HISTOIRE OE PARIS. > CUM4»D
suivit les cieux routes qu'ils tracèrent. Peadant que leur parole occupa le siècle, d*autres savants^ littérateurs ou
chroniqueurs, prirent rang dans le mouvement moral ou intellectuel; tels furent Suger, Pierre Lombardy Othon de Freisengen, et quelques autres.
Il existait alors une foule de poètes popuiaii . icultivaot la « gaie science ». Les troubadours, les trouvères, et avec eux les ménestrels ou jonj^leurs, formaient une sorte de chevalerie errante littéraire ; ils parcouraient les cliâteaux et les provinces, récitant leurs naïves ballades en s*accompagnant de la harpe. Partout, sur leur passage, ils claient accueillis avec faveur, souvent avec enthousiasme. I^es événements contemporains, les belles actions des châtelains et la beauté des dames faisaient habituellement le texte de leurs poèmes.
La musique était encore à Tétat d^enfance. Le chant grégoiieu ayant pris naissance vers la fin du sixième siècle, on employait comme signes les sept premières let* très de l'alphabet; mais col usage avait cessé depuis plus de cinquante aus lorsque François, écolàtre de la cathédrale de Liège, publia, en 1086, le premier traité de musique à plusieurs parties. Guy d'Arezzo, moine de Poraposie, près de Ravenne, avait inventé la gamme dont on se sert encore, moins le si, qui ne fut ajouté qu'au dixseptième siècle, ce qui compléta les cinq tons pleins et les deux demi-tôns dont la gamme diatonique se compose. L*orgue , ce prodigieux instrument dont les effets secondent si bien les inspirations religieuses, était connu dès le huitième siècle et employé dans les églises.
Les troubadours, les trouvères et les ménestrels contribuèrent aux progrès de musique en la répandant sur
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leur cliemiiiy dans les ciiàteaux et dans les cours. Saut de rares exceptions, les airs de cette époc^ue étaient fort monotones, et les chants pleins Je trivialité que nous entendons encore dans lés campagnes peuvent seuls donner quelque idée de ce qu'était Tart musical au moyen âge.
Il y avait aussi des orgues j)ortatives, et Ton employait même dans les solennités de l'Église des instruments à vent. On connaissait alors la guitare , la citole à cordes, la cithare ou lyre, la vielle, le cor, le flageolet, la ûùte à bec, les tambours, les tambourins et les cornemuses. Quelquefois on donnait des espèces d^aubades, en faisant entendre plusieurs de ces instruments réunis; mais comme les règles de rharmonie étaient encore inconnues, cette masse confuse de sons devait produire un effet qui de nos jours ne satisferait guère l'oreille.
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