II329-I270) LTVRE VI. CHAPITRE I
rent pour Paris et y furent reçus au milieu du plus vif enthousiasme.
Un vassal rebelle , le comte de la Marche \, puissamment assiste du roi d'Angleterre, se révolta contre Louis IX. Le jeune roi, âgé de moins de vingt et un ans, se mit à la tête d'une armée , fondit sur le Poitou , franchit la Ghai-ente au pont de Taillehourg, et mit en déroute ses ennemis qui lui disputaient ce passage. Il assiégea ensuite la ville de Saintes, et les rebelles sollicitèrent la psàx.
Sur ces entrefaites , les barbares de TOrieut, chassés de leur pays par les hordes mongoles de Temoudgin- Gengiskhan, envahirent la Judée et le royaume de Jérusalem (i244)« sultan d'Egypte les chassa de la Palestine , mais à son tour il fit peser sur les chrétiens de la Terre-Sainte le joug le plus odieux et le plus sacrilège (1245). Quand la nouvelle de ces désastres épouvanta la France , saint Louis était atteint d'une maladie qui l'avait mis aux portes du tombeau. I^es grandes Chroniques de France donnent à cet égard des détails pleins d'intérêt. Louis IX était malade à Pontoise ; « la dyssenterie qui le tourmentoit TaffoifaUt bientôt à tel point que Ton craignit pour sa vie. L'alarmese répandit parmi le peupleet le clergé. Dans les campagnes et dans les palais tous commençoient àgémir et à pleurer leurseigneur, qui tant étoit prud'homme et tant aimoit les pauvres, qui défendoit le menu peuple des outrages et vouloit que droit et raison fût fait aux pauvres aussi bien qu'aux riches. menu peuple de Paris surtout étoit désolé, et ils disoient entre eux : Père Dieu, que voulez- vous faire à votre peuple? Pourquoi nous enlever celui qui nous gardoit, le souverain prince de toute bonne justice ? Lors tous les ouvriers et les
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serviteurs laissoient leurs besognes et couroient aux autels. » Dans toutes les églises de Paris les cliâsses des saintes rein ques furent découvertes et les oorps des bienheureux pkeés sur les autels, afin c^ue le peuple, qui n'avait pas coutume de les voir hors des caveaux, priât {dus dévotement liotre- Seigneur pour le< roi. Le mal néanmoins s'accrut avec une rapidité effrayante. Louis demeura pendant plusieurs heures dans une léthargie semblable, à la mort; « à la fin il poussa un soupir, retira à lui, puis -étendit ses bras et ses jambes, et, d'une voix creuse et sourde comme s'il fut ressuscité du sépulcre , il dit ; Celui qui se lèue cTen haut m*a visité par la grâce de Dieu et nia rappelé d entre les morts I £t il reqitit qu'où lui apportât la croix ; ce qui fiit &it. Quand la bonne dame sa mère sut qu'il avoit recouvré la parole, elle en eut telle joie que plus grande n'étoit possible ; mais, quand elle le vit avec la croix sur la poitrine, elle fut aussi transie cpie si elle l'eût vu mort (i). »
La résolution de Louis IX était trop arrêtée pour qu'il cédât aux craintes de sa mère. Le i6 octobre i2i45 toute la noblesse de France fiit convoquée en paiement à Pans, et dans cette assemblée une foule de seigneurs se croisèrent à l'exemple du roi.
Dans l'assemblée des prélats et des barons convoquée à Paris et présidée par le roi , on arrêta d'importantes mesures pour le maintien de la tranquiUké publique et l'heureuse issue de la guerre sainte. D'après l'autorisation du pape, et en vertu des décrets du concile de Lyon , on décida que les ecclésiastiques payeraiaaA au roi le dixième de leurs rev«ius,
(i) Voir Chronignex de Saint^IkmSt ^itiOD de M. Paris, t. IV.