‹ Histoire de Paris, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 25 sur 91 · HIST. DE PARU. — T. I. S · texte numérisé non relu

HIST. DE PARU. — T. I. S

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Childebert 111, dans un diplôme de l'an 710^ {)arle de cette

foire de Saint-Denis, établie entre les basiliques de Sainte Laurent ei de S€UiU»Martin{i), £ase rapprochant encore de la Seine , et au midi de Fabbaye de Saint-Martin , on rencontrait la petite chapelle de Saint-Pierre, oratoire qui existait déjà au cinquièmesiède. Nous avons déjà vu que saint Médéric ou saint Merry, mort vers Tan 700 de Tère chrétienne, avaij, été inhumé dans cette modeste chapelle, qui ne tarda pas à de vemr célèbre parles miracles opérés au tombeau du saint. Sous la seconde race cet édifice religieux fut agrandi et dédié sous le vocable de SainL-Men y.

Les archéologues se plaisent encore à yittter la chapelle souterraine qui fut construite en souvenir de la crypte où le tombeau de saint Merry avait été déposé ; ce monu-

ment vénérable avait été longtemps abandonné à l'oubli , et de nos jours il servait d'atelier aux lampistes et aux balayeurs de l'église. On Ta soigneusement restauré. Dans son état actuel il constitue une chapdle carrée; sa

(i) Bréqnigny, IHplonuua, Ckartm, i3i et 389.

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voûte se divise en quatre travées , dont les nervures retombent d'une part sur une colonne centrale ^ de Taittrç sur des consoles ou sur des colonnes engagées. Les cle& sont sculptées de rosaces , les chapiteaux, de feuilles de vi* gne ; le jour arrive par de petites ouvertures à grilles ser« rëes. Quelques pierres tombales, usées par le frottement, subsistent encore çà et là dans le dallage.

Vers Pan 633 , sous l'admiaistration de saint Éloi , qoi fut appelé en 6^0 à l'évêcbé de Noyon , on établit, au nord de Paris, et à Test de la basilique de Saint-Gervaiset Saint*Protai8 , un cimetière qui fut affecté à la sépulture de la communauté des religieuses de Saint-Martial . Une chapelle, dédiée sous l'invocation de Saint-Paul ^ fut construite dans ce dmetière , et on l'appelait Saint-Paul des Champs. Plus tard elle fut érigée en église paroissiale. Autour d'elle se groupèrent successivement des maisons et des fermes dont Tagglomération forma le bourg de Saint-ÉIoi. Des champs et des jardins cultivés, qui s'étendaient à Torient de ce village et jusque sur les bords de la Seine, portent, sur les anciens monuments et sur les chartes la dénomination de Cultures Sain t-Éloy. £ntre ces champs et le fleuve s'étendait une lisière de terres basses, sujettes aux inondations et ordinairement mat^cageuses.

On se tromperait fort si l'on attribuait aux édifices civils et religieux de cette époque, aux dénominations de bourgs, de villages, de quartiers, de rues et de ville que nous sommes contraint d'employer, la signifîcation ou laspect qu'ils ont aujourd'hui, à l'heure du plus splendide épanouissement de la grande capitale. Sous les Mérovingiens, eu dépit de l'importance relative qu'avait Paris, comme

' place de guerre et dté commerciale et comme résidence

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des rois de Ncustrie, la ville était laide , mal bâtie, presque entièrement dépourvue d*édilité et de police, et elle présentait le triste spectacle d'un amas êe maisons esdguës, inégales, sombres, et pour la plupart construites en bois, à travers lesquelles circulaient des rues infectes, étroites, fangeuses, qui n'étaient point pavées, et qui n'étiûent dégagées des eaux pluviales ou ménagères par aucun système d*égout on de balayage. On se débarrassait tant bien que mal des immondices, mais nous ne voyons nulle part que la communauté des citoyens eût à sa charge l'entretien des raes et des places publiques. Évidemment quelques mesures • de précaution étaient prises dans ce but, faute de quoi Paris aurait été promptement inhabitable^ mais Tabsence de règlements sérieux et impératifs devait fitvoriser les plus graves abus et compromettre au plus haut degré la santé du peuple.

Paris, connne la plupart des villes gallo-franques, avait

conservé, sous la domination mérovingienne, quelques débris des institutions autrefois accordées aux cités romaines, et, entre autres, la curie, les magistratures électives, les assemblées municipales. L'administration était dirigée par un ofEcier nommé par le roi; tout se fiiisait sous sa surveillance, et, en cas d'abus tyrannique ou d'excès de pouvoir, l'évêque de la ville, légitimement investi de la mission de défenseur, s'adressait au roi pour obtenir la réparation des injustices, l'adoucissment de l'oppression . Les princes mérovingiens accueillaient ces i*éckmations avecune respectueuse condesoendaaoe; mais les leodes et les préposés du fisc se montraient plus durs et plus intraitables et se résignaient difficilement à épargner les habitants on à remacer aux spoliations.

im-T») LIVIUB 11. GHAPITIIE |11. 1|J

L'industrie et le Gommerce ii*avaient point encore été

dépouillés de garanties et de protection.

U 7 avait des foires dans les Gaules sous la domination romaine, et il y en eut encore après. Le roi Dagobert en

fonda une à Paris, dans un lieu situé entre Téglise Saint- Martin et celle de Saint-Laurent, et, comme on Ta vu, nommé le Petit-Pàs ou le Petit-Pont de Saint-Martin (Pacellus sancli Martini), et il en céda les revenus à Tafabaye de Saint-Denis, qu'il venait de fonder. roi Dâgobert, dansFëdit de fondation de cette foire, ordonne à tous ses officiers de ne porter aucun enïpc chement à ce marché, soit dans la cité de Paris, soit au dehors,, et de ne percevoir sur les marchandises transportées aucun des droits en usage, dont il fait le dénombrement. Parmi ces droits nous en trouvons plusieurs qui sont relatifs à la navigation sur la Seine; il y avait alors : des droits de navigation ; 2** des droits qu'on percevait sur le port au débarquement des marcliandises; 3® des droits de péage qu'on payait en passant sur ou sous les ponts , et 4^ enfin d'autres droits qu'on payait encore pour être autorisé à laisser les barques sur le rivage.

il y avait en outre un droit de passage, qui devait être perçu sur les marchandises qui passaient par la Gîlé pour se rendre au champ de foire. Ce dernier droit se prélevait au bénéfice de la caisse municipale ou servait aux embellissements de Paris.

Il devait en être de même de certains autres droits touchant te mélange des vins et du droit dit laudaticos, qui ne peut se rapporter qu'au droit perçu pour l'annonce ou plutôt pour le cri ou criage des marchandises. On nous • dispensera d'entrer un peu avant dans l'examen de ces di-

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vers droits, dont nous ne Toulons ni justifier ni contester

l'utilité. Il y avait des bateliers pour opérer le transport des marcliandises par eau, et ces bateliers, que nous trouvons sous le roi Dagobert, étaient évidemment les successeurs

de ces nautes que nous avons trouvés existants dès le règne de Tibère.

En résumé on se figure ce que pouvait être la condition des Gallo-Romains sous la domination brutale des leudes francs , toujours avides d'exactions et de pillages ^ et qui, au mépris des ordonnances royales et épiscofMles^ ne connaissaient d'autre droit que la force. L'histoire se tait sur les souffrances journalières que devait endurer la population indigène, etc*estàpeine si elle permet d*en supposer l'existence. Il serait i>eut-être téméraire de suppléer à son silence^ mais on peut se faire une idée des exactions et des violences qui signalèrent la prise de possession de notreancienne pat rie par quelques bandes barbares. Toutefois, comme les vainqueurs se composaient de quelques milliers d'hommes , on sent que le ûéau de leurs déprédations n'atteignit qu'une portion des yaincus. Ces derniers ne furent point réduits en esclavage; on se contenta de les placer dans une condition sociale inférieure à celle des conquérants; ils conservèrent les biens immobiliers qu'on ne leur avait pas arrachés dès le premier jour ; les lois étendirent sur leurs personnes et sur leurs propriétés une protection moins forte sans doute que celle qui garantissait les Francs, mais enfin on tint compte de leur vie et de leurs fortunes , et, au bout de quelques années^ radoucissement des mœurs des barbares y opéré par leur conversion à la foi catholique, ne laissa subsister entre les vainqueurs et les vaincus qu'une inégalité humiliante sans doute pour œux-d, mais

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