‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 10 sur 82 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

État pliyfi«|ue et motel de Par» •eut le fili et les petHi-fil* de •aînt Louis ( 1270-1328 ).

Sous le règne de Philippe 111, vers l'an 1284, Marguerite de Provence, veuve de saint Louis, fonda à Paris le couvent des Cordelières Saint- Marcel^ qui portaient également le nom de Filles de Sainte-Claire de la pauvreté Notre-Dame. Ce couvent fut établi dans une maison de « messire Pierre Galien de Pise (de Pois, de Pisis\ aumônier de la reyne de France, consistant en trois manoirs et leurs dépendances , sises vers l'extrémité du faubourg Saint-Marcel , joignant le chasteau ou maison royale bastie du temps de saint Louis, où demeuroit ordinairement ladite reyne. » Blanche, fille de saint Louis , fut également leur bienfaitrice. Cette princesse, après la mort de sa mère, fit construire l'un des dortoirs et l'église du couvent, « aux principales vitres de laquelle elle se voit dépeinte en posture de priante , comme tenant en ses mains une figure, d'église qu'elle présente à Dieu, où sont aussi figurées, et mesme aux lambris, ses armoiries, avec celles de sondit mary, en un mesme escusson. » Blanche, d'après la tradition conservée chez les religieuses cordelières , avait passé la fin de ses jours dans leur couvent. A l'extrémité du grand dortoir du monastère était une chapelle, la même, à ce que l'on croyait , où saint Louis venait entendre chaque jour la messe quand il demeurait en ces lieux. La sacristie ren-

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fermait un assez grand nombre de reliquaires très-riches, revêtus d'or, d'argent , de rubis, d'émeraudes, de diamants. On y conservait également * le petit habit gris que saint Louis, roy de France ( comme il étoit du tîersordre de Saint-François ), portoit ordinairement sous ses habits royaux, et son manteau royal, fait d'une belle panne, tout parsemé de fleurs de lys d'or en broderie, toutes bordées de petites fines perles. » Au commencement du dix-septième siècle , on fit de ce manteau plusieurs ornements d'église : une chasuble et deux dalmatiques qui servaient seulement le jour de la fête de Saint-Louis. Dans les archives du monastère on gardait des bulles et chartes de Nicolas IV, Honorius IV, Clément V, Pie II , saint Louis , Philippe le Hardi , Philippe le Bel, Philippe le Long et autres rois et papes, qui exemptaient le monastère de. la juridiction de l'évêque et lui accordaient divers privilèges.

Le couvent des Grandes Cordelières, aujourd'hui entièrement détruit, a été remplacé par des établissements industriels. La rue Pascal a été ouverte sur le terrain qu'il occupait (i).

Vers l'an 1280 Raoul d'Harcourt, docteur en droit et chanoine de l'Église de Paris, fonda sur la rive gauche de la Seine un collège célèbre qui porta son nom. A cet effet il acquit quelques vieilles maisons situées dans la rue Saint-Côme, dite aujourd'hui de I^a Harpe , et y plaça provisoirement quelques écoliers ; mais la mort vint le surpren4re au milieu de ses travaux. Son frère, Robert d'Harcourt, évêque de Goutances et l'un des con-

(i) M, de Gaulle, Hist. de Pairs, t. a, p. «57 et îi58.

seilleï's de Philippe le Bel, exécuta les dernières intentions de Raoul. Il augmenta les bâtiments par Tacquisition de trois maisons situées vis-à-vis les premières, et qu'il fit rebâtir à neuf, ajoutant à ce don celui de aSo livres tournois de rente amortie, pour l'entretien de vingthuit pauvres écoliers, étudiants aux arts et en philosophie^ et à douze théologiens. Il assigna à chacun des premiers trois sous par semaine, et aux seconds cinq sous, depuis le jour de Saint-Michel jusqu'à l'octave de Saint- Pierre. Dans la suite les bourses de ce collège se multiplièrent; aussi devint- il en peu de temps l'un des plus riches de la capitale.

Les anciens historiens s'étendent longuement sur les statuts du collège cCHar court; mais ces règlements, relatifs aux bourses et à la discipline intérieure, ne méritent point d'attirer l'attention. La Nation de Normandie tenait ses assemblées générales dans ce collège et entendait les offices dans la chapelle aux grandes solennités de l'Université. Le proviseur, Marin de Marigny, avait obtenu, en i3i3, du pape Clément V, la permission d'avoir une chapelle et d'y faire célébrer l'office divin, mesme sans la permission de Véi^esque de Paris ^ si elle leur es toit refusée.

Le collège d'Harcourt obtint bientôt une si grande vogue qu'on songea aux moyens de l'agrandir; on y parvint par l'acquisition des maisons contiguës, qui appartenaient au collège de Bajeux^ et de l'hôtel des évêques d'Auxerre, qui tenait aux murs et à la porte d'Enfer (i). De nos jours, et sur l'emplacement de l'ancien

(i) M. de Gaulle, Hist, de Paris y t. 2.

collège d'IIarcourt, si justement renommé, existe un vaste édifice, commencé en i8i4, terminé en 18:^2, et qui, après avoir un moment servi de maison de correction pour les jeunes détenus, est redevenu un édifice universitaire désigné sous le nom deLjcée impérial Saint-Louis,

Mentionnons, en paissamt^le collège des CholeCs^ aujourd'hui entièrement détruit , et dont l'ancien emplacement dépend du lycée impérial de Louis-le-Grand.

Le collège de ISavarre^ dont nous avons prononcé le nom , était situé rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et

avait été fondé, en i394, par Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel. La première pierre de la chapelle fut posée le 2 avril iSog, et dès l'an i3o5 les autres bâtiments furent en état de recevoir les maîtres et les écoliers.

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Pendant les guerres et les troubles qui, sous le règne de Charles VI, désolèrent les environs de Paris, ce collège fut ruiné. Rétabli par Louis XI, en 1464) il se soutint avec distinction et obtint des privilèges et un accroissement de revenus et de territoire.

Coquille, dans son Histoire du Nii^rnais, nous apprend sur ce collège une singularité que les annalistes de Paris ne doivent pas omettre; il dit que le roi en est le premier boursier, et que le revenu de sa bourse est affecté à l'achat des verges destinées à la correction des écoliers. Un prince dur et inflexible comme Tétait Philippe le Bel devait introduire de pareilles clauses jusque dans les concessions qu'il faisait à ses sujets. Quoi qu'il en soit, le collège de Navarre avait l'enseignement le plus complet de tous tes collèges de l'Université, et dès le principe on y suivait (les cours de théologie, de philosophie et d'humanités. Il avait une société de docteurs établie sur des bases analogues à celles de la Sorbonne, et à plusieurs reprises les rois et les princes y mirent leurs enfants en pension. De ce collège sortirent, à diverses époques, des élèves qui se rendirent célèbres dans les sciences et dans l'Église . Nous citerons, entre autre , Nicolas Oresme, d'abord grand-maître de cet établissement et plus tard précepteur de Charles V ; le cardinal d'Ailly et le cardinal Gilles Deschamps, qui professèrent la théologie ; l'illustre Jean Gerson , chancelier de l'Université et à son tour grand-maître du collège de Navarre ; Louis Lasserrés, proviseur du collège , auteur de plusieurs ouvrages, qui assista , avec les grands du royaume , aux conseils tenus pendant la captivité de François 1"; Ramus; Jean de Launoy , surnommé < le Dénicheur de saints»; César Égasse Duboulay ^

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professeur de rhétorique, et deux hommes dont la gloire efface celles que nous venons de rappeler, le cardinal Richelieu et Bossuet. A coup sûr bien peu de collèges, en Europe, seraient en droit de s'enorgueillir de noms semblables.

Dubreuil parle ainsi du trésor et des archives de l'établissement : « Il faut remarquer qu'il y a un grand coffre ou thrésor appelé la capse, où il y a trois diverses serrures et trois diverses clefs, dont Tune appartient au grand-maistre , l'autre au proviseur, et la troisième au principal des ar tiens. C'est le lieu où se met le résidu de l'argent. Il y a aussi deux autres grands coffres où se gardent soigneusement les chartes des fondations et privilèges de l'université de Paris. »

Sur le portail du collège se voyaient les statues de Jeanne de Navarre, qui l'avait fondé, et du roi Philippe le Bel, son mari. Les bâtiments du collège de Navarre ont été en partie démolis dans les temps modernes; leur emplacement est actuellement occupé par l'École polytechnique.

Le collège de Ba feux f\ït fondé y en ï3o8, par Guillaume Bonnet, évêque de Bayeux, né dans le diocèse du Mans et élevé dans celui d'Angers. Il était fils de Bertrand Bonnet , seigneur de Beuville et de la Chapelle. Ce collège n'eut de Normand que le nom; par les lettres de fondation Guillaume Bonnet stipula qu'il y aurait douze boursiers, dont six devaient être du diocèse du Mans , et particulièrement du Désert , à la nomination de l'évêque du Mans et de l'archidiacre de Passaye, et six de l'èvêché d'Angers, à la nomination de l'évêque et du trésorier d'Angers. 11 les chargeait de prier non-seulement

pour lui, ses parents et bienfaiteurs, mais encore pour le cardinal Gervais de Clinchamps, des biens duquel Guillaume de la Fosse, son exécuteur testamentaire, avait contribué à cette fondation. Il ordonna aussi que tous les ans les boursiers célébreraient son anniversaire à Saint-Séverin, le jour de son décès. Robert Benoît , chanoine de Bayeux et exécuteur du testament de Guillaume Bonnet , dressa , le 3o novembre 1 3 1 5, des statuts pour ce collège, et ajouta quatre nouvelles bourses aux douze anciennes. Le 1 5 août 1 543 Pierre Mathé et Jean Corbin, conseillers au parlement de Paris y vicaires députés par les évêques du Mans et d* Angers pour visiter et réformer le collège de Bayeux, firent de nouveaux statuts, où il n'est fait mention que de douze boursiers. Plus tard , et par un arrêt du 12 juin i55i , le Parlement réforma quelques articles de ces statuts.

En 1763 le collège de Bayeux fut réuni à l'Université.

Le collège du Cardinal Lemoine^ dont les bâtiments portent aujourd'hui le n® 76 de la rue Saint-Victor, doit son nom et son origine à Jean Lemoine , cardinal, né à Crécy en Ponthieu , légat du saint -siège, envoyé en France par Boniface VIII pour terminer la fameuse querelle qui s'était élevée entre le pontife etPhilippe le Bel. Il profita du temps que lui donna sa négociation infructueuse pour effectuer le projet qu'il avait formé avant son départ, de fonder un collégeàParis, ce qu'il exécuta vers l'an i3o2. « Les bâtiments furent construits sur l'emplacement des maisons, chapelle et cimetière qui avaient appartenu aux religieux augustins, dans le clos du Chardonnet, et sur l'ancien cours de la rivière de Bièvre, qu'on détourna (i). » Dans les

(1) Félibien, t. t, p. Sao.

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Statuts qu'il rédigea le cardinal ordonna qu'il y aurait dans ce collège soixante artiens et quarante théologiens. Ce nombre diminua dans la suite, et en 1 545 le Parlement le fixa à six artiens et dix-huit théologiens , état où il s'est maintenu jusqu'aux derniers temps. Le fondateur ordonna que rétablissement serait nommé Maison du Cardinal, et le premier, par une sage précaution qui prévint l'appauvrissement du collège malgré les changements dans la valeur des monnaies, comme plusieurs autres institutions semblables, il voulut que le montant des bourses fût réglé sur le poids de l'argent. Ija bourse de chaque théologien fut fixée à six marcs d'argent pur, poids de Paris; celle d'un artien à quatre marcs. André Lemoine, frère du cardinal, et différents membres de leur famille contribuèrent à diverses époques à la fortune de l'établissement.

L'un des parents du cardinal Lemoine, après avoir augmenté par des bienfaits nouveaux les revenus de ce collège, voulut y établir une singulière fête, nommée la solennité du Cardinal.

Le i3 janvier de chaque année, un famiUer de ce collège jouait, pendant cette fête, le personnage du cardinal ; vêtu des habits de sa dignité, il le représentait a l'église et à table, et recevait gravement les hommages, les compliments en vers et en prose que venaient humblement lui adresser les écoliers de cette maison. Pendant la messe, célébrée en cette grande solennité, on voyait figurer les comédiens de l'hôtel de Bourgogne, qui exécutaient des morceaux de musique en l'honneur du cardinal, et s'acquittaient ainsi d'un tribut de reconnaissance pour les bienfaits que leur théâtre avait reçus des personnes de la famille de ce

prélat^ qui possédaient dans la salie de ces comédiens une loge longtemps nommée loge du cardinal Lemoine.

Trois hommes célèbres ont professé dans ce collège : Turnèbe, Buchanan et Muret.

En i557 on fit des réparations considérables dans les bâtiments, qui sont aujourd'hui occupés par des manufactures et dont le jardin a été converti en chantier de bois à brûler.

Le collège de Laoriy situé originairement rue du Clos-Bruneau ou Saint-Jean deBeauvais, fut transféré plus tard rue de la Montague-Sainte-Geneviève. Ses fondateurs, Guy, chanoine de Laon, historien de la Sainte-Chapelle, et Raoul de Presles , secrétaire de Philippe le Bel, l'instituèrent en i3i3 pour les écoliers pauvres des diocèses de Laon et de Soissons. Des discussions s'étant élevées entre les écoliers des deux diocèses, on fut obhgé, en iSaS, de les séparer pour en former deux, collèges particuliers ; l'un prit le nom de collège de Presles ou de SoissonSj l'autre retint le nom de collège de Laori. Celui-ci occupa les bâtiments qui donnaient sur la rue du Clos-Bruneau, où fut depuis le collège de Beauvais et plus tard celui de Lisieux . En i SSg Gérard de Montaigu, depuis avocat général au Parlement, ayant légué aux écoliers de ce collège son hôtel du Lion d'Or y situé rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, ils y furent transférés en 1 340 . Entre cet hôtel , devenu le collège de Laon, et le couvent des Carmes, était le collège de Dace. Peu fréquenté et pauvre, cet établissement avait emprunté quelques sommes à celui de Laon, qui, en i43o, pour ne point les perdre, se mit en possession de ses bâtiments en donnant ailleurs une maison aux écoliers de Dace. Le nombre

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des bourses du collège de Laon, d'abord fixé à seize par les fondateurs, pour seize étudiants, fut dans la suite augmenté d'un grand nombre d'autres bourses, tant pour les arts que pour la théologie et la médecine.

Quand au coll ége de Presles ou de Soissons^ détaché, comme on Ta vu, en iSaS, du collège de Laon, pour les écoliers du collège de Soissons, il s'établit dans l'emplacement qui donnait sur la rue Saint-Hilaire ( plus tard rue des Carmes), à la charge d'une rente de 24 livres qu'il devait payer au collège de Laon. Philippe le Long, en confirmant cette séparation, donna au collège de Presles vingt-quatre arpents de bois dans la foret du Loup et delà Muette, avec le droit de gruerie. Le collège de Beauuais^ fondé dans la rue voisine, sur un terrain contigu à celui de Presles, ayant eu besoin de locaux pour ses leçons publiques, un accord réunit les deux collèges en 1 597 et partagea les cours entre eux ; chacun eut quatre professeurs et quatre classes. Cet arrangement dura jusqu'en 1699, où l'exercice entier des collèges fut abandonné au collège de Beau vais. Les bouVses du collège de Presles étaient affectées par préférence, dans le diocèse de Soissons, aux lieux de Presles, de Cys, de Ru, de Saint-Marc et deBoves.

Gilles Aicelin, archevêque de Rouen et auparavant de Narbonne, et de l'ancienne maison de Montaigu, en Auvergne, fonda à Paris, vers l'an i3i4, un nouveau collège qui reçut le nom de Montaigu, Cet établissement fut agrandi l'an i389 P^^ Pierre de Montaigu, évêque de Laon, cardinal et neveu de Gilles Aicelin, lequel, en mourant, le mit sous la direction de Philippe de Montaigu, son cousin, et évêque d'Évreux.

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Louis de Montaigu, dit de Listenois, chevalier, prétendit que les maisons que ses parents avaient données pour celte fondation lui appartenaient; mais enfin, pour avoir part à cette bonne œuvre, il consentit qu'elles restassent à ce collège, par acte du 17 janvier iSga, à condition que ce collège s'appellerait à l'avenir de Montaigu. Philippe, ci-devant évêque d'Évreux, et pour lors de Noyon, fit, le 25 juillet 1^02^ des statuts pour les boursiers, et établit le chapitre de Notre-Dame de Paris visiteur et réformateur de ce collège, et lui donna le pouvoir de nommer le principal et d'installer les boursiers.

Les grands biens que Louis Mallet, sieur de Graville et amiral de France, fit à ce collège, portèrent le cliapitre de Notre-Dame à céder son autorité à Jean Standoncht, et ce principal la transporta bientôt après au prieur delà Chartreuse de Paris (i). Jean Standoncht, pendant qu'il fut principal, fit pour la discipline et la

(1) Sous le règne de Louis XII, en i499» œ principal fut accusé auprès du Parlement d'avoir déclamé publiquement contre le procès intenté à Jeanne fie France et le nouveau mariage de ce mqnai*que avec Jnnech Bretagne, et il fut condamné à un bannissement perpétuel. Mais, quelques années après, Louis ayant été informé que cet homme dur et atrabilaire était foncièrement vertueux et bienfaisant, qu'il consacrait un riche patrimoine et le revenu de ses bénéfices à la subsistance des pauvres étudiants, qu'en le perdant le collège de Montaigu, qui était un asile toujours ouvert aux jeunes gens nés sans fortune et qui montraient des dispositions pour les lettres, avait perdu son uni(}ue soutien et était à la veille d'être détruit, il eut honte de se trouver persécuteur d'un homme de bien. Dans une lettre qu'il écrivit au Parlement il fit luimême l'éloge de son ennemi ; il ordonna qu'on abolit l'arrêt rendu contre lui, qu'on le rappelât au plus tôt et qu'on le rétablit avec honneur dans toutes ses places. Hist, de France, par Granier, t. ai, p. 96 et 97.

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manière de vivre des boursiers de ce collège, des statuts et des règlements qui portent les caractères de la sainteté et de raustérité de ses mœurs. Suivant ces statuts, nonseulement les boursiers faisaient toujours maigre, mais même jeûnaient perpétuellement, à Texception d'un petit morceau de pain qu'on leur donnait le matin à déjeuner; car ils ne goûtaient jamais. Leur principal repas était ainsi composé : pour premier plat ou pour entrée^ la trentième partie dune livre de beurre ; ensuite une soupe aux légumes, sans graisse; un demi-hareng ou un œuf aux jeunes écoliers, un hareng entier ou deux œufs aux théologiens, et pour dessert un peu de fromage ou quelques fruits. Les prêtres seuls pouvaient boire un peu de vin , une pinte partagée en trois, étonne pouvait le boire pur; chacun devait ajouter en sus à sa portion au moins le quart en eau. Le jeûne était observé, indépendamment du Carême, pendant l'Avent et tous les vendredis. Les écoliers servaient tour à tour, pendant une semaine, à la cuisine et au réfectoire. Quant à leur costume, il consistait en un camail et une cape, ce qui les avait fait appeler les pauures capettes de Montaigii. Les prêtres et les théologiens portaient des habits noirs, les autres gris, et d'une étoffe qui ne devait pas dépasser le prix de vingt sous de Paris l'aune. Ces pauvres écoliers avaient pour eux une chapelle haute ; mais ils pouvaient descendre dans l'oratoire qui était au bas, et où on célébrait les offices pour les riches^ c'est-à-dire pour les pensionnaires.

L'extrême rigidité du règlement auquel étaient soumis les écoliers pauvres de Montaigu influa sur le traitement des autres; carde tout temps les écoliers de Montaigu ont passé dans l'Université pour les plus malheureux, et

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