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et il les fit publier, d'après la forme du code adopté par
Godefroy de Bouillon sous le titre si connu a d'Assises de Jérusalem. » Ce fut dans ce code, autrefois promulgué dans la Terre«Saiiite, et qui résumait toutes les lois féodales, que saint Louis puisa l'idée du a Livre des Établissements^ » l'un de ses plus beaux titres à la reconnaissance des peuples. « Formé des usages du royaume, il doit, disait ce prince, apprendre à tous comment il faut se pourvoir en justice ou se défendre quand on est poursuivi. » Les différentes parties de ce recueil furent délibérées et amendées par le conseil du roi, l'élite des magistrats du parlement, barons et les prud'hommes, enfin, pour emprunter le langage naif de Tépoque, par grant conseil de sages liommes et de bons clercs,
Étienne Boileau, ce prévôt de Paris dont nous avons déjà pronoocé le aom, signala n magistnUure par l inrti. tution d'une police régulière et générale. Il fit remettre partout en vigueur la surveillance du guet de nuit ; les villes eurent une garde. Ce fut également au prévôt de Paris , digne auxiliaire de Louis IX , que remonta l'or* ganisation des diverses professions en confréries , maîtrises ou corps de communauté ; les statuts qui les régirent furent l'ouvrage d*Étienne Boileau, et, pour le premier règlement, le prévôt « fit assembler et ordonner grant foison des plus saiges et des plus anciens hommes de la capitale, lesqueb ont beaucoup loué ceste cçuvre, applaudi(î et observée ez lialles de Paris et aux préaulx des marchands. » hdsÉiablissements des Métiers dfi Paris contiennent, outre les statuts de ces mêmes métiers, alors au nombre de cent cinquante, des règlements sur le roulage, la navigation^ les péages, les poids, les
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cours d'eau, les machines, et ces règlements s'appliquaient à toutes les industries. Etienne Boileau déterminait en outre les juridictions industrielles et leur compétence, tant dans Paris que dans les faubourgs. Cette législation, qui exerça une influence si longue et si importante sur le bienêtre des classes cpii vivent du négoce ou du travail, suffirait à elle seule pour attester le grand développement qu'avait pris l'industrie dans la France du treizième siècle; elle ne fut point inventée par saint Louis, ni par Etienne Boileau ; ceux qui la formulèrent prirent pour modèle les règlenients analogues qui existaient déjà dans les villes manufacturières et les usages des corporations de Flandre et d'Italie. TjC gouvernement de saint Louis s'abstint d'innover dans les questions de cette nature ; il chercha à régulariser et à améliorer^ il prit pour base de ses ordonnances l'organisation en quelque sorte volontaire que s'était (Icjà donnée l'industrie, et ces règlements, s'ils ne demeurèrent pas à Tabri de toute critique, furent d'autant plus utiles, au moins comme code de transition, qu'ib développèrent et affermirent l'influence naissante de la bourgeoisie, dont le nom apparaissait déjà dans Thistoire. L'ordonnance de 1263, qui régularisa les droits des corporations, fiit contre-signée par des notables bourgeois de Paris, de Provins, d'Orléans, de Laon et de Sens, qui tous avaient concouru comme Jurés à la faire, et pour la première fois s'introduisait dans le droit public du pays l'usage d appeler à la préparation des lois des députés do la classe moyenne, des représentants du tiers* état.
Étienne Boileau, agissiant sous l'autorité et d'après les ordres de saint Louis, n'institua nullement l'organisation des corporations industrielles; il la régularisa par des rè-
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glements qui maintenaient, harmonisaient et faisaient concorder entre eux les nombreux précédents relatifs à l*exercioe des professions et à Texîstence des confréries d'arts et de métiers. Bien longtemps avant saint Louis et Boileau, pour exercer un métier à Paris, il fallait être pourvu d'une autorisation appelée maîtrise. Le nombre des maîtres était limité pour chaque corps d'état; on n'était reçu qu'après plusieurs années d'apprentissage et après avoir versé au trésor du roi une certaine somme pour le brevet et la maîtrise. Il y avait donc, dès la première race y des confréries d'artistes, de marchands et d'industriels. Quant ali compagnonnage, il paraît avoir existé, sans interruption aucune, depuis la plus haute antiquité; les àrdiitectes , tailleurs de pierres, charpentiers et maçons italiens, qui émigi aiwit tous les ans et se dispersaient dans toute l'Europe pour y construire des cathédrales et des palais, avaient, au commencement du cinquième siècle , des statuts mystérieux et des signes de ralliement qui se sont perpétués jusqu'à nos jours.
Au moyen âge les rues de Paris étaient étroites et tortueuses ; les boutiques des marchands, à peine éclairées par de petites lucarnes, portaient le nom à'ouvroirs ; on étalait les marchandises aux fenêtres et sur les portes, ce qui explique, dit M. Frégier, dans son Histoire de Vad~ mnistration de la Police de PariSj pourquoi les règlements sur les métiers défendaient aux marchands d'appeler Tacheteur chez eux avant qu'il eût quille la boutique de leur voisin; car il y avait des rues affectées par Tusageà certaines professions; ainsi les tisserands demeuraient dans la rue de la Tixeranderie, les maçons dans celle de la Mortellerie, les charrons dans celle de la C/iarormeriej les
4X2 .HISXOIB£ JP£ PARIS. (U1M1N|
tanneurs dans celle de la Tannerie*^ I-ies fenêtres par lesquelles les boutiques prenaient jour sur la rue avaient à lour base in£érieiiure une tablette de pierre ou de bois Ibr» mant saillie et servant d'ëtal pour les denrées et marchandises ; la vente se faisait au travers de ces fenêtres, eu sorte que l'acheteur restait dans la rue et le marchand dans H boutique. Chaque fenêtre était surmontée d'un auvent qui mettait à Tabri les chalands en cas de pluie.
Il est dit dans les registres des métiers iqu'au douzième siècle on fermait les boutiques le soir, aussitôt que la cloche de l'Église voisine avait sonné \ Angélus; il était d'ailleurs enjoint par les règlements à chaque corps d'état de suspendre le travail au dernier coup de vêpres ou de \An^' luSf ou à l'heure du couvre-feu. Les gens de n^tierne pouvaient travailler à la lumière , parce que, disent les statuts, cela aurait nui à la perfection, à la solidité de l'on-
vrage.
Les professions qui se rattachent à la nourriture, aux
besoins corporels, même aux objets de luxe, formaient déjà plusieurs corporations longtemps avant Etienne Boileau; les meuniers, les boulangers, les boudiers, les merciers, les charcutiers et les cuisiniers, les rôtisseurs, les pâtissiers, les cabaretiers, jouissaient d'une grande prépondérance et avaient acquis des richesses considérables.
Vers la fin du treizième siècle les moulins employés à moudre les grains destinés à la population parisienne étaient amarrés au Grand et au Petit-Pont et flottaient sur la ri* vière.
La viande de bœuf, le veau, l'agneau, le chevreau, la volaille, le poisson, le bceoirre, le lait, les œufs, fonnaicnt alors comme aujourd'hui les bases de l' alimentation pu-
(1226-I2îtj LIVRE VI. CHAPITRE II. 4'^
bli^. La viande de porc était éstimée entra toutes. Les
chai rs-cuitiers ( charcutiers)^ les rôtisseurs, les bouchers et ks épiciers formaient des corporations nombreuses et poissantes. L'oie était on niêtsfavori et national.
Sous le règne de saint Louis la bière ou cerooise étant encore la boisson habituelle d'une partie du peuple. L'eaudenrie n*était appiédée que csomme médicament. On présume, dit M. Frégier, qu'elle n'est devenue une boisson usuelle que vers la hn du seizième siècle.
Au treiaième siècle les ragoûts dominaient dans toutes les cuisines ; il y avait des marchands dont l'unique métier était de faire des sauces, qu'ils colportaient dans les rues. Les classes inférieures, de même que la bourgeoisie et les nobles, prenaient leurs repas autour d'une seule et même table ; les convives étaient assis sur des escabelles ou sellettes ; chez les artisans la table et le siège étaient nus. On se senmît pour boif« d'une espèce particulière de coupe appelée hanap; les verres ne devinrent d'un usage général que vers le milieu du quatorzième siècle.
Les marchands, les artisans dînaient à dix heures du matin, soupaîent à quatre en hiver et à cinq en été. Les maisons occupées par la classe ouvrière avaient alors comme ai^ourd'hui plusieurs étages et servaient à ïog&t plusieurs fiuniUes. Les cheminées n'étaient pas encore connues, et nos pères n'avaient qu'un chauffoir ou poêle commun à toute une famille, quelquefois même à plusieurs. Les meubles étaient peu nombreux et en rapport avec les premières nécessités de chaque ménage. Le lit était le principal ornement de l'appartement ; il variait de forme et de grandeur suivant Taisance de l'artisan. Le bahut ou coffre, le buffet, l'armoire, la lampe, le chandelier et un petit mi-
4l4 HISTOIRE BS PABIS. (i226-17W)
Toir complétaieotrameiibleiiientdes classes iiifërieiira(i).
Les grains nécessaires à Talimentation de la population parisieime étaient tirés de la BeaucCi de l'Ile-de-France etdes provinces les plus voisines qui pouvaient expëdierpartem; on les mettait cii vente dans la halle de la Juiverie,au quartier de la Cité , entre la rue qui portait ce nom et la rue aux Fèves. Les grains expédiés des autres provinces plus éloignées se vendaient aux Cliampeaux. Paris prenait de jour eu jour un accroissement extraordinaire; il fallut donc étendre le cercle des approvisionnements; on multiplia les arrivages; les marchands reçurent ordif d'expédier à la ibis et par terre et par eau.
En vue du commerce des grains, et à dater du règne de saint Louis, il y eut à Paris trois halles, celle de Beauce ou de la Juiverie , la grande halle au^blé et le port de la Grève. Les marchands de grains ou blatiers formaient deux catégories ; les uns résidaient à Paris, les autres venaient du dehors. Les premiers achetaient du blé au marché pour le revendre en détail. Leurs statuts leur accordaient la faculté de prendre autant de compagnons d d apprentis qu'il leur convenait et de £aLire usage d'une mesure étalcmnée ; mais ils ne pouvaient mesurer que jusqu'à concurrence d'un setier, avec le consentement de Tacheteur \ quand cette ^piantité se trouvait dépassée , on était obligé de recourir aux mesureurs oommissionnés.
Le mesurage du blé et d'autres sortes de grains appartenait à une corporation dite de mesureurs , qui ne pouvaient exercer leur profession qu'avec un permis du prévôt des marchands et des jurés de la corporation. Avant d'eu
(i). M. J.-M. Gayla, Bistoin du Ans et Métiers et des corporetmt om>rières de la viUe de Pans»
(12IM270) LITRE VI. CHAPITBB II. ê^lS
trer en fonctions, ils juraient d'user de leur ministère lojfalemeDt et avec impartialité. Le vendeur choisissait luimême le mesureur.
La mesure devait être conforme au modèle déposé au Parloir aux Bourgeois ou maison de ville, située alors près du Ghâtelet. On punissait d'une forte amende^ quelquefois même de peines correctionnelles , la négligence ou la fraude. Les délits et contraventions étaient de la compétence du prévôt de Paris.
Tous les samedis Paris prenait un air de féte ; les grandes dames, les nobles seigneurs, les riches bourgeoises vintaientles boutiques des merciers, des dra{Hers, des pelletiers ou fourreurs, des chaperonniers, des orfèvres, pour leurs achats de toilette . Les artisans et le menu peuple se portaient vers la grande halle et sur la place de Grève pour y faire leur provision de pain et autres objets de première nécessité. Ce jour-lù tous les maîtres boulangers de Paris avaient le droit, ainsi que les boulangers forains > de mettre en vente du pain à tout prix, pourvu que la somme ne dépassât pas douze deniers. Le dimanche il y avait aussi un marché au pain, entre le parvis Notre-Dame et l'église Saint-Christophe ; il était principalement fréquenté par les classes pauvres; on pouvait, dit le Lwre des Métiers^ y apporter du pain de bonne et de mauvaise qualité. Le premier était visité parles jurés , s'il appartenait aux boulangers de la ville, et le second en était exempt. Les boulangers de la banlieue avaient seuls le droit de mettre en vente du pain de qualité inférieure, qu'ils appelaient pain de rebut.
Le heutenant du grand-panetier du roi , accompagné de quatre jurés et d*un sergent du Ghâtelet, visitait au moins
4l6 HISTOIRE DE PARIS. (inO-ini)
une fois [Mraenmhie le pain exposéstinrrëtBléeslMMi^ ;
ils s'assuraient si le pain ét&h suffisant, et, dans ce cas, ils se retiraient sans &ire la moindre observation ; mais, dans le cas contraire , ils le mettaient dans la main du mattre^ et toute la fournée était confisquée au profit des pauvres. On a va plus haut que Phiiif^[>e-Auguste avait finvoriBé le développement de l'industrie dei boudiers. Les charcutiers et les rôtisseurs faisaient à ces marchands une rude concurrence. Les statuts de ces corporations nous apprennent que les o^rs hasteurs ou rôtisseim achetaient chez les bouchers des chairs de hœuf, de veau, de mouton et de porc; ils les préparaient pour les vendre rôties j bouillies ou assaisonnées de toute autre manière. On trouvait aussi tka eux des potages, et, les jours maigres, du poisson et des légumes. Les rôtisseurs étaient les cuisiniers publics du moyen âge , et leurs boutiques devient ressembler à nos restaurants modernes. Dans leurs statuts, qui font partie du Liuredes Métiers d'Étienne Boileau, il n'est guère cpiestioii que des dispositions prises par l'autorité pour garantir la salubrité des viandes dont ils £ûsaient commerce.
Le commerce de k volaille et du gibier était exploité par deux sortes de marcliands , les uns domiciliés dans Paris, les autres forains. Nos aïeux, doués d'estomacs plus robustes que les nôtres , mangeaient non-seulement le héron j mais encore la grue , la corneille, la cigogne , le cygne y le cormoran et le butor. Le héron passait pour une viande royale. On dédaignait le gibier lorsqu'il était jeune , parce qu*on le regardait comme indigeste ; on ne faisait aucun cas du levraut ni du perAreau, mais on recliercèait le lièvre et la perdrix. Le chevreuil , le cerf et
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le sanglier, quoicpie très^commuiis, étaient réservés pour les tables des grands. Dans les festins royaux on servait des paons, que nos vieux romanciers signalent comme la nourriture des amants et la viande des preux.
Les poulaillers domiciliés et les forains eurent bientôt de violentes discussions au sujet des places qu'ils devai^l occuper à la halle; les premier» furent établis sur le quai de la Mégisserie , à un endroit qui fut appelé le Aa/ de MisèrCy à cause du grand nombre de volailles qu'on y &isait mourir*
Le commerce du poisson , dévolu depuis des siècles à la corporation des dames de la Halle, qui portaient pri« mitivement le nom de harengères , parce que le hareng frais, et surtout salé, formait, au moyen âge, un immense approvisionnement pour Paris ; le commerce du poisson , disons-nous, remonte à l'établissement de la confrérie des marchands de l'eau; mais cette corporation ne fut régularisée que sous saint Louis, qui lui donna des statuts.
Le commerce des fruits, des légumes, des œufs, du beurre, du fromage, etc., etc., était exercé parla corporation des regrattiers, qui cumulaient les attributions des fruitiers et des épiciers de nos jours. Ces diverses denrées étaient déposées, à leur arrivée, sur un marché particulier, entre Notre-Dame et Saint-Christophe, et soumises à l'inspection des agents de l'administration . Il était défendu aux regrattiers, sous peine d'amende, de traiter hors Paris avec le conducteur d'une voiture chargée de comestibles à destination de cette ville. Les statuts spécifiaient que les achats devaient être mis à la portée du pamre conune du riche , résultat qu'on ne pouvait obtaiir que par Fabon-
IIWT. ne PARIS. — T. I, 9.7
4lB HI810I1IX DE PAAI8. OMMBH
dance des denrées et une vente publique accessible à tout le monde. Les couvenlB de Paris avaieii^ le (Privilège de Tendre sur place les fruits et légumes de leurs jardins àux regrattiers et aux habitants, sans que les acheteurs eussent aùctm droit à payer/ X ■
Les regrattiers ou rerendeursde pain pouvaient aussi vendre du sel à mine et à boisseau, de la viande cuite, du pokson de mer, des légumes| de» fruits; du* poivre, dhi cùinin, de la cannelle^ de la réglisse et de la cire en pain. Ils débitaient aussi du vinaigre en gros et en détail.
Les'cervoiûers étaiont les linuMiadiers du moyen âge; leurs brasseries servaient de lieu de re&de2F>vous aux jeimes gens et aux colporteurs de nouvelles. Mais ce genre de COJTunerce se trouva insensiblement restreint à d'étroits limites. Le vin devint la boisson dominante, et les tavernes se peuplèrent d'habitués au détriment des brasseries ^ on y vendait le vin au détâiii, ou, comme on disait alors, le vin à broche ; pwis le peuple ne. connaissait guère que le vin vermeil, dont le prix était aussi stable que celui du pain. Les sj^tuts des tayerniers leur permettaient de le diminuer, mais non de l'augmenter.. i
Il y avaità Paris deux catégories de pâtissiers ; les uns occupés à ^ire des pâtisseries légèj;es, teUes quA oublies, nieules , gaufres, ^échaudés, et oonnm sonsleinoms d!iNibUeurs, YoU:ï comment Alexis Monteil'fidt raconter par le frère Aubin les tribulations d'im oublieur^ au quatorzième siècle :
(c Mon frère, c'est dans le carnaval, au eceur de l'hiver, que nous gagnons quelque chose.. Le couvre-feu a sonné; il est sept heures du spir \ il gèleà pîèrres £ea&dre ; Jevent et la neige blanchissent les maisons. Voilà le bon moment pour
iim-urm uvu.vi. chapjtiui ii. 41g
remplir notre oçjfin d'oubliés, le charger sur Jbi éptttles d aUer crier par ksruei ; Oublies^ oubUesL^. Les en&ntSt
les servantes nous appellent par les croisées ; nous montons; souvent nous ignorons que nous entrons chez des juifs, et nous sommes condamnés à l'amende. Quelquefois il se trouve d'enragés jeunes gens qui nous forcent à jouer avec nos dés, argent contre argent; on nous met en» cqre à Tamende* lie jour, si nous ameooqs avec nous un de nos amis pour' nous aider à fk>rter noire marchandise , si nous étalons au marché à moins de deux toises d'un antr^. oublieur , à F amende ! 4 1^ amende !
« On dit d'ailleurs , et Fou crml^ communément, qu'il suffit de savoir faire chauffer un moule en fer et d'y répandrç 4? 1^ pâte pour être maître oublieur. Ahl -comme on se.trompe! Éçoutez. le premier article de nos. statuts :
Que nul ne j)iasse tenir oui>rier^ ni être ouvrier ^ s* il nefai,{^ en un jour ^ au moins finqcenU,gr an4^. ou-' Idies^ trois cents, de supplicationf et deugç cents d^es'trées.
« Tout. .cela, rç^vient à plus de mille publies^ or, pour les faireda^uq jour, et même en se levant de bonne beure, il j&ut être très-cxercë, très-habile, très-leste. »
.Le coninierce du bois et du charbon fut aussi céglemjefité par 1^ statuts de# Arts et Métiers. Le brâ amené à Parisdevait être taxé et mis en vente au port de la Grève t^pis jour^ au moins après l'arrivée^ soit qu'il fût sur un bateau ou sur le marché. Cette première vente n'étfuit ouverte qu'au public; les marchands revendeurs n'avaient pa^.le droit de s y montrer. Ces trois jours expiras, les bouKgi^ qui n'avaient pointac^^té au,4ébut de la vente avaifnt.le droit de prélever ce <{ui était nécessaire pour
4aO HIsrOIKB J>E PARIS. (fnMTTO)
leur proviskm sur les quantilés achetées par les marchands et au même prix qu*ils avaient payé, poumt que la mar-
ciuindise fut encore sur place. On mesurait le bois à brûler avec m grand oerdie en fer conforme à l'étolou déposé au Parloir aux Bourgeois. Cette mesure s'appelait mole. Des mesureurs jurés présidaient au mesurage. On vendait de la même manière le charbon de bois, qui était fourni en grande quantité par le pays de Morvan. Il était défendu aux marchands ciiarbonniers d'en acheter, pour le revendre I entre les fêtes de Pâques et de la Toussaint, sous peine de confiscation de la marchandise. La vente du charbon s'effectuait au port de TEcole. Aucun marchand revendeur ne pouvait aller au-devant d'un bateau chargé de foin; il devait acheter dans le port. Les courtiers ne pouvaient traiter pour un marchand absent, ni faire acte de commerce pour leur propre compte. Le bourgeois ou le forain qui avait du foin en grange dans Paris ou hors de ses murs pouvait le faire crier, mais il lui' était défendu de le colporter dans les rues. Aucun marchand ne pouvait vendre à deux prix différents sur le même hateau/
Les professions les plus imposées se classaient comme il suit :
Les drapiers, les taverniers, les merciers, les ^iciers, les orfèvres, les hôteliers, les bouchers, les marchands de
bois, les pelletiers, les lombards (banquiers), les tanneurs, les cordonniers, les maroquiniers, les marchands de vin, les corroyeurs.
Les coi'ps de métiers qui travaillaient le cuivre, le laitoo le fer et le plomb, étaient très-nombreux; on les désignait sous la dénomination générale de Jèures ou forgerons. Dans le LiVre des Métiers on trouve les statuts de cinq corpora*
(Ill5-I»t) LIVRE VI. CXilPlTRB II. ^21
lions différentes : les fèvres, les marëchaux., les veilliers , les heauniiers, les couteliers, les éplngliei^. Us fabri''« quaient les ustensiles de ménage et une foule d'objelâ qui se rattadiaient à la serrurerie, à la bouderie, à lahamacherie» à l'épinglerie, etc. La sellerie et lahamaehene prirent im développement] extraordinaire pendant le moyen âge ; ces métiers étaient exercés par les selliers, lescutreurs^les cliapuiseurs, les bourrdliers, leséperonniers oulormiers, qui avaient tous des statuts particuliers. Ces professions étaient très<-h]cratives.
Parmi les métiers quelques-uns étaient francs , c'est-àdire que pour les exercer il suffisait de faire preuve de capacité et d'avoir une aisance proportionnée aux cbarges de la profession ; mais le plus grand nombre était soumis à une taxe au prix de laquelle on devait acheter la maîtrise. On faisait de cet impôt deux parts, dont Tune entrait dans le trésor royal et Tautre demeurait dévolue aux niaîtres du métier. Ce n'était pas du reste la seule charge (}ui pesait sur les ardsans ayant un atelier ; ils étaient assujettis aii guet ou patrouille de nuit pour la sûreté do la ville. Au treiadème siècle le guet était une institution purement civile , comme la garde nationale de nos jours; Chaque artisan devait faire la gardé à son tour; il y avait j)ourtaiU des exceptions. Les maîtres et jurés des métiers de Paris n'en faisaient point partie. Tous les artisans dont les travaux servaient à l'équipement des chevaliers et des gens de guerre, ceux que leur profession mettait en rapport direct soit avec les grands , soit avec le clergé, étaient également dispensés du service civique. De ce nombre étaient : . lies peintres , les imagiers , les chasubllers, les scelleun» ou graveurs sur bois et métaux, les libraires , les parehcv
4^2 HISTOIRE DE FARTS. (l»S-lflt|
minieny lesttulamiiwiiiliy les «crivaids, les tondeurs de draps, les tailleurs de pierre , les bateliers , les archers, les
haubergiers ou fabricants cic cottes de maille, les buffetiers ou marchands de vins, les gantiers én laine, lesdiapelîers^ les fiiiseurs de honnets, les braiyers ou fiibricants de braies, les voirriers, les dëchargeurs de vin, les sauniers, les courëeurs ou corroyeurs, les monnoyeurs, lés brodeurs de soie, les courtepbintîers , les fiiiseurs'dé corbeilles et de vans , les tapissiers à navette , les filandriers , les calandreurs de draps , les oublieurs ( marchands d'oubliés) , les écorcheurs ,*1es orfèvres , les étuvenrs ( baigneurs), les. apothicaires, les vendeurs d*auges, d'écuelleset d'échelles.
Du temps de Philippe-^Auguste les couteliers avaient joui de la faculté de (aire faire le service du guet par leurs ouvriers; ils demandèrent à saint Louis de les rétablir dans ce privilège. Les tonneliers , moyennant une redevance que chacun d'eux payait au rôi , 'étaienl exempts du guet depuis le 22 juillet jusqu'au ij novembre; les vendeurs de vin à étal, les icouitiers de commerce étaient aussi exempts de ce service.
Les ouvriers de la sellerie et de la harnacherie, tels que les sdliers, les chapuiséurs, les tuUreurSy les bourreliers^ les larmiers ou faiseurs de mors , étaient très-occupcs par la chevalerie et la noblesse. Cétait dans Téquipement que les nobles mettaient leur luxe ; on dorliît et on peignait les selles , on les décorait des armes du cavalier ; aussi les statuts des selliers , rédigés sous saint Louis , concernent-ils en même temps les peintries. On est étonné de rattirail compliqué qu'exigeait le harnais d'un cheval. On faisait une grande consommation de cuir. D'abord on tirait d'£spagne ceux qui étaient plréparés et feints à la façon du ma-