‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 24 sur 82 · I7B HISTOIRE DE PARIS. (ISMISW · texte numérisé non relu

I7B HISTOIRE DE PARIS. (ISMISW

seigneurs et chevaliers. Ainsi finit la journée dudit mardi, qui fut le 5" jour de janvier.

. « Le lendemain 9 jour de l'Epiphanie, l'empereur fit prier le roi de lui montrer les saintes reliques, et il ajouta qu'il vouloit celui jour aller à la messe et diner aupalaisavec lui. Le roi*et l'empereur se lovèrent donc bien mâtin, et on fit garder les portes du palais plus étroitement qu'auparavant par les chevaliers et écuyers de l'iiôtel, parce que la veille les sergéns d'armes et sergens du Ghâtelet y avoîent trop laissé passer de gens. Elles furent si bien gardées que nul n'y entra que chevaliers et écuyers ou autres' gens -d'état. L'empereur et le roi allèrent donc paisiblement et sans trop grande presse en la Sainte-Chapelle, Comme;rempereur vouloit monter devant la châsse et voir les saintes reliques, quoique Tescalier fût étroit et difficile, il ne put être transporté dans sa chaise, mais il se fit tirer par les bras et jambes le long de l'escalier, et arriva jusqu'en haut à grande peine et travail de son corps, pour la grande dévotion qu'il avoit à voir de près les saintes re« liques. Quand il fut auprès, le roi ouvrit la sainte châsse, et ledit empereur ota son chapeau, joignit les mains, et comme en larmes fit là son oraison longuement en trèsgrande dévotion ; puis il se fit soutenir et apporter les saintes reliques à baiser j et le roi lui montra une à une les pièces qui sont en ladite châsse. Lorsque les princes eurent embrassé la châsse, le roi la tourna vers la chapelle et la fit garder par les évêques de Beauvais et de Paris, revctus de leurs habits pontificaux, portant leurs mitres et leurs crosses. Quand l'empereur fiit descendu, il ne voulut pas entrer dans l'oratoire que le roi lui avoit fait préparer, mais voulut être dans la chaise où le trésorier

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de la Sainte-Chapelle a coutume de s'asseoir, pour voir mieux et pliis longuement lesdites saintes reliques et être mieux à Topposite du tronc de ladite châsse. Et là on lui couvrit bien honnêtement son siëge d'un drap d'or. Ije roi se mit en son oratoire, qui étoit près de la porte du vestiaire, et, comme l'empereur n'avoit point de courtines (rideaux), il fit plier les siennes. Au commencement de la messe, et à l'Évangile, il lui envoya présenter avant lui leau bénite par Tarchevêque de Reims, quoique l'empereur s'en défendît beaucoup ; mais le roi le voulut ainsi, parce qu'il vouloit honorer l'hote qui étoit venu le visiter dans son royaume et qui demeuroit dans son palais. Quand vint l'offrande, le roij qui avoit fait préparer trois paires d'offrandes, d'or, d'encens et de myrrhe, suivant la coutume, fit demander à l'empereur s'il rHoffriroit point*; celui-cî s'excusa en disant qu'il ne pouvoit s'agenouiller, à cause de la goutte, et pria le roi d'offrir et de faire selon sa coutume. Belle fut l'offrande du roi. Trois chevaliers, ses chambellans, portoient trois belles coupes dorées et émaillées; en l'une étoit l'or, en l'autre l'encens et en la troisième la myrrhe. Ils s'avancèrent tous trois devant le roi, et, s' agenouillant devant Tarchevêque, le premier chevalier fit successivement les trois offrandes, en baisant

chaque fois la main dudit archevêque

a La messe terminée, le roy monta à la sainte châsse et fit baiser les reliques aux princes et gens de l'empereur qui n'y avoient pas encore été; pendant cette cérémonie, qui fut longue, l'empereur se retira dans une chambre de la Sainte-Chapelle^ qui avoit été très-bien et honorablement disposée et qui est occupée par les clercs-marguilliers et

les gardes de l'église. Quand la châsse fut fermée le fol

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s'en alla par la chapelle en sa chambre. Alors il envoya vers Tempereur le dauphin de Yiennois, son fils aîné, qu'il a voit envoyé chercher en son hôtel de Saint-Pol, avec les ducs de Berry et de Bourgogne, le duc de Bourbon, frère delà reine, le duc de Bar et plusieurs autres seigneurs et chevaliers de grand état. Lorsque l'empereur sut cpie le Dauphin venoit vers lui il se fit lever de sa chaise, ôtason chaperon et accola le prince ; celui-ci s'incHna devant lui sans s'agenouiller. Le roi descendit ensuite de sa chambre et vint chercher l'empereur pour aller manger en la grande salle du palais. On transporta l'empereur sur une chaise ; à côté de lui étoit le roi, qui avoit à sa main gauche le roi des Romains; le Dauphin alloit devant, porté sur le cou de ses chevaliers. Us se rendirent ainsi paisiblement par les merceries ( galerie des marcliands ) et par la grande salle jusqu'au haut dais de la table de marbre. »

Les chroniques décrivent ainsi l'espèce de drame qui fut représenté devant la noble assemblée : « Au bout de la salle, qui étoit fermée de manière à ce qu'on ne pût voir de dehors, étoit un vaisseau bien garni de voiles et de mâts et très-richement et plaisamment peint et orné. Dans ce vaisseau étoient douze chevaliers, dont les cottes d'armes, les écus et bannières ressembloient à celles des nobles preux qui avoient été à la conquête de Jérusalem avec ledit Godefroy. Sur le devant du vaisseau se tenoit Pierre rHermite,dans le costume dépeint par l'histoire. Levaisseau fut mis en mouvement par des gens cachés dedans, et il fut mené du côté gauche de la salle jusqu'au grand dais, avec tant de légèreté qu'on eût dit un vaisseau flottant sur l'eau. Alors parut dans le fond, à la place qu'il venoit de quitter, un décor représentant la cité de Jérusalem. Le

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temple étoît aussi bien dessiné que le permettoit l'espace ; on y voyoit la grande tour d'où les Sarrasins ont coutume de crier leur loi. Un homme, vêtu très-proprement en Sarrasin, y crioit la loi en langue arabique. La tour étoit si haute que cet homme touchoit presque le plafond de la salle, et la ville étoit entourée de fortifications défendues par des Sarrasins qui portoient bannières et pennons et étoîent armés à leur manière. Ce décor fut également amené jusque devant le grand dais par des gens qui étoient cachés dedans. Les personnages descendirent du vaisseau en bon ordre et vinrent donner l'assaut à la ville ; après un combat long et violent, ils s'en emparèrent et jetèrent dehors ceux qui étoient en habit de Sarrasins, après avoir arboré sur les remparts les bannières de Godefroy.

ce Après ce spectacle, qui fut mieux exécuté qu'on ne peut le dire, le dîner fat terminé. On ôta les nappes et l'on donna l'eau à l'empereur et au roi des Romains pour laver leurs mains. Malgré les gardes et les barrières, l'empereur craignit d'être trop pressé à l'entrée du parlement, et sur sa demande le roi fit apporter à table les épices et le vin. *Le Dauphin fut mis debout sur la table, vis-à-vis le roi et l'empereur ; le duc de Bourbon le soutenait. Les ducs de Berry et de Bourgogne servirent les épices, les ducs de Brabant et de Bourbon donnèrent le vin ; un peu après le roi et l'empereur, le roi des Romains fat servi par le comte d'Eu et l'un de ses chevaliers. Ensuite on quitta la table, et l'empereur fut porté à sa chambre, sur une chaise, par le milieu de la grande salle, par la porte des merceries et par les grandes allées. Le roi envoya ses frères et plusieurs autres seigneurs lui tenir compagnie , et se rendit, en tenant le roi des Romains par la main,

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en la chambre du Parlement, où il reçut nombreuse com« pagnie. Ils se retirèrent ensuite dans leurs chambres par les grandes allées. »

Un peu plus loin les Grandes Chroniques, de France disent encore :

a Le lendemain après dîner, dimanche, Tempereur, son fils et le roi montèrent, vis-à-vis le Louvre , dans le bateau dont il a déjà été fait mention, et se rendirent à Thôtel Saint- Pol, oiiétoient la reine et ses enfants. Quand ils furent arrivés dans Thôtel jusqu'au milieu de la cour, le Dauphm et monseigneur Louis, comte de Valois, s'agenoiiillèrent devant le roi leur père, puis allèrent saluer L'empereur, quiôtason chapeau et les embrassa. Us furent ensuite portés devant nosdits seigneurs, qui montèrent à la grande chambre, et là l'empereur dit qu'il vouloît voir la reine. 11 y a voit si grande foule qu'à peine pouvoit-on passer aux portes; cependant ils purent pénétrer dans la vieille chambre de la reine, qui est près de la salle où est l'histoire de Thésée. Là étoitla reine,, qui avoit un trèsriche cercle sur sa tête, et qui étoit accompagnée de nobles dames : la duchesse d'Orléans^ fille du roi de France, la duchesse de Bourbon , mère de la reine , la comtesse d'Artois , la fille du duc de Berry, la fille du seigneur de Coucy, la dame de Préaux et plusieurs autres comtesses, baronesses, dames et demoiselles en très-grand nombre. L'empereur ôta son chapeau et se fit lever devant la reine, qui le baisa, lui et son fils ; toutes les dames du sang de France le baisèrent également. L'empereur demanda plusieurs fois la duchesse de Bourbon, mère de la reine \ elle lui fut amenée, et, quand il la vit, il se prit si fort à pleurer, et elle aussi, que c'étoit piteuse chose à regarder, La cause en étoit que

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la duchesse étoit sœur de la première femme de l'empereur et amie de jeunesse de la reine, mère du roi Charles et de ses frères. Pour ces raisons l'empereur voulut^ après dîner, causer longtemps avec elle; il demeura là quelque temps, puis se retira et fut porté dans la chambre du Dauphin. Le roi alla dîi>er avec le roi des Romains dans la salle dudit hôtel nommée la salle de Sens^ et pendant ce temps Terapereur s' étoit fait mettre dormir. Après le dîner, lorsqu'on eut pris le vin et les épices , le roi se retira dans sa chanil)re9 et le roi des Romains dans celle de monseigneur Louis de Valois. Le prince voulut voir les lions du roi.; il y alla en compagnie des ducs. L'empereur s'étant éveillé causa longtemps avec la duchesse de Bourbon ; puis il reçut la visite de la reine .et de ses deux

fils, ce qui lui causa beaucoup de joie »

a Le vendredi, jour de la fête de Saint^-Maur, l'empereur alla de nouveau en pèlerinage à Saint-Maur, où Tévêquede Paris^ chanta pontificalement la messe ; puis il revint dîner à Beauté. Après^ dîner il remercia beaucoup de ses présents le roi qui l'étoit venu voir, et que c'étoit avoir trop fait pour lui, pour son fils et pour les siens, et que jamais il ne pourroit dignement reconnoître ce procédé. Us demeurèrent longtemps ensemble en grand conseil, puis le roi revint à sa résidence de Vineennes. »

Christine de Pisan ajoute :

« Le seizième jour de jenvier, que l'empereur partir devoit pour s'en aler en son pays, et ala le roy à Beaulté, et derechief parlèrent ensemble; et par grantamistié et doulces paroUes prist un rubis et un dyament l'empereur en son doy et au roy les donna ; et le roy lui redonna un

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gros dyatnent; et là^ devant tous^ s'entr'accollèrent et baisièrent à grans remerciemens ; aussi à son filz. L'empereur monta en sa litière, et le roy à cheval, et chevaucha le roy à costé de lui, tousjours devisant, et tous les seigneurs^ prélas et barons, et grant multitude des gens avecques eulx; et le convoya le roy assez près de la maison de plaisance; ce que l'empereur ne vouloit que tant venist avant. Et là prisdrent congié l'un de l'autre, mais si fort plourèrent qu'à peine povoyent parler ; et le roy au bois s'en retourna, et une pièce le convoya le roy des Romains, puis prist congié ; et nos seigneurs les ducs convoyèrent l'empereur, qui vint celle nuit à Laigni-sus- Marne, et lendemain ala augisteà Meaulx, et jusquespar delà le convoyèrent nosdits seigneurs; puis congié prisdrent, et s'en retournèrent.

« Et ainssi le roy lefist convoyer par ses princes, barons et chevaliers, tant qu'il fu hors du royaume , et en toutes les villes où il passa, pareillement, par l'ordonnance du roy, àfeste, à solemnitéet p^^ésens fu reçues, ainssi comme au venir avoit esté.

a Et est assavoir que, depuis le jour qu'il entra au royaume de France jusques au jour qu'il en sailly, tout Testât de la despence de luy et de ses gens fu au despens du roy ; de laquel chose , les choses dictes et les dons considérées, monta une très-grant somme d'or; mais, Dieu mercis, et le grant sens du sage roy, tout fu bel et bien fourni, et largement, tout au despens du roy, sans quelconques grief à créature. »

On nous pardonnera, nous l'espérons , la longueur de ces citations. Aucune analyse ne saurait remplacer de pareils textes et donner comme eux une idée vraie, une image

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vivante de ce qu'étaient la cour, la noblesse ^ la société et les habitudes parisiennes vers le déclin du quatorzième siècle et sous la domination des premiers Valois. Ce luxe, cessplendeurs et ce faste n'allaient que trop tôt disparaître devant les progrès de la misère publique et sous l'autre règne.

En cette même année 1377, à l'avènement de Richard Il , roi d'Angleterre, les hostilités éclatèrent de nouveau entre les Anglais et les Français. Cinq armées françaises combattirent l'ennemi sur tous les points. L'amiral Jean de Vienne fit une descente dans le comté de Kent ; du Guesclin envahit les domaines que Charles le Mauvais possédait en Normandie; Olivier Clisson, compatriote de du Guesclin , se signala en Bretagne, et le duc d'Anjou conquit la Guienne , à l'exception de Bordeaux. Sur ces entrefaites les villes de Cherbourg et de Brest furent livrées à l'Angleterre, la première par le roi de Navarre, l'autre par Montfort , de sorte que l'ennemi se trouva encore maître de quatre ports sur l'Océan, et put entrer en France à la fois par Calais, Cherbourg, Brest et Bordeaux ; mais c'était un faible avantage auprès des vastes et riches provinces qu'il avait perdues.

Charles V poursuivait avec persévérance ses projets d'agrandissement et de conquête. Il porta ses vues sur la Bretagne , et comme Jean de Montfort, prince de ce pays, avait été chassé par ses peuples, Toccasion parut favorable au roi de France, qui déclara la Bretagne confisquée et réunie à la couronne. Mais la fière population de l'Armorique refusa de souscrire à cette décision ; Jean de Montfort, exilé pour cause de tyrannie, lui redevint cher dès lors qu'il était proscrit par l'étranger. Ce prince fut

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rappelé par ses sujets, et la politique de Charles Y subit une défaite.

La guerre continuait encore dans le Gévaudan, où des aventuriers, la plupart anglais, occupaient plusieurs {Jaces ou châteaux forts et troublaient la sécurité du pays. Du Guesclin fut envoyé pour les réduire. Comme il faisait le si^e deChâteau*Randon il tomba malade et mourut, après avoir fait de touchants adieux à ses compagnons d'armes. On lui fit de magnifiques fimémilles, et Charles V ordonna qu'il fût enseveli à Saint-Denis, lieu réserve pour iasépuK ture des rois ( i v38o) .

Depuis deux ans un autre deuil avait éprouvé, ja famiUe royale, La reine de France, Jeanne de Bourbon, ét$it ■morte (6 février iSyS), peu de jours après avoijp mis.au monde une fille. « Ce malheur, dit Christine de Pisan, affligea beaucoup le roi, et, quoique la constance fût une vertu plus grande en lui qu'elle n'est communément chéries autres hommes, cette perte lui causa une douleur si profonde et de si longue durée qu'en aucune circonsts^nce on ne lui vit jamais témoigner un pareil deuil, car tous deux s'aimoient d'un grand amour. Elle fut pleUrée et regrettée par son frère, le duc de Bourbon, et par beaucoup d'autres. Le roi, qui avoit aimé la personne, songea au soulagement de l'àme ; il fit dire continuellement un grand nombre de saintes oraisons, de psaumes, de vigiles .et de messes, et fit d'abondantes aumônes. La dépouille de la reine fut apportée en grande pompe, vêtue avec richesse, parée et couronnée, sur un lit couvert de drap d'or et surmonté d'un ciel. On la porta en procession à l'église de Notre-Dame ; le ciel, soutenu par quatre lances, était porté parle prévôt des marchands et leséchevins; le poêle

par les seigneurs du Parlement. Il y avoii quatre cents torches, chaciuie de six livres de cire. Toutes les communautés religieuses précédoient le corps; nos seigneurs veuoient après, vêtus de noir.... »

La reine qui venait de mourir était une femme de hautes vertus et d'une grande sagesse, et qui avait eu part à la gloire du gouvernement de Charles V ; le roi fut inconsolable de sa perte.

DuGuesclin était mort; Charles V, au lieu dé corn* battre les Anglais, essaya contre eux d'un système de temporisation qui leur permit d'exercer d'affreux ravage» dans nos diverses provinces. Charles Vêtait convaincu|que les ennemis seraient les premiers à porter la peine de leurs /entreprises. Or ce système ne paraissait plus de saison depuis que la France, au lieu d'être appauvrie, ruinée, sans forces armées, avait repris une prépondérance mililaire dont elle semblait he pouvoir être déshéritée, même par une défaite isolée.

Charles Y mourût au mois de septembre i38o. C^e prince, le jour de^ sa mort, supprima une partie des impôts qu'il avait établis , mais ces réparations tardives ne sont guère respectées par les héritiers des rois. Jamais prince ne se plut tant à demander conseil et ne se laissa moins gouverner que lui. Vainement les écrivains qui jugent les rois des autres siècles d'après des principes modernes, et sous l'empire d'idées autrefois inconnues^ re^ prochent-ils à ce prince son aversion pour les envahissements du pouvoir populaire, manifestée par sa froideur à rencontre des états généraux ; ceux qui se placent sur le terrain des hommes historiquer qu'il s'agit d'apprécier, et se transportent par la pensée au temps où ils ont vécu,

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reconnaîtront sans peine qu'au quinzième siècle les états généraux ne réunissaient ni assez de lumières ni assez de vertus pour gouverner la France. Un despotisme sage et éclairé pouvait seul , en concentrant les forces du pays et en leur donnant une direction utile\ accomplir les merveilles que Tadministration de Charles Y parvint à opérer.

Charles Y était instruit et ami des lettres ; son père ne lui avait laissé qu'une bibliothèque de vingt volumes ; il par* vint, à force de soins et de sacrifices, à en réunir neuf cents, nombre très-con»dérable pour cette époque. Il disait souvent : Les clercs ou la sapience on ne sçauroit trop honorer; et tant giie sapience sera honorée en ce royaume^ il continuera à prospérité; mais^ quand débouttée y sera^ il descherra.

Charles Y était mort le dimanche 16 septembre, en son château de Beauté-sur-Mame. « Le lundi, disent les chroniques, au point du jour, son corps fut apporté à Saint- Antoine, où il demeura jusqu'au vingt-quatrième jour dudit mois, auquel jour on l'apporta à Notre-Dame avec la pompe ordinaire en ces solennités. Les ducs, frères du déftint, alloient à pied derrière le corps. Sur le chemin de Saint-Antoine il y eut une grande lutte et querelle entre les écoliers de l'Université et Hugues Aubriot, prévôt de Paris, et les sergents du Châtelet. Plusieurs écoliers furent menés en prison, puis rendus à l'Université. Les deux fils de Charles étoient à Melun ; il leur fut conseillé de ne point sortir jusqu'à l'enterrement, tant pour ce qu'ils étoient jeunes et pouvoient être blessés dans la foule, que pour la contagion qui étoit encore à Paris et dans les environs. Le lundi les vigiles fiu-enl

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chantées à Notre-Dame, puis le lendemain la messe. I-e corps du roi fut ensuiteapporté à Saint-Denis en la chapelle qu'il avoit fondée et dans laquelle étoit déjà le corps de la reine sa femme. Le cœur fut porté à TégUse cathédrale de Rouen, et ensuite les entrailles furent ensevelies en Tcglise de Maubuisson, près de la sépulture de sa mère^ ainsi qu'il l 'avoit ordonné. »

igo HISTOIRE DE PAKIS. (Uat-ISM)

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