CHAPITRE II
PÉffk MUS 1m wiBMM<Mi àb GharlM le GhanvOto ^ •lift êm Pteki — Déditt 4» U nw MrMafiMM (B7V-tt7.)
L'autorité royale allait en s'affaiblissaut; la puissance territoriale et personnelle des seigneurs ne cessait de s'ac* croître.
Charles le Chauve, cédant à la volonté des seigneurs, avait reccmnu, dans rassemblée de Quercy-sur-Oise, en 877, rhërëdité des bénéfices, soit territoriaux, soit consistant en charges publiques, et il étendit cette faveur au titre de comte, c'est-à-dire au gouvernement militaire des provinces. Cette révolution fut accomplie lorsque depuis longtemps les malheurs publics et l'indifférence des grands avaient aboli Tusage des assemblées nationales (diamps de mai ) , remplacées peu h peu par de simples conciles d evêques. Elle termina 1 ère monarchique commencée sous Glovis, continuée sous Pépin et Gharlemagne, et vit naître une nouvelle forme de gouvernement, qui fut le règne ou la puissance des fidèles, et qui, de leur nom (féal, féaux), prit celui d'ère féodale.
Il n'y avait plus sur le territoire de la France, et il ne resta bientôt dans tout TOccident, que des nobles et des serfs, dont les degrés de puissance ou d'esclavage variaient. A la tete des seigneurs se trouvait le roi j la province qu'il gouvernait avai^ la première place parmi les autres fiefs et s'appelait toujours le royaume .
Chaque grand feudataire ou possesseur de grands fiefs
l42 HISTOIRE OB PABI8. (877-M7)
(et à la mort de Charles le Chauve ib étaient près de
vingt- cinq) rendait hommage au roi en qualité de grand vassal. Cet hommage de pure forme ne constituait aucune souveraineté bien effîcaœ, et^ quand il gênait le feudataire, ce dernier s'en affranchissait par une révolte, jusqu'à ce que le roi ou les auti'es vassaux le contraignissent de nouveau à se soumettre.
A cette époque, qu'on pourrait appeler l'âge de fer de la civilisation, les lettres et les sciences semblèrent s'éteindre, et les arts restèrent dans la décadence oii ils étaient tombés depuis plusieurs siècles. L'architecture ne produisit aucun monument qui soit arrivé jusqu'à nous dans son intenté. Toutes les constructions de ce siècle • se rattachaient d'ailleurs, d'une manière évidente, à l'arcliitecture romaine. Les proportions furent changées, mais les formes restèrent les mêmes. Toutefois les besoins du climaty les traditions septentrionales, la nécessité d'approprier les édifices aux usages du culte, et enfin les relations que les guerres et les alliances établirent entre les Francs et les Maures, ne tardèrent pas à altérer sensiblement Tart dont Rome avait transmis les principes et les règles, pour y substituer une manière nouvelle et préparer la révolution architectonique qui s'opéra au onzième siècle.
Après la mort de Charles le Chauve le royaume de« France et la ville de Pa«îs virent se succéder plusieurs rois trop faibles pour ressaisir les prérogatives de la puissance suprême, et qui se résignèrent plus ou moins à subir le joug des grands et des seigneurs. Louis le Bègue se montra sans volonté et sans talents; ses deux fils, Louis III et Carloman, firent preuve de courage, mais ils
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moururent jeunes, et le royaume passa sous la d^iendanoe
de l'empereur Charles le Gros.
Ce prince, bien qu'il fût dépourvu de gàiie et de courage, gouremait alors l'empire le plus étendu qui eût existé depuis le règne de Cliarlemagne. L'Italie reconnaissait ses lois, la Germanie entière lui était soumise, et enfra la Gaule, à l'exception du royaume de Provence, conservé pai' Boson, venait de se donner à lui. Mais toute cette puissance n'était qu'apparente : d'un cote lorgani- * sation du régime féodal annihilait l'autorité des rois , et de l'autre les invasions sans cesse renouvelées des pirates morcelaient, ruinaient et ensanglantaient tout le territoire depuis le Tibre jusqu'au Wéser.
Gottfried, chef des Normands établis en Frise, ne se crut point engagé par les derniers ti*aités; il se liata de les rompre; mais Charles le Gros, n'espérant point le vaincre, le fit périr dans des embûches. Cet assassinat fournit aux pirates un prétexte pour recommencer leurs ravages. Sous la conduite de Sigefried, chef des Normands de la Meuse , ils désolèrent les bords de la Somme et de l'Oise et remontèrent la Seine ju^^'à Paris. Leur flotte , de sept cents vaisseaux à voiles, couvrait le fleuve dans l'espace de deux lieues (886).
Li'évêque de Paris étant mort, Gozliu, abhé de Saint- Germain et de Saint-Denis, fut élu à sa place. Son premier soin fut de prendre des mesures pour mettre à couvert la capitale du royaume et de bâtir à la hâte des forts et def tours destinés à retarder les ravages des Normands. Eudes, comte de Paris, dirigea ces travaux et prit les dispositions militaires que lui suggérait son expérience. Il était fils de Robert le Fort et digne de continuer la lutte
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si vaillamineiit aouiœue par son père contre les barbares* Pendant que , d'accord avec l'ëvécfue et avec Huguesl'Abbë, ils se préparaient à la résistance, de nouvelles hordes de Normands remontaient la Seine, débarquaient au lieu qui porte de nos jours le nom de Malmaison, et venaient mettre le siège devant Paris. C'était pour la quatrième fois, depuis leur apparition sur les cotes de la France, qu'ils se présentaient sous les murs de cette ville, que déjà ils avaient prise et pillée plusieurs fois, ne laissant après euxy dans Tesprit des habitants, qu'un souvenir indicible de terreur et de d^espoir (i).
(i) Résiimoiis ces divcracB invisions des Nonnands k PluriA. En 845 ces pintes, soas la conduite de Ragnar (Bagenaire), avaient remonlé h - Seine avec cent vingt vaisseanx qui arrivèrent à Paris le 18 mars, veille de Pâques. Les liabitants avaient pris la faite, dit le chroniqueur (Mime, S. Germani ), et la ville n*était plus qu*an désert. Les religieaz de Sainte* Geneviève se retirèrent avecle corps de leur patrone à Atbies, de la à Dra> veil; ceux de Saint-Germain s'enfiiirent à Gombes-la-Ville, en Brie, avec le corps du saint évéqne. Cependant, le jour de Pâques même, les Normands se jetèrent avec foreur dans Pabliaye Saint-Germain des Prés et enlevèrent tout ce qu'ils purent emporter. Une maladie qui se dédara parmi eux arrêta leurs ravages en faisant périr un*grand nombre des lears«
Charles le CShanve était à Saint-Denis ; Ragcnaire lui fit faire des propositions de paix, et Oiariès, ne pouvant Téloigner par la force, lui donna 7,000 livres d'argent pour prix de son départ.
En 85 1 et 85a les Normands prirent, pillèrent et brûlèrent Paris, Rouen, Beau vais, et bon nombre d'autres villes. Ib n'épargnèrent aucune abbaye, aucun monastère.
En 857 ils revinrent encore à Paris et brûlèrent la basilique de Saint- Pierre et de Sainte-Geneviève et toutes les autres églises, excepté celles de Saint-Ktienne, de Saint-Denis, de Saint-Vincent et Saint-Germain, qui se racbefèreiit de l'incendie par de grosses sonniu s d'argent.
Cette Itjvasion des Normands, marquée par plus de ruines que celle de 845, inspira des plaintes amères à Paschase Radbert, abbé de Corbie, auteur contemporain. « Qui eût jamais pu croire, s'écrie-t-il, que les • pirates ramassés de difTérentes uatious seraient venus buroilier un
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On était à la fin de novembre (885). La Uotte normande portait trente mille pirates, sous les ordres du konong Sigefried; cechef, avant de tenter contre Paris une attaque à force ouverte , eut recours à la ruse et demanda une entrevue à l*évê<{ue Gozlin. On Tîntroduisit auprès du prélat gueiTier, et il se borna à demander la permission lie remonter la Seine jusques au delà de Paris , s'engageant à empêcher toute violence et tout désordre. L'évêque, après s*être conoerté avec le comte de Paris, ré^ pondit que, chargé par le seigneur Charles^ empereur, de veiller à la garde de la ville, il ne pouvait laisser passer les Normands. Le konong se retira, annonçant qu'il allait s'ouvrir un chemin avec son épée.
Parb n était plus tel que nous Tavons décrit au déclin de la période mérovingienne. Depuis plus d'un siècle cette
« royaume si ^orieuz, si poissant, si populeux? Aiieiin roi D*aurait « opéré, aucun habitant de la terre n'annit cm que jamais un ennemi ■ pût entrer dans noire Paris. • Ainsi, dans l'opinion générale , Paris, quoique délaissé par les rois carkmngiens, était toujours la capitale du royaume. Dans le mois de janvier de Pannée 86i, sdon les AnmaUti He SaiKi'Bertm, le jour de Pâques selon Aimoin, historien des Miracles de saint Germain, les Normands de la Seine revinrent sur Parb, ({u'ils bW^lèreot. Ib entrèrent dans Pabbaye de Saint-Germain des Prés, pendant ({ueles moines, au nombre de vingt à peu près, (}ui ne s'étaient pas retirés à Ernant avec les autres, chantaient matines. Les religieux parvin* rent ceperulnnt à se cacher clans les bâtiments ou les souterrains de Pab- Itayp, et un seul lut tac. Les Normands égorf;èrent plusieurs serviteurs 'le l'abbave, pillèrent le monastère et mirent le leu au cellier. Ils pour- ''uivirent les négociants de la ville qui s'enfuyaient, en remontant la Seine, chargés de ce qu'ils avaient pu prendre avec eux , et les lirent pri- >onniers; puis ils retournèrent a Oisscl. Les faubourgs de la ville, et celai du midi surtout, durent souffrir de cette nouvelle invasion. Après la retraite des Normands Charles le Chauve rendit un capitulaire pour (jue lesravajîes fussent réparés,
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l46 HISTOIRE J>£ PARIS»
ville, abandonnée par les souverains, n'avait cessé d'être
désolée par les incursions des pirates et les calamités qui pesaient sur le royaume ; elle avait donc dépéri| s'était amoindrie, et avait vu disparaître, par Tincendie, la dévastation et le pillage, les vastes faubourgs , les beaux villages, les maisons de plaisance, les fermes, les églises et les abbayes que, depuis Julien César et GlovisI*', on avait construits sur les deux rives de la Seine. La plupart des édifices chrétiens avaient été pillés ou brûlés, on avait égorgé ou frit prisonnier les religieux et les clercs , les colons s'étaient enfuis, emportant leurs meubles et leurs épargnes, et il ne restait , autour de Saint-Germain TAuxerrois ^ de Saint-Pierre, de Saint-Laurent, de Saint-Martin , comme aussi autour du palais des Thermes, de Sainte-Geneviève y ' de Saint Germin des Prés et de Saint-Julien le Eauvre, que des oratoires à demi ruinés , des cloîtres profond ou détruits, et de chétives demeures exposées sans défense aux attaques de Tennemi. La ville principale était d'ailleurs toujours renfermée dans l'île de la Cité, protégée par un rempart dont il avait fallu à la liâte réparer les brèches, et communiquant encore avec les rives opposées de la Seine par deux ponts de bois. Celui du nord, jeté sur le grand bras du fleuve, était défendu à son extrémité par une grosse tour qui occupait une partie de l'espace appelé de nos jours place du Chitelet; l'autre pont, qui joignait la ville à la rive gauche, était situé à peu de distance de notre place du Pont-Saint-BAichel , et une tour moins considérable en protégeait également les abords. Un mur bordait l'île et formait comme une seconde enceinte de tous cotés baignée par la rivière. La tour du Nord, au moment oîi apparurent les Normands, n'é-
amm livre m. chapitae ii. i4y
tait qu'à moitié construite ; pour la mettre en état de résister aux barbares on Tëleva d'un étage, avec de la charpente. En réalité c'était là une place de guerre mal défendue et bors d'état d'arrêter longtemps Tem^mi, à moins que la garnison et les habitants ne fissent des prodiges de dévouement et de patience. Eudes , comte de Paris et ûls de Hobert le Fort , confia la garde des prin* dpaux postes à son frère Robert, au comte Bagenaire (Ragner ) et à un seigneur nommé Aledran, qui, récemment, et malgré son courage, n'avait pu garantir Pontoise de l'attaque des Normands. L'évêque Gozlin , selon la coutume de cette époque d'ignorance, ne croyait pas manquer à la sainteté de son caractère en prenant part aux combats livrés à des païens en faveur d'une population chrétienne ; son neveu Ëbb , possesseur d'abbayes , BUÛ8 séculier et soldat, servait sous ses ordres. Les forces militaires dont ils disposaient étaient peu considérables , tandis que les ^Normands, qui venaient d'appeler à eux des renforts, se trouvaient au nombre de quarante mille. Leurs barques et leurs navires, de guerre ou de transport, couvraient la Seine dans un espace de deux lieues. Sur plusieurs de ces bâtiments de pirates on avait établi des machines destinées à battre la tour du Nord , tandis que les colonnes de Sigefried, qui se déployaient dans ht campagne, l'attaqueraient du coté de la terre.
Le premier jour les Normands firent pieu voir sur la tour une grêle de traits et de pierres , puis ils donnèrent l'a»* sauL; on se battit jusqu'au soir avec un acharnement égal, de près ou de loin , et pour emporter ou défendre le pont de bois attenant à la tour. De part et d'autre un grand nombre d'hommes furent tués ; l'évêque de Taris fut blessé
i48 "histoire de paris. (gn-wj)
d*une flèche; son ëcuyer périt d*un coup d epée. La nuit suspendit le combat ; mais, vers le soir, les charpentes qui formaient le second étage de la tour avaient été détruites^ •les parapets étaient fortement endommagés , et les^idats ne pouvaient j)lus se maintenir dans cette position derrière les créneaux. Pendant la nuit le comte de Paris fit réparer le dégât; il fit établir au-dessus de la tour une nouvelle charpente plus solide que l'autre, et, dès le point du jour, la garnison se vit en mesure de résister avec avantage aux efforts de Tennemi. Le lendemain les Normands recommencèrent le combat et rencontrèrent une résistance plus énergique encore que celle de la veille.
« Les Normands la saluent de nouveau (la tour) avec le soleil, dit le poète (28 novembre), et envoient aux fidèles de terribles combats. » Tous leurs efforts étaient dirigés contre la tour, qu'ils cherchaient h saper. Les assiégés faisaient pleuvoir sur eux de la poix, de la cire fondue , de Thuile bouillante , et les précipitaient dans le fleuve. En même temps les nôtres leur criaient : « Allez rafraîchir vos brûlures dans la Seine ; ses eaux répareront votre chevelure et la rendront plus lisse. » Ceux qui étaient rebutés par les obstacles retournaient au camp, où ils étaient insultés par leurs femmes : « D*oîi viens-tu? te sauves-tu d'un four? » C'était ainsi qu'elles appelaient par dérision la tour à cause de son peu de hauteur. « Je le vois, « fils du diable , vous ne pourrez jamais en triompher. If Quoi ! ne t'ai-je point donné du pain , du vin et de la t( chair de sanglier? Ët tu reviens sitôt à ton gîte ! »
Cependant des renforts de pirates arrivent au pied de la tour, et la lutte recommence plus terrible. Le konong Sigefried ayant fait étabUr, à la manière des anciens, des
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galeries couvertes à 1 abri cles(iuelles ou approciiait de la muraille pour la saper et la détruire , le comte de Paris fit rouler d*en haut des quartiers de roche qui rompirent ces galeries, et partout où on aperçut une brèche les assiégés versèrent des flots de poix bouillante et de résine enflammée. L'infanterie des barbares s'ctant lassée en de vains efforts, Sigefried ordonna aux cavaliers de mettre pied à terre et de monter à Tassaut ; ils furent reçus vaiU lamment par les Parisiens. Eudes et P^bb l'Abbé firent des sorties et tuèrent de leurs propres mains un grand nombre de barbares. Pendant qu'ils chassaient devant eux l'ennemi, étonné de leur courage, un pan de la muraille de la tour du Nord s'écroula sous les coups du bélier, et les Normands s'élancèrent sur la large brèche qui semblait leur ouvrir passage. Les Français tinrent bon. Du milieu de la tour et des parapets ils lancèrent sur les barbares des masses énormes de traits et de pierres et les contraignirent à s'arrêter. Les Normands essayèrent de mettre le feu à la tour, mais le vent chassait la flamme contre eux , et les as* siégés, qui combattaient à quelques pas du fleuve , réus* sirent à éteindre les commencements d'incendie. Dans cette glorieuse journée la perte des assiégeants fut très-consifiible; du coté des assiégés on eut à déplorer la mort du comte Robert , frère du comte de Paris.
Le konong Sigefried, n'espérant point venir à bout d'une résistance si hardie , prit le parti de suspendre l'attaque , de bloquer Paris et de dévaster ou de livrer aux llammes tout le pays d'alentour. Les hordes placées sous . ses ordres se répandirent dans la campagne et y exercèrent les plus horribles ravages. Durant le cours de ces dévastations les Normands établirent leur camp près de SauiU
l5o HISTOIRE DE PARIS. (877-087}
GenDain rAmerrois, s'y fortifièrent avec soin et se mirent à Tabri de toute attaque qui viendrait du dehors.
Gomme une garnison française cantonnée dans Tabbaye de Saint-Germain des Prës ne cessait de les harceler^ ils résolurent de la tenir en respect, et ils dirigèrent contre cette position des forces nombreuses ; ils établirent ensuite tout à l'entûur du monastère, érigé en forteresse, une ligne de circoiivallation et des retranchements, et au moyen de ces ouvrages de guerre ils paralysèrent une partie des forces de Tassiégé. Pour venir à bout de la résistance des deux tours ils construisirent de hautes machines roulantes , du haut desquelles un certain nombre d'archers , mis à couvert, lançaient des flèches sur ceux qui, derrière les créneaux , protégeaient les abords des deux ponts. Peu de jours après y les assauts et les combats corps à corps recommencèrent, et les Normands furent partout repoussés avec perte, malgré la hardiesse de leurs efforts. Exaspérés par la mort de leurs compagnons et par l'héroïque résistance du peuple de Paris, les barbares égoi^èrent les prisonniers qu'ils avaient faits dans la campagne et entassèrent leurs cadavres dans le fossé creusé au pied de la grande tour; ils espéraient épouvanter les assiégés, et, dans le cas contraire , déterminer une infection causée par le voisinage de tant de corps privés de sépultures. Durant cet affreux massacre révéque de Paris était debout sur le rempart de la tour ; il en appela à la justice de Dieu contre les barbares; puis, emporté par l'excès de son zèle, il lança lui-même un trait sur l'ennemi et tua Tun des soldats normands qui égorgeaient les captifs. Jj& reste de la journée et la nuit même furent employés par les barbares à combler les fossés et à avancer de nouveau les galeries
IVn-WT) LIVRB III« CHAPITRE II. l5l
couvertes. Le lendemain ils battirent en brèche la tour 4u Nord 9 avec trois béliers. Les assiégésy sans se laisser intimider par ces attaques, précipitèrent sur les galeries des poutres garnies de pointes de fer et des amas de pierres; puis y ayant ainsi réussi à écraser les galeries et ceux qui étaient postés dessous , ils déjouèrent victorieusMent la tentative des pirates.
Geuz-ci construisirent d'énormes brûlots; ils se servi* rent à cet effet de gros navires, qu'ils chargèrent de matières inflammables et qu'ils poussèrent vers les ponts de bois. Les assiégés se croyaient perdus et invoquaient l'intercession de saint Germain, leur ancien évéque, dont ils possédaient le tombeau. Quelques estacades place es en avant des ponts retinrent les brûlots à distance et préservèrent les ponts de Tattdinte de la flamme. Ce fut ainsi que les assiégés virent arriver la fin de janvier, ayant cliaque jour à lutter et à combattre ^ et redoublant de courage au milieu de leurs épreuves.
Or, le 6 février(886), une cruesidiite des eaux emporta le petit pont et laissa exposée sans secours à la fureur des Normuids la poignée de braves qui occupait cette position. Les Normands attaquèrent la tour du Midi et sommèrent ses défenseurs de capituler; ceux-ri, au nombre de douze , répondirent par un courageux refus; bientôt après, écrasés par le nombre et cernés par les flammes ,* ils tombèrent au pouvoir des barbares , qui les égorgèrent lâchement y à la vue du peuple impuissant à les défendre. Le vieux poëme qui a transmis à la postérité les annales de ce mémorable nége nomme les douze citoyens de Paris qui périrent ainsi pour la cause de la religion et de la patrie; ils ^s'appelaient Ërmanfroid, Érivée, Ériland,
l52 HISTOIRE DE PARIS. (871-M7)
Odoacre, Ervic, Arnold , SoUe, Gobert, Wido, Ardrade, Eithard et Gozsuin. Le plus brave d'entre eux^Érivée, avait été épargné, parce que les pirates comptaient sur une forte rançon, mais il ne voulut pas survivre à ses compagnons de gloire (i) et il mourut avec eux. Tje supplice
(i) Voici GomineDtle poète carloviogieD raconte cet événement : « Douze guerrien se trouvaient alors seuls renfermés dam k tour. Les NornMnds, voyant de to rive droite la rutae du pool, traverseat la Seioe, investisseot la tour, l'attaquent de toutes parts. Les dloyens voudraient , mais en vain, courir à la tour ; ils voudraient porter le secours de leurs armes a ses défenseurs, qui, haletants, au nombre de dou2e^ combattent vaillamment sans avoir craint jamais les fimnidabks épées des Danois. H est difficile de raconter leurs combats; mais voici leurs noms : Ermenfred, Ervée,Érihuid,Odoacre, Ervic, Aniold, Solie, Gobert, Wido, Ardrade, Eimard et Gozsuin. Les Normands, ue pouvant s'emparer de h tour, approchent de ses portes une charrette chargée de matières sèches et y mettent le feu. Les guerriers, craignant pour leurs feucons que la flamme du b&dlier ne les suffiique, coupent leurs liens et les bissent partir en liberté; puis ils se «défendent longtemps. Ib cherchent à éteindre l'incendie ; mais, ne pouvant y réussir, ils se retirent sur b partie du pont qui tenait encore à b tour. Us résis» tèrent encore dans cette position jusqu'au soir. Abbon lOK^nême va nous raconter la généreuse noit de ces douze guerriers. Javdots, pierres, flèches rapides, tout est mis en œuvre contre ces héros par le peuple ennemi de Dieu ; mais comme les eflbrts des Normands ne pouvaient triompher : ■ Guerriers, s'écrient-ils avec perfidie, venez vous rctnedreà • notre foi ; vous n'avez rien à craindre. » O douleur ! ils se confient à CCS paroles mensongères, espérant pouvoir se racheter par une riche rau- «^on. Hélas ! désarmés , ils subissent le glaive d'une nation sanguinaire, ét, tandis (jue leur sang coule, leurs âmes s'élevant vers le ciel vont y recevoir la palme du martyre (ju'ils ont si glorieusement achetée. Bientôt, après tous les autres, Ervée se montre à ces païens. A sa beauté, à son port majestueux, ils le croient un roi, et l'espérance d'une si riche proie a suspendu leurs coups ; mais lui, jetant les yeux sur ce (|ui l'entoure, et voNanl ses eliti s compagnons massacrés, tel qu'un lion à la vue du sang, il eiilre en fureur, s'efforce d'échapper aux mains (jui le retiennent, se rouie^ se débat coutre ses liens, et cherche des armes pour venger b
fill-WÏ) LIVRE ai. CHAPITRE II. 1 53
immérité de ces hommes de cœur, loin d'intimider les Parisiens, ne fît qu'exalter Icunésistance par la certitude qu'ils acquirent qu'il ne leur serait point fût quartier. Dès le lendemain les Normands rasèrent la tour du Midi.
Ils levèrent ensuite leur camp, moins pour renoncer au siège que pour tendre des embûches aux assiégés ; ceuxci, sous la conduite d'Ebb, se portèrent dans la plaine qui s'étendait autour de Saint-Geriiiain (TAuxerrois^ et mirent le feu aux tentes de l'ennemi ; les Normands revinrent en forces et obligèrent les Parisiens de se renfermer dans leur enceinte. Une horde de ces pirates se porta néanmoins dans la direction de CJiartres et du Mans, sans pouvoir se rendre maîtresse de ces villes, et se vit contrainte de se borner à quelques actes de pillage. Sur ces entrefaites le comte Heinric (Henri), qui déjà avait combattu les Noi^ mands dans la Frise, reçut de renipereur Charles le Gros l'ordre de se porter au secours de Paris à la tête d'un corps d'armée; il se mit en marche vers le milieu de février, réussit à donner avis de son approche au comte de la ville assiégée ; puis, tandis que ce dernier dirigeait une sortie contre les ^Normands , il alta(|iia les barbares sur leurs flancs et sur leurs derrières, et réussit à iutroduii*e des renforts dans la place. Sigefried, iin moment découragé, proposa à ses compagnons de lever le siège ; mais ils s*y refusèrent, et le contraignirent, au contraire, à atta*
aort de ses frères et la blessure faite à sa patrie ; mais, ne pouvant y parveoir, sa voix, qai da moins est restée libre, retentît comme un tonnerre tox oreilles de ces furieux : « Yoîci ma téte, fraf^iez; pour aucune
• somme d*arfent je ne marchanderai ma vie. Quand mes frères meurent,
• pourquoi me laisser vine? Hommes avides, n'attende! rien de moi. • On le roh à mort ; mais ce ne fut que le lendemain. Les barbares égorgèrent les autres. »
l5/| HISTOIRE DE PARIS. (817-961)
quer Fabbaye deSaint-Gennaiii des Vrés. La garnison qui c»ccupait ce poste important offrit aux barbares une forte rançon et fiit épargnée. Quelques jours se pass&rent sans événements graves, puis Sigefried tenta un nouvel assaut conti*e la tour du Nord et fut repoussé. Dans cette attaque désespérée deux konongs qui combattaient avec Sigefried recurent la mort de la main des assiégés. Sigefried, vaincu et rebuté par les difficultés de Tentreprise, leva le siège avec une partie des siens et se jeta sur quelques provinces neustrienues, qu^il pilla et ravagea; cependant la moitié de son année resta sous les murs de Paris et continua d'attaquer la ville. Les chaleurs étant venues, des maladies contagieuses vinrent ajouter leurs ravages aux misères de Paris. L'évéque Gozlin mourut^ pleuré de son peuple (i) ; on ne tarda pas à apprendre la mort de Hugues Tabbé, et bientôt, exposée au fer et à la peste, la ville se vit réduite aux dernières extrémités. IjC comte de Paris se rendit auprès de Charles le Gros pour réclamer de. secours, et conBa, pendant son abçence, à l'abbé Mars la défense de la place assiégée. Cette ntuation fut de courte durée, et bientôt après on vit reparaître Eudes, à la tête de quelques renforts qu'il introduisit dans la ville en passant sur le corps de Tarmée assiégeante. Il annonçait l'arrivée prochaine de troupes plus considérables, et
(t) « Qui ponrnit prélwvdcmtienronilkaaTftdtqd Qm k iMrre gémisse, ainsi que la mer et le del, dans loule rétendue àham pôle à l'entra ! Godm , ce prélat du Seigneur, oe héros si hvoiain» a*CD va dans le séjour des astraa, astre brillant Ini^même, habiler avec le Sei- i gneur. Au milieu de nous 0 fut notre rempart; il fut pour nom un ' boudieTi une hache à deux trandianiB , un arc et une flèche terribles. Hélas ! des sources de larmes s'échappent de tous les yeux , et la douleur^ jointe à TctTroi , a bri^c les cœurs. • ( Abbon.)
(«n-W7) LIVRE III. GHAPITAE II. l55
sa promesse se réalisa au bout de quelques jours , lorsque le comte Heinric signala à son tour sa présence; dans le pays voisin de Paris. Ce lieutenant de l'empereur amenait avec lui une armée composée de Franij^ais et de Germains, et bientôt il se jeta avec une aveugle impétuosité sur les barbares. Dans cette première action il tomba et périt accablé par le nombre, et sa mort déconcerta le courage de son armée. Les Normands profitèrent de cette cbrconstence pour donner encore un furieux assaut à la ville. Ils attaquèrent avec une vigueur inouïe, et plusieurs d'entre eux escaladèrent les murailles et occupèrent la tour du Nord ; un soldat français, nommé Gerbaud, donnant aux assiégés l'exemple de Taudace, s'avança presque seul vers les barbares, renversa leurs échelles , les rejeta dans les fossés, et, soutenu bientôt par une troupe nombreuse, sauva la ville et déjoua l'entreprise de Tennemi. Une sortie ordonnée à propos par le comte de Paris mit fin au combat, refoula l'assiégeant jusque dans son camp , et les Parisiens, reprenant aux pirates une croix dont ils s'étaient emparés , la reportèrent processioimellement sur leurs remparts en chantant le Te Deuun.
Tant d'héroïsme étonnait l'empire et rendait la France fière de sa capitale. Charles le Gros assembla une armée et parut enfin sur les hauteurs de Montmartre. Or ce lâche souverain , n'qsant imiter la valeur de ses sujets , n'intervint que pour payer une rançon aux Normands • qu'il aurait pu attaquer et détruire. Ainsi se termina le siège de Paris, après avoir duré plus de treize mois. Les Normands, renonçant à se rendre maîtres d'une ville dont on leur payait la rançon tandis qu'elle était digne d'une délivrance plus glorieuse, levèrent leur camp et
l5G HISTOIRE DE'PAEIS.
se portèrent dans la direction de Sens et de la Bourgogne.
Charles le Gros, déshonoré par sa conduite pusiliamine, replia précipitamment vers T Alsace, harcelé par les Normands, et maudit par ses peuples. C'était un prince méprisé, et qu'une révolte des grands ne tarda pas à cliasser du trône. Réduit à la plus extrême misère et n'ayant pour vivre que les dons du charitable évêque de Mayence, il mourut de chagrin , et par sa mort fut dissoute l'union des royaumes qui Tavaient reconnu pour maître.
I.a mort de Charles le Gros éteignait la race de Chariemague et ae laissait presque plus subsister que des re> jetons illégitimes de ce grand homme. Charles le Simple , dernier fils de Louis le Bègue , n'avait que des droits contestables, le mariage de sa mère Adélaïde ayant été déclaré nul par TÉglise. Il ne restût donc plus d'héritier direct du sceptre carloviugien, etles grands qui déposèrent Cliarles le Gros crurent devoir donner la couronne à Eudes, comte de Paris, que son courage contre les Normands avait justement l endu célèbre. Ce fils de Robert le Fort ne gouvernait réellement que la Neustrie , et son pouvoir fut constamment mis en question par les grands vassaux, qui s'accommodaient mal d'obéir à un homme leur égal de la veille. Outre les guerres civiles auxquelles leurs révoltes donnèrent lieu, la Neustrie eut encore à supporter les affreux ravages des Normands. £udes remporta sur eux une brillante victoire, et Paris fut pour quelque temps délivré des incursions de ces pu'ates.
Eudes, étant mort en 898, eut pour successeur Cliarles le Simple, qui prétendait descendre de Cliarlemagne. Douze ans plus tard une armée de pirates normands rémonta la Seine et mit le sîége devant Paris. Pendant
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une trêve de trois mois que les barbares accordèrent à
cette ville leurs bandes ravagèrent les bords de l'Yonne et ceux de la Saône , et enfin le territoire de Gliartres. Le komng , ou clief principal aux ordres duquel ils étaient soumis, était le roi de mer Roll ou Rollon (Raoul), dont le nom occupe une si grande place dans Tbistoiredu dixième siècle. Ce chef redoutable avait promène ses armes dëvas* tatriccs dans la ^Neustrie^ la Lorraine^ l'Aquitaine et l'Angleterre, portant partout la désolation et Tiiicendie. Pour se venger d'un échec qu'il vt^nait de recevoii devant les murs de Gliartres , il exerça des cruautés inouïes dans les campagnes de la Neustrie , pillant les églises, égorgeant les prctres, brûlant les villes et emmenant les femmes en esclavage. Charles le Simple, faible d*esprit et de puissance, tremblait devant ce redoutable adversaire; mais la clameur du peuple devint si vivo (ju'il résolut de mettre à tout prix un terme à tant d*excès. Jusqu'à ce jour la lâcheté des Carlovingiens avait acheté à prix d*or une? paix honteuse^ le roi Cliarles consentit h un plus grand sacrifice, et fit offrir à Rollon, pour s'y étabUr lui et ses pirates , la plus fertile province du royaume , celle qui comprenait la Neustrie occidentale. £n écliange d'un don si précieux il demanda que les Normands se reconnussent vassaux de la France et se convertissent h la foi chrétienne, lie pirate n'eut garde de rejeter des propositions si avantageuses, et toutefois^ comme la Neustrie maritime était alors ruinée et dévastée, il demanda et obtint la cession de tous les droits de la couronne sur la petite Bretagne. Enfin Charles le Simple s'efforça de se concilier i affection de Rollon en lui accordant pour épouse sa propre fille Ghisèle.
j58 histoire de paris. (STI^?)
Le royaume de France ne fut point préservé des révolutions. Uii parti puissant s était formé contre le roi Charles le Simple. Robert, comte de Paris et frère du roi Eudes, se mît à la tête des vassaux rebelles et se fit sacrer roi à Keims (922). Lors de son avènement au trône ce prince possédait , outre le comté de Paris , que l'on appelait aussi duché de France, plusieurs monastères^ et notamment ceux de Saint-Martin de Tours, de Saiut- Denis et de Saint-Germain des Prés, On n'avait vu jusque là que des abbés tirés du rang des moines et dont le devoir et le vœu principal étaient celui de célibat , mais, dans les mallieurs et les désordres du dixième siècle , les seigneurs laïques s'emparèrent des plus riches abbayes. Robert, comte de Paris , fut le premier abbé mcuié de Saint-Germain des Prés 9 « si tant est, dit Félibien, qu'il mérite le nom d'abbé ; car sous ces sortes d'abbés c'était le doyen qui avait soin du spirituel, pendant que les abbés jouissaient du temporel , c'est-à-dire des biens. Ceux d'entre eux qui étaient les plus raisonnables, continue l'historien, n'osaient se qualifier abbés ; ils se disaient seulement protecteurs et défenseurs des monastères. »
Charles le Simple , étant parvenu à rassembler une armée, revint en France pour combattre Kobert. Les deux partis se rencontrèrent près de Soissons; Robert fut tué, mais Charles fut obligé de prendre la fuite. Hugues le Grand, fils de Robert, qui lui succéda au comté de Paris, ne put se faire reconnidtre roi de France; les seigneurs, craignant sa trop grande puissance , lui préférèrent son beau-frère Raoul, duc de Bourgogne, qui fut sacré à Saint-Médard de Soissons le i3 juillet 923. L'année suivante , Charles le Simple ayant été fiiit prisonnier par
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Herbert, comte de YerinandoiSf Raoul se trouva seul roi de France.
Son règne dura douze ans et ne fut qu'une longue série de guerres contre les barbares et contre les grands msaux de la couronne. Raoul dépluya beaucoup de courage et d'intelligence ; mais lorsqu'il mourut, en 936 , les Françab ne formaient plus une nation, ni la France une monarchie. Le territoire de l'ancienne Gaule était découpé en une multitude de petites Etats sujets à de fréquentes révolutions , toujours en guerre les uns contre les autres , et entre lesquels il n'existait guère d'autre droit que la force.
Baoul ne laissait point d'enfants. A sa mort un seul homme concentrait entre ses mains la plus grande prépondérance : c'était Hugues le Grand, comte de Paris et duc de France. 11 aurait pu sans peine prendre le titre de roi; mais, comme Pépin d'Hëristal et Charles Martel sous la première dynastie, il préféra se contenter du pouvoir, et attendre, pour joindre le nom à la chose^ un concours de circonstances plus favorables.
U bllait pourvoir à la vacance du trône. Hugues le Grand désigna au choix des seigneurs le jeune Louis d'Outre- Mer, fils de Charles le Simple, depuis treize ans rébigié en Angleterre. Ce prince fiit agréé par les grands feudataires, et on le rappela dans son royaume, qui en était réduit aux étroites proportions du comté de Laon.
Paris n'était plus qu'une ville vassale , gouvernée par un comte plus puissant que le roi. Or, bien qu'épuisée par les sièges, les famines et les calamités trop fréquentes de cet âge de fer, la vieille Lutèce se reconstituait
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peu à peu et vit sa population s'accroître , ses faubourgs se relever, son commerce reprendie un peu de vie. ëvêques qui avaient succédé à GozUn ne [sont guère conlULs que (le nom. L'uu d'eux, Tlicodulfe, mourut \ei*s l'an 920, et entoura, dit-on , d'une clôture l'habitation des chanoines de Notre-Dame; Fulrad vivait en 922, Adellunede gioàg^^. (iauticr ouWalter, sou successeur, était, en 9^1, cliancelier de Hugues le Grand, comte de Paris. On ne sait rien de ses successeurs Albérir, Constance et Garin ; ou a à peine retenu le souveuir de Hainald (979) et d'Élisiard, qui assista à la déchéance de la dynastie carlovingienne. Les chroniques du dixième siècle parlent d'un ouragan ou d'une peste qui, vers Tau 94^ , désolèrent Paris. Le comte Hugues le Grand fit nourrir en celte occasion, h ses dépens, une grande quan- * tité de pauvres malades qui venaient à la cathédrale implorer le secours de la Vierge.
Louis d'Outremer étant mort à Reims (954), son fils Lolliaire, encore très-jeune, lui succéda sans opposition, sous la tutelle et la surveillance du comte de Paris, Hugues le Grand. Ce dernier mourut en 9 36. 11 laissait trois fils, dont Tun fut nommé due de Bourgogne , et un autre , appelé Hugues Gapet ou Cliapet ( de la grosseur (le sa tete ou de sou liahitude de ])orter un cliaperon), fut reconnu comte de Paris et duc de France.
roi de France envahit les terres de rcmpire. Cette expédition aventureuse n'eut d'autre résultat que d'amener sur le territoire de la France une puissante armée germanique, sous les ordres d'Othon. L'empereur semblait vouloir prendre sa revanche. Après avoir ravagé la campagne il vint camper sous les murs de Montmartre ,
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pour se donner la satis&ction assez étrange de faire
ciianter un alléluia à ses troupes en face àvs murs de Pàris. Malgré cette bravade il fut mis en fuite par le roi Lothaire, aidé de son grand vassal Hugues Capet , et se trouva trop heureux de conclure la paix, et de regagner la Germanie (980).
Lothaîre mourut à Reims en 986. Son fils Louis Y , qu'il avait fait proclamer roi, lui survécut peu de temps et mourut après un règne de dix-sept mois; il fut 9 dit-on, empoisonné par sa femme, Blanche d'Aquitaine (987). Il ne laissait point d'enfant, et, selon l'ordre de succession légitime, la couronne devait appartenir à son oncle, Charles de Lorraine ; mais on fit déclarer qu'il s'en était rendu indigue en se reconnaissant vassal d'un souverain étranger. Cette décision ouvrait un libre champ à l'ambitiou de Hugues Capet, et ce grand vassal parvint enfin à échanger contre le titre de roi ceux de comte de Paris et de duc de France, si longtemps illustrés par ses pères
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