‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 12 sur 82 · QO HISTOIRE DE PARIS · texte numérisé non relu

QO HISTOIRE DE PARIS

Érard^ ancien directeur de l'Académie royale de Peinturie. Cet édifice fut achevé en 1676 ; le mardi .i4 août de la même année l'archevêque de Bourges y dit la première messe, et il y officia pontificalement le lendemain, jour de l'Assomption.

L'église de l'Assomption est de forme ronde ; elle consiste en un dôme décoré de quatre arcs, entre lesquels sont des pilastres corinthiens accouplés qui soutiennent un grand entablement. La circonférence de la voûte sphévique^ qui surmonte le dôme, est d'environ 65 mètres dans œuvre. Le comble est terminé par un lanternoa soutenu par des consoles. Le portique qui conduit à l'église s'appuie sur huit colonnes corinthiennes, élevées sur huit degrés. Leur profil est assez correct, mais l'entablement et le fronton ne répondent pas aux modules des colonnes, et la corniche n'a pas assez de saillie. On reproche justement à cette église d'être, à l'intérieur, beaucoup trop élevée pour son diamètre. L'effet résultant de ce défaut, qu'exagère encore la nudité des murs,, donne à l'intérieur du dôme la désagréable apparence d'un puits profond et nullement la grâce d'une coi^ole bien proportionnée. Ce qu'il y ai de plus remarquable dans la construction, c'est la forêt ou charpente. La voûte est ornéed'un grand morceau de peinture à fresque, représentant V Assomption de la Fierge; cette peinture est de Lafosse. Avant la Révolution on remarquait dans cette église plusieurs bons tableaux des meilleurs maîtres du dix-huitième siècle. Parmi les peintures modernes qu'on y a placées on distingue un tableau de M. Gautherot;, représentant saint Louis donnant la sépulture aux pestiférés.

En 1 790 l'Assemblée constituante supprima ce couvent

(1270-1828) LIVRE VII. CHAPITRE IV. gi

et toutes les communautés religieuses, dont les biens furent aliénés au profit de la nation .v Le décret fiit rendu sur le rapport de M. de la Rochefoucauld, l'un des descendants du cardinal qui avait détruit le couvent des Haudriettes et réuni leurs biens à ceux des religieuses de T As* somption. Durant la tourmente révolutionnaire l'église de ces religieuses fut transformée en magasin et les archives du couvent furent brûlées. Après le concordat le premier consul décida que l'égliseVde l'Assomption serait à Favenir la paroisse du premier arrondissement de Paris, en attendant la construction de l'église de la Madeleine. D'après le décret du 26 janvier i856 elle doit former une nouvelle paroisse; en attendant, on y célèbre des offices comme - dans une chapelle ouverte au public' C'esf^4ans la chaire de l'Assomption que, pour la première fois, à Paris, s'«st fait entendre l'illustre Père Ventura, dont on déplore aujourd'hui la perte. Les paroles qu'il prononça alors produisirent une vive impression. « Bons habitants de Paris, dit-il, j'espère que vous ne serez pas moins indulgents que les habitants du Midi pour l'Italien qui a peut-être le plus aimé la France. J'espère que vous voudrez bie^ lui pardonner le défaut de forme grâce à l'importance du sujet. J'espère que, me trouvant assez zélé pour votre salut , assez chrétien , assez catholique, vous me trouverez, par cela même , assez français. 2>

Quelques établissenjents d'un autre ordre furent fondés à Paris durant la même période. En premier lieu nous mentionnerons la boucherie de Saint^Germain des Prés.

Elle dut son origine, selon Sauvai^ à l'abbé Gérard de Moret, qui permit, en 1274, « à la prière des habitants

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