HISTOIRE DE PARIS. (1226-1S7I
supérieure. L'édifice ne reposait que sur de faibles coloimes
vX n'étaiL soutenu d aucuii pilier dans l'œuvre. Les voûtes étaienten croix d*ogive$, et d'une telle solidité qu'elles résistèrent à nu violent incendie qui éclata le 26 juillet i638, vers quatre heures de l'après-midi, par l'imprudence des plombîers, occupésà faire quelques réparations; mais le comble et le ciociier de la Sainte-CliapcUe furent entièrement détruits , malgré les secours les plus prompts. Le dommage fut réparé aux dépens du roi* Ou construisit al ors sur les voûtes un réservoir d'environ quatre-vingts muids, qui se j'euipiissait des eaux du ciel. Le clocher qui fut élevé en remplacement de celui qu'avait détruit l'incendie était l eiiiai t^uahle par sa hardiesse et sa légèreté : il fut de nouveau détruit, peud années avant la Révolution^ parce qu'il menaçait ruine.
l.<a grande cliasse, en bronze doré, où avaient été déposées les augustes reliques de la Passion , était placée au rond-point de l'église et derrière le maître-autel. Dans une cassette spéciale on avait renfermé les lettres, rédigées en langue latine, qui attestaient la donation faite à saint Louis par l'empereur Baudoin, et dont le naïf Corrozet a donné la traduction suivante :
<t Nous voulons qu'il soit notoire à tous que de nostre bon vouloir et don gratuit avons pleinement donné et absolument baillé, et en tout avons quitté et quittons a nostre très-cher aniy et parent Loys , roi de France , trèsillustre, la très- sainte couronne d'espines de Nostre-Seigneur et une grande portion de la très-sacrée croix de Jésus-Clirist, avec plusieurs autres sacrées reliques , déclarées ( y-après par leurs propres noms ; lesquelles estoient jadis vénérablement colloquees en la ville de Constant!*
nople, et enfin ont esté engagées à tlivors créanciers, et eu divers temps, pour la grande aécessitë de Tempire de Constantinople, puis depuis peu racheptées, de noslre voionlé et conseutciiient , par iceluy seigneur roy, lequel , selon nostre bon plaisir, les a fait transporter à Paris. Lesquelles veiiiiiables reliques sont ici exprimées par leurs propres noms^ à sçavoir : la dessusdite sacrée et saincte couronne d*espines de Nostre-Seigneur ; — la vraye Croix; — du sang de Nostre-Seigneur Jésus^Christ ; — ' les drapeaux dont iiosUe Sauvciu' (ut enveloppé en son enfance; — une autre grande partie du bois de la saincte Croix; — du sang qui a miraculeusement distillé (Vunc image de Motre-Seigneur, ayant été frappée par un infidélie; — la chaisne ou le lien de fer, en manière d*anneau, dont Nostre-Seigueur fut lié; — la sainte touaille ou nappe en un tableau; — une grande partie de la pierre du sépulchre de nostre Sauveur; — du iaict de la Vierge Marie; — le fer de lance duquel lecosté de Jésus-Christ fut percé; — une autre moyenne croix, que les anciens appelloient la croix du triomphe^ pour ce que les empereurs avoient accoustumé de la puiier en leurs batailles, en espérance de victoire; — la robbe de pourpre dont les chevaliers de Pilate vestirent Jésus-Christ en dérision; — le roseau qu'ils luy mirent en la main pour sceptre; — Tesponge qu'ils lui baillèrent pour boire le vinaigre; — une partie du suaire tlont il fut enseveli au sépulchre; — le linge dont il se ceignit quand il lava et essuya les pieds de ses apostres ; — la \erge de Moyse; — la liante partie du chef de sainct Jean*Baptiste, — et les chefs des saincts Biaise, Clément et Simon. En tesnioignage de quoy et perpétuelle fermeté nous avons signé ces présentes de nostre
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seing impérial, et les avons sœllées de nostre sceau d'or.
Fait à Saiut-Gcniiaiu eu Laye , Fan de JNosLre-Seigaeur 13479 &u mois de juin, le 8 de nostre empire. »
A la prière de saint Louis le piipe iaaocent TV rendit, dès l'an i^^'i^ quatre bulles^ dont Tune défend d'intet' dire la Sainte-Chapelle^ ou de Lancer contre elle et ceux qui la desserifentf présents ou à venir j sentence aFeX' communication , €le suspension ou d'interdit, sans tordre du Smnt-'Siége* La quatrième bulle accorde des indulgences à ceux qui ont assisté à la dédicace ou qui viendront à 1 église le jour de l'anniversaire^ et à quelques autres fêtes indiquées par le Saint-Père. « La piété de Louis IX envers ces saints monuments de la Passion du Sauveui' fut telle, le reste desa vie, dit un historien^ que tous les ans il nemaiitjuoii pas ûe se rendre, le vendredy-saiiit, à la chapelle du Palais, où, revestu de ses ornements royaux, il expusoil lui-iaesnic la vraie croix à la vénération du peuple; ce que pratiquèrent aussi plusieurs de ses successeurs à son exemple. Il semble qu'ils introduisirent pareiilemeat la coustume de faire porter à leur suite les reliques de la Sainte-Chapelle aux grandes festes de Tannée. Il y a deslettres du roy Qmrles IV , de Tau qui obligent les maistres, frères et sœurs de THostel-Dieu de Paris, de fournir quatre chevaux et deux doniesliques pour porter les reliques de la Sainte-Chapelle à la suite du roy, aux jours que nous venons de dire, jusqu'à trente lieues lom de Paris* En récompense il donna à l'Hostel-Dieu une certaine quantité de bois à prendre dans ses forêts. »
On se lasserait à énumérer les honneurs et les privilèges dont le chapitre de la Sainte-Chapelle fut comblé, a diverses reprises, parles papes et les rois, 11 ne pouvait être
excommttnië ni interdit qiie par le pape; il n^ctail poiui soumis à la juridictioo métropolitaine et ne dépendait que du Saint-^iége ; ses bénéfices étaient à la^collation du roi ; aux processions publiques il marchait de pair avec les chanomes de Notre-Dame. Pour assurer leur indépendance, Clément Yli permit, en 1380^ au trésorier et aux cliaiiuiues de faire construire pour eux et leurs domestiques un cime* tière piirticulicr. Les revenus de cette église s'élevèrent insensiblement à près de 5o,ooo livres, car tous les rois rivalisaienl de zèle pour enrichir cette é^^lise vraiment royale ^ suivant l'expression de Sauvai. « £n I256, ditFélibien , le roy saint Louis donna aux chapelains et marguilUers de la Sainte-Gliapelle iiuitmuids de froment à prendre chaque année sur les revenus en grains de la prévosté de Sens ; ce qui, avec quatre autres muids que rancieu chapelain percevoit sur les granges de Gonesse et de 'Villeneuve, en faisoit douze , qui furent tous destinez pour le pain de ces chapelains et marguilliers. 11 donna de plus quatorze muids devin àprendi*eau pressoir du roy, derrière Saint- Étienne desGrez. n En 1276 Philippe le Hardi octroya aux chapelains de sa eJiapelle royale, à Paris, que, « quand il adviendroit qu'il demeurastou qu*il seroit à Paris en des manoirs ou au Temple avec la royne, à disner ou à souper, qu'ils eussent et perçussent cliascun un jour une livrée entière ; c'est à sçavoîr : huit denrées de pain, un sextier de vin , tel qu'on livroit aux chevaliers , quatre deniers pour cuisines , douze bouts de chandelle. Et quand la royne y scroît, ledit roy absent, ils auroient seulement par jour demie livrée. Et quand ses enfants , ou l'un d'eux, tant qu'ils seroient en sa mainboiu aie ( tutelle) , y seroient ou demeureroient à disner ou à souper, le roy ou
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la royne absents, ils auroient seulement livrée par jour
quatorze deniers. » Pliilippe-le-Bel, en i285, donna au trésorier et aux chanoines toutes les offrandes et aumônes que saint Louis s'était réservées pour lui et ses successeurs; il voulut que les offrandes fussent employées à distribuer du vin aux chanoines, à la charge de célébrer tous les ans un service anniversaire pour son père et sa mère. Enfin Charles VII et ses successeurs donnèrent à la Sainte-Chapelle les pro6ts de leurs régales jusqu'au règne de Louis XIII, qui, par ses lettMS du mois de décembre 1641, données à Saint-Germain enLaye, a repritla régale des archeveschés, du consentement du trésorier et des chanoines, » et les remplaça d'aillçurs par une donation territoriale.
Pendant la nuit du vendredi au samedi saint il se faisait, dit Sauvai, à la Sainte-Chapelle un miracle du mal caduc. Lorsque sonnait minuit, les malades poussaient des cris affreux et tombaient en convulsions. Us ne cessaient, dit-on, de souffrir qu*à l'arrivée du chantre, qui leur présentait la vraie croix. Cette cérémonie religieuse, oîi F imagination jouait un grand rôle, ainsi que l'écrit si judicieusement le chanoine Morand, avait encore lieu sous le règne de Louis XV. D autres usages particuliers à cette église n^étaient pas moins curieux. « A dater de la fondation, tous les ans, la nuit du jeudi au vendredi saint , il y avoit exposition de la vraie croix pour les malades dans la nef de la Sainte-Cliapelle. Le plus ancien malade offroit un cierge et trente pièces d'argent, en mémoire vraisemblablement des trente deniers que reçut Judas pour prix de sa trahison. On trouve encore des traces de cet usage dans les registres de la Sainte-CUapelle ; mais, ayant reconnu qu'une
telle offrande pouvoit tendre à refroidir la dévotion, le trésorier et les clianoiaes se cliargèrem par la suite d'en faire les frais. » Le jour des saints Innocents, les enfants de chœur, afTranchis de toute discipUne, singeaient impunément leurs supérieurs; ils allaient s'asseoir dans les premières stalles avec la cliape et le bâton cantoral. Ces derniers restes d'usages païens, tolérés pendant le moyen âge, ne furent abolis que le 26 décembre 1671. Le jour de la Pentecôte, pendant la prose de la messe, on jetait du haut des voûtes des fleurs el c^iu K^aes étoupes allumées en manière de langues de JèUy tandis que Ton lâchait des pigeons blancs; cela représentait la descente du Saint-Esprit sur les apôtres et la diversité des langues. En même temps on voyait descendre au-dessus du maître-autel la figure d'un ange tenant un biberon d'argent, avec lequel il versait de Teau sur les mains du célébrant. I^e jour de la Peutecôte de Tan i4S4i Charles Vlll assista à cette cérémonie, et en éprouva tant de plaisir qu'on la réitéra, à son iuslaute prière, les 6 et r3 juillet, i^i veille de la fele de saint Jean-Baptiste, delà fête de saint Pierre et de saint Paul, à six^ heures du soir, ou allumait un graïul feu de joie dans la cour du Palais, et les chapelains et clercs^ en habits de chœur, venaient prier devant la statue de la Vierge (i).
Commencée en 124^7 la Sainte-Chapelle avait été entièrement terminée en 1248, c'est-à-dire dans l'espace de trois ans, délai fort court lorsqu'on songe à l'importance
des vitraux, de la sculpture et de toute la décoration de
(z) Tons ces détails, que plusieurs historiens de Paris ont recueillis avec soin, sont consignés dans un livre du chanoine Morand, intitulé : fiUioirede laSQÛUt'Chapelle,
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Fëdifioe. Cette rapidité d'eKéeution paraîtra surtout sor-
prenante si l'on examuie la beauté des matériaux employés et les soins apportés à leur mise en oeuvre. Il était évidem* ment impoi>Sible de pousser plus loin ie luxe de la construction ; non-seulement tout Tédifice est bâti en liais de la plus belle qualité, mais encore cliacune des pierres dont se composent«les assises se trouve reliée aux pierres voisines par des crampons en fer noyés dau^ un hain de ploiiib. Cet admirable liais provenait évidemment des carrières des Chartreux, abandonnées aujourd'hui, et qui se trouvent sous le sol actuellement occupé par le premier monastère de la ^sitation et l'hospice des £n&nts-Trouvés.
U est impossible de se rendre compte de l'admirable effet que produisait l'extérieur du monument avant la destruction de Fc^legaute annexe dans laquelle son habile architecte, Pierre de Montereau, avait placé les sa* cristies de chaque étage et le trésor des chaites. iielié à la Sainte-Chapelle par une petite construction qui existe encore, ce bâtiment des sacristies en avait toute la légèreté et toute la finesse. Respecté par les deux terribles incendies de 1618 et de 1776, ce délicieux édifice fut démoli par larchitecte qui fiit chargé de réparer ces désastres ; il occupait l'emplacement d'une insignifiante galerie élevée par Desmaisons^ et qui masque tout le iianc sep^ntrional de la Sainte-Chapelle. En outre de cette grave mutilation^ la Sainte-Chapelle, depuis saint Louis jusqu'à Louis XVI, eut à subir des changements et des additions qui altérèrent parfois la pensée primitive de Pierre de Montereau. Nous mentionnerons ici la décoration pour l'exposition des reliques et Testrade qui occupe l'abside, deux travaux évidemment faits après coup, et qui paraissent
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dater du quatorzième siècle. Pierre de Montererau avait couronné le comble de la Sainte-Chapelle d'une flèche dont malheureusement ii n'est resté aucun dessin, et que Sauvai SLffe\BLii P une des menâmes du monde.
Vers la fin du quatorzième siècle ou coiistruisil, entre deux des contre-forts de la face méridionale, un petit oratoire où ïon exposait les corps; la voûte en est fort richement décorée de compartiments flamboyants , au milieu desquels ont été sculptées des têtes feuillagées. Louis XI avait l'habitude d'assister aux offices dans cet oratoire , par une petite ouverture grillée , placée obliquement dans la direction de Fautel; cette singulière fenêtre était pratiquée derrière Tune des colonnes de Tarcatui^e du soubassement*
Vers le milieu du quinzième siècle la rose de Pierre de Montereau iiit remplacée par une autre rose, l'une des plus belles qui nous soient restées de cette époque ; on ne saurait trop admirer Tliabileté du ciseau qui a tracé ses compartiments flamboyants ; quant aux vitraux, bien que fort remarquables , ils sout d'une couleur moins vive que ceux du treizième siècle. Ce fut également vers la même époque qu*oii ajouta à l'œuvre de Pierre de Montereau les deux pyramides qui s'élèvent au-dessus des tourelles d'angle, avec leurs couronnes royales et leurs couronnes d'épines ; les deux pinacles placés au-dessus des contre-forts de la £içade principale , tout le haut du pignon de cette façade et la balustrade qui règue au-dessus de la rose, appartiennent également au quinzième siècle et semblent dater du règne de Charles V J I i . Au temps de Louis Xll un grand escalier couvert fiit établi sur le flanc méridional , afin de monter directement de l'extérieur au porche de la cha-
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pelle haute, sans passer par la galerie du Palais. Tous les piliers,' toutes les balustrades du nouvelescalier étaient brodés d'éléganlcs sculpluirs; partout le cliiffie de Louis XII, le porc-épic et les dauphins se mêlaient aux arabesques les plus déliées. Cette élégante construction , due au ciseau de Jean Joconde , fut presque entièrement détruite par rincendie de i63o, qui consuma la flèche et toute la cliarpeute de la Sainte-Chapelle.
Vers le milieu du seizième siècle^ sous le règne de Henri II, dans T intérieur même de ce gracieux édifice, on établit un grand orgue au-devant de la rose , et cette opé- ' ration eut pour résultat de détruire la curieuse décoration delà façade inférieure ; toutes les sculptures furent brisées pour recevoir les scellements de fer, et, comme la boiserie du nouvel orgue venait cacher en partie les peintures des trois arcades, on trouva plus simple de les gratter. Henri fit également placer dans la Sainte-Chapelle un jubé en bbis richement sculpté et décoré d'émaux précieux ; mais cette cloison transversale était d'un mauvais efiet et a cle depuis lors enlevée pour être déposé au musée du Louvre.
Sous la Révolution, et durant la première période du dix-neuvième siècle, la Sainte-^iapelle, après avoir été plus d'une fois dévastée, fui enlevée à sa cksliuatiou religieuse et servit longtemps de dépôt aux archives judiciaires de Tétat civil. Tout récemment elle a été admirablement restaurée, et les travaux ont fait le plus grand honneur à riiabile ai chitecte, M. Lassus , qui a été chargé de leur direction.
Au moment ou nous traçons ces lignes la Sainle-CIiapelle se trouve presque complètement reparée. Ou pourrait la croire tout récemment sortie des mains de Pierre de
. d by GoogI
(1396-1210) LIVRE VI. CHAPITRE IIK /|4g
MontereaU) si d'importantes retouches, qui datent, comme on Ta vu, du quinzième siècle, n'en avaient un peu modifié l'architecture (i)«
On montait autrefois à la chapelle haute par un escalier de quarante-quatre degrés; il a été supprime depuis longtemps, et le perron moderne, de style quasi-cgypti en, qui Tavait remplacé, a lui-même disparu. Dans son poëme du Lutrin Boileau a pris l'ancien escalier pour le théâtre * ducomhat burlesciuc des chantres et des chanoines. La disposition actuelle est la même qui existait dans le principe; l'arrivée a lieu , pour la chapelle haute , par les galeries du Palais de Justice.
Deux porches en avant-corps, ouverts. par plusieurs arcs en ogive , décorés de coionnettcs et de voûtes à nervures , précèdent l'entrée de là chapelle haute et delà chapelle basse . Un bas- relief sculpté dans le tympan , et qui représentait la mort de N6tre?Damè,. n'existe plus; une sta-; tue de la Vierge était également adossée contre le ti umeau. D'après une pieuse légende, élle avait penché la têtê pour approuver la doctrine du théologien Scot en. faveur de rimmacuIée-Concéption, et depuis lors cette tête était dc^ raeurée inclinée. La Révolution a détruit le Jugement dernier du tympan, Je Christ .du trumeau , les. lis , le& chà*? teaux héraldiques et vingt, hàs-réliefs qui représentaient
(i) Les proporlioos de ce monumeot» qui peuvent être citées comme des modèles , soDt les satvantes : longeur hors d'ceuvre , 36 mètres ; dans oeuvre» 33 mètres; largueur horsd*<eaTre, 17 mètres; intérieure, d'un mur à Fautre, 10 mètres 70 oeut»; élévation extérieure, depuis le sol delà cfaapelle basse jusqu^à la pointe du pignon de la façade , 4^ mètres 5o cent. ; hauteur de la flèche au-dessus du comble, 33 mètres 25 cent. ; hauteur de la voûte de la chapelle basse, 6 mètres 60 cent.^ et de celle de la chapelle supérieure, ao mètres 5o cent.
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naïvement des personnages et des épisodes de la Bible. Au milieu de la balustrade , dëcoupëe en fleurs de lis , deux anges couronnent le cliiffre du roi Charles. Aux pointes des clochetons la couronne royale de France s'abaisse humblement sous la couronne d'épines de Jésus- Christ.
L'architecture est tr^s-siiiipie sui* les flancs comme à Tabside de la chapelle. Des contre-forts habilement disposéset soigueusement apjiareillés s'élèvent jusqu'au sommet des murs; des clochetons âeuronnés et des gargouilles en forme d'animaux les surmontent. Les fenêtres de la chapelle supérieure, d'une hauteur et d'une largeur peu ordinaires j sont garnies de meneaux , de-colonnettes , de roses en pierre, et d'une armature de fer d'un caractèi^ monumental . La chapelle basse est éclairée par des baies de moindi'es dimensions, mais décorées dans le même goût. Des frontons rehaussés de feuillage s abritent les fenêtres de la chapelle haute. Une balustrade percée d'ogives à trois lobes et de trèfles borde la terrasse au-des* sus de la corniche. Les combles sont couverts de feuilles de plomb. Après la démolition succesuve des trois pre-* mières flèches , le clocher que vient d'élever M. Lassus arrive le quatrième, par ordre de date. L'architecte, en souvenir de la seconde flèche , a choisi le style fleuri de la première moitié du quinzième siècle. A la vue des gravures charmantes qui représentent le vieux Paris^ et qui se rencontrent encore en si grand nombre | exposées chez les marchands d'estampes de nos quais, chacun déplorait l'absence de la flèche de la Sainte-Chapelle. Sa disparition laissait, au centre de la Gté, une lacune dont les yeux étaient attristés. Aussi la population parisienne tout eu-
tière en a^t-elle salué le retour avec une véritable joie. C'est UD devoir de dire au moins les noms des artistes qui ont secondé M. Lassus dans son œuvre. M. fiellu a construit la charpente; M. Geoffroy Dechauroe a modelé
les figures; M. Pyanetafait roraementatioa ; MM. Durand frères ont exécuté les plomberies. Les statues de Imit Ânges, porteurs des lustruments de la Passion, sont posées entre les pignons du dernier étage. M. Geoffroy Dechaume termine les douze Apôtres, qui prendront place dans les baies de Tétage inférieur. Les têtes des apôtres reproduiront les traits des personnes qui ont le plus contribué à la restauration de la Sainte-Chapelle , comme les mascarons qui entourent le globe de la croix représentent déjà quelques-uns des artistes et des ouvriers. A la croupe de l'abside , sur la pointe du comble, un ange en plomb , d'une taille surhumaine^ tient une croix, processionnelle et tourne sur son axe , au moyen d'un mécanisme d'horloge , montrant successivement le signe du salut à tous les points derhorizon (i).
Si Ton contemple ce splendide édifice du seuil de la chapelle haute, on se trouve comme absorbé par ce vague sentiment d'adnui ation qu iuspireat toutes les belles choses et qui ne permet d'abord de s'arrêter à aucun détail. L'éclat incomparable des vitraux, l'or, la peinture, les blasons ) les reflets chatoyants des émaux, les apôtres avec leurs croix brillantes et leurs riches vétemérits, les anges qui encensent le Girist et qui apportent des couronnes pour les martyrs, les feuillages répandus dans les corniches et sur les chapiteaux avec une va-
(i) Ces deuils sout extraits, du savant ouvrage de M. F. deGuillermy. • '