‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 15 sur 64 · HISTOIRE DE PARIS. C · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS. C

Lors de son passage à Paris, en Tannée 800, Charlemagne était accompagné de sa fiUè Théodrade, qui parut en cette occasion, disent les historiens , avec une magnificence toute royale. Cette princesse se retira peu de temps après dans un cloître. En Tan 8o3 Charlemagne adressa à Étienne, comte de Paris, et qui avait succédé à Gérard ^ Tordre de publier plusieurs capitulaires ajoutés à la loi salique. Par un capitulaire de 8i3 il réforma et organisa la police du guet de Paris, ordonnant au comte de punir d'une amende de quatre sous ceux qui, faisant partie de cette troupe , auraient manqué à leur devoir et enfreint la discipline.

Le moine de Saint-Gall, dans une chronique plus curieuse qu'exacte, raconte le fait suivant, qui attesterait le zèle dont Charlemagne était animé lorsqu'il s'agissait des écoles et dé la jeunesse. « Le glorieux Charles , dit-il , revenait dans la Gaule après une longue absence; il donna ordre qu'on lui amenât les enfants qu'il avait confiés, dans Técole de Paris, à TÉcossais Clément ; il voulut qu'on lui montrât leurs lettres, leurs vers, leurs poèmes, leurs discours, leurs panégyriques , leurs copies , afin qu'il pût juger de leurs talents et de leurs dispositions. Lorsqu'il eut vu que les en* fants de médiocre condition avaient fait des progrès audessus de toute espérance , et que les nobles, au contraire, avaient négligé la culture de Tesprit pour les amusements du corps , le sage prince , à l'exemple du souverain Juge, les sépara, et, fusant mettre les premiers à sa droite, il leur dit : « Courage, nu:s chers enfants; vous avez été fidèles à nos ordres , vous avez bien mérité de notre empire. Les évéchés les plus illustres et les plus riches bénéfices vous seront réservés. Je vous appellerai à ma cour ^ je choi*

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sirai parmi vous les ministres et les fonctionnaires ; je vous ioscrii-ai au rang des juges et des magistrats. » Puis, se tournant vers les autres, qui ëtaieiit à sa gauche , el ex* primaut sa colère par les traits du visage : c Quant à vous, leur dit-il , délicats et mignons, qui , pleins d'une vaine confiance dans le rang et la ricliesse de vos parents, avez outragé notre «lajesté, et qui, au mépris de nos ordres, avez préféré la paresse, le jeu , le luxe et les vices aux. vertus et aux belles-lettres, je vous le dis, et j*en jure par le Roi du cid, n'attendez ni grâces, ni honneurs, pas iuéjue une obole de votre eiupei^eur, dont vous dédaignez les injonctions. Je ferai de vous des exemples n vous ' ne vous repentez et si vous n'expiez votre négligence par votre diligence et votre zèle. »

Ciiarlemagne éleva Etienne, comte de Paris, au rang de ses Aii^^i ^ib/ium^i. Vers le même temps Irminon, abbé de Saint -Germain des Prés, rédigea son Polyptisque ^ espèce d'inventaire qui renfermait la statistique complète des biens et des sujets de l'abbaye. Ce livre terrier est un document très-importantpourl'iûstoue, en ce qu'il contient de précieux renseignements sur la condition des personnes et des terres et sur l'organisation de la société au temps de Charlemagne. Il indique cinq grandes classes d'hommes existant à cette époque : les hommes libres , les colons , les lides, les serfs et les esclaves. Les esclaves, devenus très-peu nombreux , allaient bientôt entièrement disparaître pour rentrer dans la condition des serfs. Les lides, gens à moitiéserfs, commençaient à croitne en nombre, tandis que les honunt s libres devenaient de plus en plus rares. L'abbaye de Saint-Germain comptait dans ses domaines plus de dix mille personnes qui relevaimt d'elle , et les esclaves

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