HfSTOIRI£ DE PARIS
€ dont elle fabrique ses armes. » Venant au sujet de la bulle , le pape donne ces règlements :
« Le clianœlier de TÉglise deParis, entrant en charge,
« jurera devant Té vcque, eupi ésence dedeuxdocteui spour « l'Université, qu*U ne donnera la licence de régenter en « théologie et en décret qu'à des hommes dignes, sansac- « ceptioD de personnes ni de nations^et, avant que de don- «c ner la licence; il s'informera soigneusement des mœurs, « de la doctrine et du talent de celui qui la demande
<t L'évéque de Paris, en réprimant les désordres , aura «( égard à Thonneur des écoliers, eu sorte que les £siutes « ne demeurent pas impunies et qu'on ne prenne pas les « innocents à l'occasion des coupables. I^s écoliers ue sec ront point emprisonnés pour dettes, et 1 evéque n'ezi.
gcra point d amende pour lever les censures Nous
.« défendons expressément aux écoliers de mardier armés « par la ville, et a TUniversité de soutenir ceux qui Uou- « blent la paix et Tétude. »>
Vers le même temps les habitants d'Orly et de Châtenay (banlieue de Paris), serfs du Cliapitre de la catliédrale, n'ayant pu ou n'ayant pas voulu acquitter quelques tailles imposées par leurs seigneurs , les chanoines firent saisir tous les hommes adultes du pays par des archers et les jetèrent dans leur prison seigneuriale, située près du cloître Notre-Dame. Là ces malheureux prisonniers fii* rent si durement traités qu'on les laissait même manquer de nouriture; au bout de quelques jours plusieurs d'entre eux étaient en danger d'y mourir de misère et de faim. On se plaignit à la reine, qui fut émue de pitié. £lle envoya en toute humilité , dît l'historien , prier les chanoines de vouloir bien , à sa considération , délivrer ces
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paysans SOUS caution, les assurant qu'elle aurait ^oin de s'informer de rafïaire et leur ferait raison de tout ce qu'ils demandaient. Les chanoines répondirent que la reine n'avait point à s occuper de leurs sujets^ qu'ils pouvaient les cliâtier comme il leur plaisait. Poussant plus loin l'esprit de résistance et d'oppositiou, ils iircut encore emprisonuer les femmes et les enfants de ces mêmes villages , et ils les maltraitaient si fort que plusieurs en moururent, partie de chagrin, partie de la presse et de la chaleur qu'ils souf*fraient dans la prison.
La reine fut touchée d'une extrême compassion de voir le peuple traité avec tant crnihunianilé par ceux qui le devaient soulager et protéger. Elle manda la noblesse et les bourgeois de Paris, leur ordonna de prendre les armes , et les mena à la maison du Cliapitre où était la prison. £lle leur éommanda d'en enfoncer les portes, et, aEn qu'ils n'ap. préhendassent pomt les censures ecclésiastiques, elle donna le premier coup avec un bâton qu'elle tenait à la main. Les autres continuèrent^ et, la prison ayant aussitôt été ouvertCi il en sortit un grand nombre d'hommes, de femmes et d'enfants, qui se jetèrent aux pieds de la reine et lui demandèrent sa protection.
Elle n'avait garde de la leur refuser, et, saisie d'indignation contre le Chapitre, elle fit saisir tous ses revenus jusqu'à ce qu'il lui eût fait satisfaction. Elle l'obligea aussi à affranchir ses paysans pour une somme d'argent qu'ils devaient payer tous les ans.
Peu de temps après que se fut apaisée l'émotiou causée par cet incident, Regnauldou Benaud de Corbeil, racemment nommé évéque de Paris, fit son entrée dans cette ville. « Il étoit porté, dit Félibien, par quatre seigneurs
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feudataires de son église , savoir : le châtelain du Louvre, Barthélémy de Condrey, Guy Le Loup^ rèprésentant le ra,
et le seigneur de Gievreuse,: représentant le comte de Bar, qui s'éloit excusé par lettre. .Dmu la suite les quatre barons de France destinés à cette fonction ont esté les baross deMaey, deMaugeron, de Chevreuse etde Luzarches. Celui de Moatmorency étoit l'un des quatre avant rérection de sa terre en duché. Lorsque le nouvel évêque vouloit faire son entrée , il alloit la veille coucher à Saint- Victor et se rendoit le lendemain matin devant le portail de Sainte-Geneviève , où il étoit reçu par Tabbé et ses religieux, qui l'introduisoient dans leur église. 11 prenoit là ses ornements pontificaux ; Fabbé pronoiicoit une prière pour lui, on chantoit le Te Deum; puis quatre religieux le transportoient dans sa chaise jusqu'aux portes de Téglise , où ils le remeUoient aux quatre barons. Ceux-ci , précédés de Tabbé et de ses reUgieux, portoient l'évêque jusque dans la nie Neuve-Notre-Dame, devant Sainte-Geneviève des Ardents , où se trouvoient le doyen et le Chapitre assemblés pour introduire le prélat dans la cathédrale, après lui avoir &it, suivant la coutume, prêter sur les saints Evangiles le serment de conserver les privilèges, exemptions et immunités de TEglise de Paris ^ et aussi les concordats faits entre ses prédécesseurs et le Chapitre. Le nouvel évêque étoit obligé de donner à chacun des quatre religieux de Saiute^^eneviève qui Tavoient porté une pièce ou jeton d'or à sa inarque ou à ses armes. Le prévôt des mardiands et les échevins assistoient d'ordinaire à cette cérémouie, avec les cours et les autres principales compagnies de Paris, qui étoient ensuite régalées dans les salles de l'évêché. »