HISTOIRE DS PARIS. (11W-118I
auxquelles a succédé la cathédrale que nous voyons à présent. Gomme le pont Notre-Dame n'existait pas en-
coiv, il n'y avait pas de rue (jui continuât en ligne droite à partir du Petit-Pont ^ mais elle devait suivre une diagonale pour arriver à la porte du Nord, où était le Grand- Poiil, seule issue que l'île eût alors de ce côté. Il est facile après cela de s'imaginer comment devaient être disposées les rues aboutissant à cette grande rue qui conduisait d'un pont à l'autre. Quant aux chapelles et monastères qu'on a vus s'élever de tout coté au milieu de cet espace, ils ne doivent point embarrasser, parce qu*il n'y eut qu'une seule église dans la Gîté jusqu'au règne de Ghildebert. » Un acte de l'an conservé autrefois dans les archives
de Parchevêché*, prouve encore que la première église de Paris fut dédiée sont le vocable de Saint-Etienne. G'est une cliarte par la(juelle le chapitre de Notre-Dame, érigeant en dignité la chevécerie de Saint-Etienne des Grès, . motive cette faveur sur la vénération qu'il a pour saint lùienne et pour son église, que nos registres , disent les clianoines^ démontrent très^épidemment atfoir été la plus ancienne ei le premier siège de Vévéque.
L'église cathédrale était alors composée de deu\ édifices, dont l'un était la basilique de Notre-Dame et l'autre celle de SainUÉdenne. Get état de choses existait dès le sixième siècle. Deux siècles plus tard, eu 837, l'église Sainte-Marie avait été livrée aux. flaiumes par les Normands; elle fut réparée, sous Charles le Simple, par. les soins de l'évoque de Paris, Anchéric. Sous la troisième race, en i 109, elle reçut une précieuse relique. Anselle ou Anjeau , Parisien de nation et preschantre du saint sépulcre en Uiért^alem ^ envoya un fragment oonsidé-
(UIMIM) LIVBB IV; CHAPITRE IV. ^35
raie de la vraie croix de Notre- Seigneur à réuêque et aux chanoines^ du nombre desquek il avait été avant que d*aller en Hiérusalem , sous la guide et conduite de Godefroi de Bouillon, V ingt ans plus tard la maladie pestilentielle connue sous le nom de mal des ardents ayant désolé le diocèse de Paris, Étieune, ('veque de la ville, ordonna des prières publiques, et, comme ou la vu plus haut, Ton portaprocessionnellementà Notre-Dame la châsse qui contenait les relicjues de sainte Geneviève. Eu mémoire de cette cérémonie et des guérisons qui la signalèrent , le pape Innocent U ordonna que chaque année on célébrerait une fête connnt^moratrice de cet évëneiuenl. Cependant 1 église de Sainte-Marie, si chère à la population parisienne , tombait en ruines et se trouvait d'ail- 1( urs trop étroite pour Taflfluence des fidèles \ on la rebâtissait par portions détachées, jusqu'au moment oîi Maurice de Sull) , éveque de Paris (i), résolut de la re-
(i) Ce prélat, secondé par les libéralités des fidélos, fit d'abord abattre rancienae éf^ise bàde par Childebert et jeta les fondements de celle que nous voyons Bujoiird'hai. Plusieurs auteurs ont prétendu que cet édifice aviit élé commencé par Robert, fils de Hugues Capet , et continué par «es aocoeflaeuiB , jaMpi'à Philippe-Auguste, sous le règne duquel Hauriee de Sully eut la gloire de Tachever» H est démoatré que cette apinioD est évidemment finisse, Nen-eealement j'ardiileetore de cette église n'of&e aucmi caractère qui puisse Ja fidre attribuer aux siècles qui ont précédé cetévêque, mais il existe plusieurs témoignages qui prouvent fincnieHement que ce lut Maurice qui la fit commencer. Robert» moine tPAuBerre, dit , sous l'an 117S» que Tévéque Maurice fit construire cette église dès les fondemaas. Les mêmes expressions se trouvent dans le Miroir historial de Vincent de Beau vais, et Jean de Saint-TIctor ajoute que le pape Alexandre IIÏ , réfupé alors en France, posa ta première pierre du nouvel édifice en ii63. L'abbé T^lieuf prétend cependant (jur les anciens fondements furent conservés, et qu'ils servirent pour bâtir le chœur de l'église actuelle, qui c^t, dit-ilf ivo^ t\vo\\ pour la hauteur et la
236 HISTOIRE DE PARIS. (tlOMlSt)
construire sur un plus vaste pian, «c A ses frais plus qu'à ceux d'autrui^ disent les chroniques (1177 — 118 2), et par un travail des plus magnifiques et des plus coûteux, il a rebâti Téglise de la bienheureuse Viei^e Marie, Mère de Dieu, à laquelle le siëge ëpiscopal est attaché. » Ce fut le pape Alexandre IH qui posa la première pierre de cet édifice, durant sou séjour eu France, et alors que la nécessité de résister aux usurpations de Frédéric Barberousse l'avait contraint de s'éloigner de ritalie. On était alors aux fêtes de Pâques, en i f 63.
Bien que la splendide cathédrale fût loin d'être terminée, en 1 181 , le grand autel fut consacré en cette même année et on y célébra l'office divin quatre ans plus tard. Après la mort de Maurice de Sully (i 196) les travaux furent continués suivant les dispositions par lui adoptées (i ).
largrar de Pédtfiœ. Celte noson ne penuaderait pas abeofainient , s'il n'était pas d^ailleurs visible que le cfaceor et la nef ne sont pas sur le même alignement; oe qui porte à croire que l'évêqne Maurice, voulant p suivant l'ancien usage, orienter son église, ou obéir à un pr^ugé pieux , se sera probablement servi en tout ou en partie des anciens fondemcSils et qu'il aura feit &ire un léger coude à la nef pour qu'elle pût se trouver en face de la nouvdie me que cet évéque avait fait percer en ti63 cl 1164. Cette me avait été ouverte afin de procurer un accès plus (acile à l'égliae de Notre-Dame, à bupielle on ne parvenait de ce côlé que par la petite me des Saélons , qui.eustait au siècle dernier entre les bétiments de rHôlel^Dieu et ks maisons de la rue Neuve-Notre-Dame.
ti) Malgré les soins et l'activité que Maurice de Sully mit à la oons* traction de l'église de Notre-Dame, il n'eut pas la gloire de la terminer; il mourut le 11 septembre et laissa cent livres pour la couvrir en plomb.
Maurice de Sully ne borna pas là sa munificence; il fit rétablir le palais épiscopal, dont la chapdle eiktait encore il y a quelques années , et employa en fondations plusieurs bims au ino&t de son chapitre, comme Tindique le nécrologe de Téglise de Paris , où sont également détaillées
(1108-1180) LIVRt IV. CHAPITRE IV. 2^*]
LorsquHl s'agît d*un monument dont la construction
s'est continuée sous plusieurs règnes, (|ui a été successivement agrandi, embelli, modifié, restaui'é |)ar les princes qui ont gouverné la France, et qui, aujourd'hui encore, est l'œuvre capitale des artistes et des architect<»s, on comprendra que nous nous trouvions contraint d'antimper sur l'ordre des dates, et de raconter^ du premier abord, tout ce qui se rattache à Thistoire d*un si remarquable édiiice. En morcelant notre récit , en reprenant pierre à pierre , et à chaque règne l'iiistoire des transformations et des accroissements de Téglise mctropolitaine de Paris, nous affaiblirions le grand intérêt qui s'attache, au point de vue de l'art, à ce monument populaire, et nous cesserions d'être bien compris de nos lecteurs. C'est donc une nécessité pour i»ous de dire ici, par avance, ce que devint Tœuvre conçue par Maurice de Sully , par qui elle fut complétée , et en quel état elle se présente aux regards des contemporains.
ses autres Bbéralités. Il donne à oette église une table d'autel en or, pesant Tingt marcs ; un ofice en or, de deux marcs et demi ; un encensoir également en or, de quatre marcs; des tables «Pargcnt, cotre deux chapes , trois mitres, et quelques autres ornements; de plus, deux ceot livres destinées à la distribution des matines, dont la moitié serait aflectée aux chanoines et l'autre moitié aux pauvres clercs de l'éj^lise.
Son successeur, Eudes de Sully, parent de Philippe- Auguste, roi de France, et de Henri 11, roi d'Angleterre, continua les travaux sans interruption depuis 1 196 jusqu'en 1208, époque de sa mort. Il lut inhumé au milieu du chœur, sous une tombe de cuivre sur laquelle était représeotée son efligie. Depuis, Pierre de Nemours et les évéques ses successeurs terminèrent ce grand édifice.
La net, dont la construction est postérieure à celle du chœur, fut bâtie vers le commencement du treizième siècle, ainsi que la façade princijjale, que Ton présume avoir été achevée sous le règne de Philippe Auguste, c'est-à-dire au plus tard eu lasiS.
^38 HISTOIRE DE PARIS. (lM6-liM)
Les travaux cootinuèrent sous Eudes de Sully (i 197-
iao8); mais la grande façade occidentale ne fut commeucée que vers la fin de l'épiscopat de Pierre de Nemours, qui siégea de i3o8 à 1219. Vers l'année on détruisit les restes de la vieille église de Saint-Étîenne, qui faisaient obstacle au développement de la partie méridionale et de la façade de Notre-Dame. On pense communément qu'en I223, à la mort de Philippe-Auguste , le grand portail était à peu près terminé jusqu'à la corniche, au has de la galerie qui réunit les deux tours. U est problable aussi que, vers la même époque , et dès les premières années du règne de saint Louis, on reconstruisit les portails du transept, dont Farchitecture romane contrastait par sa sévérité avec l'abondantè ornementation du treizième siècle. CVest à cette période que remonte également la construction du portail septentrional et de la porte Rouge, celle des premières chapelles qui suivent le transept, et enfin les deux derniers étages des tours et leur galerie intermédiaire. Jean de Paris, archidiacre de SoissonSy mort vers 1:270, laissa cent livres tournois pour la construction deschapelleslatérales, qui furent établies entre les contreforts de la nef j les chapelles absidales ne furent guère terminées que . vers la fin du treizième siècle ou dans les premières années du siècle suivant. On nous a conservé le nom du clmnoine Pierre de Fayel, qui donna deux cents livres Parisis pour aider à faire les iùs^ toires de la clôture du chœur et pour les nouvelles verrières, ainsi que ceux des sculpteurs, maître Jean Ravy, qui commença « lesdictrs histoires^ » et maître Jean Le Bouteiller, qui les parfit en i35i .
Durant plusieurs siècles on s'abstint d'introduire de
ai«8-lia0) L1VA£ IV. CHAPITRE IV. 2JC^
trop graves diangements dans l'économie de ce splendide
édifice; il n'en fut pas de même dans les temps modernes. Après avoir mis son royaume sous la protection spéciale de la Vierge, Louis XIII déclara, dans ses lettres patentes du lo février 1 638 , qu'd consacrerait dans le sanctuaire de Notre-Dame de Paris le souvenir de ce vœu solennel.. « Afin, disait-il, cpie la postérité ne puisse numquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque incontestable de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras cciie de son précieux l^lls descendu de la croiiL, et où nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère , comme leur offrant noire couronnement et notre sceptre. »
• Le. vcBU de Louis XIII, il £iut le dire, a été la cause, dans la plupart de noâ grandes cathédrales du Nord, de
travaux regrettables au point de vue de Tart. Les anciens sanctuaires ont été bouleversés, et les monuments si précieux qu'ils renfermaient détruits pour faire place à des décorations d'un goût douteux et qui n'ont pas mc nie le mérite de la matière. £n effet, excepté Notre-Dame de Paris, les autres cathédrales , ainsi modifiées, ne présentent guère dans leurs sanctuaires qu'un amas assez triste de plâtre peint et doré , de nuages en ciment, de rayons en bois, de statues ou de bas-reliefs en stuc. A Paris, du moins, le sanctuaire de l'église métropolilaliio uilrail une sorte de portique à arcades en marbre blanc et rouge, revêtues de bronzes dorés d'une grande magnificence. I^e pavage était formé d'une belle mosaupu' à grands dessins, et un groupe en marbre blanc, œuvi*e de Coustou (Nico-
J34o HISTOIRE DK PA.RIS. (1108-1180}
las), i^mplissaît l'arcade du fond. A droite et h gauche,
sur deux riches piédestaux , portant les armes de France en bronze doré, on voyait deux statues agenouillées, en marbre ; celle de drpite, qui représentait Louis XIII, était de Coustou le jeune, et celle do gauche, Louis XIV, était de Coysevox. Six figures d'anges, en bronze, œuvres des sculpteurs ci-dessus nommés^ décoraient chaque pilier, et une grille en fer et cuivre doré complétait cette décoration , évidemmeut fort riche , mais qui était en complet désaccord avec le style de Tantique cathédrale.
La piété assez malentendue des modernes continua, durant près d'uu siècle, à détruire le caractère artistique et rharroonie architecturale de Téglise. On semblait se faire un point d*honneur de la mutiler par de prétendus rajeunissements. De 1699 à 1703 la cathédrale perdit ses anciennes stalles du quatorzième siècle, toute la clôture à jour du rond-point, l'antique 'maître-autel avec es colonnes de cuivre et ses chasses, tous les tombeaux du chœur, les vitraux de la nef, du chœur et des cliapelles. Les travaux entrepris dans le but de réparer ou de consohder l'édifice le dépouillaient aussi tour à tour de ses moulures, de sa végétation de pierre , de ses gargouilles, de ses clochetons. Mais la mutilation la plus grave fut accomplie en 1771, sous la direction du célèbre architecte SoufHot, avec Tassentiment et le concours du chapitre. Pour laisser le passage plus libre aux processions et aux cérémonies, Soufïlot fit disparaître le trumeau qui divisait la grande porte occidentale en deux parties. Ce pilier fut entièrement supprimé, avec la statue du Christ qui s'y trouvait posée et les curieux bas-reliefs qui en couvraient la base. Puis on entailla toute la partie inférieure du
(ItMllM) LIVKE IV. <3HÀFITRE IV. ^^l
tympan, sans respect pour sa belle sculpture du Jugement dernier, afînd'y introduire l*arc de la nouvelle porte, élargie et exhaussée auxdëpens de l'ancienne ornementation . Sur la fin du règne de Louis XV un dallage uniforme en grands carreaux de marbre vint prendre la place des dalles funéraires qui couvraient en cpiantité innombrable tout le sol de l'église, et qui présentaient les effigies d'une foule de personniftges illustres. Les années 1773 et 1787 virent dégrader de la manière la plus déplorable, sous prétexte de restauration et par des architectes , le mur méridional des chapelles de la nef, les arcs-boutants du chœur, les parties supérieures de la façade occidentale. On était encore à l'œuvre quand éclata l'orage qui menaça la cathédrale d*une destruction complète. 11 faut le dire cependant, un certain ordre fut maintenu jusque dans la dévastation. Les mêmes hommes qui arrachaient des portails et des nidies tontes les grandes figures qu^on leur avait signalées comme rappelant des souvenir monarchiques respectèrent les voussures et les tympans qui présentaient seulement à leurs regards des personnages sacrés. On fit. valoir, pour sauver ces admirables modèles, des considérations astronomiques et même mythologiques; elle» obtinrent un succès que n'aurait jamais eu alors l'appel le plus éloquent à la vieille foi de la population parisienne. Au mob d'août 1793 un arrêté de la Commune décida . que sous huit jours les gothiques simulacres des rois au jportail de Notre-Dame seraient renversés et détruits, ainsi que les effigies religieuses en marbre ou en bronze. Le conseil municipal réitéra cette prescription au mois de brumaire de l'an II, ordonnant la suppression immédiate de fous les saints du portail ; mais le citoyenXIhaumette réclama
■M. M PABli. — T. I. . 16
2|4a histoire de PARISv (UOft-tlAO)
en liGivair dés «vts et de lA pkiioaapliie; il sut se faire eor
tendre de ses fanatiques collègues en leur afUrinant avec vivacité que rastronome Dupuis avait trouvé son système planétaire dans line des pur^ffi laoUatéraks 4e l'égUse. Le conseil décrétu donc que lie ckoyen Dupuîs sertult ac^oint à Tadministration des tmvaux publics, aiiade conserver les monuraenlS'idignes d'être ooMiiis.de. la pofÉërité.. làintBK^ ▼entionrde Bnpub sauva noe qui restait^ ^lâsse ce>f[i!tnd service rendu le faire absoudre de ses ^grefisioa& contre les tradiiiona religksuses (i). I>epuia> lers^-de mdUeurs joiuns s'«tant levés pour la Francev la-eathédrale de Paris fut dé* blayée, purifiée et rendue au culte. i
.Le» travaux det restauiatk>n .si habilement dSiigés par Ml -yi<^fc^lep>I>ae9 .et qui se poursuivent avec une louable persévérance, ne tarderont pas à rendre àrettevaste cathédrale non-seulement sa solidité, gravement compromise par le temps, lat négligence iou l'nb^uodény mais encove la majesté et la richesse des siècles de foi qui l'ont vue surgir du «ol et porter aux. nues ses tours cacrëes, ses galeries, 1(6 arcs-boutantS| 6a*.âèdie ist sesîinnieaBés voûtes./ Au moment oh nons cherdions ài décrire ■oe.momMiept^élevé par la piété de nos pères, rétabli dans sa.^ splendeur par rintelligence desigénératipns .actuelles^ ks ouvrages d'art prescrits pfir la loi dans.ee buft nesbnt/ point eutièrément achevés, et c^st tout au plus s'ils pourront l'être dans un «fenir prochain*, ^qiendant «la fii^ds^occidesitak^ 9fm dénn'e* surla pkiisi^dir Parvis^ -est di^fûeenifAétemeot res» taurée, ainsi que la façade «jéridionale de la nef, le chœur
et le rond^pocBlt II ne^irisfe qu'>à temunei^ la série des rois
(i) M. F, de Gttiiheraij. l • ... ...
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(I1M1IMI LIVRE rV. CHAPITRE IV. 2l\i
delà galqrîeetfà replacer 1» statues qui OMnquent encore
aux ébraseraents de la porte Sainte-Anne et de celfe de la Vferge* Les architectes ont encore à exiécuter, au dehors, la restaaratkMi dés deux pignons des transepts et'de la çade septentrionale de la nef, et 1- achèvement de la couvartureeià'idoBibel de<sa orâte ornée; à riatérieur^ k rëfeolMMides^verrièires ooloriëes, k restaurattowdes voâtai hauteS| le rétablissement de Tautel et du pavé du saïKV toaire, la lépairaitsaii dea^piliers sapës,. il y a plus d'un ôècle, pour kpose ^l'es placages en marbre études stalles^ enfin Texécution des peintiu'es murales. £a attendant que ces tanrriiuXf aient aitteint leur conplément^ Fai^fusle cathédrale présente «nèore et pour peu de temps un inté- • rieur dépouillé. Dan^^ce vaste édifice, autrefois rempli des objets les: plus précieu)!^ on ne trawre plus que des débris informes, dé misérabies-clétures en bois, des tableaux délabrés^ pour la plupart fort médiocres. Lbs écbaiaudages, les eknsonafHrovîsQires, les toiles. qm mteroeptent partout le regard ne permettent ni au touriste, ni au chrétien, de saisir l'ensemble ou de mesurer les proportiousi de ce pro«> digieuK édifiéeu Or s'il existe 9. dans d'autres diootes, à Chartres, à Reims, à Amiens , des cathédrales dont la dimension est encore plus|;rande, il n'en est aucune, qui égale celle de Paris par la beauté des proportions, par le fini des détails, par la puissance lûstorique et religieuse des souvenirs,
Ces souvenirs sont dielrs à la population parisienne et
ont étq transmis d'une génération à l'autre. £n 1239 le *
toi saint Louis^ la leiné Blanche, h reine Marguerite et
les princes capétiens- conduisifent'-prdcéssionnellement à
Notre4>ame la sainte Geii»rOniie ^L^puiesy envoyée au
is.
:244 HISTOIRE m PARIS. (tlOS-llM)
roi de France par l'empereur Baudoin. Neuf ans plu» tard,
le même roi, avant de partir poui* la croisade, a print en grande révérence à Noatre-Dame le bourdon et Tescharpe du pellerin, par la main de Gauthier, ëvesque soixanteseizième dudict lieu ^liaque année, depuis i436, le premier vendredi d'après Pâques, le corps de ville se rendait solennellement à Notre-Dame; là, après avoir en* tendu la messe, célébrée dans la chapelle de la sainte Vierge, il assistait au Te Deum chanté pour remercier Dieu d^avoir délivré la ville de la domination des Anglais. Tous les ans, de i449 ^ 160 5, le i*' mai, les maîtres orfèvres se rassemblaient à minuit devant le grand portail de la cathédrale, pour faire leur offrande à l'auguste protectrice de la Fi;ance. Ce jour-là ils posaient sur un pilier un majr, nom qu'ils donnaient à un ouvrage d'orfèvrerie « en forme de tabernacle à diverses faces, èsquelles on voyoit de petites nichées remplies et ornées de diverses figures de soye, or et argent... Ce may, ainsi posé au grand portail à heure de minuict, y demeuroit jusqu'au lendemain, après vespres, que l'on le traiisportoit devant l'image de la Vierge ». Touchante cérémonie qui annonçait peut-être la pieuse coutume des générations contemporaines de consacrer le mois de mai à la Mère de Dieu.
Vers le milieu du seizième siècle un redoublement de ferveur se manifesta dans la vieille basilique. Le protestantisme étendait ses ravages en Allemagne, en Angleteri'e, en France, et le culte de Marie se développait en proportion des attacfues qui lui étaient livrées par les ennemis de notre foi. Parmi les vingt et un autels et les soixante et une chapellenies qui y étaient annexées, Tautel delà sainte
tUIMlMi ÏAYKE IV. CHAPITRE IV. 245
Vierge se distinguait de tous les autres par les riches décorations offertes, par les dons des fidèles, par les ex-voto^ tëiiioigaages nombreux des miracles opérés dans ce sanctuaire, £q 1 582 le cardinal de lorraine, du haut de la chaire de Notre-Dame, entouré « d'une incrédible affluence, admonestoit le peuple qu'il falloil plustost mourir que de permettre qu'autre religion eust cours en France que celle que uos ancestres avoient si estroictement observée » .
Insensiblement l'usage s'introduiât de remplacer les
niays, consistant en ouvrages d'orfèvrerie^ par des tableaux religieux, commandés par la confrérie des orfèvres, et dont la collection était devenue à la longue fort
considérable.
Pour Destituer au chœur de Notre-Dame son caractère primitif on s'est vu contraint, mais à regret, de &îre disparaître les mays; ces tableaux s'harmonisaient sans doute avec l'œuvre de restauration* entreprise sous Louis XIY ; mais, du moment que cette décoration disparaissait, que les chapelles retrouvaient leur caractère primitif, que les baies en ogives, que les pihers romans et les gerbes de colonnettes reprenaient leur place , ces tableaux devenaient choquants et devaient à tout prix être enlevés, comme la décoration à laquelle ils appartenaient. Us étaient en outre dans un état de dégradation dont on ne peut se faire une idée quand on ne les a pas examinés de près. C'est donc, à tous les points de vue, une excellente mesure qu'a prise la fabrique de Notre-Dame quand elle a songé à les envoyer au Louvre, oii ils seront au moins sœgaés et entretenus, en attendant qu'on leur assigne une place ■ digne de leur première destination.
346 HJSTOI&B'DK.PABia. fUlt-liMI
Tous nos anciens annalistes se complaisent à mention* ner lesmays. " ".
« LetroisièaietabenikoleyjdkPlocentLe G(N^ en 1608. Il fut plus beau et plus riehe, de forme triangulaire, où ëtoit posée à chacun de ses aiigles une £gure de telief sciaê sur âa base aver tout les aroements n^oeat saires^et qui, se^rënoontrant; fovmoWntiiidustrieuaemeBt lecuUde-lampe orné tles armes de France^ de monieignf^r le Dauphin et de celles du corps des orfèvres, armea i|iiî leur furent données par PhiHppede yaloia, roide^Fimce; la cuve duquel cuUde-lampe étoit soutenue par six colonnes posées deux à deux de chaque côté de&-figui'esy,et le milieu des angles ètoit marqué, par une figure pareille* mént assise sur son fronlispice en fornie de dôme, qui finissoit à un gros vase court, revêtu de feuillages. vuide de ses faces ëtoit enrichi de- jtnonhu^ poui' enchâsser les trois tableaux qui le rendaient en sa perfection. En cet ordre ils le présentèrent à la sainte Vierge le premier jour de may 1608 } depuis lequel tenp^. ik^onl cmOmu^ tous les ans un : nouveau^ contenant là vîe de la sainte V ierge, ce qui a fini en 1629 (i ). »
En 1699 Anned*Autriobe fit. élargir' hi chapelle de ia Vierge - d'une partie* saittaiite sur l'abside, partie que M. \ iollet-le-Duc a supprimée. Cette modification (ces embellissements, eonune on disait) en ame^ d'fu^resy et îotçà les orféms i| tcaDdfomier bui^.dc^ Jusque-là les peintures avaient été l'accessoire des reliquaires ; à par* tir de i63o les reliquaires disparurent et les tableaux reatsèrent. lia devaient, d'atp^ 4a isequé^. préseqtëe k
(i) Cabinet des Singitlarifés, par Florent Le Comte» iHqrii^/lneoiM Le Clerc» 1699» 1. 1, p. 79et,Manr.^ * 'H,' '.\
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0t«HAM> ' LIVAJB IV. CHAPITRE IV. afy] '
MM. du ehapitrè, avioîr onze pieds de haut, représenter les actes des Apôtres, et éti e suspeiulus aux coloanes et piliers laUt du dusur que de. la nef d» TégUte. ,
Pendant jMÎxante-^ix-hait ans, jusqu'en 1708, les may3 vinrent se mnger le long des piliers d'Eudes de SuUy et sur lea gerbes de Jean de Gh^es.- A celteépoque , la place manqua ; il ^lut en ofaercher une autre. Les or« févres choisirent la vieille abbaye de Saint-Gennaiu des Prés. Mais là également l'espace ne tarda pas à devenir • trop ârcnfc, et^ au milieu d« dix.4mitième siècle, les dimensions furent réduites aux proportions d-une toile de chevalet. Ces toiles étaient suspendues aux murs de la sacristîe) oii la Rëvolutioii leatrouva.
« En I ^3 1 , dit la Description de f Église de Paris, le chapitre de Notre-Dame fit faire une réparation qui a infiniment pkiaïuL cuidein : c*est le nettoiement et la restsuration de tous ces tableaux querJe/. temps et la poussière àvaient tout obscurcis et maltraités.. ^c/{///er/^e/ie Grégfdre^ . peîntne et ^ve du sieur. Aestoux, par un seicvet partiottlier à lui connu, les a non'^eulement nettoyés, mais même les a rétablis dans leur ancien et premier état, et cela sans aucune/alkaration de sa parL G-est k témoignage qu^en ont rendu Louis Boullogne, pvemier peintre du roi ; Vanclève et Nicolas Co.ustou, sculpteurs; TSicolaa de Largillière,. peintre f . Guillaume Coustou, sculpteup ; Claude Hallé^ |>eiatre, «t Hjfaeinthefiigaud , peintre , par leur certificat du 9 juin 1732. Depuis ce temps le chapitre a bien soin- -de iaire bien entretenir tous les tableaux de l'église (i). j»
(i) Description historique des curwsité$ dBlÉglUedê PatU, parGueffier, Paris, GuefBer, 1763» p. lao.
* 346 UISXOIAE DE PARIS.
Transportés en 1792 au Muséum de la république, où Alexandre Lenoir en dressa le catalogue (1), les mays j furent conservés jusquen 1800. A cètte date Torganisar tien et Tinstallation des musées de provinces, créés par le premier consul, en enleva une partie, qui constitua le premier fonds de l'école française de ces musées. On les y retrouve tous, et on les reconnaît facilement à leur invariable dimension. Ea i8o4f quand Tempereur Napoléon eut relevé les autds et rétabli le culte, ce qui restait des mays fut divisé en trois parts : la première fut envoyée dans les églises nouvellement rouvertes et dont les murailles étaient tout à fait nues depuis 1 793 ; la seconde resta au Louvre, et c'est là que Ton puisa de nouveau des spécimens de Técole française quand un décret de Tem* pereur, du 1 5 février i8f i, eut accordé deux cent neuf tableaux aux villes de Lyon^ l^yon, Grenoble, Caen, Toulouse et Bruxelles; la troisième retoui^na à Notre-
Dame, où elle est i'estée jusqu'au mois d'août 1862.
Ces soixante-seize compositions (des contestations ju* diciaires entre la confrérie et le chapitre firent qu'il n y eut de may ni en 1681 ni en 1682) n'étaient pas des cheis-d'cBuvre, tant s'en faut. Tout en voulant témoigner de leur dévotion au culte de la Vierge^ les orfèvres tenaient à ne pas compromettre les intérêts de la confrérie, lis s'adressaient de préférence soit à des jeunes gens enchantés de faire un grand tableau dont les frais ne fussent pas à leur cliarge, soit à des artistes plus âgés, mais que leur obscurité rendait modestes sur la question des hono-
(1) Cette Ibte , document inapprécMble an mHirà du desordre d'akm, a été publiée im txtmso dans le BuletM ankéob^ffifue dm Comité kisto* ri^ue, vol. in» p. 276 et suîv.
fjOmm LIVRE IV. CHAPITRE IV.
raires. Mais, si elles ne soot pas toutes des ciiefs-d'œuvre^ ce sont du moins des oeuvres dont ia valeur historicpie est indiscutable. Pendant soixante-seize ans, il ne faut pas Poublier, tous les artistes français, les plus illustres ou les plus inconnus, ont signé au moins une fois de leur nom les mays de Notre-Dame.
£n 1804^ aux approches du sacre de Napoléon i"y ou avait cherché à réparer autant que possible le sanctuaire de Notre-Dame , mutilé et dégradé par les vandales révolutionnaires. Alors on y replaça des grilles, ainsi que le groupe de Goustou , et Ton s'occupa d'élever un autel; Onze années plus tard les dcu\ statues des rois furent replacées sur des piédestaux carrés, ainsi que les anges. En i83i on transporta ces deux statues à Itle des Cygnes, oii l'on alla les prendre pour les conduire au musée de Versailles. Ces statues sont mainleùant au Louvre. Les remarquables stalles en bois sculpté du temps du cardinal de Noailles avaient été laissées des deux côtés du cliœur pendant la Révolution.
Les choses étaient en cet état lorsque les travaux de restaui^ation furent entrepris en 1 845. A plusieurs reprises les architectes avaient manifesté des inquiétudes à Tendrtnt des anciens piliers du sanctuaire, revêtus de marbre, dont la solidité leur paraissait fort compromise. Cependant on hésitait à autorisel* renlèvement de ces restes d'une décoration placée dans un but religieux et qui consacrait un souvenir. A la fin de Tannée 1857 on se détermina à prendre ce parti, sur les instances de M. Viollet-le-Duc, architecte, qui put enfin s'assurer de l'état des piliers. Une partie des marbres ayant été enlevée à cet effet , on reconnut que ces piliers se trouvaient dans
^So HisooiBB DE FAus. umum
le» pUis dangereuse^ cûnditian^. S^pea, Irouéft de tous côtés dans Topératioii du soeUemnDt des imaribres^rleiin
cliapiteaux brisés^ leurs arcs i^ecoupes, ils ne présentaient plus que 4^ ma^noerie». écrasée» sous la «sharge» L'urgence de les réparer au plus tôt apparut alcm dam toute son évidence. C'est ce travail qui vient, d'être terminé; travail d'ajutant plus délicat que les parties sijipérîéÉres restaurées ne devaient faire -aucim mouvement, aous peine de voir les voûtes l^utes et les arcs-boutants ûécbir et rendre ainsi inutiles une dépense oonsidéraUe-et des ouvrages d'une grande importance. Par des moyens ingénieux^ quoique très-simples^ on a réussi luwi-seuienient à reprendre par le pied les piliers , mMs eécoré k refiûreJes cliapiteaux brisés et les arcs au-dessus. Des étais combinés avec soin ont permis de replacer de cette* nianiôre.9 aous une charge énotme, des'Mocs de pierre d'une grandé.!d^ mensiouy sans que les constructions supérieures aient subi la moindre altération,
Dans ses conditions actuelles, et en dépit des embellissements aussi destructeurs, parfois , que le vandalisme luimên^ , Téglise métropolitaine de Paris ne" casse d'ofimr aux regards desmotift d'admiration, anx ceeurs des sujets de prière.
La fin légitime de Taât est.de (^rifier Dieu9«tites sul>limes tailleurs d images du douzième et du teeîzième siècle avaient bien compris leur mission. Si nous élevons les yeux sur la façade bccidèntale de Tégliae-^ si.nout él»-
dions les merveilles symboliques répandues avec profusion sur les façades du sud etdu nord^ sou&les voûtes^ ^ous les nefs, dans les transepts , nous restons confondus aiijspei>
tacle de tant de patience cL de génie. Sur la fai^eocci-
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deoUle a'.oavreiit trois portes. Ia porte centrale, appelée « porte du Jugement » , présente à l'homme l'idée de la redoutable épreuve qu'il devra subir, inévitablement, au iortiir de cette vie, et le jour terrible, le jour de colère, Dies ircBy ou paraîtra l'étendard àe la croix, Fexilla crucùy où le son éclatant de la trompette réveillera les morts au fond 4u sépulcre et les msséfnblera tous (cagei amnes unie thronum) devant trône du souverain Juge. Alors, nous dit l'Église, la nature et la mort seront dans \ effroi i loiU ce quiétait caché sera révélé, aucun crimene demeurera impuni, et, tandis cpie les maudits , saisis d'un indicible effroi , seront chassés vers la gauche pour devenir la proie de la douleur et du refHords^ les justes, confirmés en grâce^ prendront place à la droite de Dieu et demeureront pour l'éternité habitants du ciel, fils aimés de Dieu et concitoyens des auges.
Donc, sur la (^rte du Jugement, nos regards considèrent d'abord la figure de Jësus-Gbrist, tenant d'une main le livre des saints Évangiles , bénissant de l'autre. Sous ses pieds il foule le dragon- et le basilic (super aspidem et ba^ silicum ambulabiSyCt conculcabis leonem et draconem). Autour de Notre-Seigneur sont les douze apôtres; près d'eux, dans la zone supérieure , les Vertus ; dans la eone interieure, les Vices. Au-dessus de l'Homme-Dieu, sur le graud linteau inférieur qui couronna la porte, la résurrection, et l'image des anges qui, au son de la trompette, réveillent les morts endormis dans le tombeau. Le linteau supérieur représente les âmes pesées dans la balance et séparées selon leurs mérites. Au centre du tympan on re* > trouve encore l'image du Sauveur dans sa gloire , montr^t à son Père ses plaies sacrées (jui intercèdent pour
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nous iPalri monstrat dura vulnera). Près de lui, à droite et à gauche, outre les iD&truments de la Passion , ou remarque les figures agenouillées de b sainte Vierge et de Tapôti c saint Jean. $ous les voussures , divisées en six rangées de claveaux, apparaissent des élus, des réprouvés , des anges, des prophètes, des docteurs, des martyrs et des vierges. Toute cette statuaire se distin^e par la beauté du style et par le fini incomparable de Texécution ; c'est l'une clos plus niagnifiques pages architecturales qui nous soient restées des siècles vraiment ciu*étieus.
Sur le stylobate nos ancêtres avaient sculpté vingtquatre bas-reliefs, représentant douze Vertus en opposition avec douze Vices, placés impnédiatement au-dessous. M. Didron , dont le nom &it autorité lorsqu'il s*agit d'archéologie chrétienne, donue eu ces termes Texplicatiou de ces bas-reliefs.
i*En haut, à gauche du spectateur, la Foi .-une grande femme de trente ans, calme, dans un vêtement simple, porte de la main droite un écusson chargé d*une croix ; à côté est une rose. Au-dessous, V Idolâtrie: un homme chétif 9 amaigri , se prosterne devant une petite figure en relief sur un médaillon.
2* Espérance : une fenune plus jeune que la i ci , plus rassurée qu'elle, les yeux, au ciel ; elle porte sans doute sur un champ de bataille, d'une main ferme, un écusson où ilotte au vent un étendard attaché au bout d'une pique. A-u-dessous., un malheureux s'enfonce dans le flanc droit un glaive qui ressort par le flanc gauche : c'est le Suicide personuifiant le Désespoir.
y La Charité : une jeune femme se dépouille de ses vête> ments pour en couvrir un enfant tout nu ; Técusson qu'die
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tieiil à la main est chargé d'une brebis qui vient d'abandonner sa toison pour en faire des tissus. Au-dessous, ÏAmrice: une femme vieille, décharnée, entassant des poignées d*écus dans un coffre-fort bardé de fer. En été TAvarice se cache les mains dans une sorte de manclion , vêtement inutile pourtant dans cette saison, tandis qu'en hiver la Charité se douille de ses vêteipents les plus nécessaires.
4^ La Justice : femme plus jeune que. la Charité, portant sur son écusson une salamandre qui ne redoute pas
les flammes qui l'entourent : la Justice ne craint aucun obstacle. Au-dessous, V Injustice : un homme encore vigoureux n'a plus la force de soutenir égaux les plateaux d'une balance; il ne traverserait pas les liammes pour &ire à chacun son droit.
5* La Prudence : une femme armée d'un serpent qui s'enroule autour d'un bâton; elle délibère avec lenteur. Au-dessous, ï Imprudence ou la Folie : un homme presque nu frappe Tair d'un bâton noueux; un olifant à la bouche , il sonne ses secrets à tous les échos ; sa tête est renversée et flotte à tout vent.
6^ La Modestie^ grandeur des sentiments : une femme assise pose tranquiUenaent sur ses genoux un écu chargé d'un aigle au Vol abaissé. Au-dessous, un homme tombant d'un cheval lancé au galop : Orgueil^ Témérité,
A droite, de l'autre coté de la grande porte, sont douze médaillons distribués de la manière suivante :
1 Le Courage : un guerrier de face (i), couvert d'une cotte de mailles, casque en tête fleuronné d'une fleur de
(i) Il faut peut-être remarquer que les autre» Vertus ne sont que de profil ou des deux tiers.
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lis, une épée nue à la main droite, à la gauche un écussoa chargé d'un lion passant'. Àu-dessoua, la Ldckète : un soldat bien armé fiiit, non devant des ennemis , mais an cri d'une chouette qui glapit, devant un lièvre qui le pournit. Il a jeté son épée pour fuir plus vite,
3* La Douceur : une femitoe, regardant leCkmrage et la Force, porte sur son écusson une vache passante, bête plus douce que forte. Au*des80us^ à coté de la Lâcheté, la Cruauté : le soldat tire son épée du iburrefliu et menace un moine inoffensif.
3^ La Concorde : comme la Douceur, dont ellenatît, elle porte un animal domesticjue , un mouton , dans son écusson. Au-dessous, la Colère : une femme grande, maigre, assise sur un fauteuil, renverse d'un coup de pied dans le ventre un homme, son mari probablement, qui accourait
lui faii'e un prosent.
4** La Chasteté : elle porte un lis sur son écusson ; elle reçoit du ciel un phylactère oh ses devoirs de femme mariée sont écrits. Au-dessous, V Incontinence : un bourgeois furieux bat sa femme ; aux pieds gisent une bouteille de vin, une cruche, une quenouille brisé^.
5* Tja Sobriété : une femme , d'une physionomie intelligente, porle sur son écusson un chameau agenouillé , le plus sobre^ des' animaux. Au-dessous, ï Intempérance': un homme ivre chancelle, et n*écoute pas les représenta- • lions d'un éveque.
6® La Persévérance : une femme dont Fécusson porte, d'après M. Gilbert, im compas -et un aplomb sàr une base écrite, et, d'après M. Didron, une couronne. Audessous, un moine sort pendaiit.ia làuit de «on couvent, laissant ses vêtements sur la porte.
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. Aux deux extréniHlà des inédaiUons que l'on vient de décrire sont sculptés, sur les faces latérales des contrefepls, deux doubles basH^iefr qui servent en quelque sorte de prologue 'àift sëne des Vices et des Vertus; Les deux sujets donnant un exemple de vertu sont Job sur le fumier ei Abrabam prêt à sacrifier son fils. Sous la csonfiànce de lob est un homme grand, armé , qui semble craindre pourtant, parce qu'41 entend gronder un ruisseau près de lui elcqu'un corbeau cirôasse sur sa tête. Sous l'obéissance d'Abraham est f Impiété bravant le Ciel : un guerrier habiUé de fer, debout sur les murs crénelés d'une ville, lance
javelot contre la foudre qui tonne. Sàir les deux faces bitérales étaient de grandes statues en pierre représentant les douaeapétres aveeleursattributs, foulant aux pieds les vices qa^ilsontcombattiiyles bdnneuft^qu'ik ontanathématisës. • ËnBn , au milieu , sur le trumeau , était une statue de lésoi-Ghrist. CeS' divers grtmpeSf ces stables, ces pieux mo» Bumeots dé la fi» de* nos ancêtresont été rétablis à la place qu'ils occupaient dans Torigine , ou ne tarderont pas à y étfîe replacés par les savants architectes aux soins desquels a été confiée k ¥estauratiôn de Notre-Dame.
On remarque à la porte du Jugement des traces nombreuses de coloration et de dorure, surtout dans la partie supérieure chi tympan. Le nimbe du Christ y est encore complètement docéi Les Annales arcliéoiogiques de M.''Dîldron nous fournissent, aU sujet de là statuaire de * cette porte et de la coloiation des figures, un renseignement .de la plus haute importance. C'est un extrait de la relation qu'un évéque delà grande Arménie, nommé Martyr^ a laissé de son voyage en France, sous le règne de Charles V11I| entre les années 1489 et 1496. Ijà prélat
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résume ainsi ses observations sur Notre-Dame de Paris : « La grande église est spacieuse, belle, et si admirable qu'il est impossible à la langue d'un bomme de la décrire. Elle a trois grandes portes tournées du côté du couchant. Entre les deux battants de la porte du milieu le Christ est représenté debout. Au-dessus de cette porte est le Christ présidant au jugement dernier; il est placé sur un trône d'or et tout garni d'ornements en or plaqué. Deux anges sont debout à droite et à gauche ; Tange à droite est chaîné de la colonne à laquelle on attacha le Christ et de la lance avec laquelle on lui perça le côté. L'ange qui est debout, à gauche, porte la sainte croix. Du côté droit est la sainte Mère de Dieu agenouillée, et du coté gauche saint Jean et saint Etienne. Sur la voussure sont les anges, les archanges et tous les saints. Un ange tient une balance, avec laquelle il pèse les péchés et les bonnes actions des hommes. A la gauche, mais un peu plus bas, sont Satan et tous les démons qui le suivent ; ils conduisent les hommes pécheurs enchaînés et les entraînent en enfer. Leurs visages sont si horribles qu'ils font trembler çt frémir les spectateurs. Devant le Christ sont les saints apôtres, les prophètes, les saints patriarches et tous les saints, peints de diverses couleurs et ornés d'or. Cette composition représente le paradis, qui enchante le regard des hommes. Au-dessus sont les images des vingt-huit rois, représentés la couronne en tête ; ils sont debout sur toute la longueur de la façade. Plus haut encore est la sainte Vierge, mère du Seigneur, ornée d'or et peinte de diverses couleurs; à droite et à gauche sont des arclianges qui la servent. » Ce récit, on le voit, est d'une assez complète exactitude »
{im-%m uvRB IV. GHAFinifi iv. :i57
La porte qui s'ouvre à la droite de la porte centrale est désignée sous le nom déporte Sainte-Anne; elle est composée de fragments ayant appartenu à un édifice du douzième siècle, que les maîtres du treizième ont intercalés aa milieu de Tarchitecture de oetici époque. I^e pr&; mier linteau de la porte appartient au style du treizième siiède et .représente le Mariage de la sainte Vierge» Le linteau supérieur est pesque entièrement du douzième siècle; il représente la Visitation, la Naissance du Sauveur, les berçerset les mages. Au centre du Qrmpan est la Vierge couronnée, tenant l'en&nt Jésus devant elle ; à droite et ù gauche, et sur le second plan, sont des anges, un roi et , un évéque. Lies cordons qui surmontent et ceignent ces figures représentent des anges thuriféraires, des rois ancêtres de Marie, des prophètes et des vieillards de l'Apocalypse.
Un stylobate orné d'arcatures ogivales, avec leurs colonnettes^ leurs archivoltes bordées de billettes et leurs fonds semés de fleurs de lis en creux, garait les ébrasures de la porte Sainte- Anne ; il a été refait depuis peu ; Tandenne décoration avait subi de fâcheuses dégradations. Au-dessus de cette base il y avait place de chaque c6té pour quatre statues accompagnées de colonnettes, de splendides chapiteaux et de dais en forme de châteaux (i). L'àbbé Lebeuf, si bon juge en pareille matière, croyait que ces figures étaient antérieures à la porte où elles se trouvaient posées et qu'elles avaient été réservées de quek (|ue autre église. 11 y reconnaissait d'abord saint Pierre et
(i) Les chapiteaux- sont enveloppés de branches entières de chêne, d'orme , de vigne, etc.
Les dais sont de véritables châteaux forts CD miniature, .
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