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humaines y poussaient les orgueilleux dans les sentiers du sophisme et de Thérésie; les exemples des choies et des erreurs n alBigeaient que trop souvent la société chrétienne au sein de laquelle on cherchait à arborer le drapeau de la science (i),
(i) Un écrivaili contemporain, dont on a plusieurs fois ranté les pa» tienlcs recherches, a décrit Torganisation de l'université de Paris, au treizième siècle , en mettant en évidence les défaato et les ooDtradictioiii de cette institution célèbre. Voici ce passaget qui, sous une apparence de Umbomie, Q?est pas exempt de malice et rebliinDe qaklqoes vérités :
• Votre voisin, le roi d'Aragon, veot, avec son université de Saragosse» faire une étude générale , une université de Paris. 11 en demande les sla* tnts ; je lai eonseine de demander aussi les régents et les écoliers. « Mais que vous importe? me direz -vous; faites-moi connaître l'université de Paris, je la ferai connaître au roi d'Araf^on ; je ne veux t(ue cela ; car il ne veut }ias autre chose , car il %'eut seulement une université sur le modèle de celle de Paris. » Frère André , je vais le satisfaire» ou vous satisfaire.
> U faut d'abord que son université soit en partie ecclésiastique , eo œ que ses membres porteront nécessairement Thabit de derc, et en partie laïque^ en ce que ses membres ne seront plus nécewairement tenus « avoir la tonsure.
M 11 faut ensuite quMl la divise en quatre facultés : celle de théologie , oelle de décret ou dioit canon, celle de médecine, celle des arts. Vous voudrez saNoii [(ourquoi j'omets la iaculté de droit civil , anjourd'hui une des priucipales branches de renseignement public; je vous i^poq* drai que, si le roi d^ Aragon établissait à Saragosse cette faculté» son uni* versilé ne serait plus ^mme celle de Paris.
M II iautque la làcultédes arts, seulement chargée d'enseigner la givmmaire» la rhétorique et la philosophie, qui, dans la hiérarobie des sciences , est la dernière, <ioît la première. Il faut que les autres facultés obciâS'eul à son chcl, qu on appelle recteur; il faul qu'elles m })uissent l'dire; l'I taut qu'elle seule Telise. Ce n'est pas ti'ès-raisoiHiable , mais c'est comme a Paris.
« ïi faut que cette (îiculté des arts soit divisée en nations, que les tiens soient divisées en provinces, que les provinces soient divisées en royaumes. Ces divisions ne sont pas non plus très-bonnes ; mais je ne vous les donne que pour les divisions de Puniversîté de Paria.
(ill6.ila(0 UVEE IV, CHAPITRE III* 22i
Le douzième siècle avait produit saint Bernard et Ahér lard. Tout ce qu'il y avait de bons et de mauvais germes dam Tesprit humain fut remué pai* ces deux iioaimes d'un génie si rare et si différent : Tun, sublime, grand, vrai et
profond^ l'autre, liabile, adroit et fabciiiateur. La pensée
« n ùaii aussi que Taotorilé qui pourra faire arrêter les écoliers ne puiasa les juger et que Pautorité qui pourra les juger ne puisse les arrêter ;
« De pfais I que tous les édaliers et tous ks meoiiires de ItToiversfté, n'importe qu'ils aient des difTérends ou entre eux ou avec des habî-
Uûls de la ville, soient jugés d'après leurs privilèges ;
•» De plus , que la collection de ces privilèges i'urme uue iégUlatioo particulière (|ui les exemple delà législation générale.
« Pour que le roi d'Ai*agoa ait à Saragosse une véritable université do Paris y il est encore indispensable que la sienne s'empare d'un vaste ter* rain qui portera le nom de Pré auiL Clercs» où les écoliers se prétendront exclusivement maîtres, où ils insulteront, où ils maltraiteront ceux qui voudront contester leurs droils.
« Les écoliers devioiiteti outre se cuiiduire daus les rues de là ville à peu près comme dans le Pré aux Clercs.
• Le roi d'Aragon devra aussi trouver convenable que son université censure les actes du gouvernement, les actions des grands de l'État, les opinions du pape» la doctrine du clergé séculier et régulier.
# Il y aura encore plus de ressemblance si Tuniversité de Saragosse porte le titre de fille ainée des rois, si cette fille aînée est tracassîère, capricieuse, et si, lorsqu'on voudra loi parler raison, elle ne manque pas de faire suspendre les prédications, de faire l'or nui les églises, alin que le peuple mutiné reflue vers les hôtels des magistrats ou le palais des rois.
■ £nfin, et comme dernière condition , cette université sera tout à Ja fois si puissante que, dans certains temps, le pape, le roi lui fassent hOmbleroeét la oônr ; si faible que, dans d'autres temps, un simple déiégioé du pape puisse la réformer jusque dans ses institutions fondamentalea^. si pauvre quelle n'ait pas en propre b plus petite église pour ses offices , le plus petit édifice pour ses rimions, en sorte qu'elle soit obligée de tenir ses assemblées autour da, bénitiers des grandes églises et de déposer dans les couvents du voisinage ses coffres, ses arches et ses arcbives (*). • ' '
MonMl* 4Kil9<rf d^ Awiffllff, L I , p. m.
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suivit les deux routes qu'ils tracèrent. Pendant que leur parole occupa le siècle, d'autres savants^ littérateurs ou chroniqueurs^ prirent rang dans le mouvement moral ou intellectuel; tels furent Suger, Pierre Lombard, Otlion de Freisengen, et quelques autres.
Il existait alors une fouie de poètes populair. i cultivant la « gaie science ». Les troubadours, les trouvères, et avec eux les ménestrels ou jongleurs, foonaient une sorte de che*» Valérie errante littéraire; ils parcouraient les châteaux et les provinces, récitant leurs naïves ballades en s'accompagnantdela harpe. Partout, sur leur passage, ils étaient accueillis avec faveur, souvent avec enthousiasme. Jjcs événements contemporains, les belles actions des châtelains et la beauté des dames faisaient habituellement le texte de leurs poèmes.
La musique était encore à l'état d'enfance. Le chant grégorien ayant pris naissance vers la fin du sixième siè* cle, on employait comme signes les sept premières lettres de l'alphabet; mais cet usage avait cessé depuis plus de cinquante ans lorsque François, écolâtre de la cathédrale de Liège, publia, en 1086, le premier traité de musique à plusieurs parties. Guy d'Arezzo, moine de Pom* posie, près de ilavenne, avait inventé la gamme dont on se sert encore, moins le j»7, qui ne fut ajouté qu'au dix* septième siècle, ce qui compléta les cinq tons pleins et les * deux demi->tons dont la gamme diatonique se compose. L'orgue, ce prodigieux instruiiicul dont les effets secondent si bien les inspirations religieuses, était connu dès le huitième siècle et employé dans les églises.
Les troubadours, les trouvères et les ménestrels contribuèrent aux progrès de la musique en la répandant sur
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leur cliemin, dans les châteaux et dans les cours. Sauf de
rares exceptiousy les airs de cette époque étaient fort monotones, et les chants pleins de trivialité que nous entendons encore clans les campagnes peuvent seuls donner quelque idée de ce qu'était l'art musical au moyen âge.
11 y avait aussi des orgues portatives, et Ton employait mêmç dans les solennités de TÉglise des instruments à vent. On connaissait alors la guitare, la citole à cordes, la cithare ou lyre, la vielle, le cor, le flageolet, la flûte à bec, les tambours, les tambourins et les cornemuses. Quelquefois on donnait des espèces d'aubades, en disant entendre plusieurs de ces instruments réunis; mais comme les règles de 1 iiarmonie étaient encore inconnues, cette masse confuse de sons devait produire un effet qui de nos jours ne satisferait guère Foreille.
S»T. W PAMS. — T. I.
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