‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 19 sur 64 · HISTOIRE DE PARIS. (!m-«BD · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS. (!m-«BD

qu'elle a été bâtie à une époque déjà fort reculée. Eudes, comte de Paris, ayant été élu roi, fit construire ou réparer cette chapelle^ vers l'an 890, et y plaça des ciianoines. £11 965 Salvator, évéque d*Aleth, en Bretagne, craignant les effets de la guerre que faisait Richard, duc de Normandie, à Thibaud, comte deChartres, se réfugia à Paris avec une grande quantité de reliques , parmi lesquelles on comptait les corps de dix«huit saints, Salvator présenta ces reliques à Hugues Capel, comte de Pans, qui ks ilt déposer solennellement dans la chapelle de Saint-Barthélemy,

Cette église était alors la chapelle du palais des comtes de Paris et ne devint chapelle royale qu a Tavénement de Hugues Capct ; elle conserva ce titre après la construction de la Sainte-Chapelle du palais par saint Louis, et l'on voit encore que, du temps de Malingre, « à cause, dit Phis* torien , que cette église avoit été autrefois la chapelle du roy , le roy en étoit le premier paroissien, 9 Salvator, en se retirant clans son diocèse , laissa à Hugues Capet, pour prix.de l'hospitalité qu'il en avait reçue, le corps entier de saint Magloire. Hugues Capet, étant encore comte de Paris, agrandit à cette occasion la chapelle de Saint- Barthélémy et la changea en abbaye, en remplaçant les chanoines par des moines de Tordre de Saint-Benoît. Avec l'assentiment d'Éliziarn ou Éliziard, évéque de Paris, et en agissant sous l'autorité de Lothaire et de Louis , son fils , derniers rois carlovingiens , Hugues fit dédier l'église sous le titre de Saint'Barthélemy et Saint -Magloire; mais le nom de ce dernier saint ayant bientôt prévalu parmi le peuple, elle ne fiit plus appelée que l'église de Saint-Magloire.

L'usage où était le clergé de la catiiédrale de venir faire une station dans cette église, le jour de la Saint^Bar*

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tbëlefny, remonte presque à Tépoque de sa fondation. Les cliaiioiues de Notre-Dame avaient le droit de clianter tierce dam le cloître , de fitire ensuite la procesaiou des châsses par les grottes et les voûtes ; après la procession les religieux de Saint-Magloire entonnaient la messe et la continuaient; mais ils s'arrêtaient à F alléluia^ dont le chant appartenait au chapitre de la cathédrale^ qui, après avoir chanté sexte dans le cloître, s'en retournait à Notre-Dame.

Ëu anticipant sur les destinées de cet édifice , nous dirons que Téglise Saint-Barthëlemy fut reconstruite "au seizième siècle et réparée sous le règne de Louis XY ; que, des travaux ayant été de nouveau entrepris vers Tan 1 778;, ce qui restait de Tancienne église s'écroula en 1 787 . La Révolution interrompit les ouvriersqui étaient employés à la rebâtir ; Téglisea demi construite fut démoUe; ou établit sur son emplacement une salle de spectacle appelée théâtre de la Cité, et successivement un bal public très-populaire dans ce quartier mal habité, qui reçut le nom de Prado, et autour duquel circulaient d* obscures galeries fréquentées par la débauche.

On remarquait disms la Cité , vers la (in de la seconde race, une chapelle construite en l'an 926 par Théodore, vicomte de Paris, et qui n'était séparée que par un chemin de Téglise de Saint-Éloi. C'était Saint-Pierre des Arcis (arcisierium, asceterium, monastère), d'abord simple oratoire et qui plus tard fut érigée en paroisse (i). Elle

(i) Cette petite église était déjà une paroisse en iiag ; il en est question à l'occasion de la maladie des Ardents, qui se manifestait alors à Paris ( voir Jaillot, Sauva!, etc. )

Quant à son surnom des .-^rcis, on n'en connaît ni rorit;ine ni la sigoiiicatioii. L'égUse était appelée eu latin ecciesia S, Pétri de Arcessiù,

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était située aux abords du Grand-Pont, remplacé à une

époque plus récente par le Pont-au-Cliaage.

Sur la rive droite de la Seine , et lorsque les Normands eurent cessé de ravager les campagnes voisines de Paris et les pauvres faubourgs de cette ville , la piété de nos pères éleva successivemeiit les églises ou chapelles de Saint-Leufroy, de Saint-Magloire , de Sainte-Opportune et de Saint-Merry ; sur la rive gauche, et durant la même période y on construisit les églises de Notre-Dame des Cbamps et de Saint-Étienne des Grès.

Saint-Magloire , qui n'était d'abord qu'un oratoire dédié à saint Greorge , avait été bâtie au milieu du cimetière que la communauté de Saint- Barthélémy de la Cité avait sur la rive droite de la Seine et sur la chaussée qui conduisait de Paris à Saint-Denis(i). Elle occupait l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue Saint-Magloire.

IjR chapelle existait dès le onzième siècle. Peu après Tan 965, Salvator, évéque d'Aleth, qui s'était réfugié à Paris portant les reliques de saint Magloire , fut inhumé dans le cimetière avec Junan ^ premier abbé de SaintrMagloire.

éê jiMÙiiSp Jfsidii^ de Jrsis. Une bidle dlnnocent n, de ii36» b nomme eeelesia S, Pétri de ÀrsUmibus, L*abbé Leboenf et JaiUot pensent

qu'elle re^ut une dénomination particulière pour la distinguer des autres églises de Saint-Pierre, et que Jrcls peut venir du nioL latin arcisterium^ a.îcetrriunif monastère, mot qui désignait également le prieuré de Saint- Éloi et ses dépendances. Dulaure propose en ces termes une autre conjecture : « Outre l'église de Saint-Pierre des Arcis, située dans l'île de - « la Cité, on trouve une me de SainUPlenre de» Arcis, située près de « cette église; une rue des Arcist située hors de la Gté, dans la direction « de la me Saint-BSartin. Ce nom dériverait>il ^arehista, arekisteSf qui « signifie archer ou fabricant d'arcs» ou ^tirsitium , qui veut dire une * arcade ou un édifice dont le plan a la forme d'un arc? • ' (i) Lebœufi Hisi, du Diocèse de Paris, t. V, p. 281.

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Quant à Saint-Leuf i o , bien qu'il ne soil fait pour la première fois mention de cette chapelle qu'au douzième siècle , elle existait dès la seconde race , puisque les religieux de la Groix-Saint-Leufroy , du diocèse d'Évreux, s'y réfugièrent pour se soustraire aux fureurs des Normands. Cette chapelle était située vers le milieu de la place du Ghàtelet j dans l'ancienne rue Saint-Leufroy , qui passait sous cet éciilice et aboutissait au Pout-au-Cliauge. Un peu plus tard elle se trouvait sous le patronage du chapitre de Saint-Germain TAuxerrois j mais la paroisse de Saint-Jacques la Boucherie, sur le terrain de laquelle l'église de Saint-Leufroy se trouvait construite , s'attribuait sur elle diverses prérogatives. D'anciens documents établissent que vers l'an 1 191 Saint-Leufroy avait dëjà le titre de paroisse.

L'cgllse Sainte-Opportune , dont l'origine n*est guère mieux connue , a laissé son nom au quartier où elle se trouvait située, et qui est compris entre la rue Saint- Deuis ella rue de la Monnaie. Les reliques de sainte Opportune y ayant été transportées en 8771 Louis le Bègue et Louis le Gros se plurent à l'enrichir de leurs donations, au nombre desquelles on vit figurer les petits marais de Champeaux, qui s'étendaient au delà du cimetière des Innocents jus(ju'à la rue de la Ciianvrerie (culture du chanvre). Elle était desservie par des chanoines que nommait le chapitre de Saint-Germain l'Auxerrois.

Nous avons déjà mentionné Saint-Merry, nom que prit la petite chapelle de Saint-Pierre lorsqu'en 884, P^i' permission de l'évéque Gozlin , les restes du pieux solitaire Mëdéric y furent transportés en grande pompe. Exposée aux déprédations des pirates Scandinaves et à demi

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ruinée, elle fut considérablement agrandie lorsque, sous les successeurs de Cliailes le Simple, de lueilleurs jours se levèrent pour Paris.

Sur la rive gauciie, au milieu des décombres, à peine «^layës, qu'avait amoncelés Tinvasion des barbares, on rencontrait l'église de Saint-Etienne des Grès^ que les clercs et les fidèles, à force de sacrifices, avaient pu racheter de l'incendie. Ce fait est attesté par un passage des Annales de Saint^Bertin, Aux termes d'un acte de donation faite aux religieux dé Marmoutiers par Tevéque de Paris, cette église était située <r non loin de la ville, et près de Sainte-Genéviève. » Il ne faut pas la confondre avec la cathédrale de Paris, qui, dans Torigine, avait été dédiée sous le vocable de Saint-Ëtienne, et qui, depuis ses agrandissements successitï), portait déjà le nom de Notre-Dame. Cette église dépendait de la cathédrale. Saint-Éticnne des Grès était l'une des (quatre filles de Notre-Dame, et son desservant, à cause de ce titre^ avait le droit de prendre rang parmi les prêtres cardinaux qui assistaient l'évéque dans les grandes solennités. Sou surnom des Grès ne parait pas lui avoir appartenu avant le treizième siècle; on a beaucoup disserté sur Torigme^ l'orthographe et la valeur de ce mot, mais tout indique qu'il se rattachait aux marches, aux degrés (liie gressis) qu'il fallait monter pour entrer dans cette égUse par le portail de la rue Saint- Jacques. Beaucoup au midi de cette église, la chapelle de !Notre^ûame des Champs s'élevait dans un champ de sépulture occupant alors des emplacements où de nos jours existent le quartier Saint-Jacques et la rue d'Enfer. Vers la fin de la seconde race cette église fut usurpée par des seigneui^ laïques; cai* on voit

quVii 1084 Adam Paye n et Gui Lombard, qui la tC'^ naieni de leurs ancêtres, la doimèreni au monastère de Marmotttiers, près de Tours , propriétaire ée quelques terres dans le voisinage deSaint-£tienne des Grès. L'abl)é envojra un certain nombre de ses religieux pour demeurer à !Notre*Dame des Cliauips, qui devenait un prieure dé* pendant de son abbaye.

La plupart des chroniques de la seconde race sont consacrées au récit des calamités qui accablèrent Paris et la B'rauce sous les débiles successeurs de Charleniagne . On n'y rencontre que de loin en loin des indices se rat« tachant aux mœurs, aux coutumes, à la civilisation du peuple, et les historiens ont soigneusement recueilli ces fragments épars.

V oici connnent le moine de Saint-Gall décrit les vêtements des Francs contemporains de Chariemagne : « I^ur 4;liaus8ure est dorée en dehors et soutenue par de longues courroies. L'étoffe qui couvre leurs jambes et leurs cuisses est entourée de bandelettes qui se croisent, et qui, de la.méme couleur que l'étoffe qu elles entourent, sont d'un travail plus recherché. Le corps des Francs est revêtu d'une veste longue. A leur ceintuiH>n ou baudrier est attachée une épée placée dans son fourreau, fixée pai des courroies et par une étoile blanche et luisante. Un manteau double, de couleur blanche ou bleue , et de forme carrée, leur sert de surtout^ ce manteau descend, devant et derrière , depuis les épaules jusqu'aux pieds; sur les cotés il couvre à peine les genoux. Ils portent à la main dix)ite un gros bâton, dont les nœuds sont à égale distance , et dont la pomme d*or ou d'argent est ornée de ciselures. » Evidemment ce riche costume

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