‹ Histoire de Paris, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 26 sur 91 · OM^ LIVRE H. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

OM^ LIVRE H. CHAPITRE III

pourtant toléraUe. Ainsi le Gallo^Rooiain fut jugé un homme vil ; son sang fat estimé une fois moins cpie celui d'un Franc , et les lois de l'époque consacrent à chaq[ue page cet abaissement des vaincus (i).

Quant à la population de race franque , beaucoup moins nombreuse que l'autre , et dont il faut aéamnoios tenir compte , elle avait ses lois et ses coutumes propres. Dans le royaume de Paris, comme dans tout le territoire «ivahi par les Francs , les terres placées âous le droit germanique se divisaient en plusieurs classes :

Les alleux, domaines libres et indépendants; les bené» fices j domaines concédés par les rois ou les cliefs moyennant certaines redevances personnelles \ les terres du troi- . stèmeordre, appelées tribukUres parce qu'elles se trouvaient assujetties envers un supérieur à un tribut ou à une

(i) « TiU-e 43, § l. Le meartrier 4*im FhMic Hbre {ingemwtm) on de tout antre étranger {barbfirum) ^finl soue la loi salîqve sera oondamné à payer deux cents sous.

M § II. Le meurtrier d'un Franc antrusliou sera condamné à payer six • ceutâ sous».

« § III. Le loupible du meurtre d'un Gaulois convive du roi sera condamné à paver trois cents sous.

«« S IV. Tout coupable d'un meurtre sur la personne d'un Gaulois propriétaire, c'est-à-dire de celui qui possède des terres en propre dans le canton où il lait sa résidence, sera condamné à payer cent sous,

» § V. Le meurtrier d'un Gaulois tributaire sera condamné à payer quarante-cinq sous.

« Titre i5. Le Gaulois (jui aura dé|K)uillé un Franc sera condamné à payer soixante-deux sous. Le Franc coupable du même crime envers un Gaulois sera condamné à payer trente sous.

« Titi e 3/». Le Gaulois coupable d'avoir exercé des violences arbitraires sur la pei-soune d'un Franc sera condamné à payer trente sous. Le Franc coupable du même crime envers uo Ganloii sera^coodamoé à payer quinze sont. » (Uti salique, )

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servitude. Ceux qui en étaient les cultivaleun ou colons

étaient tantôt des fermiers libres, obligés à une redevance «nnuellei tantôt des esclaves attachés à ÏAglèife, c'esuà» dire à la terre , et qui devaient k leurs maîtres , sans aucune réserve, le fruit de leur travail.

Cette division des immeubles avait pour effet de créer diverses classes de personnes, savoir :

Les propriétaires à' alleux; ceux-ci ^ ne devant rien à peiMnne, ni tribut ni hommage, étaient tous autaAt de petits souverains possédant au même titre que le roi et aussi nobles^ quoique moins puissants, que lui. Quant à ceux qui ne possédûent que de ]^ts allent sans impor* tance , ils formaient moins une aristocratie qu'une classe moyenne, dite des hommes libres ( ahrinumu^ Haciheah' bourgs ) ; • ■

Les ùénéficiers, noble^e secondaire , et vassale soit du roi , 8oit des propriétaires de terres saliques ;

Les tributaires ou colons , sorte de fermiers jouissant souvent d'une grande liberté personnelle, mais qui, en tant que cultivateurs, étaient assujettis à des trî> buts ou impots envers les propriétaires d*alleux ou de bénéfices ;

£nfin les esclat/es^ appelés plus tard serfs ^ dont la condition variait.

Les Gaulois et les Francs , lorsqu'ils étaient investis de dignitéset décharges, ou possesseurs de bénéfices, prenaient les noms de leudes, de fidèles et à'arUruslions, titres étaient spécialement donnés à ceux qui , soit comme courtisans, soit comme frères d'armes, suivaient les rois dans leurs palais ou à la guerre , et aussi étaient-ils encore qualifiés de compagnons.

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Les rois mérovingiens, bien que sans cesse appauvris par Tavidité des leudes et par les donations £Eiites aux églises, possédaient environ cent soixante maisons royales. Ces châteaux n'étaient que de riches métairies, grossièrement construites, mais abondantes en cultivateurs, en troupeaux et en productions de tout genre. Les rois fainéants IMissaient leur vie à se promener d'une ferme à une autre, et sur toute la route ils étaient hébergés, eux et leur suite, par les villages, lescliàteaux et les abbayes, qui ajoutaient encore à cette onéreuse hospitalité quelques riches prâents.

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