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nom de Mainte- Catherine de La Couture^ d'où est venue la dénomîiiatîoii actuelle de Cukure de Sainte-Catherine, rappelant les champs et les terres cultivées dont cette maison était entourée à l'époque de sa fondation.
Vers le même temps on érigea en église paroissiale la chapelle de Saint-Jossej dont l'origine remontait à la période mérovingienne, et qui était située à la place de nos joui s occupée par la maison n" i de la rue Quiucampoix, à Tangie de la rue Aubry-le-Boucher.
Saint Louis, toujours préoccupe de pourvoir aux besoins religieux de ses sujets, fonda également le couvent des BegiUnes ou de l\4ve-Maria^ dont la première maison fut élevée près de la porte Barbette. Les Béguines (Béghines) faisaient partie des nombreuses associations religieuses libres qui se formèrent au moyen àge^ et se distinguaient des congrégations monastiques en ce que leurs membres ne faisaient pas de voeux perpétuels, ne renonçaient pas complètement à toute propriété et n'observaient pas une stricte clôture. « L'institut des Béguines, dit Maldërus, évêquc d* Ahversy n'est pas, à vrai dire, un ordre religieux ; mais c'est une association pieuse qu il faut considérer, par rapport à Tétat plus parfait du monachisme^ comme une école préparatoire dans laquelle les femmes très-portces a la dévotion peuvent vivre...» Quoiqu'il soit hors de doute qu'il est plus méritoire de^ se consacrer au Qel par les vœux solennels delà cliastetc, de i'obéissanceet de la pauvreté.,., il n'est pas- moins vrai que beaucoup de femmes répugnent à faire des promesses irrévocables ; elles préièrent être inviolablement chastes que de faire vœu d'une chasteté per* pétuelle; elles veulent bien obéir, mais sans se lier formellement à- l'obéissance; elles consentent à soigner les
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pauvreS) en faisant pour eUes-nieme& un usage très*modëré de leurs biens... » Cette citation ne donne pas une idée très-exacte de ce qu'ëtaieat les Béguines de / 'A^-Maria au temps de saint Louis. Ces religieuses se fiusaient remarquer par l*auslérité de leur vie; elles vivaient d'aumônes, jeûnaient toute Tannée, excepté le dimanche et le jour de Koëi, ne faisaient janiai^ usage d'aliments gras, marchaient nu-pieds en tout temps, couchaient sur la dure et se levaient chaque soir»i minuit pour se rendre au ciiœur, oii elles restaient jusqu'à trois heures. Ces austérités hé* rolques n'ont point empêché Dulaure de recuôllir contre les Béguines toutes les odieuses calomnies éparses dans les pamphlets du moyen âge, et de les représenter comme des femmes menant un vie douce, sensuelle et dissipée.
L'église de VAve^Maria^ fort obscure sous le règne de saint Louis, ne tarda pas à devenir un centre de prières* Si nous anticipons sur les dates historiques^ noud ^errocs que plus lard elle renferma quelques tombeaux remarquables à gauche du maître-autel ; dans la muvaille était le cœur de don Antoine, roi de Portugal, chassé de son royaume et mort à Paris en iSgS. Dans le chœur était le mausolée en marbre de Charlotte-Catherine de la Trémoille, soupçonnée d'avoir empoisonné son mari, Henri de Bourbon, prince de Condé. Aimée du pageBelcastel, la princesse devint enceinte ; son mari| revenant auprès d'elle après une longue absence, mourut, sans doute de poison, le len« demain de son an îvée, le 5 mars i588. Ce monument, oii Charlotte était représentée à genoux, ut transporte au musée des Petits-Augustins, De l'autre côté du chœur, sous une tombe plate, étaient inhumés Jacques de Harlay, grand-écuj'er de François, duc d'Alençon, mort en i63o ,
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et Odette de YaudcLar, feimue d* Achille de Harlay, morte en 1637 ; on y transporta le cceur de Louis de Harlay, cornette deschevau-légcrs de la garde, niui Ltie blessures reçues à Senef eu 1674*
Dans une des chapelles de la nef étaient le mausolée de marbre blanc de Jeauue de Vivouue, dame d'honneur de Louise de Lorraine, femme de Henri HI, et le monument de jaspe et de bronze, surmonté d une statue de feimue a genoux, appartenant à Claude-Catlierine de Ciermont, duchesse de Retz, célèbre sou^ le règne de Charles IX par son esprit et sa science. Ce fat elle qui répondit en latin, pour Catherine de Médicis, aux ambassadeurs qui apportèrent au duc d'Anjou le décret de son élection au trône de Pologne. Elle parla niieiix, dit-on, que le chancelier de Birague et le comte de Ghirerni, qui avaient répondu pour Charles IX et le duc Anjou. Dans le chapitre des religieuses furent enterrés^ par permission du pape, le iameux Matthieu Molé, garde des sceaux, et Renée Nioolaî^ sa femme. £n face du chœur était uue tribune de liais sous laquelle était « le corps entier de saint Léonce, martyi*, donne par madame deOuénégaud, en 1709. »
Le monastère des filles du Tiers-Ordre fut supprimé en 1790, mais la maison a tou joui s conservé le noiu de r^éi^e- JUaria, quoiqu'elle ait bien changé de destination* C'est aujourd'hui Tune des casernes de Paris, qu'il faut aller chercher dans le lointain quartier de l'Arsenal.
Sous le règne de saint Louis, et par la protection de ce prince, un ordre i*eligieux nouvellement fondé viut s'établir de Marseille à Paris. Ceux qui le composaient se glorifiaient du titre de Serfs de la Fierge Marie, De la couleur de leurs vêtements ils reçurent le nom populaire de
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Blancs*Manieaus, « Et vint une autre manière de
Frères, dit Joinville, que Ton appelle Toi tire des Blancs- Mhnteaux; et requirent au roy qu'il leur aidast pour quHis peusseiit demeurer à Paris. Le roy leur acheta une maison et vieilles places autour pour eux. héberger, devers la vieille porte du Temple , assez près des tisserans. » Dès la première année de leur établissement, en 1:268, la maison du Temple, sur le territoire de laquelle ils se trouvaient, leur accorda la permission d'avoir un cimetière^ une chapelle el un couvent, et se démit en leur faveur, moyennant une redevance très-médiocre, de tout droit de censive sm le terrain qu'ilsoccupaient. Cependant la prospérité desSer£i de Marie ne fut pas de longue durée ; en 1 274 une bulle du pape Grégoire X supprima plusieurs ordres mendiants^ du nombre desquels se trouva celui dont nous venons de parler. L'édifice qui leur avait servi d'asile soussaint Louis fiit occupé, en 1 297, sous Philippe le Bel , et avec Pauto^ risation du souverain pontife, par des religieux que, du nom deleur fondateur, Guillaume, on wppehitGuillemites. Le peuple, par habitude, continua de les appeler les Blancs* Manteaux, comme, de nos jours^ il persbte à désigner sous le nom d'église des Carmes celle que les Dominicains posw sèdent à Paris*
Le couvent des Guillemites se trouvant resserré entre Jes murs de la ville et d'autresconstructions, ces reUgieux supplièrent Philippe de Valois de leur permettre de percer le mur et d'y faire une porte, tant pour Tusage du peuple, <pii viendrait plusaisément entendre le service divin dans ieur église , que pour jouir plus librement des maisons qu'ils avaient au delà du mur. Le roi, par lettres patentes du mois d'août 1334) accueillit leur demande, ieur permit
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de percer le mur et d'y établir une porte ou huisserie. Deux ans après, les Guillemifes demandèrent encore au roi une tour et une certaine portion des anciens murs de k ville, montant à trente*neuf tmses; Philippe de Valois leur accorda ce qu ils sollicitaient de lui, à condition de payer chaque année 4 livres 10 sols 8 deniers pariais de rente, avec 8 sols 6 deniers parisis de fonds de terre. De nos joursla requête des Guillemites aurait eu peu de succès; aucun gouverneiueni uioderue n'aurait consenti à confier à des moines l'entrée de la ville. Cependant ce ne fîit point la seule concession de ce genre qu'obtinrent ces religieux, sous le règne des Valois.
Le vendredi 3o novembre 1397, Jean de Gonesse, évéque de Nassou et provincial des Guillemites en 1? rance, célébra la dédicace de Téglise des Blancs-Manteaux. CbarlesYl.de France et Charles 111 de Navarre assistaient à celte cérémonie. Depuis lors les Guillemites reçurent de nouvelles donations; la plus considcrabie fïit celle qui leur Ait faite par la seigneurie du Plessis-Grasaot, près Paris, a pour les mettre à couvert, dit Fëlibien, de la fâcheuse nécessité de quêter. » Au commencement du seizième siècle le piévot de Paris leur Ht accorder le droit de scholarité^ c'est-à-dire la jouissance de tous les nombreux privilèges dont les écoliers de l'Université étaient investis. En 1407 on transporta dans l'église des Blancs-Manteaux le corps du duc d'Orléans^ assassiné le 2Îi novembre , dans la vieille rue du Temple, par Jeanaans-Penr, duc de Bourgogne.
La communauté des Blancs-Manteaux était peu nombreuse lorsque, le 3 septembre 1618, elle prit la résoliH tion d'embrasser une réforme. Elle députa Jean Goyery
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son prieur, et Maurice de V^aubicour, religieux de Tordre, pour aller au collège de Cluni trouver Dom Martin Tesuier , prieur de Saint-Faron de Meaux, pour lui demander d'agréer leur maisou et de l'unir pour toujours à la congrégation française desBénëdictins reformés, selon la réforme des Bénédictins de Saint-Vanne de Verdun. Dom Martin Tesnier accepta la proposition et se transporta le même jour au monastère des Biancs-Manteaux, oii, d^un commun accord entre les religieux, et les deux prieurs, tout fut approuvé et ratifié. Deux jours après, cette réforme fut solennellement introduite chez les Blancs-Manteaux par Henri deGondi, ëvêque de Paris. On refusa d'avou^ e^ard aux protestations et aux plaintes du général des Guillemites, qui résidait alors à liége.Quoî qu'il en soit, le roi Louis XIII approuva l'union des deux maisons par lettres patentes du 29 novembre 1618 et du 22 février 1622. C'est dans ces dernières lettres que Ton donna pour la première fois le nom de Bénédictins de Saint-Maur aux Bénédictins réformés de France.
Le monastère des Blancs-Manteaux fut reconstruit en i685. Le chancelier Le Tellier etÉlisabeih Turpiu, sa femme, posèrent la première pierre du nouvel édifice. Une autre église fut alors élevée près derancicaue. Elle n'a rien de, remarquable; au point de vue de l'art Tintérieur est beaucoup trop long pour la largeur; il règne, dans l'ordonnance de son architecture, une monotonie de pilastres corinthiai» doi^ le trop grand nombre Ëitigue l'œil. Les arcades entre lesquelles sont placés ces pilastres , et qui communiquent avec les bas-côtés^ sont traitées dans le goût de Tordre dorique. Les bas-cotés sont trop étroits et ,n'ont rien d'élégant ni de gracieux. Dans le cours
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du dix-septième et du dix-huitième siècle cette église servit de sépulture à un assez grand nombre de personnages alors illustres, mais dont la célébrité s*est beaucoup effacée. Les Bénédictins de Saint-Maufi qui occupèi^nt le monastère jusqu'à la dispersion de leur ordre, y avaient rassemblé une bibliothèque d'environ vingt mille volumes, et ce qu'on appelle le fonds des Blancs^Manteaux forme aujourd'hui une des plus intéressantes colleclions de pièces inédites que possède la Bibliothèque impériale. C'est aux Blancs-Manteaux que vécut et mourut Dom Bouquet, le premier auteur de ce Recueil des historiens des Gaules et rie In D aiice auquel travaillèrent, avec lui ou après lui, les PP. liaudiguier. Poirier, Uousseau, Clément, Brial, et que l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres se fait un devoir de continuer aujoui^dliui. Les ^grands travaux pour l'histoire de Bretagne, dont les livres de Dom Lobmeau et de DomMorice ne sont que la mise enœuvrei avaient été également préparés aux Blancs-Manteaux^ et c'est également de ce monastère que sortirent VArt de vérifier les daUs et la Nouvelle Diplomatique^ deux des ou* vrages les plus célèbres qu'aient produits l'érudition en France.
Saint Louis, dont la dévotion fervente se manifestait par
des œuvres, appela à Paris les religieux de la Croix, ordre fondé, en lâii, à Glairlieu, entre Liège et Namur, par Tiiéodore de Celle, ciiauoine de Liège, La principale occupation de ces moines était de méditer sur le mystère de la Passion, d oii leur était venu leur nom Frères de la Sainte- Croix {CroisierSf Crucigeri). c Revint une autre manière de Frères, dit Joinville, qui se faisoient appeler Frères de Saincte-Croix, et portant la croix devant leur poitrine i et
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requirent au roy qu*il leur aidast. Le roy le fit volontiers
et les hëberga en une rue appelée le quarrefour du Temple, qui ores est appelée la rue de Sainte-Croix. » La date de cet événement est demeurée indécise, mais plusieurs historiens la font remontera ia48. L'église deSainie^ Croix de la Bretonneriej dédiée sous le vocable de TExaltation de la Sainte-Croix, était attribuée à de Mon* treuil et passait pour Tun des plus remart^uables édifices religieux, dus à l'art chrétien.
Cette église renfermait les tombeaux de plu»«n*s familles distinguées de la capitale, et on y remarquait seize caveaux exclusivement destinés aux sépultures. Nous mentioimerons, entre autres, celles de Jean de Poupaincourt, pi*ésidentau parlement de Paris ^ sous Louis XI, et de Barnabé Brissou, président à la même cour, sous Henri III, et qui périt victime des fureurs populaires durant les ti oubles de la Ligue. C'était l'un des hommes les plus savants de son siècle, mais on Taccusait d'avarice et de cruauté. On avait également enseveli , dans les caveaux de Sainte-Croixy Antoine Ménard, qui , sous le règne de François I"', avait été président du Parlement. Cette même église possédait quelques beaux morceaux de sculpture de Sarrazin et plusieurs tableaux estimés de Simon Vouet et de Philippe de Champagne. Le réfectoire du couvent attirait surtout Fattention des artistes.
Sous le règne de saiut Louis existait une église appelée la. chapelle de la Tour, dont la fondation remontait à Philippe-Auguste. Elle était une succursale de Saint-Germain l'Auxerrois et fut érigée en paroisse sous le nom de Sami" Sauifeur.
Si, de nos jours, l'on remonte la rue d'£nfer, si Ton parcourt ces quartiers dont plusieurs sont menacés d*étre
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détruits pour fiiire place à des voies nouvdles, on laisse à gauche le couveat des dames Carmélites. Là était autrefois Téglise de Notre-Dame des Champs^ située dans la plaine et entourée de sépultures. Vers la fin de la seconde race elle fut usurpée par des seigneurs laïques; on voit, en effet y qu'eu 1084 Adam Payen et Gui Lombard, qui la tenaient de leurs ancêtres, la donnèrent au monastère de Marmoutiers, près de Tours, déjà propriétaire de plusieurs terres dans le voisinage de Saint«£tienne des Grès. Notre- Dame des Cliamps dcviiit alors un prieuré dépendant de fabbaye de Marmoutiers, et fut occupée, jusque vers le commencement du dix^septiàme siècle, par des religieux de cet ordi'e. A cette même époque Catherine d*Orléans, princesse de Longueville, obtint du cardinal de Joyeuse, abbé de Marmoutiers, l'église et le vaste enclos de I^otre- Damedes Champs, et, malgré la résistance de quelques religieux occupant le prieuré, elle fit disposer les bâtiments pour y établir un couvent de Carmélites, dont elle se reconnut la fondatrice et qu'elle dota d'une rente de deux mille quatre cents livres. En i6o3 le pape Clément VIII
approuva la fouJation, en France, d'un ordre entier de Carmélkes dont le chef-lieu devait être le couvent de Paris. Par les soins du cardinal de BéruUe, alors aumônier du roi Henri IV, six religieuses carmélites vinrent d'Espagne en France, et, le 17 octobre 1606, prirent possession de Notre-Dame des Champs. C'est là qu'en 167656 retira Louise-Françoise de la Beaume Le Blanc, duchesse de la Vallièrej éclaûrée par une longue suite de déceptions et d'amertumes, elle cessa d'être la&vorite de Louis le Grand et consacra à Jésus-Christ le reste de sa vie. Elle y mourut, sous le nom de Louise de laMisàricordei après trente* sixans d'austérités et de repentir.
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L'cglise Notre-Dame des Cliaiiips, très-riche en monuments artistiques, était Tune de celles qui attiraient à Paris une plus grande affluence de visiteurs. La clôture qui séparait la nef du chœur était formée de quatre grandes co«> lonnesdemarbre chargées de flammesdebronze. Le grand autel , magnifiquement décoré par la libéralité de Marie de Médicis, s'élevait au^essus de douze marches de marbre entourées d'une splendide balustrade. Sur Tattique de l'autel était un bas-relief de bronze , œuvre d'Anselme Fia» m en et représentant rAnnoncialîoa. Le tabernacle, en forme d'arche d'alliance , qui surmontait l'autel , était d'argent ciselé et chargé de bas- reliefs. A de rares intervalles, et lors des plus grandes solennités , on exposait sur cet autel un ostensoir d'or, enrichi dé pierreries. Plusieurs tableaux de grands maîtres ornaient cette église, qui pour
' la plupart sont aujourd'hui dans la galerie du Louvre. Sur les lambris avaient été représentés différents traits de la vie de sainte Geneviève , par Yerdier. Les voûtes étaient décorées de peintures à fi^esque de Philippe de Ciiampagne \ on y remarquait le merveilleux effet d'un Christ sur< k
. croix qui paraissait être sur un plan vertical bien qu'il fut horizontal. C'est dans cette église que fut déposé le cœur de iurennc. Dans l'une des chapelles était le tombeau du cardinal de BéruUe; les bas-reliefs du piédestal étaient de Lestocard; la statue représentait le cardinal à genoux , les mains croisées sur la poitrine^ elle était de Sarrazin . Cette œuvre d'art éminemment remarquable ifa pas été détruite j nous l'avons vue nous-méme, il y a peu d'années, alors que, dans une humble chapelle fondée sur les débris de ce couvent, commençait à se réunir l'œuvre de l'Adoration réparatrice dont il a été ci-dessus question.
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Durant ia Révolution, et après la destructioa de l'église et du monastère des Carmélites , le tombeau du cardinal avait été déposé au musée des Petits- Augustins. Lorsque, plus tard, quelques Carmélites se réunirent à Paris et s'éta* blirenl dans la rue d'Enfer, ou leur restitua le monument auquel elles attachentun juste prix.
Au temps où l'église et le couvent de Notre-Dame des Champs dépendaient encore de l'abbaye de Marmoutiers, le roi Robert avait fiiit construire , à peu de distance, et sur la gauclie , en regardant la Seine, une maison de plaisance située au milieu des prairies. On l'appelait le Val-Vert {^Faliis viridis)f et, par contraction, Faiwert, Elle était séparée du monastère et de l'enclos de Notre-Dame des Champs pai' la voie inférieure, via inferior (la rue Basse), dont le nom inférieure y après avoir subi diverses alté^ rations, se trouva insensiblement transformé en celui ài Enfer f d'oii vient que, de nos jours, cette même route s'appelle du nom étrange de rue d*£nfer.
Au récit de quelques arcliéologues, un peu dupes, suivant nous, des légendes populaires , ce nom d'Enfer (iit donné au château de Valvert et à ses dépendances parce qu'on y entendait, la nuit, au treizième siècle, des bruits mystérieux et terribles qui épouvantaient le peuple et qu'on attribuait à l'apparition des esprits et des revenants.
Quoi qu'il en soit, vers l'an 1 237, saint Louis résolut de sanctifier cette demeure si redoutée* Ayant entendu parler dù monastère de la Grande-Chartreuse fondé autrefois par saint Bruno, près de Grenoble, il manda à Dom Bernard de la Tour, général de cet ordre, de vouloir bien lui envoyer quelques-uns de ses frères, qu'il établirait àxxs. environs de Paris. Gnq ou six Chartreux ayant répondu à
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l'appel du roi , ce prince ue tarda pas à leur concéder, à titre de demeure, le château de Vauvert et les jardins qui reuvironuaienl. Le nouveau monastère occupait des terrains qui font aujourd'hui partie de Timmense jardin du Luxembourg, s* étendent de la rue de TEst à la rue de l'Ouest, et comprennent Tallée de l'Observatoire, ses abords et une partie des pépinières.
Dès que les Chartreux furent en possession de l'hôtel de Vauvert ils bâtirent à la hâte quelques cellules. Ils n'y trouvèrent qu'une cliapelle fort délabrée et fort nue qui ne put servir longtemps à leurs pieux exercices. Quelques années après il fallut fonder un nouveau temple, dont saint Louis posa la première pierre. Le célèbre Eudes de Montreuii en fut le premier architecte, mais ce ne fut point lui qui l'adieva. La mort de saint Louis, en 1270, interi'oiiipiL les travaux; les libéralités de différentes personnes, et surtout de Jean de Gérées, permirent aux Chartreux de les faii e reprendre. Jean de Gérées était trésorier de l'église de Lisieux et clerc de Philippe le Long; il consacra sa grande fortune à l'achèvement de l'édifice ; il avait même un si grand zèle pour cette œuvre pieuse qu'il fit lui-même l'office de maçon et de manœuvre (i). L'é» glise terminée et largent manquant pour la faire couvrir, Jean obtint du roi Tautorisation de faire une coupe de bois dans ses forêts. « L'on mit tant d'arbres par terre, dit Félibien , que Ton se plaignit que les Chartreux dégradaient les forêts du roi, » Mais sans doute les piauites étaient mal fondées , car le roi accorda aux religieux une permission plus ample. L'église fut achevée entièrement en i324
(i) M, Gayh. Voir également les travaux si conous de Delamarre, de MM. Frégier, Deppiug, Moiiteii, etc.