‹ Histoire de Paris, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 28 sur 91 · HISTOIRE DE PARIS. (NMVl · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS. (NMVl

bre. Ils tiendront chaque fois des jdûds oh se réuniront les comtes des comtés voisins.

« Chaque fois que l'un de nos envoyés observera^ dans sa légation, qu'une chose se passe autrement que nous ne TavoDS ordonné, non-seulement ii prendra soin de la réformer, mais il nous rendra compte avec détail de Tabos qu'il aura découvert.

« Que nos envoyés choisirent dans chaque lieu des échevins, des avocats ( adpooati^ lieutenants des comtes ), des notaires, et qu'à leur retour ils nous rapporteut leurs noms par écrit.

« Partout oh ils trouveront de mauvais vicaires (utcarii^ vicomtes ), avocats ou centeniers, ils les écarteront, et en choisiront d'autres qui sadient et veulent juger les aflkires selon Técpiité. S'ils trouvent un mauvais comte ils nous en informeront. »

On voit que, par cette sage création, l'empereur pouvait se faire représenter jusqu'aux extrémités de ses vastes domaines et pourvoir aux besoins qui, autrement, lui seraient demeurés inconnus. Dans un empire où tout appelait (les réformes et la révision des lois, le système monarchique acquérait de l'unité, et tâchait de prévaloir contre les obstacles que soulevaient sans cesse la barbarie des mœui's, la diversité des langues, des coutumes^ des origines, et l'absence de toute communication r^ulière avec le pouvoir central.

L'un des plus célèbres établissements de Charlemagne est celui des écoles, où Ton enseignait la grammaire, l'arithmétique et le plain-chant, science alors fort en honneur. Cliaque monastère, chaque maison épiscopale en devait avoir une. Charlemagne ne dédaignait pas de chanter

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lui- môme au lutrin et surveillait les clercs qui s'acquittaient mal de cet office. Il avait institué dans son paUûs me espèce d'académie qui devint le modèle de plusieurs autres, et dont les principaux membres étaient Pierre de Pise, Angibert et Alcuin, savant anglais plein de savoir et de vertu. Charlemagne lui-même prenait part aux tra* vaux de cette société, sans distinction de rang et de position sociale. Chacun des académiciens s était donné un nom tiré de l'histoire ou de l'Ancien Testament; le roi des Francs avait choisi celui de David. Le sujet le plus ordi* naire de leurs dissertati<»is connues était la dialectique, la rhétorique et l'astronomie. Il est inutile d'ajouter que ces sciences en étaient encore a leurs premiers pas, et les monuments de répoqoe qui subsistent encore attestent quel était alors, en dépit du génie de Charlemagne, l'empire de la barbarie et de l'ignorance.

L'institutioD de ces écoles, dans les principaux diocèses et dans les principales villes , a donne lieu à cette assertion que Charlemagne avait le premier fondé l'Université de Paris. Rien de moins établi que cette tradition, qu'aucun monument ne justifie. Le premier qui ait enseigné public^uement à Paris est un moine de Saint-Germain d'Auxerre, nommé Rémy ; il donnait des leçons de dialectique et de musique. Cet exemple, celui d'Alcuin, celui de Jean Scot et de plusieurs autres religieux, montre que les moines, ainsi que les clercs séculiers, étaient admis à professer dans le palais et dans les autres écoles. Les monastères de Saint-Denis et de Saint-Germain des Prés furent , sous la seconde race, les lieux les plus célèbres où la jeunesse put aller acquérir de Tinslruction. Uilduin, Hincmar, Usuard, Abbon, Aimoin fiirent élèves de ces écoles illustres.

ia8 HI9fOimB DB FAAIS. (191471)

Lors de son passage à Paris, en Tannée 800, Gharlema{;iie était aeoompagiië de ta fiUe Théodrade, qui parut en cette occasion, disent les historiens , a^ec une magnificence toute royale. Cette princesse se retira peu de temps après dans un cloître. £n Tan 8o3 Gharlemagne adressa à Étiennc, comte de Paris, et qui avait succédé à Gérard I l'ordre de publier plusieurs capitulaires ajoutés k la loi salique. Par un capîtulaire de 8i3 il réforma et organisa la police du guet de Paris, ordonnant au comte de punir d'une amende de quatre sous ceux qui , faisant partie de cette troupe , auraient manqué à leur devoir et enfreint la discipline.

Le moinedeSainl-Gall, dans une chronique plus curieuse qu*exacie, raconte le fint suivant, qui attesterait le zèle dont Gharlemagne était animé lorsqu'il s'agissait des écoles et de la jeunesse. « Le glorieux Charles , dil-il , revenait dans la Gaule après une longue absence; il donna ordre qu'on lui amenât les enfants qu'il avait, confiés, dans Técole de Paris, à TÉcossais Clément ; il voulut qu'on lui montrât leurs lettres, leurs vers, leurs poèmes, leurs discours, leurs panégyriques, leurs copies,, afin qu'il pût juger de leurs talents et de leurs dispoMtions. IiOrsqu*il eut vu que les enfa nts de médiocre condition avaient fait des progrès audessus de toute espérance , et que les nobles, au contraire, avaient négligé la culture de Tesprit pour les amusements 3u corps , le sage prince , à l'exeniple du souverain Juge, lessépara, et, fiûsant mettre les premiers à sa droite, il leur dit : « Courage, mes chers enfants; vous avez été fidèles à nos ordres , vous avez bien mérité de notre empire. Les évéchés les plus illustres et les plus riches bénéfices vous seront réservés. Je vous appellerai à ma cour ; je choi-

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