‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 25 sur 64 · HISTOIRE DB PARIS. (HIMIM · texte numérisé non relu

HISTOIRE DB PARIS. (HIMIM

voulait .passer pour théologien devait avoir étudié à- Tuaiversitë de Paris. Aussi Taffluence des étrangers était si considérable^ dans les (quartiers où enseignaient les professeurs , que leur nombre égalait parfois celui des habitants ordinal les de la ville. Les écrivains de cette époque exaltent avec enthousiasme T honneur que T Université faisait rejaillir sur Paris. « Tout ce qu'un pays a pu jamais produire de précieux, disent-ils , tout ce qu'une époque a enfanté de spirituel et de noble , tous les trésors des sciences et toutes les richesses de la terre j tout ce qui procure des jouissances diverses à l'esprit et au corps , doctrines de la sagesse, ornement des arts libéraux ^ élévation de sentiments , douceur de mceurs , tout cela est rassemblé dans Paris. » L'admiration était si grande qu'on regardait Paris comme la source de toute sagesse, comme Tarbre de vie, comme le « candélabre dans la maison du Seigneur ». On l'appelait « la reine des nations et le trésor des prin^ ces » . lies charmes de son séjour, Tabondance de toutes les choses nécessaires à la vie , le caractère hospitalier de ses habitants y attiraient et y encliaînaient les étrangers jusqu'à leur faire oublier leur patrie. De grands dignitaires de l'Église se trouvaient honorés du titre ou des fonctions de professeur à l'université de Paris ; plusieurs professeurs émërites, choisis dans ce corps savant, étaient élevés aux plus hauts postes de TÉglise; les papes eux-mêmes aimaient à attirer auprès d'eux ceux de ces hommes qui par leurs connaissances ou leurs vertus devenaient Toniement de rÉgUse.

Il serait impossible de préciser la date oii commença la

célébrité de ces écoles ; mais sous le successeur de Louis le Jeune on l'enommait déjà celle de la rue du Fouare, près

(Uit-ilM) LIVRE IV. CHAPITRE III. 22i

de Saint-Julien le Pauvre ^ au Petit-Pont ^ et celles de la Montagne Sainte-Geneviève. De nombreux libraires, dont Tindustrie donna son nom à l'une des rues de Paris, fournissaient , sous la direction des professeurs , les matériaux et les instruments de la science ; les fondations des rois et des princes pourvoyaient à l'entretien des étudiants pauvres ^ les franchises accordées par les rob, Thabitude de se réunir à certaines solennités religieuses maintenaient chez les élèves l'esprit de corps et Tunion intérieure, l^s règlements prescrivaient des vêtements décents, fixaient les leçons des professeurs , les exercices oraux des étudiants. Le matin, de bonne heure, les écoles se remplissaient; on commençait par la leçon <lu maître; l'après-midi se passait en discussions réciproques; venaient ensuite de nouvelles leçons et des conférences ; des répétitions terminaient la journée. Est-il nécessaire de dire que les élèves ne cédaient que trop souvent à d'autres séductions qu'à celles de la scieiu c , que le luxe les excitak »h la débauche , que leurs repas dégénéraient parfois en excès, et que, dans l'orgueil de leur instruction, ils dédaignaient les humbles bourgeois de Paris et se permettaient des actes d'agression et de licence qui amenaient de sanglantes querelles? C'est pourquoi , dans le récit des chroniqueurs contemporains , tout n'est pas enthousiasme et louange* « O Pârisl s'écrie l'un d'eux (i), à repaire de tous les vices, ô source de tout mal, 6 flèche d'enfer, comme tu blesses au cœur les jeunes gens dépourvus de raison ! » Nous ne parlons pas des écarts de l'intelligence vaniteuse qui , se croyant désormais en possession de la vérité et du flambeau des connaissances

(i) Pe{r. CeUens.j E|». IV, lo.

Page 1