‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 11 sur 64 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dmtèff* période laérowsiemie. Lm vo» fabitento (•§•^758}.

Lm rois francs^ au decUu de la race merovingiexiae, i*égnèrent presque tous sous la surveillance jalouse de quel- (jues leudes qvii, d'abord simples officiers de la couroiiue, étaient devenus peu à peu, par la volonté et le choix des grands, les vérkables tuteurs de la royauté. J*ai suffisamment désigné les maires du palais (i). Lors donc que mourut Dagobert, ne laissant que deux fils bien jeunes encore, l'usurpation fut consommée, et les maires, non contents d*appelerii eux toutes les prérogatives effectives, telles que le cojiimandeiiieut des armées et radministration pU' blique, réussirent, poiir la plupart, surtout en Austrasie, à assurer l'hérédité de leurs fonctions. Dès lors ils furent les véritables rois, et il ne resta aun descendants de Glovis

(i) La uiairie ( inajorie) est une liislilution qui se retrouve chez plusieurs peuples anllijues. La {uemÎL're fols qu'il en est lueutioo dans nos chroniques , c'est à Tepoque du mariage de firuuehault ; toutefois ce nom se trouve dans Fortunat ( rie de sainte Rad^nde, chap. xlv). Geox qui rempliseaieot cette dignité chez les Gotbs'et ea Italie portaient le même nom (concile de Borne sous Symmaqiie}« Chez les Perses on les nommait (&e{C«i>v tî)( ^aatXix^ç nhlaç (Sozomène^ liv. Il» chap. ix). Les andens historiens les appellent indifTéremment maires du palais (majordomes), rccteuis du palais (Aimoin), gouverneurs du palais (Frédégaire, Aimoin), modérateurs du palais (P. Warnefrled), maîtres du palais ( Godelroid de V i ter he ), prelcts du palais (Éginhard >, proviseurs de la maison royale (Vénerie), princes du palais (Ermentaire), comtes du pillais ( Aimoin), ducs du palais (Frédégaire), préposés du palais (Ooen» Fie de Mint Ehi),

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que (le vaias iiouueurs sans puissance. On ea ût des idoles qu'on montrait au peuple dans les jours de grandes cérëmunies, et qui, le reste du temps, demeuraient cachées dans le temple.

« En ce temps-là, dit Hariulfe, la gloire royale s'affaiblissait; le royaume était gouverne par les préfets du palais. Il ne restait rien aux rois de leur puissance, sinon le titre, l'ombre de la royauté, et le droit de donner audience aux ambassadeurs et de leur répondre ce qui leur était urclunné de dire comme venant d'eux-mêmes. Le pi'éfet de la cour (le maire) avait seul Tadministration de Tiatéiieur et du dehors; seul il faisait et disposait toutes choses. »

Clovis II, celui des fils de Dagobert qui régnait en Neustrie, grandit sous la tutelle du inaire iËgha et de soa successeur Erchinoald. iEgha était un homme d'une rare prudence. Dagobert, en mourant, lui avait recommandé sa veuve Nantilde et son fils Clovis, et il fut fidèle gardien de ce dépôt jusqu'à sa mort, arrivée deux ans après, en 640. Erchinoald exerça sur le faible roi une sorte de tyrannie; il lui fit épouser Bathilde, Tune de ses esclaves, jeune iîUe d'une rare beauté. Ija nouvelle reine se montra digne par ses hautes vertus d'être la compagne du roi de Neustrie, et, plus iieureuse encore, elle mérita par la sainteté de sa vie d'échanger contre la couronne immortelle la couronne périssable de ce monde. Sainte Bathilde était, d'ailleurs, petite-fille du bretwalda Ethelbert, premier roi chrétien des Saxons. Issue de la race de Woden, elle jouait un jour sur la grève de l'Océan avec ses compagnes, lorsqu'elle fut prise par des pirates et vendue comme esclave aux Francs neusLriens. Devenue la compagne du faible Cio-

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US 11, elle dirigea souvent avec intelligence et courage les afFaires publiques, «c Ce ne fut pas vraiment sans àonner le royaume, disent les légendes; mais cette rose (le Saxe^ plantée au milieu des lis^ devait leur rendre une odeur plus suave et attirer sur eux un incomparable boniieur. >» Quoi qu'il en soit, sous le règne de Clovis II de grandes calamités affligèrent k nation des Francs^ et une famine qui désola Paris et la INeustrie mit à Tépreuve la chanté de sainte Batbilde. Pour faire &ce aux besoins (les pauvrt s on eut recours aux richesses de Tabbaye de Saint-Denis. Clovis II étant mort prématurément, ne laissant que des (ils en bas âge, sainte Batbilde exerça godant quelque temps les fonctions de régente et s'efforça de gouverner en dépit de la jalousie des maires du palais et de Tanimosité inquiète des leudes. Si la force lui manqua pour surmonter d'aussi redoutables difficultés, du moins la pieuse reine parvint-elle à donner salisfaelion aux instincts de son ardente cbarité. « Par cette grâce de prudence que Dieu lui départit, dit sou biographe, elle fut avec une délicate attention une mère pour les princes, une humble fille des pontifes , une excellente nourricière des jeunes Francs du palais; également agréable à tous ; aimant les évéques comme ses pères, les moines comme trères, et comme ses enfants les pauvres qu'elle comblait d*aumônes. » Tel était le rôle toucbant. mais resireint, que les circonstances lui permettaient eneore de remplir; pour s'en rendre de plus eu plus digne elle s'en* toura d'un conseil d'ëv(}ques, parmi lesquels siégeaient ^int Léger, évéque d'Autun, et saint Ouen, évéque de Rouen, cr La reine Batbilde, disent encore les chroniques, i%ta, ou plutôt le Seigneur ordonna par elle qu'une cou-

go HISTOIRE DE PARIS. (918-758)

tume impie et abominable cessât : c*est que plusieurs aimaient mieux laisser mourir leurs enfants c^ue de les nourrir, parce qu'ils voyaient les exactions fiscales croître avec leur nombre, et les charges publiques s'aggraver, selon les lois anciennes, et tous leurs biens dissipés. Voilà ce que la vénérable dame empêcha , afin que nul n'osât désormais le faire. » Si de pareils souvenirs honorent la piété de sainte Bathilde, ils n'en donnent pas moins une bien trisle idée d<i la condition des peuples gallo-francs et des Parisiens eux-mêmes sous le gouvernement de Clo^

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