‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 30 sur 64 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

D'autres monuments s'étaient élevés, à la fiiyeur de k paix, qui n'étaient pas moins chers au peuple de la grande capitale. Sous le règne de Robert , et dans les premières années du onzième siècle, on reconstruisit la belle église de Saint-Germain le Rond^ qui , à dater de cette • époque, demeura désignée sous le vocable de Saint-Grermain l'Auxerrois* Cette église était Tune des principales paroisses de Paris ; au témoignage de l'idibé Lebeuf , un diplôme du roi Louis VI, de l'an 1 1 10, relatif à la voirie de révéque de Paris, sert à proiivei^ que les seigneuries de cet évêque , outre la censive dans la Cité, étaient celles de Saint-Germain, de Saint-Éloi, de Saint-Marcel, de SainuCloud et de Saint-Martin de Champeaux en Brie; il est évident que ce diplôme entend parler de Saint-Germain TAuxerroîs. L'abbé Lébeuf ajoute : « En descendant de siècle en siècle on remarque dans Thistoire de cette église tous les caractères de cette primauté qui la plaçait au-dessus des églises extra muros ; elle fut la première émanée de la cathédrale, et cet avantage, joint aux privilèges accordés à Févêque pour cette espèce de second siége^ contribua beaucoup à attirer autour de Saint-Germain l'Auxerrois de nombreux habitants. Sur ce tèiritoire on construisit peu à peu dé^ fours, des halles, des

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places marchandes. Alors s*ëlevèrent de nouvelles paroi$ses; beaucoup de terres labourées s'appelèrent du nom de cultures de Vévéque. »

Plusieurs historiens ayant afGrmé, en s'appuyant sur un passage mal interprété du moine de Fleury (Helgaud), que le roi Robert avait placé des moines à Saiat-Gei main TAuxerrois, le savant Lebeufréfute cette opinion. « C'est, dit-il, une idée sans fondement de croire que ce roi (Robert) mit des moiues à Saint-Germain; il est évident, par une charte de Walon, évêque de Paris, rapportant celle d Imbert, sonprédécesseur|deran io3o, qu elle était desservie par des chanoines sous le roi Robert. » Les auteurs de la Galliachristiana diseni^ il est vrai, qu'en 58 1 il existait quatre abbayes auxportes de Paris : Saint-Laurent à Test, Saiatt'-Gencviève au sud, Saint Germain des Pi es à Toiiest, et Saint-Germain T Auxerrois au nord ; mais cette dernière église était desservie par des chanoines de la cathédrale de Paris et non par des moines. Les mêmes chanoines, lorsque le quartier où est situé Saint-Germain TAuxerrois eut augmenté eu population, nommèrent un vicaire pour remplir sous leurs yeux lesfonctions du saint ministère. On ne sait pas bien à quelle époque cette église fut érigée en cure ; il est certain qu'on la désigna sous le nom de royale parce qu'elle avait été bâtie et reconstruite par des rots. (Nous ne tarderons pas à consacrer un chapitre spécial à Saint-<jermain-rAuxerrois.)

Sous Henri la chapelle de Sainte-Marine^ qui existait dans la Gté , fiit érigée en église paroissiale ; c'était la plus petite pai oisse de Paris j elle ne contenait qu'une douzaine de feux. Les murs extérieurs du bâtiment subsistent encore et ne vont que trop tôt disparaître sous le marteau des

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démolisseurs. Ils dépendent d ailleurs d'une propriété particulière et sont affectés à un atelier.

Sous le même roi on reconstrubit l'abbaye et Téglise de Saint-Martin des Champs, que les pirates avaient livrées aux flammes aux époques désastreuses des invasions. Le roi) dans le diplôme qu'il donna en 1060 au sujet de cette reconstruction, ditque, a iaisant rebâtir Téglise dévastée par la rage tyraniiiquedesINormands et depuis longtemps déserte, il lui donne une plus grande étendue qu'auparavant. » Henri plaça à Saint-Martin des chanoines réguliers, suivant la règle, dans la chapelle, qu'il gratifia de divers biens , « et de la terre ou culture que lui avaient cédée Ansoald et Miion Warin, située près de l'église. »

Henri l'' fat donc le second fondateur de l'église Saint- Martin; ses libéralités furent confirmées et augmentées par Philippe son fils, lorsqu'il en fit faire la dédicace, ainsi qu'il le déclare par sa charte de 1 067 . Dès cette même époque on nommait le monastère SaiiU^Marlin des Champs f ce qui indique sa situation hors de la ville, comme le prouvaient aussi ces mots , atUe urbis portam, du diplôme de 1060. Les maisons des vassaux du monastère formèrent peu à peu un village autour de l'église.

Les anciennes légendes racontent que saint Denis rassemblait les premiers fidèles dans ce lieu, alors éloigné de Paris, et qu'il excitait leur dévotion en plaçant sous leurs yeux une image de la Vierge Marie. Il est certain que, dès le huitième siècle, il existait au même emplacement une église dédiée sous le vocable de Notre- Dame.

Nous venons de rappeler que TégUse de Saint-Martin

était desservie par des chanoines ; sous Philippe P'', et

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dès 1079, on leur substitua des religieux de Cluny. On ignore les motifs de ce changement, mais tout porte à croire que les chanoines observaient mal la règle de leur ordre et avaient donné Heu à quelques plaintes : c'est ce qui semble résulter d'un passage des chroniques de Sainte Denis. Quoi qu'il en soit, la donation de Saint-Martin des Champs à Tordre .de Cluny fit perdre à l'église son premier titre d'abbaye; ce ne fut qu'un prieuré, qui devint le second de cet ordre. L'acte de 1079 fut ratifié en 1097 par une bulle du pape UrbainlI. Louis le Gros, en m etLouis4e Jeune, en 1187, confirmèrent aussi les pri villes et les possessions des religieux de Saint-Martiu. Les biens et les droits de cet ancien monastère sont tous détaillés dans cette dernière charte, qu'on appelle, par cette raism, la grande charte de Saint'Martin. Les bâtiments, la chapelle, les jardins et autres dépendances immédiates du prieuré étaient entourés d'une enceinte de murailles garnies de tourelles ; le prieur était seigneur haut justi* cier dans la juridiction de son abbaye.

L'enceinte se composait d'une haute muraille crénelée et flanquée de tours, que le prieur Hugues lY avait fait construire. Ce qui en reste de plus apparent est une tour ronde assez grosse, située siu la rue Saint-Martin, prè^ la rue du Yertbois, que les religieux cédèrent à la ville y en 17 12, pour qu^il y fût établi une fontaine qui esiiste encore. A la même époque ils substituèrent à leur muraille de clôture sur la rue Saint-Martin de grandes maisons de location. Ils détruisirent aussi Tentrée principale, rétablie en 1575 et décorée des statues des deux rois fondateurs; une grille de fer en prit la place.

L'église appartient à deux époques bien distinctes.

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nef^ grande et large» sans piliers et sans coUatéraux, percée

sui ses deux cotés de fenêtres ogivales à meneaux, couverte d'ime voûte en boiS| paraît avoir été rebâtie vers le milieu du treizième siècle. Le ehœur et Tabside, en» tourés de galeries collatérales et de cliapelles, nous semblent appartenir au douzième siècle. Il ne nous est pas possible de partager l'opinion de Tabbé Lebeuf, qui attribuait cette portion de Tédifice au temps de la première fondation , c'est-à-due au second tiers du onzième siècle^ ainsi que le portail quia été détruit par les religieux et le clocher qui subsiste en partie. La structure est ici fort singulière; on croit assister aux tâtonnement de l'ardiitecte, irrésolu entre Fogive et le plein cintre et cherchant des expédients pour raccorder les voûtes avec les piliers. Les ogives que nous voyons à Saint-Martin sont probablement les premières qu'on ait élevées à Paris. L'abside a la forme d'une vaste rotonde, et la chapelle terminale à peu près celle d'un trèfle. Des fragments de tombes, avec effigies de moines ou de prieurs, et des cercueils de pierre mutilés se rencontrent çà et là . Une Vierge sculptée en bois, œuvre du douzième siècle, qui était jadis en grande vénération à Saint*Martin, a été portée à Saint- Denis.

. Le réfectoire est un des chefs-d'œuvre du treizième

siècle, et sa beauté autorise suffisamment la tradition constante qui en fait honneur à Pierre de Montereau. Il se divise en huit travées dans sa longueur; une file de sept colonnes, d'tme élégance et d'une légèreté vraiment prodigieuses, le partage en deux nefs. Ce n'est plus le style embarrassé et bizarre du sanctuaire de 1 église^ mais bien un art en possession définitive de toutes ses ressources et

HlSTOiR£ DE PARIS, (ItOft-ilSO)

parfaitement sûr de lui-même. Le conducteur de l'œuvre, ayant habilement rejelë sur les murs et sur les piles externes Tefîort principal de ses voûtes, s*est trouvé maître de réduire à sa volonté le volume de ses colonnes médianes, sur lesquelles la charge n*agit plus que dans le sens vertical. On ne saurait trop admirer le noble caractère de cette architecture, Texécution merveilleuse des chapiteaux, des consoles et des clefs de voûte, les redents feuillages des roses qui sont percées au-dessous des fenêtres, la chaire du lecteur et son escalier à jour.

A l'autre extrémité de Paris, sur la rive gauche^ et fort au delà de Tenceinte et des faubourgs de la ville, on rencontrait Notre-Dame des Champs, dontrorigine remontait au huitième siècle. Vers la fin du règne de Hugues Capet elle était desservie par des mouies de Marmoutier; bientôt elle devint le chef-lieu d'un prieuré.

Les Bénédictins restèrent longtemps paisibles possesseurs du monastère ^ mais eu i6o4 il fut cédé aux Carmélites de la réforme de Sainte-Thérèse, nouvellement amenées à Paris par le cardinal de Bérulle. Lies religieuses reconstruirent les bâtiments d'habitation ; elles conservèrent cependant 1 église, tout en la faisant couvrir de peintures. C'était un édifice considérable du douzième siècle, sous lequel s'étendait une vaste crypte. I^e portail, dont le style ^accusait seulement le treizième siècle, présentait plusieurs grandes statues, saint Denis au trumeau , puis , dans les ébrasures, Moïse, Aaron, David ou Salomon, et trois autres personnages qui semblaient être des prophètes. Des croix encastrées dans les murs de la crypte attestaient que cette partie de l'église avait été Tobjet d'une dédicace particulière. I/église a disparu. Ou assure c^ue la

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crypte existe encore sous le sol de la rue qui met le Val-de-

Grâce en communication avec le jardin du Luxembourg. Il parait même qu'un second souterrain se trouverait audessous de celui-là, et Tabbë Lebeuf pensait que ce pouvait être quelque reste de sépulture gallo-romaine. Des fragments de tombeaux antiques et d'inscriptions se sont plus d'une fois trouves dans ce terroir.

Vers le même temps, en logS, Philippe l** reforma l'abbaye de Saint-Magloire, dont les religieux étaient tombés dans un grand dérèglement. £n 1107, de 'concert avecréveque Walon, il réduisit le monastère de Saint-Éloi en prieuré sous la dépendance de Tabbé Saint-Maur des Fossés, qui reçut ordre de le réformer.

Le règne de Louis le Gros fut signalé à Paris par la fondation d'un grand nombre d'étabblissements qui attestent à la fois et la sollicitude de ce prince pour les intérêts moraux et matériels de ses peuples, et la prospérité de plus en plus remarquable dont jouissait la capitale du royaume sous la tutelle des premiers Capétiens.

Vers Tan 1 108, l'année même de Tavénement de Louis le Gros, Guillaume de Champeaux, maître deTécole episcopale de Paris, se retira, avec plusieurs de ses disciples, dans une petite chapelle dédiée à Saint-Victor, et jeta les fondements d'une abbaye dont la célébrité fîit très-grande au moyen âge. Vaincu par Abailard dans les luttes de la philosophie et de l'éloquence, Guillaume de Ghampeaux , était venu à Saint-Victor chercher l'obscurité et l'oubli, mais il y porta la renommée dont n'avait pu le désliériter son rival et son élève. Ijcs bienfaits de Louis le Gros lui permirent de donner un vaste développement à la nouvelle abbaye. On possède une charte de ce prince, datée de

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1 1 13, par laquelle il déclare qu'il a voulu doter des chanoines réguliers dans l'église du bienheureux Victor. U leur donna cette année et les années suivantes des prébendes et desterresi et leur accorda même l 'église de Saint* Guénaut de Corbeil avec toutes ses dépendances. Matthieu de Montmorency, connétable de France, Etienne deSenlis, évéquede Paris^ les chanoines de Sainte-Geneviève du Mont, l'abbé de Moatlhëry conlnlmèrent par leurs libéraUtés à rétabUssement de la nouvelle abbaye* Le chapitre delà cathédrale de Paris lui donna, en 1 122, une ferme avec le labour de oent vingt arpents de terres, au territoire de Qievilly etd*Orly. Le roi fit encore d'autres libéralités au monastère et lui accorda le privilège de choisir un abbé sans recourir à son autorité, disposition qui fut confirmée par le pape Pascal II. Le premier abbé de Saint-Victor ne fut point Guillaume deChampeaux, qui refusa cet honneur ; ce fui Gilduiu ou Hilduin, un de ses disciples, confesseur de Louis le Gros.

Guillaume, cédant aux sollicitations d'Hildebert, évèque du Mans, reprit ses fonctions de maître public à Saint- Victor. Abailard accourut pour le poursuivre encore. U l'attaqua sur la fameuse question des uaiversaux, le força de s'avouer vaincu et de se rétracter. L'école de Saint-Victor n'en devint pas moins, sous Guillaume de Chaiiipeaux, célèbre dans toute l'Europe. Le maître passa bientôt pour un des premiers philosophes de son siècle. Toujours poursuivi dans sa réputation et dans son repos par Abailard, il ne put se défendre d'amers ressentiments, et les deux maîtres cherchèrent souvent à se décrier et à se nuire. Enfin Guillaume se retira et accepta l'évéché de Châlons* sur-Marne.

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L'abbaye de Saiut-Victor devint très-célèbre dès sa fondation. Sa règle était renommée pour sa rigueur, et cette se venté a'empêclia pas les études de devenir très-florissantes dans son école. La faveur dont elle jouissait, at* tirant les écoliers sur la rive gauche de la Seine, fut une des causes qui firent étabiu' en ce lieu , sur la montagne voisine de Saint-Victor, le siège de l'Université de Paris. L'abbaje conserva même toujours dans la suite ses relations avec les étudiants, car on voit que ceux-ci étaient dans l'usage de se confesser aux. chanoines de Saint-Victor et que le pénitencier de l'Université était toujours choisi parmi ces religieux. Henri de France, fils de Louis le Gros et abbé de Saint-Spire de G>rbeii j donna aux chanoines de Saint-Victor , vers Tan 1 1 46 , une prébende dans la même église de Saint-Spire, Il déclara , dans les lettres patentes qu'il fit expédier à ce sujet, que Louis le Gros, son père, avait eu plusieurs enfants inhumés à Saint-Victér. Cette circonstance n'est confirmée par aucun autre monumeiil historique.

L'abbaye de Saint-Victor et ses dépendances occupaient tout Tespace qui, de nos jours, s'étend entre le quai Saint- Bernard , la rue Saint- Victor, la rue des Fossés-Saint-Bernard et la rue Cuvier. Elle englobait le terrain sur lequel , en 557 , le roi Cliildebert avait fait construire un cirque pour les jeux publics.

Dans la congrégation de Saint-Victor se formèrent des hommes dont le nom est peu connu parce qu'ils n'ambitionnèrent pas la gloire des lettres , mais qui , animés d'une profonde piété et d'un grande ferveur pour leur règle , voulurent la propager en France. Ils parvinrent bientôt à la faire adopter par plusieurs maisons religieuses dont

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la réunion forma la Congrégation de Saint^Ficîor. Déjà au treizième siècle cette congrégation comptait quarante monastères ou corporations soumis à sa règle;

SainLe-Gtacviève de Paris était Tune des plus importantes.

La vie retirée et pénitente des chanoines de Saint-Victor, le mérite supérieur de plusieurs d'entre eux , tels que Hugues de Chani peaux, Hugues de Saint-Yictor, sur^» nommé le nouveau saint Augustin , de Richard de Saint- Victor et de plusieurs autres, établit une union parfaite entre Saint-Victor et Clairvaux. Saint Bernard entretint ces relations paternelles par ses lettres et même par ses visites , car, lorsque le saint abbé venait à Paris, il de* meurait à Saint- Victor, dans sa maison même. Ce fut dans un de ces voyages, et, à ce que Ton croit, en 1 147» qu'il laissa à Saint-Victor, sa coule ou cucule pour marque de son amitié. Les religieux lui remirent un autre vêtement semblable plus commode pour l'hiver et les voyages. Saint Thomas de Cantorbéry eut aussi beaucoup d'affection pour la maison de Saint-Victor, qu'il habita lorsqu'il vint à Paris. L'on conserva toujours avec grande vénération dans Tabbaye le calice de cet archevêque. Plusieurs personnages célèbres , tels que Maurice de Sully , Étienne de Seniis et Guillaume^d'Âuvergne, voulurent être inhumés dans ce monastère.

Sous le règne de François I*' on rebâtit le chœur et la nef de l'église de Saint-Victor; mais le clocher, quelques arcades des chapelles, la crypte et une partie du chapitre restèrent tels que les avait édifies Gilduin. Le grand cloître ap{>artenaitf sinon au douzième siècle, du moins aux pre?

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mières aimées du treizième. Un second cloître conduisait à la chapelle de Finfinnerie , remarquable par ses colonnades. Le dortoir, l'infirmerie et le réfectoire furent également reconstruits sous François I^.

Levieil, dans son Traité delà Peinture sur verre ^ nous £iit conndtre « cpie Tabbaye de Saint-Victor possédait

une suite de vilres peintes de différents siècles , peut-être unique et bien propre à éclairer le jugement sur Tétat de cet art. » Chargé , après son père , du soin de les entretenir, il en avait fait une étude particiili( re. Placés dans Téglise, dans les chapelles, dans le réfectoire^ ces vitraux, doQtplusieurspai aissaient admirables à Levieil, marquaient les progrès et la décadence de Tart, depuis le treizième

siècle jusqu au dix-septième.

Des auteurs anciens ont comparé le trésor de Saint-Victor à celui de Saint-Denis. Il contenait, entre autres objets rares et vénérables, ime croix d'or dont le travail était attribué à saint Éloi et qui avait appartenu à Louis VI ; l'anneau de saiat Léger, évêque d'Âutun; le ciliée, le peigne, les gants etla coiffe de saint Thomas de Gantorbéry; un vêtement de saint Bernard^ une quantité innombrable de châsses et de reliquaires.

Depuis le douzième siècle les chanoines de Saint- Victor n'avaient cessé d'enrichir leur bibliothèque^ aussi était-elle devenue une des plus importantes du royaume. Ils 1 ouvraient libéralement au public trois jours par semaine. Aujourd'hui l'abbaye a disparu tout entière, sans laisser le moindre vestige matériel de l'existence des constructions claustrales ; les ruines mêmes se sont effacées. Seulement, derrière une maison, près de la fontaine Cuvier, en face d'une des entrées du Jardin des

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