HISTOIRE DE PARIS. (11Ô
Plantes, on trouve quatre arceaux en ogive, du qutnzièine
siècle, qui faisaient partie d'une grange (i).
Sous Louis le Gros, Étienne Crarlande, archidiacre de Paris, doyen de Sainte-Croix et Saint-Agnan d'Orléans et chancelier de France, fit bâtir une petite chapelle dite de Saint-Agnan ; elle était située dans les dépendances du cloître Motre-Dame ^ près de la demeure du chancelier, et on y entrait par la rue de la G>loinbe. Pour la dotation de la chapelle, qui devait être desservie par deux chanoines de Notre-Dame, Étienne Garlande donna deux clos de vignes situés au bas de la montagne Satnte*Geneviève, un autre clos situé à Vitry, et, en outre, la maison qu il occupait dans le cloître . L'abbé Lebeuf parle de la chapelle Saint-Agnan. «£lle est, ditil, solidement bâtie en pierre; les arcades sont en demicercle sans pointe* Le pavé paraît avoir été exhaussé, les bases des piliers étant cachées en terre. On voit au vitrage du fond f qui est unique dans cette chapelle ^ la figure du
(i) «Où est la célèbre abbaye de Saiot- Victor ? se demande M. Nom dier. Qu'est devenue cette charmante église dont les contre*ne& étaient « si élégantes, dont les vitraux éUWDt si bnUants, dont les roses étaient « si capricieuses, doot le ehcenr surpassait tous les oomges du mime « genre en science et en dâicatesse? Qu'est devenu ce beau portail fermé m de trois pendentî& de pierre suspendus dans les airs, que nos vieux « auteurs appellent le chef-d'œuvre de l'architecture la plus gothique et « la plus hardie? Qu'a-t-on fait de ces pierr» monuuicutales du sanc- « tuaire qui couvraient la dépouille luorteUe de Maurice de Sully, d'É-
• tienne de Sentis, de Guillaume d'Auvergne, -et de tant d'autres évé» m ques de Paris? £t cette salle basse soutenue par des piliers antiques « dont les voûtes avaient résonné aux accents d^Abailard ? Et ces jardins
• immenses, couronnés de magnilUiues ombfages, soua iesqueb Santeml « évoquait le génie fiintasque et sublime qui lui inspira ses vers, qu'en « a-t-oii fait* Demandez à l'industrie! . . On en a fait l'Entrepôt d^ Vins, « qu'il ialiait faire sans doute, mais qu'on aurait pu faire ailleurs. »
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saint patron, avec son nom en capitales gothiques. » Un Ut dans h vie de saint Bernanl : « Le saint ^tant allé dans les écoles de Paris, qui étaient alors au cloître , après y avoir t»r6ché pour tâcher d'attirer quelques écoliers à la vie religieuse , il en sortit sans en avoir converti aucun. Un archidiacre Tayaut emmené dans sa maison, il se re« tira aussitôt dans la chapelle qui s'y trouvait et là se répandit en pleurs et eu gémissements. L'archidiacre, curieux d'en savoir la raison , questionna Rainaud , abbé de Foigny, qui accompagnait saint Bernard, et apprit que le sujet de sa douleur était la Crainte d^avoir offensé Dieu, car il attribuait à la colère de Dieu le peu de fruit qu'il avait retiré de son sermon. » Le savant Lebeuf , qui rapporte cet événement, pense que Tarchidiacre dont U est ici question n'était autre qu'Étienne Garlande lui-même. La chapelle de Saint-Âgnan a subsisté jusqu'en 1 795 ; à cette époque elle a été démolie et une maison particulière a été élevée sur son emplacement.
Dès la fin du onzième siècle existait une pauvre église qui portait le nom de Saint- Jacques; elle avait été construite pour l'usage des habitants du finibourg de' la rive droite de la Seine située aux abords du Grand -Pont, qui ne pouvaient durant là nuit aller solliciter les secours spirituels de, la cité, alors environnée de murailles. Nous ne tarderons pas à voir cette église, réédifiée sur de plus larges bases, prendre place parmi les beaux monuments du moyen âge et recevoir du peuple la dénomi- * nation de Saint-Jacques la Boucherie. Cédera le moment d'en parler plus au long et de la décrire. Vers le même temps, c'estÀ-dire sous lé règne de Loun le Jeune, on remarquait dans la rue Neuve-Motre-Dame une humble
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église, alors appelée Notre-Dame la Petite, et qui, dès le treizième siècle, fut dénommée Sainte-Geaeviève de$ Af' dents. Elle appartenait à l'abbaye de Sainte-Geneviève, i|uiy en laoa, la céda à Eudes de Sully, évéque de Paris.
A i 'avènement de Louis le Gros il existait entre Paris et Saint-Denis un hôpital de lépreux placé sous l'invocation de saint Lazare ou de saint Ladre, et en faveur desquels le roi établit la foire dite de Saint-Lazare. Adélaïde, reine de France et femme de Louis le Gros, fut la principale bienfaitrice de cet hôpital, et Guillaume deGarlande, sénéchal, fit à la même léproserie donation d'une partie de son clos de Garlande, situé à Paris. L'hôpital dont nous parlons n'était points d'ailleurs, un édifice régulier, mais
, un assemblage de chëtives cabanes. Odon de Deuil, moine de Saint-Denis, dit qu'en ii47i le mercredi ii juin, Louis V il venant prendre roriflamme à Saiut-Deiiis avant de partir pour la croisade, entra dans cette léproserie et visita les lépreux dans leurs cellules (officinas)^ accompa*
, gné seulement de deux personnes. Le roi fit quelques libéralité à cet établissement y et l'on voit, dans la charte qu'il donna à cette occasion, que les malades de Saint-Lazare avaient le droit de âdre choisir dans la cave du roi, à Paris, dix muids de viu par an, et qu'ensuite on leur donna tous les jours, en échange de ce droit, la pièce de bœuf royale, avec six pains et quelques bouteilles de vin.
foire qui avsiit été donnée à cet hôpital lors de sa fondation, et qu'oa appelait la foire Saint-Lazare, durait huit jours. Elle commençait le lendeanain de la féte de la Toussaint et se tenait sur le cliemin qui conduit de
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Pàris i Saint-Denis, entre le village de la Cliapelle et Paiis.Louis Vllajoutoeiicore à cette foire huiiaulres jours; mais son fils et son successeur, P I . Uippe-Auguste, l'acheU en II 85, pour accroître son fisc, et la transféra au lieu dit les Champeaux, où s'établirent ensuite les Halles ou le marché des Innocents. Philippe-Auguste donna en échange à Saint-Lazare la foire Saint^Laurent , On a conjecturéque, l abbaye de Saint-Laurent ayant été ruinée, et différentes circonstances n'ayant pas permis de la reconstruire , réveque de Paris y établit ou permit qu'on y établît une léproserie. Comme dans le moyen âge tous les établissements avaient un caractère religieux, et que, du reste, la léproserie avait une église particulière, saint I^zare ou saint Ladre, patron de cette chapelle, donna son nom à la lepi oserie ou maladrerie.
Plusieurs historiens ont pensé que ce fut alors un prieuré de Tordre de Saint-Augustin ; d'autres ont remarqué que, bien que les Frères et Sœurs qui desservaient l'hôpital Saint- Lazare reçussent le titre de veligiosi, cela ne signifiait pas qu'ils fussent religieux réguliers, un pareil nom ne daignant souvent qu'une société de personnes pieuses engagées dans l'état ecclésiastique ou vivant en communauté quoique séculiers. Cette observation est d'autant plus fondée que, bien que Saint-Lazare porte, dans certains actes, le titre de coupent^ et son chef celui de prieur y les noms de maison et de maître étaient employés le plus généralement. Le Parlement éuit si convaincu que Saint-Lazare n'était point une communauté religieuse que, dans deux différents arrêts, le maître de Saint-Lazare n'est qualifié (quoique cette maison fût administrée par des chanoines de Saint-Victor) que de prétendu prieur du soi-disant
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prieuré de Saint-Lazare. Dans les communautés régulières c'était le cliapitre qui nommait les chefs et les offî* ciers, ([ul ordonnât les visites, veillait sur radinînîstration temporelle et spirituelle et tenait la comptabilité ; à Saint- Lazare, au contraire, c'était l'évéque seul qui avait le droit de nommer le prieur, c*est-à-dire le chef tlela maison, et de le destituer, de visiter la léproserie, de &ire des règlements, de les changer, île réformer les abus, de se faire rendre les comptes, etc. Qn Ut dans le savant ouvrage intitulé Gallia christiana qu'en t 1 5o , T^ouis VII ayant ramené avec lui de la Terre-Sainte douze chevaliers iiospitaliers de Saint-Lazar, il leur donna un palais qu'il avait hors de la ville et la chapelle qui en dépendait, laquelle, à partir de cette époque, prit le nom de Saint«Lazare. Mais la maison de Saint-Lazare existait depuis quarante ans lors du retour de Louis le Jeune, et, si ce prince la donna aux chevaliers hospitaliers, ce n'est pas d'eux qu'elle prit son nom, puisqu'elle le portait auparavant. Cette léproserie avait dès les premiers temps une chapelle. On donna à l'une et à l'autre le nom de Saint' Lazare^ vulgairement appelé Saint^Ladre^ car la plus grande partie des établis* sements de ce genre étaient sous l'invocation de ce saint, et on les a confondus avec les hôpitaux, en les appelant maladeries ^ qui est le noiii de ces derniers, au lieu de maladreries^ qui ne convient qu'aux lieux oii l'on traitait des lépreux.
Louis V II iait mention dans plusieurs actes de la maison de Saint-Lazare, et notamment dans la charte de 1 164, relative à la iundation de la communauté religieuse de Grammont, au bois de Vincennes, dite les Bons-Hommes
de Vincennes, auxquels, d'après la charte, le cout^e/U