‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 32 sur 64 · I10M1M) LIVRE IV. CHAPITRE V. SO'J · texte numérisé non relu

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et le prieur de Saint-Lazare concédèrent le droit et l'usage qu'ils avaient dans cebuib (i).

£n 1 107 on érigea en paroisse la petite église Sainie^ Croix j située dans la Cité, rue de la Vieille-Draperie, sur un terrain dépendant de Saint- Éloi. Amsi qu'on l'a vu plus haut, Saint-Éloi était le titre d'une église et d'une abbaye Situées dans la Cité, Au douzième siècle cette même alv baye, qui prit le nom de prieuré, fut donnée à l'abbé de Saint-Maur les Fossés; on fit réserve des droits dont jouissait auparavant Tévêque de Paris sur cette maison, qui devait en outre fournir deux repas par au aux chanoines de Notre-Dame. Plus tard on abattit une partie du mo» nastère , qui tombait en ruines, et l'on y pratiqua la rue Saint-Eloi . Le chœur de i église forma celle deSaint-Martiai, et la nef fit place à une autre église, sur l'emplacement de laquelle fut depuis loi's bàtie celle des liai nabi les.

En II 76 on érigea en paroisse la chapelle de Saint' A icolasdes Cliamps, située sur celle de Samt-Martin ; déjà on avait reconstruit, au chevet de l'église Notre-Dame, Saint-Denis du Pas, qui ne portait encore que le titre d'oratoire. Après la démolition de Saint-Jean le Kond le cliapitre et le titre de cette paroisse passèrent à celle de Saint- Denis du Pas. cliapelle de Saint- Bont, située dans la rue de ce nom, appartenait à Tabbaye de Saint-Éloi, et, plus tard, à Saint-IVfaur les Fosses. Elle avait une tour construite au onzième siècle. Au témoignage deFabbéLe* beuf, la chapelle de Saint-Bont avait d'abord été dédiée sous l'invocation de Sainte-Colombe* « Saint Ouen, ditil, ayant orné le tombeau de sainte Colombe de Sens, à

(1) Voir M. de Gaule, Hist, de Paris, l. P' , p. 418, 419.

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pu porter des reliques de la sainte quand il vint à Paris, auisi que celles d'un saint Baldus mort à Sens lors des ravages des Normands. Ces reliques fiiieot mises ensuite dans Tabbaye de Saint»Pierre des Fossés, dont les religieux, ne rapportèrent ensuite que les reliques de saint Baldus à la chapelle de Sainte-Colombe , qui changea de nom loi squ'elle fut rebâtie comme dépendance de Saint-Éloi. Ce saint est le même que celui de Sens, dont Je prieuré célébrait k fete sans faire aucune mention de saint Bonit ou Bonet, évêque de Germont, et c'est dans les titres civils que les notaires, au lieu d'appeler celte chapelle Sanctus Baldus^ voyant que dans la langue vulgaire on disait Saini^BorU, ont rendu ce nom en latin par Bonitus; ce qui fut t ause que dans les derniers temps on oublia le saint Baldus de Sens pour honorer saint Bonet de Clermont. » Cette conjecture est peut-être plus spécieuse que fondée. Quoi qu'il en soit, à l'exception de la tour que nous avons mentionnée, la chapelle de Saint- Bout était d'une architecture lourde et grossière. Démoli en 1793, cet édifice religieux a fait place d'abord à un corps de garde et plus tard à une maison particulière. Lorsque l'abbaye de Saint-Éloi eut été donnée, en 1 107, à l'abbé de Saint-Maur les Fossés, sa suppression donna lieu à l'érection de plusieurs paroisses sur son territoire; de ce nombre fut la petite église de Saint'^Pi'erre aux Bœufs* £lle était située dans la rue du même nom, qui vient d'être remplacée par une autre rue plus large et plus régulière, la rue d'Arcole.

L'épor|;H précise de la construction de Saint-Pierre aux Bœufs n'est pas connue, mais il . faut certainement la placer entre les années 1 107 et 1 136. A cette dernière <late

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elle est uommée pour la première fois dans une bulle d'Innocent II. Suivant Topinion la plus répandue, cette église a été autrefois la paroisse des bouchers de la Cité ou le centre de leur confrérie. C'est ainsi qu'on explique et le surnom qu'elle portait et les deux létes de bœuis t^ui étaient autrefois sculptées sur son portail .

Suppriméeen 1790, Féglise de Saint-Pierre aux Bœufs a a été démolie qu'eu iS^'jf lorsque Ton procéda à l'aligue* ment de la rue d'Arcole. On eut soin de ne point détruire le portail, qui était remarquable pai* l'élégauce de sou arcliitecture. Les pierres furent numérotées et enlevées avec précaution, et ce curieux spécimen de Tart chrélien au treizième siècle fut placé à l'entrée de l'église Saint-Sévérin, avec laquelle il fait corps. La maison de la rue d'Aréole , n^ i5, qui a remplacé Saïut-Pierre aux Bœuis, porte sur sa façade cette inscription : <c Sur cet emplacement était autrefois l'église de Saint-Pierre aux Bœufs, dont on ignore l'origine, mais qui existait dé)à en 1 136. Démolie en 1837, JiLarue d Arcole, ouverte sur les débris de tant de chapelles et d'oratoires du moyen âge, ne tardera pas à son tour à disparaître, en exécution d'une pensée évidemment stratégique, laquelle tend à ne laisser subsister dans la Cité que des monuments publics, des palais, des églises, et des citadelles modestement désignées sous le nom de casernes. A chaque siècle son œuvre.

Vers la fiu du règne de Louis le Gros il existait, à l'angle septentrional de la rue des Francs-Bourgeois, une chapelle dédiée sous le vocable de Saint-Martin et qui appartenait au chapitre de Saint-Marcel; elle servait à l'usage des chanoines et ne fut érigée en cure que sous le rè^ne de Giarles VU. Sous le règne de

3iO HISTOIRE DE PARIS ^ (1108-1180)

Louis le Jeune on construisit , dans le bourg de Saint- Médard, situé au sud de Paris, une église paroissiale dont la circonscription embrassait les clos du Chardonnet, du Breuil, de Copeau, de Gratard, des Saussayes et de la Cendrée. Nonobstant l'étendue de ce territoire, c'était une église très-pauvre et qui n'avait rien de monumental, rien qui attirât les regards. Non loin de là, vers la Blèvrc, une chapelle, placée sous Tinvocation de saint Hippoly te, fut élevée au rang d'église curiale à une époque qui ne remonte pas au delà de ii 5o. Elle dépendait du ciiapitre de Saint-Marcel. Le même chapitre nommait également, durant le onzième et le douzième siècle, à la cure de Sainl-Hilairc , église paroissiale aujourd'hui détruite et qui a laissé peu de souvenirs.

En II 7 1 l'hôpital de Saint-Gervais ou la maison des Hospitalières de Saint- Anastase fut fondé par un maçon nommé Warin ( Garin ) et par son fils Harchtîi , prêtre; tous deux, émus de pitié ^ dit Malingre, consacrèrent leur propre maison , située au parvis Saînt-Gervais, à donner l'hospitalité aux pauvres passants. Robert, comte de Dreux, frère de IjOuis YII, favorisa cette pieuse fondation en faisant l'abandon du cens qui lui était du sur la maison de Garin , et le pape Alexandre III la confirma par une bulle sans date qu on croit être de 1179. Une autre bulle de Nicolas IV , du lo septembre 1190, plaça l'hôpital Saint-Gervais sous la protection du Saint-Siège.

C'est également au règne de Louis le Jeune et à l'an 1147 que remonte la fondation d'une école fondée à Paris en vue de servir à rinstruction des jeunes Danois; on l'appelait collège de Dace (Dacie, Danemark), et eiic était dirigée par les chanoines de Sainte-Geneviève.

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Ce collège, situé d'abord rue Sainte-Geneviève, fut plus tard établi dans la rue Garlaade.

Sous le règne de Louis le Jeune et aux abords du Pontau-Ghange existait le grand Gliàtelet , citadelle qui protégeait Paris^ et dont l'origitte, fort controversée, ne saurait être bien clairement établie. Une charte du douzième siècle en fait mention, et Ton sait également que le prévôt de Paris résidait dans cette forteresse. Nous eu parlerons de nouveau en continuant notre récit , et pour mentionner les agrandissements successifs , les reconstructions diver* ses du Cliatelet^ aussi bien que la juridiction et les attributions du magistrat qui y rendait la justice.

L'opinion qui attribue la construction du grand Gliàtelet à César est dénuée de toute preuve. Cdrrozet dit qu'il fut fonde par J ulicn ou quelques-uns des princes qui lui succédèrent. Malingre, le commissaire Delamare, dans ^ son Traité de la Police^ et d*autres historiens de Paris en font honneur à César, a Lie nom de chambre de César ^ dit Delamai*e, qui a demeuré à Tune des chambres du Châtelet, et l'inscription tributuni Cœsaris , gravée sous une arcade , et qui subsistait encore à la fin du seizième siècle, ne laissent aucun lieu de douter que cette forteresse ait été bâtie ou par les ordres de ce prince , ou sous le règne de quelqu^un des premiers C^rs. » Un autre annaliste parisien, Jaiiiot| nous semble se rapprocher davantage de la vérité à ce sujet. « On n'a peut-être eu en vue , dit-il , en donnant ce nom ( tributuni Cœsaris ) à une chambre, et en le gravant sur la porte d'un bureau, que d'indiquer le droit du prince à qui le tribut étoit tlù et le lieu ou il se percevoit^ suivant le précepte de rÉvangile : Rendez à César ce qui appartient à César > Ce tribut des Parisiens

3l2 HISTOIRE DE PARIS. (lUâ 1180}

pouvoit et deyoît être per<;ii , à Feutrée de la ville et de

la Cité, sur les marciiaudises qui arrivoieut par eau en cet endroit, d'oîi plusieurs auteurs l'ont nommé mal à propos Vjépporl de Paris. Le Parloir aux bourgeois ou la jundiction de la ville y ëtoit situé, et ces deux circonstances suffirent puui autoriser la dénomination de chambre de César et rinscription triùutum Cœsaris, j» Quoi qu'il en soit^ on ne trouve rien de certain sur Texistence de cet édifice avant le douzième siècle. Il est possible qu'il eût remplacé quel* «pie monument moins considérable des deux premières dy* uasties, et particuliéronient l un de ces ouvrages de guerre que les comtes de Paris avaient élevés pour mettre la capitale du royaume à 1 aJjri de sinc ursioiis des Normands.

Une charte de Louis le Jeune fait donation à l'abbaye de Montmartre de la place des Pécheurs, située entre la maison des bouchers et le Cliàtelet du roi ( inter domuni camificium et régis casteïlucium'). Ces derniers mots ont été appliqués au Cliâtelet construit sur la rive droite de la Seine, aux abords du pont principal de Paris, et qui, formé de poutres et de solives, sous les deux premières races, aurait été réédifié plus solidement sous Louis VU. On as* sure qu'à dater de ce mcine roi le prévôt de Paris y avait établi sa demeure et son tribunal. Sur Tautre rive du fleuve , et à l'extrémité méridionale du Petit-Pont , se trouvait alors une autre forteresse de très-médiocre dimension et qui protégeait les abords de Paris du côté de TUni* versitc; c'était le petit Cliâtelet, où l'on percevait uu pâlge au profit de la ville.

Ainsi (ju'ou Ta vu plus haut, il existait à Paris une corporation de marchands dont l'origine est inconnue, mais qiri remontait à une époque antérieure à la domi-

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nation romaine ; elle était administrée par des officiers civils qui portaient le titre ôiéchevim. Au temps des Césars on donnait aux membi*es de cette corporation la dénomination de Nantes parisiens , et , au douzième siècle , nous les retrouvons groupés sous le nom collectif de hanse pU" risienne. Plus récemment , et à la suite de transformations que nous mentionnerons à leur date , cette corporation devint le corps municipal de la ville. Louis le Gros, en I T2 1 , et Louis le Jeune, en i i4i et ii 70, accordèrent à la Hanse desdroits et des privilèges spéciaux ( i ) . L'impor--

(i) Eq 1121 Louis le Gros remet par ordonnaDce» aux marchands

de Teau de Paris, un impôt de soixante sous établi sur chaque bateau di; vin amené a Paris. Cet impôt s'aypelail droit de chevretagc. Cette ordonnaDce fait mention des marchands de Tcau comme d'une compagnie bien établie ; on voit yax son texte qu'elle vise un fait préexistant, qui n'a pas besoin d*étre rappelé. Elle est pour nous le lien qui rattache les nautes du jioozîème siècle aux nautes existant dès le règne de Tibère . En xi34f parait une autre ordonnance de Louis le Gros, non moins significative : elle concède aux bourgeois de Paris la faculté d'arrêter eux-mêmes ceux de leurs débiteurs qui niaient leurs dettes.

« Sravoir Taisons a tous, présents et avenir, dît cette ordonnance, que nous oriion lions et accordons à tous nos bourgeois de Paris {burgcnsibiix nostris Parisiensibus) qu'au cas que leurs débiteurs pour dettes» qui le pourront prouver légitimement, si elles* sont déniées, ne les paient pas aux termes que lesdits bourgeois leur auront donnés , pourront lesdits prendre des biens de leurs débiteurs, qui seront nos justiciables» partout et de quehfue manière que ce soit, jusqu'à concurrence de ce qui leur sera dû, de sorte qu^ils soient payés en entier. Voulons que lesdits bourgeois s'aident les uns aux autres à TefFet des présentes; voulons que notre prévôt de Paris et tous nos serments de Paris prêtent la main auxdits bourgeois pour les tnire joun- fie \\\ pi e^entc grâce. » Enfin, en 1170, Louis le Jeune rend une ordonnance qui est ainsi conçue : » Accordons à DOS citoyens de Paris hi confirmation des coutumes qu'ils avoient au temps de Louis VI, notre père ; ces coutumes sont telles de toute em* «ùmteié : personne ne peut amener de la nurchandise par eau à Paris s'il n'est Pariaîeii ou »M1 n'a pour assodé de son commerce quelque Pa*

3l4 HISTOIiLE DE PARIS. <110a-118«}

tance du corps des Nautes ou de la liaiise n avait jamab été révoquée en doute. Dans le principe tout le commerce des Parisiens s'était fait par le fleuve , et les marcliandises avaient été transportées par eau plus sûrement qu Viles n'auraient pu Têtre sur des chemins mal entretenus, fangeux, à peu près impraticables et toujours infestés de brigands. Le commerce par eau se faisait , au contraire, avec promptitude, sans obstacles, et les rois ne cessaient de le favoriser ou de lui concéder des prérogai i vos dont TefTet fut, à la longue, de faire des niarcliarids ou de la Hanse parisienne une magistrature municipale qu'on trouvera plus d'une fois associée aux grands événements politiques et aux révolutions nationales.

En attendant, les édits royaux avaient constitué, en

veurde la Hanse, le monopole du couunerce de la Seine, privilège excessif qui soulevait les réclamations des cités riveraines , mais qui, sous le nigine féodal , n'était qu'un Ëiit normal. Un écrivain moderne, M. Depping,

riflien marchand de Teau. » Puis Tordoniiance ajoute qu'en casde oontraveotion il est prononcé une amende dont la moitié appartient au roi , la moitié aux Parisiens marchands de Peau. Les mardiands de Teau qui percevaient une moitié des amendes prononcées pour les contraventions à leurs privilèges ne les appliquaient certes pas à leurpi olil; leur emploi était fait dans l'intérêt de la ville, pour l'entretien Heses ports, de ses ponts, pour la MU \eiliance de la navigation ; elles constituaient donc un revenu municipal qui devait être administré par le corps de ville.

Ainsi les privilèges des marchands de Teau sont de toute ancienneté : Louis le Jeune nous le dit formellement dans sou ordonnance ; mais , , quoique de toute ancienneté, ils étaient parfois sujets à contestation, et c^est p ur les raffermir que cette ordonnance fut rendue.

L'histoire du droit municipal de Paris est très-étroitement liée à Thistoire des nautes ou marchands de Peau ; ils ont formé longtemps la plus riche et la plus puissante association marchande de Paris, et leur influence a été telle qu'ils ont attiré à eux Tadministration municipale.

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entre à cet ëgard daos quelques cousidératioas que nous devons reproduire.

« On aurait tort, dit-il, de regarder l'exemple de la Hanse comme isolé , et sa rigueur comme la seule entrave à la navigation de la Seine. Ce que faisait la bourgeoisie parisienne en grand, chaque petit seigneur dont le château fort dominait le cours de la Seine le faisait en détail. Avant de pouvoir arriver de la Bourgogne jusqu'à Uarfleur, une cargaison était mise à contribution par une dizaine de seigneurs et de communes bourgeoises , tous empressés de prélever un tribut sur les denrées et marchandises ou de leur refuser le passage. A peu de distance de Paris le seigneur de Maisons commençait cette série de contributions auxquelles le bateau, en descendant la Seine, était assu jetti, et la ville de Rouen n'était pas la moins exigeante. Maitresse de la grande navigation de la Seine, s'interposant entre la Bourgogne et la Normandie , la Hanse de Paris était plus puissante que toutes les autres villes situées sur le fleuve et que tous les seigneurs ayant donjon sur ses bords. Elle empêchait les Normands d'envoyer directement le sel et la marée dans la haute Seine , et les Bourguignons d'expédier sans intermédiaire leurs vins et leurs bois dans la basse Seine et à la mer. Il lui était facile de s'arranger avec les seigneurs des ciiâteaux forts sur la rivière ; car ceux-ci ne pouvaient avoir d'autre désir que de tirer un peu plus d'argent du passage des bateaux. En promettant au seigneur de Poissy, qui possédait Maisoiifr-sur^ine , douze deniers par tonneau de vin et deux setiers de cette • boisson à prendre sur le premier tonneau , ils contentèrent ce seigneur et s'assurèrent la liberté du passage devant son castel féodal. Mais il n'était pas si facile d apaiser la bour-

3l6 HISTOIRE DE PARIS* (ltit*lllt

geoi&ie marchande de& villes situées sur la Seme^qui, trouvant ses intérêts lésës par les prétentions des Parisiens, se plaignit vivement des entraves mises à la navigation par la Hanse parisienne et essaya de temps en temps de secouer le joug onéreux imposé par cette compagnie au commerce fluvial. La Bourgogne d'une part et la Notrmandie de 1 luiUe réclamèrent contre le prétendu privilège de la Hanse; mais ce fut en vain.

<i La ville d^Auxerre voulut user de représailles en empêchant les marchands parisiens de mettre a terre , dans cette ville, les cargaisons de sel qu'envoyait la Normandie; mais la Hanse parisienne en appela au roi , et TornodoriLs^ comte d'Auzerre , fut obligé décéder devant Tinterventioii royale. »

Le commerce de la Hanse avait lieu sur le port de la

Grève, qu'elle avait acheté en Ii4i et qui était indiqué par une rangée de pieux; un peu plus tard on établit un nouveau port vis-à-*vis l'école Saint-Germain , au lieu appelé de nos jours quai de TÉcole. Un autre port , celui de Saint-Landry , servait aux approvisionnements de la Cité; sur la rive gauche, aux abords du Petit-Pont, non loin de Tendroit où s'élève aujourd'hui la fontaine Saint-Michel, il existait un petit port dont le commerce était principalement aifecté aux besoins du quartier de l'Université.

Vers les premières années du règne de Louis le Jeune on avait fondé à Paris une maison de Tordre du Temple , et les chevaliers de cet institut , avant l'année 1 147 » tinrent une assemblée où ils assistèrent au nombre de plus de cent trente. Ils possédaient un couvent près de Saint« Gervais et ne tardèrent pas à transférer leur principal

(IM-UM) LIYBB IV. CHAPITRE V. 3l^

établissement dans le lieu oit a subsisté jusqu'à nos jours

respèce de forteresse qui portait le nom de tour du Temple.

Nous en parlerons au furet à mesure que se déroulera notre

récit. A la même époque les Hospitaliers de Saiut-Jean de Jérusalem, depuis nommés chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte, avaient à Paris une maison fondée, dit-on j en Tan i i3o, mais dont il n'est fait mention authentique que dans une charte de 1 1 7 1 . Cette maison était étabUe dans le vaste vignoble alors appelé clos firuneau. Nous aurons également occasion de mentionner ses agrandissements successife; en ce moment nous avons à raconter

3l8 HISTOIBE DE PAAIS. tkM-Um)

en peu de mots les tiaasfarmalioiis inattendues de Paris SOUS' Philippe-Auguste, qui (al Gomme le second fonda* teur de cette illustre capitale.

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