LIVRE 1. CHAPITRE I
Lorsque, à la suite de creusements successifs et répétés,
le fond de la vallée de la Seine se fut abaissé au niveau des plateaux inférieurs de Montrouge, Bicetre, Bercy, Yincennes, les courants ne charrièrent plus guère que du caillou provenant , soit des dëbhs des meulières des plateaux supérieurs^ soit des fragments siliceux de la craie de Champagne , dénudée aussi par raction des eaux. Aussi u'est-ce pas sur ces plateaux que l'on exploite de préférence le caillou pour l'empierrement des routes , pour le macadam des rues et le bélon des constructions. Les derniers courants qui achevèrent de creuser la vallée de la Seine ne transportèrent plus que des graviers et des sables; la preuve nous en est fournie par ces nondjreuses sablières que Ton trouve presque exclusivement au fond de la vallée , et d'où l'on exti ait tout le sable qui sert au-pavage, au macadam et à la bâtisse.
Cliacune des couches du terrain diluvien a sa valeur ai^ricole spéciale; ce sont les plus caillouteuses, comme ceiles du plateau de la Grand -Pinte , que les maraîchers recherchent principalement pour y établir leurs cultures , et cela par la raison bien simple que ce sol a la propriété d*emmagasiner le jour la radiation solaire pour en restituer la chaleur aux plantes pendant la nuit. Les pépiniéristes, au contraire y choisissent de préférence les pentes douces des coteaux revêtue de limons diluviens ; c*est là surtout que prospèrent les plantations de jeunes arbres dont les racines pénètrent profondément dans un soi riche où Teau ne séjourne pas.
Nous venons de mentionner l'utilité industrielle des cailloux charriés et des sables accumulés en immenses sablières par les courants dilumns ; il est une autre roche de
lO HISTOIRE DE PARIS.
la même provenance dont ^importance industrielle est plus
considérable encore; nous voulons parler de la meulière^ cette pierre silicieuse , grisâtre ou brune , riche en ciment calcaire, qui a la singulière propriété d'offrir avec un faible poids une résistance supérieure. Son nom lui vient de ce qu*on remploie à faire des meules pour moudre le blé ^ qu'on exporte jusqu'en Amérique; on ne fait servir h. cet usage que les blocs les plus considérables. Les fragments de moindre dim^sion sont très-recherchés pour le parement des constructions solides , telles que ponts , viaducs , forts et bastions. La meulière a été d'un emploi très-utile dans la construction des fortifications de Paris. On choisit principalement pour cet usage la plus légère, celle qui est • perforée de la plus grande multitude de trous et d'anfractuosilés , en raison de ce qu'elle charge peu les murs et se lie très-bien au mortier. La meulière compacte est la plus estimée pour les constructions souterraines et hydrauliques. Charriée par les courants de Tépoque diluvienne y la meulière se trouve par bancs interrompus dans ses principaux gisements, toujourssîtuës au milieu des sables ou de l'argile. Le bassin de Paris a pour ainsi dire le monc^N>le de ces gisements, et principalement les départements de Scine-et-Oise et de Seine>et-Marne.
Les grès, qui abondent dans le iDassin de Paris, servent de couronnement à des masses de sables fins et blancs de quuiaïUe à cinquante mètres d'élévation. Dans la vie domestique on les emploie au récurage des ustensiles de cuisine et on 9*en sert pour sabler les appartements. Dans l'industrie ils servent à la fabrication du verre et au moulage; mêlés avec de la terre glaise ils entrent dans h composition de la brique. C'est au-dessous de ces gise-