CHAPITRE PREMIER
Philippe il, qui tint de l'admualion de son siècle le samomà* jéugtiste{i)j était à peine âgé de quinze ans lorsqu'il succéda a sou père. Lejeuuc pruice, à son aveucment, fut placé sous la tutelle du comte de Flandre et sous la conduite de Clément de Metz, maréchal de France. Il épousa Isabelle de Ilainaut, et cette pnacessey issue du malheureux Cliarles de Lorraine, apporta pour dot à sou époux la ville d'Amieus et des droits qui assuièrent à Philippe la Flandre méridionale (l'Artois), le Valois et le Verniaadois. Ces acquisitions successives donnèrent au royaume la ligne de la Somme pour barrière
Philippe- Auguste publia de sévères édits contre les juifs; il les chassa de son royaume, coniisqua leurs immeubles, et leur enjoignit de vendre leurs meubles dans un court délai. Ces mesures rigoureuses n oblnuent pas Tassentiment de tout le clergé,
(t) Ce sarnom ne lui fut donné qu'après sa mort; on Tappela à sa naissance Dieudoimé,
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n II y avait alors, dit le chroniqueur Rigord, un grand
nombre de juifs qui demeuraient en Fraïuc Depuis bien des années la libéralité des Français et la longue paix du royaume les y avaient attirés en foule de toutes les parties du monde. Ils avaient entendu vanter la valeur de nos rois contre leurs ennemis et leur douceur envers leurs sujets. Donc^ sur la foi de la renommée, quelques-uns cl entre les juifs qui, par leur âge et leur science des lois de Moïse, méritaient de porter le titre de docleurs, vinrent à Pai*is. Après un assez long séjour, ils se trouvaient tellement enricliis qu'ils s'étaient approprié près de ia nioitic de la ville, et qu'au mépris des volontés de Dieu et de la règle ecclésiastique ils avaient dans leurs maisons un grand nombre de serviteurs et de servantes nés dans la foi chré» tienne, mais qui s'écartaient ouvertement des lois de Jésus* Christ pour judaiser avec les juifs ; et comme le Seigneur avait dit, par la bouche de Moïse^ dans le Deutéronome : it Tu ne prêteras pas à usure à toii frère, niais à l eli'anger, » les juifs, comprenant méchamment tous les chrétiens sous le nom d'étrangers, leur pri^taientde l'argent à usure. Bientôt, dans les bourgs, dans les faubourgs etdausles villes, chevaliers, paysans, bourgeois, tous fijrent tellement ac* cables de dettes qu'ils se virent souvent, le^ uns expropriés de leurs biens, les autres gardés sur parole dans les maisons des juifs de Paris et détenus comme en prison.
« Pour comble de profanation, toutes les fois que des vases ecclésiastiques consacrés à Dieu, comme des calices ou des croix d*or et d'argent, portant l'image de Notre- Seigneur crucifie, avaient été déposés entre leurs mains par les églises^ à titre de caution, dans des moments d'une
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nécessité pressante, ces impies les traitaient avec si peu de
l'espect qu'ils dounoient à leurs en&ntSy pour tremper des gâteaux dans le vin et paur boire avec eux, ces précieux vases destinés à recevoir le corps et le sang de Jésus.
« Philippe, roi très-chrétien, étant informé de tout cela, fui ému de pitié; il consulta un ermite nommé Bernard, saint homme et bon religieux, qui vivoitdans le bois de Vincennes* Ce fîit d'après son conseil que le roi libéra tous les chrétiens de son royaume des dettes qu'ils a voient contractées envers les Juifis, à Texception d'un cinquième, qu'il se réserva.
« Comme les jui& craigndent alors que les officiers éa roi ne vinssent {builler leurs maisons, un d entre eux, qui demeurait à Paris, et qui avoit reçu en nantissement (|uelques meubles d^église, tels qu'une croix d*or enrichie - * de pierreries, un livre d'évangile orné avec un art infini des pierres les plus précieuses , quelques coupes d'argent, cacha tout cela dans un sac et le jeta, le sacrilège ! au fond, d'une fosse. Bientôt une révélation l'apprit aux chrétiens, qui trouvèrent ces précieux meubles gisants en cet endroit. Aussi, après avoir payé au roi, leur seigneur, le cinquième de la dettCj ils allèrent, pleins de joie, reporter en pompe ces ornements sacrés à Téglise qui les avoit engagés.
<c Ët ce fut ainsi que, giàce à Tédit du roi, tous les chrétiens du royaume de France se trouvèrent à jamais
libres des dettes qu'ils avoient contractées envers les juifs, n
Les Israélites eussent été fort heureux si la persécution se fut arrêtée là. Privés de tout recours contre leurs nonibi eux débiteurs et jetés en prison par lés ordres de