BIST. DB PARIS. — T. I. ' U
Iq4 * HI&TOIEE DE PARIS. 0»87-im)
administrer avec les fonctionnaires municipam élus par ït peuple. Ëa revaaclie cliaquie ville proclama sou droit de se garder elle-même ^ de chobîr $es magistrats ; chaque citoyen fut déclaré libre d^exacticms, exempt de taiUes, et put contracter mariage avec toute personne de soii,choix^ sans que son refus de se soumettre, en cette occasion , à la volonté des seigneurs , entraînât d'autre peine qu'une légère amende. En d'autres termes, c'était la liberté eacore imparfaite et mal définie sans doute mab eii6n , malgré ses imperfections, bien supérieure- à Vétal de servi* tude. .1
Sous Philippe avaient eu lieu, hors de France^ la lutte mémorable enti^e la papauté et l'empire, la <^onquête 46^-1* Angleterre par les Normands, et plusieurs autre» é?énements de même ordre auxquels l'indolent Capétien n'avait pris aucune part. Le roi de France avait vécu obscurenient à Par Is^ laissant toutes choses s'arranger sans sa participation, et ne . mêlant jamab son nom ignoré aux noms des hoinincs dont rénergic remuait le monde. Cependant le roi était , possesseur de nombreuses richesses, sa coup était remplie de seigneurs de haut paragé^ et la présence dU'^veram et de ses nobles vassaux contribuait à rendre à> Faris' le luxe, le faste et les habitudes cor«- «niptrices >qa enfantent la paresse et la galanterie. On œ "voit dans «acun' monument historique la- trace de rin- '(luencequ'eHerça lent sur Paris les événements lointains. Se 'pàssioniiait*>ott, dans cette ville, en faveur de Grégoire YU ou des lluheuslaufen, pour Guillaume le Batai d ou pour son compétiteni^-Harold : c'est ce qu'on ignore. Le prévôt de Paris était alors un noniiac Étienne, qui, ainsi qu'on Ta vu plus Imut , exerçait en même temps des fonctions nuh-
(M7-1106) LIVRE IV. CHAPITRE I. igS
taires, administratives et judiciaires. Le siège de son tribunal éuûl an Châtdet.
Sous Kobei l le siëge ëpiscopal de Paris avait été occupé par Azelin (de 1016 à 1020) et par Francon, mort en f o3o. Soupçonné de simonie, Azelin s'était démis de ses fonctions et avait ciierciié un refuge dans le diocèse de Gand. Son successeur avait été chancelier du roi el avait siégé au concile qui condamna les manichéens d'Orléans, en loaa. L'un de ceux qui, après lui , gouvernèrent TÉ» glise de Paris, fut imbert de \ également appelé Hécelin. il était fort aimé de Henri P% qui, dans une charte, le qualifie de f^rand; il assista, en io5o, à l'assemblée solennelle convoquée à Paris pour juger Bérea« ger et les sectaires qui niaient la présence réelle et ne voulaient voir dans l'iùiciiaristie qu un symbole* Vers la fin du règne de Philippe ce prince appela à Notre* Dame des Champs les religu ux de Marmoutiers et ré* forma I abbaye de Saint-Magloire , alors située rue Saint» Denis. L'évêque de Paris, Geoffroy, fils du couile de lk)Lilogne, fut accusé de simonie par le pape Grégoire VU et contraint d ailei se jusUlier à Kouie,eii 1077. p*iï'vint à se faire absoudre , revint à Paris , où il exerçait encore les fonctions d'archichancelitr, cL où il jouit d'un grand crédit jusqu'à sa mort, arrivée en 1095. Son successeur, Guillaume de Montfort^ frère de Bertrade , la reine ré* pudiée, n'accepta révéché de Paris quavec une répugnance modeste ; il fallut les conseils du vénérable Yves de Chartres et l'approbation formelle d'Urbain II pour le déterminer à adhérer au choix des dianoines de Notre- Dame. 11 était d'ailleurs assez jeune et se laissait trop vo> lontiers aller à de profanes amusements , et particulière-
tCj/S HISTOIRE DE PABIS. (Ml-IK»)
ment à celui de la chasse. En i !02 il entreprit le pèlerinage de Jérusalem et mouruten route. Foulques, qui fut appelé à le remplacer, ne parut qu'un instant sur le siège (le Paris (1102-1 io4)- Après lui l'éveque de Paris fiit 'GualoD, légat du pape eu Pologne. Il assista au concile de Beaugeucy, pour la réconciliation du roi avec l'Église. Quand Philippe V eut fait sa soumission , Gualon partit pour Hume, où le pape raccueilliL avec une grande fa- .yeur, tandis que le clergé de Paris écrivait au souverain pontife pour le remercier de lui avoir donné un pasteur aussi vénérable. Gualon, très-estimé du pape Pascal II, était en outre ami de saint Anselme de Cantorbéry. Il souscrivit une cliarte mémorable de Louis VI, fils et successeur de Philippe P^ Aux termes de cet acte le roi de France accordait aux serfs de TEglise de Paris des droits judiciaires égaux à ceux des hommes libres, c*est-à-dire le droit d'être témoins et de se battre en duel, singulièi^ concession qui était pourtant un progrès notable sur l'état antérieur (i). Mentionnons en passant les démêlés de ïévêché de Paris et de l'abbaye de Saint-Denis au sujet de certaines prétentions épiscopales qui paraissaient contraires aux droits et aux libertés de^ l'église abbatiale. L'affaire, portée d'abord au conseil du roi, en 1067, fut reavo) ee à l'examen du pape, qui donna gain de cause à l'abbé de Saint-Denis , lequel devint indépendant de Tévêque de Paris. Rappelons, en outre, quelques autres différends avec l'abbaye de Lagny, la donation de l'église Saint- Christophe, faite aux chanoines de la cathédrale; celle des autels des cures de Gonûans , de Clamart , de
(1) M. £iig. de la Goumerie.
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Montmartre et de Pautiu, faite aux religieux de Saint- Martin des Champs; celle enfin des autels (c'est^à-diré du patronage) des cures de Suresnes et d'Avrinviile, qui fut faite aux religieux de Saint4^rmain des Prés. Os incideutSy aujourd'hui fort oubliés, sont les seuls qu'il nous soit possible de discerner, dans les annales ecclésiastiques de Paris, sous les règnes de Robert, de Henri P et de PhUipper.