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atteignaient à peine le chiffre de six cents. A cette ëpoque, c'est-à-dire dans la première période du neuvième siècle y ta population servile dépendant des églises et des abbayes de Paris s'élevait à plus de cent mille à nies. Les terres appartenant aux mêmes établissemoits religieux étaient sans doute d'une immense étendue , puisque l'église cathédrale possédait à elle seule plus de six mille marnes (environ soixante-dix mille hectares), qui lui rapportaient près de huit cent mille livres de notre monnaie. Alors que l'Eglise exerçait sur le pauvre tme autorité pleine de mansuétude et disputait le terrain aux envalussements de la force brutale et du sabre, cette grande puissance territoriale, cette multitude de serfs dont elle disposait, attestait, quoi qu'on puisse dire, un incontestable progrès social. L'Église, en efFet, assurait seule aux masses un peu de sécurité et de paix} elle stipulait pour le faible et l'opprimé, ' et ne cessait de transformer Fesclavage en servage, le servage en col ona t.
Louis le Débonnaire, fils et successeur de Chariemagne, ne séjourna guère plus souvent à Paris que son père. Cependant il visita en 8i4i Tannée même de son avènement à la couronne, les églises de cette ville. Plus tard, en 83/i, ce prince, victime pour la seconde fois de T ingratitude et de l'ambition de ses fils , fiit conduit prisonnier à Pans par Lothairc. Louis le Débonnaire se montra en plusieurs occasions favorable aux églises et aux monastères de Paris. Sur la proposition de Begon, comte de cette ville, il prit sous sa protection le monastère de Saint*Pierre des Fossés. En 8:;îo il confinna l'évêque de Paris dans la juridiction qu'il exerçait sur la terre de Sainte-Marie dans l'Ile, sur le grand chemin qui^ du côté de Saint-
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Gennain, conduisait de Saint-Pierre (Saiiit-Merry)au lieu dit de Tudéky et sar la rue Saînt-Gemiaiii l'Auxenrois, avec défense à tous autres ofHcierb qu'à ceux de Tévéque de lever ni cens ni droits dans l'étendue de sa juri* diction.
L'évéque de Paris (il s'appelait alors Inchad) assista en S2S à la réunion 83modale qui eut lieu à Paris, et 011 Ton délibéra sur la question du culte des unages, qui préoccupait alors le monde chrétien. Les ëvéques assemblés à Paris discutèrent sans discernement, et envoyèrent au pape un recueil des textes des Pères cpii se rattachaient i la grande querelle suscitée par les iconoclastes d'Orieut. Ils rejetèrent le second concile de Nicée et se firent remarquer par une inconcevable ignorance des documents et des actes qui servaient de base à leurs déclarations synodales. Uempereur Louis le Débonnaire^ fort peu éclairé lui-même sur ces matières importantes, envoya au pape Eugène n les textes coUigés et commentés par l'assemblée des évêques réunis à Paris , et le pape , contraint d'agir avec beaucoup de prudence et de réserve, laissa les préventions des éveques de France se dissiper par le temps et avec le secours d'une instruction plus complète. Quatre ans plus tard, en 829, eut lieu le huitième concile de Paris, auquel se trouvèi^nt réunis vingt-cinq évêques qui siégèrent en l'église cathédrale de Saint-Étienne. Les plus connus sont Ëbbon de Reims , saint Aidric de Sens, Renouard de Rouen , Landran de Tours, Jonas d'Orléans, Jessé d'Amiens, Rantgaire de Noyon, Rothade de Soissons , Adalelme de Ghâlons-sur-Mame, Hildeman de Beauvais, Godefroy de Senlis, Frécule de Lisicux,
Ualitgaire de Cambrai^ Fraucon du Mans, saint Héribalde
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d'Auxerre, Jonas de Nevers, Hubert de Meaux, Inchad de Parifty et Uélie, évéque de Chartres ou de Troyes. Les actes de ce concile sont divisés en trois livres ; ce sont moins des canons que des instructions tirées des saints Pères. Le premier livre traite des devoirs des évêques , des pi étreSy des clercs et des moines ; le second livre, des devoirs des rois et des sujets. Un roi, dit le concile, doit commencer par se bien régir lui-iuème, par régler sa maison et donner bon exemple aux autres. Il doit rendre la justice sans acception des personnes, se montrer le dé- • Censeur des étrangers, des veuves et des orplielins, réprimer les larcins, punir les adultères, ne pas entretenir des personnes de mœurs impures , exterminer les parricides^ protéger les églises, nourrir les pauvres, mettre les hommes équitables »i la tête des allaires, choisir pour conseillers des vieillards sages et sobres , différer les effets de sa colère, défendre la patrie avec justice et courage, conserver la foi catholique, ne pas souffrir les impiétés de ses enfants, et ne pas manger hors des repas. Le concile recommande ensuite aux sujets la soumission au souverain, attendu que sa puissance est de Dieu ; il les exhorte en outre à l'étude de la loi clirétieime, à la pratique des vertus, à l'amour de la prière et à Tassiduité aux offices divins. Le troisième livre des actes du concile de Paris renferme une lettre adressée par cette assemblée aux empereurs Louis et Lothaire. Il y est dit : a Nous prions Votre Piété de permettre la tenue des conciles provinciaux au moins une fois Tan ; d'établir des écoles publiques au moins eu trois villes différentes de votre empire; d'empêcher que les clercs et les moines n'aillent si souvent à la cour vous importuner, etc.; d'apporter un
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grand soiti à choisir de bons pasteurs aux ëghses, de digaes abbesses et de bons ministres d'État; d'élever les princes, vos eajtants, dans la cramte de Dieu, et d'entretenir chez eux la charité et la coneorde. » En terminant les évéques du concile de Paris font remarquer aux deux empereurs qu'une des principales causes des désordres, c'est que les princes se mêlent plus qu'ils ne devraient Aea aiiaires ecclésiastiques et les évêques plus qu'il ne convient des affaires séculières.
Evideunnent on assistait à Tune des luttes que les Églises de France engageaient pour établir leur indépendance, pour secoiici dans ce qu'il avait d'irrégulicr et d'illégitime le joug du pouvoir temporel, et pour rappeler au clergé lui-même la juste limite de ses droits en matière d'administration civile.
Durant ce même concile , en exécution du canon qui prescrivait aux éveques de pourvoir aux besoins de leurs clercs, l'évéque de Paris, Incbad, fit un partage des biens de son Église en deux menses, la inense ëpiscopale et la mense capitulaire ; il présenta donc à l'assemblée une charte où il esl dit : « Nous donnons et allouons à nos frères ( les chanoines) les terres d'Andrésy, Hileriacum^ Orly, Chevilly, Chatenay, Bagneux, etc., etc., pour leur subsistance et le luminaire de l'église. Nous voulons que la dime de toutes les terres qué-noés donnons à nos frères soit dévolue à l'hôpital Samt-Qiristophe, dans lequel ils doivent, à
l'époque fixée, laver les pieds des pauvres Signé d'In-
cliad, évêque de Paris, qui, à cause de la perte de ses yeux, n'a pu souscrire ce privilège. » Quelques années plus tard ce partage fut ratifié et confirmé par Charles le Chauve. £q attendant, Hilduin , abbé de Saint-Denis , jouait un
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rôle politique dans les conflits lamentables qui troublaient le règne de Louis le Débonnaire. Durant le cours de ces agitations, inchad étant mort, son successeur, Erkenrad II, fit avec pompe , en 843, la translation des reliques de sainte Bathilde de Chelles à Notre-Dame , car Tancienne cathédrale de Saint-Étienne commençait à être délaissée pour cause de vétusté. T^'épiscopat d'Erkenrad II fut fécond en améliorations utiles,, et ce prélat ne cessa d être fidèle à Fempereur Louis, persécuté par ses propres fils et juge par des évêques complices de la révolte. Erkenrad survécut longtemps à ce malheureux prince, qui mourut en 840 , au moment où il marchait pour faire rentrer l'un de ses fils dans le devoir.
De son vivant Louis le Débonnaire avait plusieurs fois partagé ses États entre ses fils, mais ces partages^ souvent irréguliers et mal motivés, avaient donné lieu à de fréquentes rébellions. La mort de Tempereur ouvrit à ses trois fils, Lothaire , Louis ie Germanique et Charles le Chauve, et à son petit-fils Pépin U, fils de Pépin, dernier roi d'Aquitaine , un prétexte immense de querelles et de guerres de fannlle. La succession impériale, entre princes peu scrupuleux et habitués à violer leurs serments, semblait ouverte au plus fort. D'après les volontés du dernier empereur 1^ Gaule devait appartenir à Charles le Chauve ; . mais Lothaire, foulant aux pieds les recommandations de son père, entreprit de lui en ravir la portion la plus considérable. Lothaire avait reçu de Louis le Débonnaire, et du consentement des Francs, la couronne et le titre d'empereur ; mais cet honneur ne lui semblait pas assez grand, et il voulait réduire à Tobéissance ou dépouiller de leur apanage ses divers compétiteurs. Ces derniers se réunirent
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contre lui, à rexception de Pépin II, à qui Lotliaire consentait à abandonner le royaume d'Aquitaine. La guerre fiit déclarée. Cependant l'empire se dissolvait de toutes parts, et ciiaque nationalité tandait à rentrer dans son lit naturel. La Gaule se séparait de la Germanie, la Germanie de la Gaule, l'Italie de toutes deux ; mais surtout le Midi s'isolait du Nord.
La bataille de l ontanet, qui fut. livrée le 25 juin 841» précipita cette tendance de chaque peuple à se constituer d apièsses propres éléments. Elle fut longue, vaillaïuinent disputée, et la plus sanglante de celles dont fasse mention Thistoire du moyen âge. Des évaluations exagérées portent à cent mille iiommes la perte des deux, années , et un auteur contemporain assure que Tempereur Lothaire laissa quarante mille guerriers sur le champ du combat, «c Les vêtements de lin des morts, dit un poète de ce siècle, blanchissaient la campagne comme la blanchissent les oiseaux d'autonme. » Plus loin le même barde fait entendre cette chaleureuse imprécation : « Ce combat n'est pas digne de louange : qu'il ne soit célébré par aucun chant 1 Que l'Orient, le Midi, l'Occident et l'Aquilon pleurent les morts! Maudit soit ce jour ! qu*il ne soit pas compté dans le cercle de l'année ! qu*il soit eflacé de toute mémoire 1 que le soleil lui refuse ses rayons et Taurore son crépuscule ! w Jamais, en effet, depuis les Teutons et les Cimbres, tant de sang barbare n'avait coulé dans une journée. Deux ans après, et par le conseil des évêques, un traité de paix intervint enfin entre les trois frères. Le nouveau partage der empire eut lieu à Verdun ^ toute la partie de la Gaule située au couchant de la Meuse , de l'Escaut, de la Saône et du Hhone, fut abandonnée à Charles le Chauve : ce fut
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là le nouveau royaume de France. La Germanie tout entière fut dounée à Louis^ et lltalie à Lothaire. Par l'effet du traité de Verdun Paris redevint capitale de la France ; mais, en ces temps de désolations sociales et de guerres calamiteuseSy cet honneur était moins enviable que dangereux.
Plusieurs conciles furent tenus à Paris en 845, 846 et
Sl[S. Jvcui sactes offrent peu d'intérêt. En 85^ mourut
Ërkenrad II, évéque de Paris, qui eut £née pour succès* seur. Ce dernier obtint en 867, de Charles le Chauve, la restitution de Tile située à Torieiit de la cathédrale , et qui fut successivement appelée île de Notre-Dame et île Saint-Louis. Les comtes de Paris en avaient usurpé la possession ; Charles le Chauve la retira de leurs mains et la restitua à l'Eglise de Paris.
Or, depuis plusieurs années, un redoutable ennemi menaçait le royaume et la capitale de Charles le Chauve. Des pirates du Nord, des barbares qu'on désignait sous le nom de Normands (Nortkmen) ne cessaient d'attaquer les nations chrétiennes. I#eurs flottes partaient à certains intervalles des ports de la Scandinavie (la Norwëge et le Danemark modernes), et arrivaient en quelcjues jours à l'embouchure des fleuves gaulois. Chacune d'elles obéis* sait à un clief ('•Icclif qu ils nommaient roi de la mer (konong) et qui était toujours le plus brave. Ces pirates procëdaieuulaiis leiu's iiivasions d'une manière umioiine : ils remontaient les fleuves aussi loin que la profondeur des eaux pouvait le permettre à leurs barques, et , ainsi campés sur les ilôts, ils envoyaient sur les deux rives des bandes de pillards avides, qui portaient partout l'incendie et la désolation . Des iieuves il passaient dans les rivières, et.
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chaque fois qu'une ile leur semblait offrir un retrandie-
ment favorable, ils s'y fortiiiaient, soit pour y passer l'hiver, soit pour y déposer leur butin.
On ne peut se faire une idée des désastres qui accompagnaient ces invasions ni|»des. De vastes cantons étaient dévastés à ce point cpi'on n'y rencontrait ni un homme, ni un animal domestique. Les habitants des campagnes, pourchassés comme des bêtes âtuves , abandonnaient leurs récoltes, fuyaient au hasard, et chercliaient un asile dans les forêts lointaines ; les villes étaient pillées ou livrées aux flammes, les églises et les monastère profanés et réduits en cendres , et il n'y avait un peu de sûreté que pour les nobles, d'ailleurs en petit nombre, qui se retranchaient dans leurs châteaux forts. C'était surtout aux. prêtres et aux signes extérieurs du culte que les barbares portaient une hame implacable ; aussi les religieux, s'éloignaient-ils en toute hâte à leur approche , emportant avec eux les vases sacrés et les reliques saintes.
L'an 845 Ragnar, Tun de ces rois de mer, entra dam la Seine avec une cenlaine de barques et la remonta en ravageant ses bords. Charles le Chauve , qui campait sur la rive droite, n^osa les attendre, et, se hâtant d'abandonner Paris, se réfugia avec toute sa noblesse au couvent de Saint-Denis. Le samedi saint Ragnar entra dans Paris sans y éprouver de résistance. LesNorinauds massacrèrent et pendirent à des arbres les habitants qui n'avaient pu fuir et se gorgèrent d'un riche butin. Cliurles le Chauve parvint à les éloigner en leur payant la somme énorme de sept mille livres pesant d'argent. Cette lâche concession ne devait avoir d'autre résultat que d'encourager les pirates à entreprendre de nouvelles invasions; aussi revin-
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rent-ils très-promptemenl à la charge. D^à ils avaient
pris Trêves, Gologae, Eouea, Nantes, Saintes, Bordeaux, et désolé le territoire de ces villes; en 867 ils remontèrent de nouveau la Seiue jusqu'à Paris, mirent le feu à l'église de Sainte-Geneviève et à plusieurs autres édifices consacrés à Dieu, et, après avoir répandu partout la désolation et répouvante y se retirèrent en emmenant prisonnier Fabbë de Saint-Denis.
D'après une chronique contemporaine Ragnar rendit compte au roi des Danois de la prise d$ Paris. <c U lui rap. porta, dit-il, combien il avait trouvé le pays bon et fertile. Il ajouta que dans ce pays les morts avaient plus de courage que les vivants, et qu'il n'avait trouvé d'autre résistance que celle que lui avsût opposée un vieillard nommé Germain (i), mort depuis longtemps, et dans la maison duquel il était entré. »
Un autre auteur contemporain (12) ajoute, en parlant de la prise des villes de Paris, d'Orléans et de Giermo « U ne restait pas une ville, pas un village ou un hameau, qui n'eût éprouvé à son tour l'effroyable barbarie des païens... Us parcouraient ces provinces, d'abord à pied, car alors ils ignoraient T usage de la cavalerie, mais plus tard à cheval comme les nôtres. Les stations de leurs vaisséaux étaient autant d'asiles pour tous leurs brigandages; ils bâtissaient auprès des cabanes qui semblaient former de grands villages, et c'est là qu'ils gardaient, attachés à des chaînes, leurs troupeaux de captifs. »
Durant l'un des intervalles de repos que les invasions
(i) Saint Germain TAuxerrois. Ragnar, ayant pillé son église, en avait
été niiraculeuscment puni, (a) Ex miracuiis 6, Benedicti,
O^mi LIVAE 111. CHAPITRE 1.
des pirates laissaient au pays, Cliarles le Chauve fit transférer le corps de saint Maur, de l'abbaye de Glanfeuil, en Anjou, dans celle de Saint-Pierre des Fossés, près de Paris> au bord delà Marae.
Charles le Chauve était incapable de gouverner. On voit pourtant qu'il essayait de suivre les exemples de son aïeul Charlemagne pour entretenir la force et la prospérité de sou royaume. Une lettre du pape Nicolas 1" témoigne des soins et des encouragements qu'il donnait à l'étude des beaux-arts dans ses États, et surtout à Paris, comme Payaient Sût ses prédécesseurs.
Charles le Chauve séjournait fréquemment à Saint- Denis, qu'il faisait fortifier contre les Normands. Les rois avaient sans doute alors un palais à Saint-Denis, puisqu'il est question de cette résidence dans les historiens. La reine Hirmintrude y mourut en Pan 869.
Quelques généalogistes donnent pour fille à Charles le Oiauve une Âlpaïs, femme de Conrad, établi comte de Paris en 869. Conrad était, dit-on, de sang royal. Avant lui Bëgon, comte de Paris , avait épousé une autre princesse nommée aussi Alpaïs, fille de Louis le Débonnaire.
L'évéque de Paris, Énée , ancien professeur aux écoles palatines, mourut en 870. Demeuré étranger aux occupations du gouvernement civil, ce prélat prit une part active aux affaires ecclésiastiques. Il fiit chargé de réfuter, au nom de la province ecclésiastique de Sens, les doctrines du schisme grec de Photius, ce qu'il fit dans un ouvrage qui nous est resté.
Ingelvin, son successeur, demanda à Charles Chauve la jouissance de l'abbaye de Saint-Éloi, située dans le fief de TÉglise de Paris. Le roi l'accorda (871), pour que
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Dieu lui donnât des etiiaiits de sa iemiiie iliciiikle, et à condition que TÉglise de Paris prierait pour lui et les siens* A plusieurs reprises Charles Iç Chauve conclut avec les Normands de honteuses trêves, rachetant à prix d'argent les prisonniers et les terres qu'il n'avait osé défendre. Louis le Gerniani(|ue étant mort, le roi de France^ qui n'avait pas la force de repousser les pirates, entreprit de sVmpai*er de T Allemagne. Comme il se portait vers le B.hin avec ses armées, les Danois, commandés par RoU ion, leur principal chef, reparurent à flouen et menacèrent Paris. Charles le Chauve, battu par les Germains , revint en France, et acheta tristement la paix en payant aux pirates cinq mille livres d'argent, à condition qu ils sortiraient du royaume.
Vers* ce même temps brilla un moment un guerrier issu d'une famille saxonne, et que Charles le Chauve, pour se rattacher d*une manière plus durable, avait mis en possession de tout le pays entre la Seine et la Loire et créé duc (le France. Celait Robei t [Jlod-Bertli)^ surnommé le Fort. Cet homme illustre, qui fiit la tige de la famille des Capétiens, reçut du roi la mission de protéger la Neustrie contre les Normands. Il s'en acquitta glorieusement pendant six ans et fit éprouver aux barbares la puissance de son courage.
Le 6 octobre 877 mourut Charles le Chauve, âgé dednquantc-quatre ans; il en avait régné trente-huit comme roi de France et près de deux comme empereur d'Occident.
(S77-M7) LIVRE III. CHAPITRE II. j4i