LIVRE I. CHAPITRE 1. tl
ments de sables que se trouvent, par masses épaisses, les glaises vertes^ qui sont aujourd'hui d'un si grand usage dans k hriquelerie ; dles sont aussi fort employées dans la poterie. *
Des couches inférieureson tire {dusieurs substances utiles d'un emploi spécial; ainsi on trouire h Montiiiarti*e la strontiane sulfatée qu'on fait entrer dans la composition des fusées d'artifice pour les colorer en beau rouge. C'est aussi du sol de Paris que provient ( «'tto argile niar^ieuse, appelée terre à foulon , ayant la propriété d'absorber les corps gras et dont font usage les di'gi aîsseurs pour enlever les taches des étoffes. Enûn ou extrait encore diverses substances en usage dans les arts pour le polissage des mé*taux et des bijoux.
Les niarms qu'on rencontre à cet étage sont très-eniployëes en agriculture pour l'amendement des terres. La marne calcaire, qui s'émiette à l'air et à la gelée, offre une abondante ressource pour la fabrication d'une chaux hydraulique fort recherdiée pour les constructions. lia marne argileuse est employée dans la poterie et la veri'erie. * Le {ypse, appelé aussi pierre à ptdtre^ est presque entièrement composé de sulfate de cliaux ; par la calcination du gypse on obtient le plàti*e, qui, délayé dans l'eau , sert, dans la maçonnerie, à enduire les murs ou à cimenter les pierres. On sait que cette pâte en séchant acquiert une dureté presque égale à celle de la pierre.
Mélangé avec de la coUe forte il constitue le stuo et prend le poli du marbre. On emploie le plâtre le plus fin , provenant du gypse feuillet , à prendre des empreintes et à bire des moulures. Ce dernier est un gypse cristallisé en grandes lames.
12 HISTOIRE DE PAUIS.
Au-dessous du gypse se trouvent des lîts de marnes si calcaires qu on pourrait les prendre pour de la chaux grasse; du reste, comme engrais, elles pourraient presque
en tenir lieu. Plus bas viennent les sables moyens^ aussi fins que les sables supérieurs, mais plus argileux. A ces sables se trouve mêlée une argile plastique susceptible de cuire sans se fendre et que les poêliers emploient à la confection des fours; c'est pour cette raison qu'on Tappeile terre à four*
L'étage inférieur est occupé par le calcaire grossier^
dont répaisseur n'est pas moindre de vingt à vingt-cinq mètres ; on y trouve une foule de matériaux propres à la construction : moellons pour la maçonnerie courante, pierres d'appareil, liais pour les sculptures, etc. Le liais est une pierre calcaire dure et d'un grain très-fin, qui est une production spéciale des carrières des environs de Paris, et notamment de Saint-Cloud et d'Arcueil. C'est avec du liais de très-belle qualité qu'ont éu\ faits les bas-reliefs de la fontaine des Innocents et qu'a été construite la cliapelle de Versailles.
La série des terrains tertiaires finit par un important gisement d'argile plastique très-fine, et, comme telle, très- précieuse pour la céramique; les parties les plus grossières de cette argile servent à la fabrication d'excellentes tuiles.
EnHn la dernière couche , la couche la plus profonde des terrains exploitables du bassin de Paris, est la oraie blanche f qui forme sous cette ville un énorme banc de deux cent vingt mètres d'épaisseur. Ce banc, qui constitue le territoire de la Champagne , vient affleurer le sol , tout près de Paris, au bas Meudon, par exemple, et à Hou-
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gival. Cette craie est un carbonate de cliaux presque pur.
En ce qui concerae le fleuve qui traverse Paris , son niveau, pris au zéro du pont de la Tournelle, est de trentetrois mètres au-dessus de la mer^ et rëlëvation moyeniie du sol au-dessus de ce niveau est de vingt-deux mètres. Cette élévation est due, en grande partie, aux travaux humains, le terrain marécageux des bords du fleuve ayant été considérablement exhaussé pour devenir habitable et surtout pour rétablissement des ponts. On en trouve la preuve dans les anciennes chaussées que des fouilles ont fait découvrir à cinq ou six mètres du sol actuel, et dans la situation de certains édifices, où Ton n'arrivait jadis que par de nombreux degrés et qui se trouvent à peine aujourd'hui au niveau du sol. C'est aussi à la main des honunes qu*est due la plus grande partie des inégalités du terrain, comme les boulevards, formés des anciens remparts, les buttes Bonne-Nouvelle et Saint-iloch, formées de dépots d*immondices, etc.
La Seine déborde rarement; cependant, depuis que les montagnes oii elle prend naissance ont été déboisées, depuis que les marais qui la bordaient jadis ont été desséchés, enfin depuis que le fond de son lit s'est successivement exhaussé, elle garde un niveau moins égal que dans les anciens temps ; mais ses débordements ne présentent plus rien redoutable depuis qu'elle est enfermée dans deux hautes murailles de pierre infranchissables.
Un cours d'eau artificiel, le canal Saint-Martin, traverse les quartiers septeulriouaux de la ville et unit la Seine au canal de TOurcq ; c'est la deuxième partie du canal de la Seine à la Seine, dont la première partie est le canal Saint-Denis. Nous le décrirons plus tard.
l4 HI8T0IRR DE PARI6. (Av. J.-C. 51.
JLa Seine u'ëtait pa» autrefois retenue par les fortes digues dans lesquelles nous la voyons aujourd'hui renfermée ; elle formait donc, avec les sables et les pierres qu'elle entraînait, des atterrissementS) des bancs, des îles, qui la plupart ont élé emportées dans les débordements, ou réunies au rivage, ou joiutes entre elles. Dans le moyen âge on en trouvait dix, dont il ne reste que deux, File Saint- Louis et la Cité.
Cette dernière, plus grande quel*aulre, a été le berceau de Paris ^ elle a plus de deux «sent mille mètres de superficie. L'île Saint-Louis, beaucoup moins étendue, a élé formée de la réunion de deux petites îles i^i'Ue Notre' Dame et l*île aux Vaches ) que séparait alors, un canal très-étroit de la Seine, occupé de nos jours par l'emplacement de la rue Poultier. A l'extrémité occidentale de la Cité on remarquait deux îlots considérables qu'on appela, durant le Mioyen âge, l'île aux Juifs et Cile du Loui>re. Le premier de ces îlots est aujourd'hui^ réimi à la Cité; l'autre a disparu à la suite des travaux de canalisation et d'endi^^ment entrepris. pour âuîiliter la navigation du fleuve.
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