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le divia Enfant seul a ëtc mutilé par l'inepte marteau des révolutionnaires. Sous les pieds de la Mère de Dieu rampe le serpent, ennemi du genre humain ; les bas-reliefs qui décorent le tympan et les linteaux rappellent des légendes du moyen âge, et, en inérae temps, l'histoire de Marie. Les trois voussures qui entourent le tympan portent des anges, des saintes femmes et des docteurs. A la suite de cette porte, en s'avançant vers le chœur, on rencontre la Porte roi/ge, enclavée entre deux contre-forts sous une fenêtre de chapelle, et dont le tympan représente le couronnement de la Vierge, Mère de Dieu. Du coté de ^otre*Seigneur l'artiste a sculpté la figure d'un roi ; du coté de Marie^ celle d'une reine; tous deux sont à genoux, et on croit avec raison que ces imag^ sont celles de saint Louis et de la pieuse Marguerite de Provence. La porte méridionale, dite des MartjrSy est particulièrement dédiée à saint Étienne, en commémoration de 1 église Saint-Étienne qui existait autrefois sur cet emplacement et qui fîit démolie lorsqu'on voulut construire la cathédrale actuelle. Le bas-relief du tympan retrace quelques scènes du martyre du saint diacre qui, le premier, après la i^urrection du Sauveur, eut la gloire de verser son sang en témoignage de la divinité d& Jésus-Christ. Au sommet du tympan Notre-Seigneur, entouré de deux anges^ bénitsaint Étienne. Les trois voussures de cette porte sont décorées de figures de saints, de moines, d'ecclésiastiques, et principalement d'anges portant les couronnes destinées aux martyrs.
Sur le coté méridional de Notre-Dame s^élevait autrefois le palais archiépiscopal. L'un des plus lugubres souvenirs de la révolution de 1 83o est celui qui se rattache aux saturnales d^ 1 3 et 1 4 fiévrier 1 83 1 , alors qu'une po-
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pulace endëlire, sous les yeux d'une autorité itnpuUsaate et iâche> oia détruire de foad eo comUe cet édifice et livrer aux plus lamentables profanations les croix, les relique&9 tous les trésors de la religion et de rjÉglifie. Nous dé> crîroos plus tard cet édifice.
De lous les vitraux qui décoraient la cathédrale il ne reste que les trob roses des trois portails. JLa yeirière de la rose occidentale montre au centre la Vierge couronnée, tenant un sceptre et portant Tenfant Jésus qui bénit, La rose du transept méridional présente, sur son vitrail, les douze apôtres, et beaucoup d*évêques et de saints qui ont en main soit les palmes du triomphe, soit les instruments de leur martyre. Des anges leur apportent des cou» ronnes d'or. lia rose du transept nord, consacrée, comme le portail, à la vie de la sainte Vierge, nous montre enr Gore Marie avec son Fils, mais entourée des patriarches, des juges, des prêtres, des prophètes et des rois.
La cathédrale de Paris est construite en forme de croix latine; on compte dans cette église cinq, nefs, trente^aept chapelles affectées au culte ou servant de passages, trois roses de quarante pieds de diamètre chacune, cent treixe fenMres, soixante-quinze colonnes ou pilWrs libres , non compris les colouoes engagées, cent huit colonnettes aux baies de la tribune* Les contre-forts,, les olochetotts,Jes gargouille» historiées, les pinacles, les colonnettes monost^les pu groupées en faisceaux dans les galeries, dans les fenêtres , dans rintërieùr des tours, ame retombées des arcs , les balustrades à jour, les pignons feuillages, les corniches chargées de végétations, les consoles en figures d'hommes et d'animaux sont en quandté vnûinent innombrable. On dirait que le ^ treiziisrae siècle,
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eette époque empreinte de tant d'originalité et de puissance, a voulu se résumer dans ce monumoit, qui inspire
une sorte de terreur religieuse mêlée d'admiration et de respect.
lies vers suivants, écrits dans un tableau qui était placé autrefois à Tentrée de Téglise, près de T image de saint Christoplie, donnent les dimensions de 1 édifice :
Si tu veux sçauoir comme est ample De Noslre-Darae le grand temple, Il a dans son œiiure, pour seur.
Dix et sept toises de haultcur, Sur la largeur de vingt et quatre,' Et soixante-cinq, sans rabattre, A de long. Aux tours bault montéet Trente-quatre sont bien comptées; Le tout fondé sur pilotis , Ainsi vny que je te le dis.
Au point d'intersection des quatre branches de ia croix existait «itrefbîs une haute flèi^e qui fut seulement dé*
molie en 1797, parce que, dit-on, elle menaçait ruine. On vient de rétablir cette flèche en charpente, qui datait du tscmmencement du treizième siècle, ainsi que le dé* montrait de la manière la pins évidente la sculpture qui décorait la base du poinçon sous la couverture (ce fragment a été conservé). Les gravures d'Israël Sylvestre, le plan de Gomboust, celui de Méréan nous ont conservé laspect de la flèche centrale de la cathédrale. Quant aux descriptions anciennes, elles sont, comme celles de plu» sieurs grands édifices de Paris, d'un laconisme incroyable.
Le Père du Breuil, dans son I Jiédtre des Antiquités de Parùf s'étend fort longuement, comme chacun sait, sur les «iitels de la cathédrale , sur les dignités et privilèges
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des GhaDoines; mais de l'édifice le peu qu*il veut bien consigner dans son livre est assez obscur.
« La charpenterie, dit-il, qui soustient la couverture de plomb de ceste cathédrale église ne porte que sur les quatre gros murs, non plus que celle du petit clocher^ qui est au-dessus du milieu de la croisée, basty sur un gros tronc de bois, sôusienu seulement par quatre grosses pout tres qui posent sur les quatre s pnncipaux pilliers d*i(dle croisée.... Dans le petit clocher sont six petites cloches, non comprise la cloche de bois. »
Il ne faut pas prendre à la lettre, bien entendu, la description du P. du Breuil, qui probablement n'était jamais monté dans la charpente de la flèche et qui en parlait sur le dire de quelque sonneur. La souche de cette flèche, qui existait encore en place il y a quelques années, ne reposait pas sur « quatre poutres, » mais bien sur un système de charpente fort ingénieux et bien conçu, lequel reportait en efîet toutes les pesanteurs sur les quatre piliers du transept. Lorsqu'on a voulu, de nos jours, reconstruire la flèche, ce même système a été suivi avec de notables améliorations. La hauteur de la nouvelle flèche est de quarante-cinq mètres depuis le iatlage du comble jusqu'à la croix. Cette croix porte six mètres. Du pavé de l'église au coq on compte quatre-vingt-dix mètres environ.
La flèche actuelle est sur un plan octogonal dont la base a sept mètres de largeur hors œuvre. Ole se compose d'an étage fermé, dégageant lecomble, de deux, étages à jour, portant des plates-formes accessibles^ et de la pyramide supérieure. Elleest entièrement en bois de chêne deQuim pagne, choisi et enmagasiné depuis longtemps^ car il s'agissait de
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trouverdes piècesayant jusqu'à quinze mètres de longueur, fii aujourd'hui se trouvent rarement dans nos forets. Ces hmy taiUë8rétëdermer( 1 858)daiiale6GlMuitiimdeM.BeUu, surles dessins et tracés de M. Viollet-le-Duc, architecte de la cathédrale, ont passé tout l'hiver à Tair libre. Le moatage aétëebmiiieiiGé le i4 février iSSg et fini le lo mai, sans diflEuïulté comme sans accident. La charpente, imprimée au minium, a été recouverte de plomb.
Bien que Tensemble de la flèche présente une silhouette assez sévère, la plomberie Tenrichit de crochets, de ciiapîtaux, de gargouilles et de frises. On estime que cette plomberie pèsera 200,000 kilogrammes environ. Quatre grandes contre-fiches, décoréesdarcatures rampantes, des statues des dcnize Apôtres et des cpiatre symboles des évangëlistes, étayent la flèche dans les quatre noues du comble. Cette disposition, qui existait dans l'origine, a été rétablie par rarchitecte, à l'aide des renseignements trou* vés sur place.
Celui qui considère Notre-Dame, qui en étudie les pro* dîgîcux détails, les merveilleux ornements, ne peut détacher ses regards des deux tours carrées élevées comme des sentinelles aux extrémités de k fiiçade principale. Au-desBus de la galerie de la Vierge, terrasse à ciel ouvert, bordée d'une balustrade à jour, qui forme le troisième étage du portail, les deux tours commencent à se détacher de la masse du monument. Une arcature à jour les relie encore Tune à Tautre et forme la transition entre la partie pleine du portail et la séparation absolue des clochers. Cette arcature, haute et légère, se compose d'ogives géminées y avec colonnettes en fedsoeaux pour supports et trèfles percés dans les tympans. Suspendue •
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entre les tours^ elle va se prolonger ensuite sur leurs quatre paroii et les enveloppe d'uoe bvilhiite galerie. Retpeetant
les contre-foits qui lui font obstacle , elle laisse seulement sur les parements de leurs piles l'empreiate de son passage. A son eomtnet elle porteunebalustradedéooupée en quatrefeuilles, à tous les angles de laquelle sont venus percher des oiseaux^ s'accroupir des démons et des monsti«». Ces pit« toresques figures viennent d'être rétablies ; les imciennes n'existaient plus^ mais quelques-unes, en tombant, ament laissé leurs pattes attachées à la pierre. - Les tours s'élèvent ensuite carrément , désormais libres dans l'espace. Leurs angles dispai'aisseut derrière des contre* forts énormes , bordés dans toute ]evtr hauteur de longues suites de feuilles en crochets, surmontés de gargouilles et de clochetons. A chaque touTi et sur chacune des quatre fiices , s'ouvrent deux, baies ogivales , d'une dimension extraordinaire , dont les ébrasures sont tapissées de colonnettes et dont les archivoltes se divisent en nombreuses rangées de tores. Les cordons externes des arcs descendent sur des mascarons à têtes grimaranles. Enfin , pour couronner l'œuvre, au-dessus d'une double ligne de grandes et larges feuilles, une balustrade semblable k celle de la dernière galerie que nous venons de décrire enwonne la terrasse revêtue de plomb où l'architecte a posé sa dernière assise. A Tun des angles de la balustrade de chaque tour une tourelle terminée par un fleuron recouvre la cage de l'escalier. Les parties latérales des tours présentent le même système d'architecture, excepté cepeadant.aux étages inférieurs, oii se trouvent de longues baies en ogive simple pour donner du jour aux porches, et ifes tourelles polygonales percées de barbacanes pour contenir
(MMMi - uvitB iT. cRAPrnus rv. %'Jt
lies escaliers (i).'.. L'escalier qui oondait au soniinet de chaque toM* n'a pàs moins de trois cent quatre*Tingts de» grés. L* étage inférieur forme un pprclie en avant des colhfénnixde la nef. Dans lés étages supérieuraon trouve de mus» salles voûtées, il y a surtout, dans chaque tour^i la hauteur de la galerie de la Yierge , une salle immense et magnifique , ou • la lumière habilement ménagée vient grandir enclore les- fbrmes ^e l'architecture. Chacune de ces salies contient dans un de ses angles un escalier remarquable, -emprisonné dans une tourelle de pierre percée à jour. Il n'est pas possible de se faire une idée des proportions colossales de Notre-Dame tant qu'on n'en a point parcouru en détail les tours, les terrasies; li» galeries.
La sonnerie de la cathédrale de Paris avait autrefois une grande réputation* La tour du Nord renfermait sept dodies, et il y en avait six autres dans, le clocher «eniral du transept. Les deux plus grosses de toutes, qu'on appelait les bourdons* de Notre-Dame, ^itnt placées dans la tour do HRât. Sans parlerdes autres doehes d^âujoufxl'hui, qui n'ont aucune importance , nous dirons que Notre-Dame a conservé le plus gros et le plus harmcmieux de.ses-deur bourdons. Les Parisiens lui ont voué une affection singulière, et dans les jours solennels le peuple se plaît fort à l'entendre sonner. Le poids en est évalué à trenté-deuxmilliers (2). Il porta d'abord le nom de Jacqueline, du nom desa marraine, Jacqpieline de la Grange, femme de Jean de- Montaigu (3).
(i) M. deGuilbermy. ^ (a) Idem.
(3) Cette cloche, baptisée en i4oo» fut refondue eu i6â6 et reçut ■kvs'ks noBis (PEmmanoel-IiOuise-Thérèse. • -
2'] 2 HISTOIRE DE PÀJBH&, (jtUMim
En arrière des tours s*élève le grand pignon triangulaire qaï dot ie comble de la nef. Sur la pointe un ange sonne de la trompette y soit pour annoncer le jugement à venir, soit pour convoquer le peuple chrétien. Il est con- . lemporain de la façade; le sculpteur l'a disposé de manière à donner le moins de prise possible aux vents et aux tempêtes qui Tassaillent sans rdâche.
Tel est ce portail superbe , évidemment conçu et exécuté par ie même horoaie dans sa partie la plus considérable et la plus magnifique. On peut assurer aussi que les travaux se sont poursuivis rapidement , sans éprouver de retards, depuis les soubassements des portes jusqu'au point où les tours commencent à se séparer de la mease. L'unité de l'ensemble , la similitude des proiils et des innombrables détails attestent I mieux que ne le poumit fiiire le texte le plus avéré, que tout ici a été produit d'un seul jet , sous l'influence d'un même art et d'une même inspiration. Combien ne regrettoas*»nous pas de ne pouvoir dire qud fut le maître de cette ceuvre! Il n'a pas son^é à nous transmettre son nom , ( t ses contemporains n'ont rien fait pour suppléer à sou silence, «t L'homme , l'artiste, l'individu s'efFaeent sur ces grandes masses sans nom d'auteur; l'intelligence humaine s'y résume et s'y totalise. I^e temps est i'aixhilecte , le peuple est le maçon, a Nos lecteurs auront reconnu sans peine dans ces dernières lignes le style coloré de celui qui a écrit la Notre-Dame de Paris, Quant à la partie supérieure des tours et à la galerie qui les réunit , elles témoignent, la galerie surtout, par ses formes amincies et par une certaine exagération de légèreté , d'une reprise qui aura ^probablement eu lieu dans la seconde moitié du treizième siècle , vers le
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temps où Jean de Ciielles commença son portail méridional. Il serait impossible en effet d'admettre que la galerie des rois et celle des tours soient conteinporaines. L'œuvre s'est arrêtée pendant bien des années au couronnement du portail, et Ton peut aisément se rendre compte d'une interruption pareille ( i ).
Les façades latérales de l'église sont fort belles et enrichies de remarquables sculptures. Du coté du nord s'élevait autrefois le célèbre cloître de Notre-Dame, dont il ne reste plus aujourd'hui aucune trace. A la base, des chapelles construites sous Tépiscopat de Matiffas de Bucy on voit encore sept charmants bas-reliefs du commencement du quatorzième siècle , dont les sujets sont la Mort de Marie , entourée des apôtres, le transport de son cercueil jusqu'à la vallée de Josaphat^ I^Assomption , Jésus- Christ adoré par des anges, le Couronnement de la Vierge , la Vierge intercédant auprès de son Fils, et quelques épisodes de la légende de Théophile. Ces bas-reliefs donnaient autretbis dans l'espace clos réservé pour le ^chapitre , entre le cloître et les dépendances de Tévêdië.
Les voûtes de Notre-Dame sont contre -boutées à l'extérieur par vingt-huit grands arcs-boutants, de treize à quatorze mètres chacun, etdix-huitpetits, de six mètres, suppoi tant la pousse des voûtes des galeries intérieures. Les piliers des arcs-boutants du choeur sont surmontés de pyra- " midions gothiques très-délicatement travaillés. Il est probable que ces pyramidions ont été ajoutés après la première construction. Les piliers de la nef, quoique d'une
(i) Voir les savantes études de M. F. de GuUhenny«