PAuxerrois.

Tons nos historiens et Unis lesdipièmesparlent de cette église sans lui appBqaeraaGnn surnom} on Pappdie simplement Pégiise de Saint-Germain. Dnns une charte de 691 Vandemir et Ercamberte distinguent Pégiise de Saint-Germain de celle de Saint-Vincent on Saint-Germain. Dans la Vie de saint Éloi, saint Ouen l'appeUe basilique de Saint-Germain oonfisssenr ; au neuvième siècte on la nommait SaUtt-Gtimaim U Rond, rond, parce que sa forme était circulaire ; Âbboo, moine de Saint-Germain des Prés, dans son poème sur le siège de Paris par les Normands, en 886, raconte comment ils quittèrent Saint-Germain d'Auxerre . passèrent la Seine et sVo vinrent piller et brûler Pabbaye de Saiut-Germaio des Prés; il dit :

M (ieriuaui TiTclis c oDteœ liant Ultora saocU, «> i^^ui>ocîque k-giiiil »

aisToiRB m PARIS. m-rm

pardonne d'insister sur ce point; nous avons à cceur d*étre bien compris et de laisser dans Fesprit de nos lecteurs une idée exacte des monuments de cette époque.

L'évêque de Paris saint Landri, dont nous avons rappelé la popularité et les bienfaits, fîit inhumé, en 656 , en l'église Saint-Germain (TAuxerrois), qui servait dès lors de paroisse aux villages de la banlieue septentrionale, situés sur les emplacements occupés plus tard par les quartiers des Bourdonnais, des Halles et du Ijouvre. A Fautre extrémité de la même banlieue, dans le bourg de la Grève, on remarquait , dès le sixième siècle, et sous l'épiscopat de saint Germflûn, une petite église dédiée sous le vocable de Saint-Germain et de Saint-Protais. Fortunat, qui lui donne le titre de basilique, parie de deux miracles qui y furent opérés sous ses yeux par Saint-Germain. Le testament d'Ërmeutrude , cité par D. Mabillou, mentionne cette basilique en ces termes : Basilicœ domini Gen^atii^ annulo aureo^ nomen meum in se habentem script um y prœcipio. On ignore à quelle époque cette église fut érigée en paroisse, mais il est vraisemblable que, durant la période mérovingienne, elle n'était qu'une chapelle desservie par quelques clercs de la cathédrale. Il est superflu de dire que l'église actuelle de Saint-Gervais et de

« Ib abandonnent le rivage de Saint-GermaÎD le Rood et occnpent « celui qni doit soo nom à Paotre GemudD, » Dans, les bulles de Benoit Vn, en 983, et d'Aleiandre III, en ii65, elle est nommée abbatia Saneti Germant Botundi. L'abbé Lebeuf mentionne le même surnom eos'étendant seulement sur son origine. • On la nomma Sanctus Ger-

• manus Teres, dit-il, soit à rause de la forme dont I église était cons- ■ truite relativement aux baptistères, qui étaient presque toujours ronds,

* soit à cause que le cloître de cette église était entouré de murailles en " forme ronde, comme quelques anciens châteaux.

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Saiat-Protais, édifice dont la date est beaucoup moins an» denne, a été construite en partie sur remplacement de la

chapelle primitire, et, selon toute apparence, sur le cimetière qui y était attenant. La basilique mërovingienii0| comme on le verra plus tard , Ait d^ruite , dès la se^

conde race , par les pirates septentrionaux qui assiégé^ rent Paris.

Tout à &it au nord de la banlieue , après avoir traversé

de vastes espaces occupés par des marais, des champs cultivés etdesbois,onrenconlraitlacluipeUe deSainlt-LaureiM:, autour de laquelle se groupaient plusieurs habitations rurales . L'origine de cette petite église est peu connue; on sait néanmoins qu'elle eaûstait déjà au sixième siè^^ ; mais elle n'était pas située au lieu où s'élève l'église actuelle du même nom. Elle avait été fondée sur l'emplacement où existe aujourd'hui la maison de Saint-Lazare , et en fiioe d'elle, de l'autre côté de la route on avaitétabliun cimetière. Dans la même direction, mais à une moins grande distance de la Seine, on remarquait la basilique de Saint-Martin des Champs. La tradition rapporte que, vers l'an 385, cet illustre patron de la Gaule, ayant traversé Lutèce , guérit miraculeusement un lépreux près de cette ville. Pour perpétuer la mé moire de cet événement on avait élevé un humble oratoire formé de branches d'arbres , et qui existait encore au temps de Grégoire de Tours. Plus tard on construisit vers le même lieu une abbaye et une église.. On ignore également la date précise de cettie fondation; on voit seulement que , dans une charte de l'année 629 , Dagobert accorde une foire à l'abbaye de Saint-Denis et en fixe le champ sur le chemin qui conduit de la Cité dans un lieu nommé le Pont ou le Pas .Saini^Mortin*

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