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croire si ,on ne lui accorde qu'un coup d'oâl trop n^ide. Elle n'est point dépourvue, à l'intérieur, de détails et
d'oi aeineuts que le pèlerin intelligeat et iustruit doit considérer avec attention. £t d'abord nous remarquerons l'aiv chitecture d'ordre composite en pilastres qui décore la nef; elle n'est plus de mode, il est vrai, mais ce n'est point une raison pour dédaigner les chapiteaux d'une forme singulière et qu'il ne faut pas condamner au nom des règles inflexibles du goût, de peur de s'exposer à juste titre au reproche d'exclusivisme. Le grand autel était autrefois orné d'un très-remarquable tableau représentant la Résurrection de Jésus-Christ; c'était l'œuvre de Verdier, élèv^ de Lebrun. Nos pères admiraient également le crucifix placé au-dessus de la porte du chcçur et les statues de la sainte Vierge et de saint Jeaft qui l'accompagnent ; Poulletier les avait sculptés sur les dessins de Lebrun. La grande chapelle de la Communion ou du Saint-Sacrement était ornée de plusieurs tableaux ; celui qui est encore placé sur Tautel représente les Pèlerins dEmmcuis; il est peint par Saurin, dans un très-bon genre^ mais le temps ne l'a point suffisamment respecté. Ceux qui étaient suspendus aux deux cotés, et qu'avait peints Charles Coypel , représentaient le Miracle de la manne et le Sacrifice de Melchisédech, Entre les deux croisées on remarquait le Sacrifice (t Abraham et Elisée dans le désert , tous deux œuvres de Milet Francisque. Plusieurs de ces tableaux ont disparu ou n'occupent plus la même place. En revanche nous avons admiré , dans la même chapelle, un Repos en Égypte et un Mcce Homo ; dans ce dernier tableau les anges eux-mêmes versent des larmes en considérant les souffrances du divin Rédempteur.
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Plusieurs chapelles existent autour de la nef, sur les côtés, et appellent notre attention moins par leur caractère artistique, ordinairement d*un goût médiocre, que par les sujets proposés aux méditations des fidèles. Citons, par exception , dans la chapelle de Sainte-Geneviève, un beau tableau moderne , de M. Maison , qui représente la patronne de Paris sortant du tombeau et montant au ciel. Peutêtre cette peinture rappelle- 1- elle trop exactement les différentes Assomptions peintes par de grands maîtres, et dans l'image de sainte Geneviève ne retrou ve-t-on pas suffisamment la tradition. Au-dessus d'une porte latérale existe un tableau de grande dimension, représentant la résurrection de la fille de Jalr. Nous regrettons que dans cette œuvre, qui n'est pas sans mérite, Tartiste ait donné à Koti'e-Seigneur une apparence lourde et vulgaire. Dans la chapelle de Saint-Vincent de Paul existe un tableau assez i}ien peint qui reproduit la parabole du bon Samaritain. Dans d'autres chapelles il existe des descentes de croix et des tableaux consacrés à la Mère des sept douleurs ; il nous ont paru d'une belle exécution. A l'entrée de l'église nous signalerons un assez beau tableau représentant Jésus-Clirist au jardin des Olives, et le Martyre de saini Sébastien. I^a cliapelle du Calvaire est décorée de Jeux tableaux; l'un est /a Résurrection de Notre-Seigneur^ autrefois placé au-dessus du grand autel \ l'autre est une Descente de çroias fort remarquable.
Comme monument d'art, le plus beau de ceux que renferme Téglise Saint-Nicolas du Chardonnet est la chapelle de Saint-Charles. Le célèbre Lebrun la fit décorer pour servir de mausolée à sa mère et lui-même en donna les dessins et le plan. Sa mère est représentée en marbre ,
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au moment où elle sort du tombeau, à Tappel de Tange qui somie de la trompette ; la disposition et l'attitude de
cette statue sont atliiiirables. Cette œuvre a été exécutée par Gaspard Colignouy sculpteur, mort eu 1708. Dans la même chapelle Charles Lebrun est représenté de la main de Coysevox, au bas (Fune pyramide posée sur un piédestal. Sur divers points de cette église on rencontre lestombeauxde plusieurs personnages dont l'histoire fait mention, et au nombre desquels nous mentionnerons à la liâte le premier président Jean de Selve, l'avocat général Jérôme Bignon, et Yoyer d'Argenson , ancien garde des sceaux sous Louis XV.
L'église Saiut-Nicolas du Chardonnet ne passera jamais pour un monument devant lequel les artistes s'arrêteront avec prédilection et curiosité. C'est l'une des plus obscures retraites religieuses de cette capitale où les splendides édifices abondent, où de toutes parts l'œil est sollicité par des magnificences indescriptibles. £h bien! lorsque nous passons dans les ruelles qui avoisinent cette église, nous la saluons de loin avec respect. Située dans l'un des plus pauvres quartiers deParis, paroisse de la place Maubert et des carrefours circonvoisins, elle est un asile toujours ouvert aux misères morales et matérielles qui pullulent dans ces tristes lieux, asile trop peu fréquenté d'ailleurs par ceux qui y trouveraient consolation et esporaïue. De récentes démolitionsy entreprises sur une vaste échelle pour percer, à travers ces rues populeuses, une voie vraiment magistrale, ont fait disparaître bon nombre de maisons bourgeoises, habitées par des familles dosées de quelque aisance^ et n'ont laissé subsister, à peu d'exceptions près, que les pauvres demeures des ouvriers de la rue d'Ârras, de la rue
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du Mûrier, de la rue de Versailles, de la rue Saint- Victor. Ce sont les indigents de ces quartiers boueux et infects qu'il faut secourir, et il y a là un devoir dont l'accomplissement dépasse la mesure des forces lumialnes. Mais la cliarité, quia Dieu pour principe et poui' but, ne se rebute pas devant les difficultés d'une oeuvre semblable; le vénérable clergé de Saint-Nicolas du Ghardonnet peut bien regretter de n'avoir pas à desservir une église vers laquelle afQuent toutes les curiodtés des touristes, mais il se dédommage de cette privation en multipliant les soins et les efforts à l'aide desquels on parvient à consoler le pauvre et à guérir les âmes.
Sous le règne de Saint-Louis, plusi^rs quartiers que traversent, de nos jours, la rue Saint-Denis et le boulevard de Sébastopol, voyaient leur population s'accroître et commençaient à être dépourvus d'édifices religieux. « Se trouvaiitsi éloignés de Saint-Barthélemy, lein* paroisse, dit Sauvai, les bourgeois et liabitants demandèrent à Tabbé et aux religieux de StUnt^Magloire la permission d'y faire célébrer à leurs dépens la messe et le service divin , ce qui leur fut accordé. Mais les religieux en étant incommodés lorsqu'ils y Êusaient leur service , ils consentirent que l'autel de Saint' LeU'Saint-Gilles se transporteroit en une nouvelle église qui aujourd'hui a conservé son nom. Cet accord fut fait , en i ^35, entre l'abbé de Saint-Magloire et le recteur et curé de Saint-Bartbélemy , accord par lequel lesdits religieux de Saint-Magloire permirent, de l'agrément de Guillaume III, évéquede Paris, au curé de Saint-Barthélemy et aux paroissiens qui étoient en deçà du pont , de faire construire une chapelle ou succursale de Saint- Barthélémy en la terre de Saint-Magloire, de huit toises de