‹ Histoire de Paris, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 45 sur 91 · I0841M) LIVRE IV. CHAPIXRIC IV · texte numérisé non relu

I0841M) LIVRE IV. CHAPIXRIC IV

personnages. Marie a pour témoins de son triomphe les

anges, les patriarches , les rois ses aïeux et lespropliètes. Les figures se disposent sur quatre rangs , (piatorze au pre* mier comme au second, seize au troisième aussi bien qu'au dernier, soixante en totalité. Chacune se place sous un petit dais en château, qui sert de socle à la suivante. Le premier personnage ée chaque cordon, à droite et à gauche, est en pied; les autres ne se font voir qu'à mi-corps. Les huit figures principales sont six prophètes et deux rois placés debout, presque semblables à ceux qui siègent dans le tympan; leurs mains tiennent des banderoles qu'ils considèrent avec attention et dont ils semblent méditer le sens. Il y en a qui se communiquent leurs réflexions. Un proplièle compte avec ses doigts, comme s'il supputait les temps de la venue du Messie; un autre est coiffié d'un bonnet eu forme de conque (i). Les bas-reliefs les plus curieux, et qui se trouvent au nombre de trente-sept , sont ceux qui représentent les douzes signes du zodiaque et les travaux agricoles des douze mois de Tannée, S(-ulj)tés, dans Tordre suivant, sur les faces des pieds-droits de la porte : le Verseau ou janvier, représenté par un jeune liomme à cheval sur un poisson ; les Poissons ou février, le Bélier ou mars, le Taureau ou avril, lesGémeaux ou mai, le homard ou Cancer en juin, le Lion en juillet, la Vierge en août, la Balance en septembre, le Scorpion en octobre, le Sagittaire en novembre, et le Capricorne en décembre. A coté de chaque signe sont des figures indiquant les travaux propres à chaque mois.

Sur le pilier du centre, auquel est adossée la statue de

(i) M« F. «le Gnillieniiy.

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la Vierge , sont sculptés, sur les deux £Rces latérales, les âges de rhomme et les saisons.

Dans le tympan d*une des ogives de Tarcature du stylobate, en face de TOcéan, la Terre ^t représentée sous la forme d*uiie femme forte, assiseet comme immobile sur son siège. De la main droite elle tient une haute plante herbacée cpiisort d'un vase ; de la j^auche, un chêne chargé de glands. Une jeune fille , personnification de la race hu« maine, s'agenouille dans le girop de sa mère et lui saisit la mamelle droite, ou elle puise la vie. Ce beau et curiemi bas-relief a par malheur beaucoup souffert.

Le zodiaque de Notre-Dame est conforme aux usages de l'année ecclésiastique; il commence avec k mois de jan«» vier, tandis qu'au treizième siècle , et jusqu'à la réforme du calendrier, sous le règne de Giarles IX, l'année civile ne s'ouvrait qu'à Pâques. La coutume de sculpter des diaques aux façades des églises remonte aux premiers siècles chrétiens ; on en trouve un sur les murs de marbre de l'ancienne cathédrale d'Athènes ; l'Italie en possède un très-grand nombre en sculpture , en peinture et même en mosaïque. En France il est peu d'églises d'une certaine importancequi n'en présenteau moins un. L'église deSainl- Denis en avait un en mosaïque, un autre gravé en creux sur les dalles des chapelles absidales « et un troisièneie ea bas-relief sur sa fiiçade. Le dernier subsiste; il est aussi resté quelques fragments des deux autres. A Notre-Dame il se pourrait fSûre que le sculpteur n'ait passeulemeat voulu s'assujettir à une tradition généralement suivie, mais encore convoquer la nature entière au triomphe de la Vierge.

Dans les arcatures on remarque les statuer d^ p^usisurs

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saints, et entre autres ceHes des protecteurs de Paris et de la Gaule. Au-dessus des trois portes se développe une riche galerie oomposée de ooloniies détachéeSf et, dans les entrecolonnements, Part moderne, se conformant avec docilité aux traditions du moyen âge , a rétabli les statues de Yingt-huit rois qui ae sont pas , oomine beaucoup Taffirment, des rois de France, nuis bien les ancêtres de Marie, les héritiers de David.

On ne se lasse pas d'étudier les détails de cette façade occidentale, l'une des plus magnifiques pages arcfaitectu» raies que le vieux. Paris déroule encore sous nos yeux. Nous avons esquisse, trop à la liate, les trois portails, les cordons brodés et dentelés qui les surmonfeent, rimmense rosace centrale, la liaute et frêle galerie d'arcades à trèfle qui porte, sur ses fines colonueLtes, une plate-forme massive, . enfin les deux noires tours, avec leurs auvents d'ardoises, parties harmonieuses d'un tout sublime, superposées en cinq étages gigantesques : oeuvre colossale d'une époque, à k fois ime et complexe, création, humaine de Tart, oii sur chaque pierre on voit apparaître la fiuitaisie de Touvrier, disciplinée par le génie chrétien. Mais combien d'efforts ne reste-t-il past à &ire pour réparer, au dehors e|L à l'intérieur, le travail destructeur des iconoclastes et les embellissements marqués à Tempreinte du faux goût des ar^ chitectes paieps des deux derniers siècles 1 Qui a renversé cette pro£gieu8e efBgie de saint Christophe qui plaisait au peuple et nous apprenait, en symbole, à porter Jésus-Christ dans notre cœur ? Que sont devenues ces myriades de statues'qui remplissaient tous les entrecolonnements de la nèf et du chœur ? Qui a remplacé le vieil autel gothique par un long sarcophage de pierre et de marbre? Qui a détruit

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les verrières et eogluë les murs d'un badigeoiiiia§|e jaune n fort à lamodeau temps de Louis XV et de Louis XV1I1 ?

Les modes artistiques ont fait plus de mal à ce majestueux édifice que les révolutions et le temps ; elles ont déployé avec une lamentable profusion, à Tintérieur du monu* ment, leurs volutes, leurs entournements, leurs draperies, leurs guirlandes, leurs Aammes de pierre, leurs nuages de bronze, leurs chérubins bouffis qui ressemblent trop souvent aux petits amours sculptés par les maçons de la Renaissance.

Félicitons notre siècle d'avoir enfin compris Tart du moyen âge et d'avoir renoncé à la dériioire mission de restaurer Notre-Dame selon le goût moderne. Nous aimous voir restituer à ce monument splendide tout ce qui se rattache à l'œuvre primitive des tailleurs de pierre qui exécutèrent les ordres de Maurice de Sully et se montrèrent dociles à la pensée du saint roi. Notre-l>ame est un édifice de transition, qui tient à la fois de l'architecture saxonne et de l'architecture des croisades. L'ogive s'est installée sur ces larges chapiteaux qui ne devaient porter que des pleins-cintres. C'est là une construction hybride aussi intéressante pour l'artiste que pour l'anlicjuaire vi l'historien. L'art se transformait tandis qu'on élevait le monument.

La porte du transept septentrional est désignée sous le nom de porte du Cloître^ parce qu'autrefois elle conmuiniquait à cette annexe de lacathédrale, au célèbre cloître de Notre-Dame, dont il ne reste aucune trace. Ainsi que la porte du Sud, cette porte septentrionale date de la seconde moitié du treizième siècle; elle conserve encore la statue de son trumeaUi une magnifique fîgurede la Vierge;

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