CHAPITRE IL
Pari» Mm» Louis le Gm et Louis le JemM (llOt-llti).
Louis \ i, d^abord surnommé 1 Eveille^ et plus tard le Gros 9 à cause de sa corpulence , avait été associé au trône de son père Philippe I*'. En iïo8 il régna seul, maïs sa puissance était encore fort précaire. Pendant plus de iiuit ans il lut fallut combattre sans relâche et employer toutes les forces de la couronne, quelquetois sans succès, pour réduire à Tobéissaiice les seigneurs de la banlieue de Paris. 11 fut forcé de faii e la guerre aux seigneurs de Montmorency, qui venaient de piller les terres de Tabbaye de Saint-Denis, dont le roi de Fiance (iuiit le vassal. I>e seigneur du Puiset y château situé dans la Beauce , provoqua ensuite sa colère; le roi de France eut besoin de trois ans d efforts pour réduire ce petit vassal. Il lui fallut successivement combattre les seigneurs de Corbeil, de Montihéry, de Giateaufort et de Monlfort-l'Âmaui-y. Plus tard il se vit contraint de tourner ses forces contre Enguerrand de Coucy cl Thomas de Marne , datis une guerre dont la liberté d*Amiens fut le prétexte. C'est à cette époque que nous voyons ce roi légaliser, par la concession de certaines chartes ) le soulèvement de plusieurs grandes communes. La révolte des bourgeois avait de beaucoup précédé cette sanction royale , et la couronne obéit plutôt à un instinct d*ambition qu*à un généreux élan en affranchissant la classe moyenne dans un rayon voisin de Paris.
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Indépendamment de ces luttes soutenues à maui année contre dés vassaux rebelles , Ijouis le Gros eut souvent à combattre le roi d'Angleterre , duc de Normandie. Le pape Galiiite II vmt en 1" rance et pacifia les deux princes^ mais la paix que le pontife avait réussi à établir ne fiit pas de longue durée. Quelques, années Vétaieu t a peine écoulées que le roi d'Angleterre détermina par ses^trigues son gendre Henii Y, empereur d'Allemagne, excommuniëau concile de Beims^ à diriger contre le roi de France une année considéiable. Cette démonstration hoslile de Tenipéreur prouva combien en vingt ans de i:<ègae Louis le Gros avait consolidé sa puissance et élevé la prépondérance de la couronne. Pe toutes parts les grands feu* dataires amenèrent leurs contingents de troupes; ^ucui^ n'écouta les conseils de la peur; les milices, end cplçyant leurs banhièfesv se rangèrent avec le roi et les grands sous rorldamme. C'était le drapeau de Saint-Denis, dont la célèbre abbaye se félicitait de. compter les rois de France au nombre de ses vassaux. Dans tous les dangers publics on diéployait ce 8ain( étepdard, dont seule vue encourageait les gens de guerre. En peu de temps plus de deu^ceat mili^ liooimes se trouvèrent réunis autour de Louis le Gros , prêts à marcher contre Tennemi commun, en poussant ce ciû.de bataille de nos rois : Mont^ joie et Saint- Denis l hem attitude épouvanta l'empereur, et la France ne fut point ^vahie (,i ia4)«
Xonis.le Gros fut un prince entreprenant^ un guerrier infatigable ; s'il ne fui pas doué du génie qui fait les grands hommes, il eut du moins l'intell^igence de comprendre mieux que ses pères quel defvait être le véritable rôle d'un roi au milieu de la. société féodale, l^uis le Gros ne
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doit pas avoir tout riionneur de la sage politique qui prévalut sous son règae; il faut aussi en faire hommage aux conseils du célèbre Suger, abbé de Saint-Denis, qui, de précepteur du roi , était devenu son conseiller le plus
intime.
Gilbert, d abord archidiacre de Paris, occupait le siège épiscopal depuis l'an 1 1 16. Pendant son épiscopat , qu^aucun ëveneuieut laiportanl n'a signalé, il fit confirmer par Louis VI les anciens privilèges de la cathédrale , de l'évêque et des cliaiioiues, en ce qui concernait leurs familles^ c'est-à-dire leurs serfsetleursdomestiques. Etienne de Senlis, fils du comte de Seulis, lui succéda en 1124. L*affeGtion qu'il portait à Tabbaye de Saint- Victor, déjà célèbre, et rélroiU auiilic qu'il avait pour Thomas, sou prieur, suscitèrent à Etienne plusieui's querelles avec les chanoines de la cathédrale, c|ui craignaient quel'évèqiie, à cause de leur relàchemeut , ne les remplaçât pai* des ciianoines réguliers , comme ceux de Saint-Victor. Étienne et les chanoines signèrent un accord eu 1 1 27 ; mais la même année l'évêque eut une discussion avec Louis VI. Se plaiguant de la nomination faite par le roi à quelques bénéfices, il alla jusqu'à prononcer une excommunication contre lui ; mais, malgré les plaintes de Bernard, abbé de Clairvaux, qui s'était réuni au prélat, le pape lionoi^ II déclara l'excommunication abusive et leva l'interdit.
Bientôt réconcdie avec Etienne, Louis le Gros assista au concile de Saint-Germain des Prés, 011 il se trouvait, ainsi que Suger, pour la reformation du monastère d' Argenteuil.
Jja même année (i 129) Paris et le reste de la France forent affligés de la maladie du feu des ardents. Ce mal , quoique déjà connu par les ravages qu'il avait causés en
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945 et lo^i F , était devenu d'autant plus terrible i^u d paraissait saus remède. Cette affreuse inaladiei à ce qu'il paraît, devait son origine à un dérèglement de mœurs. Cl Dieu , dit Corrozet, espaudit son ire ^ur les coupables y les affligeant d'une ardeur extravagante et feu nuisible (qu'on appelle feu sacré) qui leur rongeoit misérablement les membres avec lesquels ils avoient failly et lesquels ils avoient employés au service du diable. » Le mal devint contagieux et épidémique , et Tevêque , voyant que tout Tart des médecins était impuissant, eut recours à la protection divine. Il ordonna des jeûnes , des prières publiques, et, comme la maladie continuait, il fit une pro* cession solennelle en 1 lionneur de sainte Geneviève. On alla chercher la châsse de la sainteà réglisede Sainte-Geneviève, et on la porta avec la plus grande pompe à Notre-Dame , au milieu d'un nombreux concours de peuple. Pendant le trajet les malades en foule s'empressèrent de la toucher, et Ton assure qu'ils furent au même instant guéris. Depuis ce joui , disent les chroniques, la maladie cessa. Le pape Innocent II, qui vint en France Tannée suivante pour éviter la persécution de Tantipape Anaclet , ayant été informé du fait et de toutes ses circoustanccs, eu consacra la mémoire par une fête qui se célébrait autrefois le 26 novembre ; plus tard on construisit près de Notre-Dame une église du titre de Sainte-Geueviève des Ardents^ en mémoire de cet événement miraculeux .
Innocent II passa toute Tannée 1 1 3 1 en France. Il célébra les fêtes de Pâques à Saint-Denis avec beaucoupde magnificence. Le dimanche matin il partit du prieuré de Saint- Denis de l'Estrée, avec ses cardinaux qui formaient une cavalcade. Les barons et les cliâtelains de Tabbaye marcliaient
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à pied etservaientd'ccuyers eu tenant le cheval du pape par la bride. Lesjuifâ de Paris, quiétaieutaccourussur leurpas» sage, avec une grande afBuence de peuple, prëséntèrent au souverain poulite le livre de la loi en rouleau couvert d'un voile. pape leur dit : « Plaise à Dieu d*oter le voUe de vos cœurs! » Il arriva ensuite à la grande égiisf, qui était richemeot décorée. Après avoir célélm la messe il descen'lil avec sa suite dans les cloîtres, où 1 un avait dressé.les tables du festin. L'assemblée mangea d'abord Tagneau pascal , couchée sur des tapis h la manière des anciens ; ensuite on continua le repas à l'ordinaire. En sortant, de Sai rit-Denis le pape vint à Paris. Toute la ville se porta à sa rencontre pour honorer son entrée. Le roi Louis le Gros et son fils, Philippe, déjà associé au trône, mais qui ne devait pas survivre à son père^ se portèrent à sa rencontre et le reçurent avec les plus grands témoignages de respect. A la sortie de Paris les nobles, les seigueurs et les (idèles se firent un devoir de l'escorter et de lui prodiguer toutès sortes d'iioniîour. ' • ' .. , "
Peu de mois après, le prince Philippe, fils de Loui^ le Gros, passait dans les mes de la ville. Un pourceau' s'étant jeté dans les jambes de son clieval, Tanims^l ctïrayé se cabra , jeta à terre son cavalier, et Philippe, à peine âgé de seizi^ ans , mourut des suites de. cet accideat* -
Louis le Gros s'éteignit à son touri vers V^jél 1137, après avoir eu la gloire de commencer en même temps ^^affranchissement de la royauté et celui des communes.
Son successeur, T.ouls Vil, dit le Jeune , était âgé de dix.-huit ans, et venait d épouser la trop fameuse Élépnore, héritière des ducs d'Aquitaine. Le règne de ce prince fiit long et signalé par des événements impartants, pai* des
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guerres féodales et par l'une des plus sanglantes croisades dont l'hUtoire ait gardé souireDir. Nous ne raconteroDS ui ces entreprises, ni ces épreuves; elles n'exercèrent qu'une influence inaperçue sur la condition de la capitale, et notice mission n*est point de reproduire ici , en so«s-œuvre , les annales de la France et de TEurope catliolique^ matô de mentionner les faits particuliers à Paris. Au point de vue artistique, nionumentalel intellectuel, cette ville, déjà puissante, ëtait le foyer d'un développement continu que nous retracerons tout à l'heure; inais sa population était calme, jouissait de la sécurité ei du bien-être, et assbtait, sans y participer d'une manière très-active, aux incidents généraux^ tels que les guerres soutenues contre les grands vassaux, l'immense mouvement des guerres saintes et la querelle terminée en Angleterre par le martyre de saint Thomas Becket.
Louis le Jeune s'imagina de méconnaître les pouvoirs ecclésiastiques die l'arclievêque de Bourges^ ivgulièremcnt élu par les chanoines de cette ville et sacre par le pape ; il vit mettre en interdit son royaume, et , pendant plusieurs années , toutes les églises de Paris et de la France fureut di^rtes (1142)* t*oi s' étant repenti et ayant hit sa soumissionne papeCélestin II consentit à relever ce prince des censures ecclésiastiques . « Le roi, disent les chroniques ^ envoya des députés à Célestin pour traiter avec lui, et- ils obtinrent tant de sa douceur qu'en leur présence , et devant tous ces nobles (pii fréquentent Home, ii leva la niain avec bonté , et , étant debout , il fit le signe de la croix coté de la France ^ lui donna l'absolution de t^nterdit porté contre eWe [Chron. Maurin.^ p. 87). »
L'orgneil de Louis YII, qui attira dans cette circonstance
ao4 HISTOIRE DE PARIS. (lli8-ltB«)
le fléau de l'interdit sur Paris et sur le royaume y n'était
point dans les habitudes de ce prince ; les écrivains contemporains, et particulièrement Étienne de Tournay, té« moignent du respect du roi pour les droits des églises. « Un jour que le roi , disent les chroniques ^ revenait à Paris , il fut surpris par la nuit et coucha dans un village des chanoines de Notre-Dame, appelé Créteil (^Christoliam). Les habitants fournirent la dépense de son séjour. Le lendemain, étant à Paris, Louis YIl, suivant son usage, se rendit à i ëglisé de Notre-Dame pour assister aux offices. A son arrivée il vil avec sui prise que les portes de cette église lui étaient fermées; il demanda la cause de cetaffront) ajoutant que, si quelqu'un avait offensé le chapitre , il voulait le dédommager. « Vraiment, Sire, lui répondirent les chanoines, c'est vous^ême qui , contre les coutumes et libertés sacrées de celle saaite église, avez soupé iiier à Créteil , non à vos dépens, mais à ceux des habitants de ce village. Voilà pourquoi Téglise a suspendu les offices et vous a fermé sa porte. Plutôt que de souffrir la moindre atteinte aux droits de leur église, tous les chanoines sont prêts , s'il est nécessaire , à endurer toutes sortes de tourments. » Aces mots le roi, frappé de terreur, gémit, soupira, versa des larmes, et s'excusa en disant aussi humblement qu'il lui fut possible f « Je ne l'ai point fait exprès; la nuit m'a surpris eu chemin; il était trop tard pour que je pusse continuer ma route et aller jusqu'à Paris. iiabitants de Créteil se sont empressés de fournir à mes dépenses; je ne les y ai point forcés, mais je n ai pas voulu repousser leur accueil obligeant. Qu on fasse venir Tévéque Thibaut et le doyen Clément, tout le chapitre , et même le chanoine prévôt de ce village;
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si je suis déclaré coupable , je ferai satisfacûoa. Je m'en rapporte à leur décision sur mon innocence. »
Après avoir ainsi parlé le roi restait devant la porte de Notre-Dame^ en attendant le résultat de ses demandes, et récitait dévotement ses prières. L'évêque faisait des demarches auprès des chanoines, sollicitait en Ëiveur du roi et offrait d'être garant de ses promesses. I^s cliaiioines intraitables ne se confièrent ni aux paroles du roi, ni à celles de leur évêque ; ils ne cédèrent que lorsque ce prélat leur eut remis deux chandeliers d'argent pour gage de la parole de ce prince. Alors seulement ils lui ouvrirent les portes de leur église. Louis VU , après avoir restitué les frais de son souper à Créteil, vint déposer solennellement sur Tautel de Notre-Dame, comme un monument éternei du respect dû aux biens de l'Église, une baguette sur laquelle était inscrit le récit succinct du délit et de sa réparation. Étienne de Tournay ajoute que Ton conservait cette baguette dans les arcliives du chapitre.
Louis le Jeune, connue Louis le Débonnaire et Robert, ne savait point faire respecter les légitimes privilèges du pouvoir temporel; il s'humiliait sans nécessité, non devant la religion, dont l'autorité est infaillible, mais devant des niomes , parfois ignorants, souvent ambitieux , et qui trop souvent abusaient de sa piété timorée et scrupuleuse pour revendiquer des droits abusifs. L'abbé de Saint- Denis, Suger, le tenait en garde contre de pareilles exigences et cherchait à le convaincre de Timportance des devoirs de la royauté. Suger n'avait point désapprouvé, comme on le lui impute, la croisade prechée par saint Bernard à Vezelan, en mais il avait conseillé au
roi de rester en France et de laisser ses vassaux et ses '
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adversaires s'aventurer dalis cette expédition lotataine.
Louis Vlï insista et partit pour la Terre-Sainte ( 1 1 4 7 - 1 ï 49) • Durant l'absence du roi Suger gouverna le pays^ à titre de régent, et Paris eut beaucoup à s'applaudir de la sa-* gesse rie son administration.
Ijouîs YII , après avoir célébré la fête de Pâques à Saint-Deius, en 1 147, avec le pape Eugène III, avait tenu à Paris un concile asssemblé pour examiner les doctrines de Gilbert de la rorrée, évêque de Poitiers. Ce prélat affir* Eiaity entre mitres jchoaes, que ressence divine n'était pas Dieu, et que la nature divine ne s'était pas incarnée , mais seulement la peisonne du Fils. L'année »nvante, les mêmes doctrines ayant été soumises au jugement du concile de Reims, Gilbert de la Pori ée consentit à se rétracter.
En I i5a le roi de France se ligua avec quelques vas» saus: contre Henri II , roi d'Angleterre. Les deux princes luttèrent ensemble pendant quelques années; mais, inen que leurs querelles fussent, par intervalles, mClées de traités de paix, on pouvait prévoir dès lors cette longue rivaljic ciilre la I iance et rAngleteri t , rivalité qui, après des fleuves de sang répandu, n'est point encore entière* ment étante.
Henri 11 eût été facilement vamqueur de Louis le Jeune, moins puissant 'que lui. Déjà il gouvernait la Flandre comuie tuteur et gardien, en Tabsence du souverain. 11 contraignit ensuite les comtes de Toulouse à lui rendre hommage , et réduisit à sou obéissance le Berri , le Limousin, la Marciie, l'Auvergne* et le Quercy, dé telle SOI le qu'il en vint à posséder en France une étendue de territoire correspondant S quarante-sepide nos départements actuels , tandis que Louis VII en avait à peine vingt , en
comptant ses domaiiies et ceux des grands vassaux de la <Kmroiuie.
' En ii56 -^Hmiri Piantagenet voulut a^oir une entrevue avec le roi deFrauce. 11 vint cii Trance, s'abouclia avec Liouis VII , et, pour écarter toute occcasion de dis<» corde future, il lui proposa d'unir leurs deux familles par un mariage. 11 fut convenu que Henri Plantagenet , fils aine du roi d'Angleterre, âgé de trois ans, épouserait Marguerite^ fille de Constance de Castille, seconde femme de Louis VII, âgée d'environ six mois.
Pour doimer plus de solennité encore à cette réconcilia» tion, et en même temps pour témoigner à Louis une plus entière confiance , Henri 11 vint à Paris , au mois de septembre 1 158 , avec une suite peu nombreuse. On s'empressa de lui rcadre déshonneurs infmis; le roi lui abandonna son palais pour liabitation , tandis que lui-même , avec la reine Constance , alla demeurer au cloître de la catliédrale. Dès le lendemain la jeune Marguerite, qui devait épouser Henri , fut remise à la garde du roi d'Àngleterre, et Louis, pour lui iaire plus d'honneur, raccompagna jusqu^à Mantes.
I^uis VII, étant devenu veuf par la mort de Constance, épousa Alix, fille de Tiiibaud le Grand et sœur des comtes <}eBlois^ de Champagne et de Sancerre. Il la fit sacrer , d»s r^glise Noti^Dame de Paris , par Hugues , archevêque de Sens, qui couronna en même temps le roi.
Louis Vil avait accordé, en ii 55, à Tevéque de Paris, pour lui et tous ses successeurs, et au chapitre de Paris^ ToLemption du droit degàe; ce droit donnait au roi et à ses officiers Ja faculté de demeurer et de prendre le fourrage nécessaire à leurs chevaux dans les terres du
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domaine de 1 evéché et du chapitre. Il est dit dans le titre
de cette exemption que le roi Louis avait été élevé dans le cloître Notre-Dame, et c'est à cette circonstance^ sans doute, qu'il faut attribuer Taffection particulière que ce prince eut toujours poui* l'église Noire-Dame.
L'évêque Thibaud avait obtenu du roi, dès Tan ii47y avant son voyage d'outre-mer, rabolitiou d'un usage digne des temps les plus barbares : c'était la coutume où - étaient les oiliciers du fisc, à la mort de Tevéque , d'enlever tout ce qu'ils trouvaient dans sa maison et dans ses châteaux iiors de la ville. I^e roi déclara qii il voulait que tous les lieux dépendants de l'évêché de Paris fussent, à la mort du titulaire, remis sous la garde du chapitre et réservés au futur évéque. A la mort de Thibaud, le roi, jouissant de la régale, donna aux religieuses de Notre- Dame d'Hières un droit dont le principal revenu était les offrandes faites à la cathédrale pendant la vacance, à la ciiarge principale pour les religieuses d'entreteuir le luminaire de l'église. L'évêque Thibaud fut, comme il l'avait demande, inhumé à Saint-Martin des Champs. Philippe de France, frère du roi I^uis VU et archidiacre de Paris, fut élu évêque, et, par modestie, céda sa place au fameux Pierre Lombard, surnommé Le Maître des sentences^ qui fut ainsi le successeur de Thibaud, en 1 157.
Philippe de France était archidiacre de Paris ; Tautre frère du roi , Henri, était abbé de Saint-Denis de la Cliartre et chanoine de Notre-Dame^ Cette famille de clercs assise sur le trône est un symbole fidèle et caracté-
i'islique de l'cpoquc. Poui tant il ne laudraiL pas croii^ que, abbés ou archidiacres, toute cette cléricature prindère . s*adonnât sincèrement au rigorisme de la vie chrétienne.
9mAim LTVM IV. CHA]»ITRE II. ^09
Us subissaient Tinfluence des idées de leur temps ; mais
les austérités du christianisme n'ëlaieut guère de natui c à toucher leurTœur. Ils revêtaient les habits sacerdotaux, ils suivaicul les rites de l'Église, ils récitaient ponctuellement leurs oraisons : mais ils tenaient, comme dit douloureusement Félibien, une conduite plus séculière quVcclésiastique. il est à soupçonner que, dans les dignités de rÉglist% ce qui les touchait surtout, c*étaient les gros bé» néfices qu'elles rapportaient i^ij.
L'un des derniers actes du règne de I^uis le Jeune fut la grande assemblée de la noblesse, qu'il convoqua à Paris pour l'engager à prêter assistance au fils du roi d'Ângleteire, Henri, levuUé contre son pèiel^i 173).
Quelques années après, en 1 1 79, Louis Yll réunit les prélats et les grands du royaume dans le palais épiscopal de Maurice de Sully, pour ùave approuver l'association au trône de son fils , âgé seulement de quatorze ans. Le jeune Philippe fut alors sacré à Reims. L'année suivante ce prince épousa Isabelle, fille de Baudooin, comte de liainaut, et quelques mois après ce mariage Louis VU mourut à Paris ( 18 septembre 1 180).
(I) FélibieD. — M. de Gaulle.
. M FAMS. — V. t. 14
HiaXOlBE DE PABIS.