HISTOIRE DE PARIS. (18M-18M
Les bains et les étuves de la reine, tant à Thotel Saint-Paul proprement dit qu'à Thôtel du Petit-Muce, qui en était, comme on l'a vu, une dépendance, étaient pavés de pierres de liais, fermés d'une porte de fer treillissée et entourés de lambris de bois d'Irlande. Les cuves étaient de même bois, ornées tout autour de bossettes dorées et liées de cerceaux à clous dorés.
La chambre aux joyaux était fort riche, mais elle le cédait de beaucoup à celle du Louvre.
La galerie de V appartement de la reine surpassait, au contraire, tout ce qu'on voyait dans ce gaire à Paris, même au Louvre. Sauvai en parle avec enthousiasme et la description qu'il en donne est vraiment curieuse. c< Dans les siècles passés il n'y a pas eu, dit-il, de plus magnifique galerie que celle qu'acheva Charles V dans l'appartement de la reine à l'hôtel Saint-PauL Elle avoit vingt-quatre toises de longueur. Depuis le lambris jusqu'à la voûte, et sur une terrasse qui régnoit tout autour, étoit représentée sur un fond vert une grande forêt pleine d'arbres et d'arbrisseaux, de pommiers, poiriers , cerisiers, pruniers et autres semblables^ chargés de fruits, et entremêlés de lys, de flambes, de roses et de toutes sortes de fleurs. Des enfants répandus en plusieurs endroits du bois y cueilloient des fleurs et mangeoient des fruits; d'autres arbres poussoieut leurs branches jusque dans la voûte, peinte de blanc et d'azur, pour figurer le ciel et le jour ; et enfin le tout étoit de beau vert gai, fait d'orpin et de florée fine. Outre cela il fit peindre encore une petite allée par où passoit la reine pour venir à son oratoire de l'église Saint-Paul. Là, de côté et d'autre , quantité d'anges tendoient une courtine aux livrées du roi ; de la voûte, ou pour mieux dire d'un
ciel d'azur qu'on y avoit figuré , descendoit une légion d anges jouant des instruments et chantant des antiennes de Notre-Dame. Le ciel, au reste , aussi bien que l'allée delà galerie, étoit d'azur d'Allemagne, qui valoit dix livres parisis la livre, et le tout ensemble coûta six vingts écus. »
Les cheminées des appartements principaux du roi , de la reine et des princes, étaient d'une grandeur extraordinaire. « Celle de la chambre du roi avoit pour ornement des chevaux de pierre. Les chenets étoient de fer ouvré, ainsi que les tenailles^ les pincettes, les pelles et le trai^ feu. »
« Les poutres et les solives des principaux appartements étoient enrichies de fleurs de lys d'étain doré. 11 y avoit des barreaux de fer à toutes les fenêtres, avec un treillage de fil d'archal, pour empêcher les pigeons de venir faire leurs ordures dans les olmmbres. Les vitres, peintes de différentes couleurs et chargées d'armoiries, de devises, d'images de saints et de saintes, ressembloient aux vitres de nos anciennes églises, IjCs sièges étient des escabelles, des formes et des bancs. Le roi avoit des chaises à bras garnies de cuir rouge, avec des franges de soie »
Les appartements étaient fort nombreux; on les désignait, ainsi que les chambres principales, par des dénominations spéciales. Il y avait la grande chambre lambrissée ou chambre verte^ la chambre des grands aulmoiresj la chambre de Just^ les salles de Sens et de Saint-Maur^ la salle verte, la salle aux bourdons.
La salle de Théséus était ainsi appelée, selon Sauvai , parce que ce héros y était peiiit sur le§ murailles ou sur