‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 20 sur 64 · HISTOIRE DE PARIS. (877-98T · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS. (877-98T

était celui des seigneurs et des grands , et on se garda bien, malgré le malheur des teuips, d'en diminuer le luxe. T^e moine Abboa, s'adressant aux nobles parisiens, leurs dit : « Une agrafe d'or fixe la partie supérieure de votre iiabillement; pour vous pr^rver du froid vous couvrez votre corps de la pourpre de Tyr ; vous ne voulez d'autre manteau qu'une chiamyde chargée d'or ; la ceinture qui presse vos reins doit être ornée de pierres précieuses. »

Tout fait présumer que le peuple, étranger à ce faste inutile, avait conservé , sous la seconde race comme sous la première, le costume des Gallo-Romains ; le principal vêtement des gens pauvres et des ouvriers était une tunique de laine, assez semblable aux blouses de nos voituriers. Lies femmes àvsûent une plus longue tunique, serrée à la taille par une ceinture , soutenant une pièce d'étoffe en forme de tablier. Les hommes riches avaient les jambes nues et les pieds garantis par des sandales ; une tunique étroite et de courtes jaquettes ou braies , recouvertes d*un manteau assez large, auquel était attaché un capuclion {c'ucuLlus). Les femmes des grands et des nobles portaientdes robes longues, faites avec Icss plus pi^cieux tissus; elles entouraient leurs cheveux de bandelettes , et les cachaient, ainsi que leurs oreilles et leur cou , au moyen d un voile qui leur servait également de manteau.

On connaît une figure de Charles le Simple (929) qui nous représente ee prince vêtu d'une longue tunique, sur laquelle s'étend une dalmatique , sorte de manteau raccourci, emprunté aux Orientaux de ce temps, et entièrement doublé d'iu rnnne, fourrure qui devait être alors d'un prix considérable. Mais ce qui doit principalement fixer l'attention sur ce monument d une époque si reculée,

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c'est la forme toute nouvelle des chaussures de ce monarque, coasistant eu souliers fort découverts et dont le bout commence à former une légère pointe. Nous voyons donc que les arts^et l'industrie ue fureut pas absolument délaissés, même au moment des ravages des Normands.

L'ignorance était e\trcuie{ les écoles fondées parCharleuiagne n'étaient plus fréquentées que par ceux qui aspi* raient au sacerdoce, et encore le clergé lui-même, à i exception d'un petit nonibi^e de religieux instruits et érudits, se compcisait-il dliommes dépourvus des connaissauces les plus Vulgaires, et dont beaucoup savaient à peine lire et écrire et se trouvaient hors d'état d'initier les fidèles aux notions du christianisme. J^es superstitions les plus fâcheuses étaient en honneur, et c'est à peine si dans les rangs du peuple on osait condamner Fastrologie, les divinations, la pratique de la magie et des. sortilèges. Vers le déclin de la dynastie carlovingienne, comme une fausse interprétation des textes saints avait fait croire que le monde allait être détruit en Tan looo, nul ne se souciait du travail et de la fatigue, nul ne comptait sur Ta venir, et on laissait dépérir non-seulement les choses matérielles, les édifices publics et religieux, mais encore la raison, le goût, tout ce qui est du ressort de l'étude et de riiUelligence.

Hltr. DE l>ARI». ^ T. I. \9.

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