‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 29 sur 82 · HISTOIRE DE PARIS. (1MM · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS. (1MM

les tapisseries. On doit faire remarquer qu'il ne s'agit pas ici du Thésée grec, mais du héros du roman du (quatorzième siècle mis en vers au commencement du quinzième^ et ayant pour titre : Théséus, filsde Floridas, roi de Coulogne. La salle de Mathebrune était ainsi nommée parce que cette héroïne d'un autre roman du moyen âge était représentée sur la muraille dans les diverses phases de sa vie aventureuse.

Chacun des hôtels dont la réunion disparate formait l'hôtel Saint-Paul avait sa chapelle. Charles V préférait entendre la messe dans la chapelle de l'hôtel du Puteymuce.

Dans cet assemblage confus de bâtiments se trouvaient plusieurs cours. La cour des joutes était la plus vaste. Voici les noms de plusieurs autres : la cour des cuisines; celles des saucerieSj des celliers^ des CO' lombiers , des gelinières , du four , du garde-manger^ de la caife au vin des maisons du roij de la bouteillerie; la cour oîi se fabriquait \hypocras; les cours de la paneterie^ de la pâtisserie, etc. Les cheminées étaient d'une grandeur qui nous paraîtrait aujourd'hui fort extraordinaire; on en plaçait jusque dans les chapelles. 11 s'y trouvait aussi des poêles , alors nommés chauffe' doux.

On fit, en 1367, fabriquer quatre paires de chenet en fer ouvré. La paire la plus légère pesait quarantedeux livres et la plus lourde cent quatre-vingt-dix-huit livres.

Les ans s'écoulèrent; d'autres rois se succédèrent sur le trône de France, et l'hôtel Saint-Paul, où Ton respirait un air fétide , produit par le voisinage des égouts et des fossés de la ville , fut abandonné par les.

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Valois, qui préférèrent habiter Thôtel des Tournelles , situé daus le voisinage , et qui eut également sa célébrité.

L'hôtel Saint-Paul, ainsi abandonné, tombait en ruines, lorsqu'en i5i6 François I", sans s'embarrasser si cette propriété faisait partie du domaine de la courronne et si elle était aliénable, commença à vendre une de ses parties à Jacques de Genouillac , dit Galliot , grand-maître de lartillerie. Ce fut sur remplacement de cette partie de riiôtel Saint Paul que dans la suite on établit rArsenal. Cette première atteinte à l'édit de Charles V qui défendait d'aliéner l'hôtel Saint-Paul fiit suivie de beaucoup d'autres infractions qu'on autorisa sans scrupule. Toutes les parties de ce séjour furent successivement vendues, et au dix-septième siècle on ouvrit sur leur emplacement des rues dont les noms désignent la situation des établissements qui s'y trouvaient. La rue Beautreillis ainsi que celle de la Cerisaie indiquent l'emplacement d'un hôtel de ce nom et des promenades plantées de cerisiers ; la rue des Lions, celui de la ménagerie. L'endroit occupé par l'hôtel du Puleymuce est encore indiqué de nos jours par l'existence d'une rue de ce nom, corrompu en celui du Petit-Musc.

Les fossés profonds qu'Etienne Marcel avait fait creuser pour garantir les abords des murailles de Paris avaient intercepté le cours des eaux de laBièvre, rivière qui, depuis Philippe-Auguste, se trouvait encaissée dans un canal. Les religieux de Saint-Victor, au profit desquels ce canal avait été creusé, furent obligés de leur procurer un autre écoulement. Us établirent une nouvelle branche de canal qui, suivant à peu près la direction de la rue des Fossés-Saint-

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Bernard, versait ses eaux dans la Seine en traversant remplacement de la halle aux vins ; mais alors de tels changements ne s'exécutaient pas sans trouver de nombreux obstacles. Le prévôt de Paris et Tabbé de Sainte-Geneviève y mirent les plus fortes oppositions. Les moines de Saint-Victor s'en plaignirent au roi, qui ordonna que cette branche de canal serait continuée, à la charge par l'abbaye de Saint-Victor de faire construire un pont sur le bord de la Seine, à l'endroit où les eaux du canal se verseraient dans cette rivière. Ce pont fut bâti et porta le nom de Pont-^ux-Marchands.

La partie abandonnée de ce canal ^ qui se trouvait dans l'intérieur de l'enceinte privée des eaux de la Bièvre, servit d'égout aux ruesdes quartiers voisins. Un cloaque nommé Trou-Panais^ situé à l'endroit où la rue des Bernardins rencontre celle de Saint-Victor, recevaitles eaux dans les temps de pluie , et son trop-plein se déchargeait dans cette partie du canal. Il s'en exlialait une odeur qui incommodait les habitants du voisinage et causait des maladiescontagieuses. Pour obviera ce mal, au lieu de combler ce canal , oh entreprit de le couvrir d'une voûte , qui fut bientôt percée pour servir aux vidanges des latrines de quelques maisons bâties sur ses bords. Le foyer de corruption n'en devint que plus- actif. Il y eut des plaintes suivies d'ordres du roi qu'on n'exécutait pas : on respectait les droits seigneuriaux des religieux de Saint- Victor. Ce ne fut qu'en 1672 que ce foyer de puanteur fut supprimé et que la rivière de Bièvre s'écoula de nouveau dans la Seine par son lit primitif.

En 1378 Charles V fît reconstruire le pont Saint- Michel, que des inondations avaient einporté, il y avait plus

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d'un demi-siècle. Il cliargea de cette entreprise Hugues Aubriot, capitaine et prévôt de Paris^ qui employa à la construction les vagabonds de la ville. Le pont était presque terminé , déjà deux maisons s'élevaient sur les premières arches , lorsque les moines de Saint-Germain des Prés vinrent s'opposer à la continuation des travaux ^ en déclarant que le pont, les maisons qu'on bâtissait dessus, la rivière , son fond , ses rives, ainsi que leurs revenus, leur appartenaient, en vertu de la donation que leur avait faite le roi Childebert. Il fallut plaider ; le procès ftit. de longue durée et n'était pas terminé en iSgS. On ignore quelles concessions, quels arrangements mirent fin à cette affaire ; mais l'on sait que le pont fut continué et terminé en 1387, sous le règne de Charles VI. On le nomma d'abord le Pont^Neuf, Christine de Pisan dit de Charles V « qu'il ordonna à faire le Pont^Neuf^ et en son temps fut commencé. j> Quoi qu'il en soit, le nouveau pont, asiez peu solide, fut entraîné en 1408 par une débâcle ;

1 S ni. — Lettres. — Sciences. — Collèges.

Cette période vit se fonder à Paris un très-grand nombre d'établissements d'instruction publique ; nous mentionnerons ceux qui eurent le plus de renommée.

Le collège et séminaire des Écossais^ d'abord établi rue des Amandiers , fut transféré dans la rue des Fossés- Saint- Victor. Cet établissement eut pour premier fondateur David, évêque de Murray, en Ecosse, qui, en i323, consacra une somme pour assurer la subsistance de quatre pauvres écoliers de sa nation, dont un théologien et trois artiens, qui fiirent placés d'abord dans le collège du car-

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dinal Lemoine. Adam Heret, trésorier deTéglisede Murray et chargé de sa procuration , acheta pour cette fondation une maison située à Grisy, près de Brie-Comte-Robert, cent vingt arpents de terres labourables et douze à quinze arpents de prés dans le même lieu. L'acte de cette acquisition , en date du i8 février i325, porte qu'elle est faite pour le perpétuel vivre desdits paui^res écoliers dudil éi^esché de Morei^e (^Murraf). Deux siècles plus tard, le protestantisme et le schisme ayant envahi l'Ecosse et dirigé contre les catholiques les plus sanglantes persécutions , on vit arriver en France beaucoup de jeunes Écossais que les événements contraignaient à quitter leur patrie. Dans Tctude seule ils pouvaient s'assurer des ressources pour l'avenir. C'est alors que Jacques de Beatown, archevêque Je Glascow et ambassadeur d'Ecosse en France, intéressa Marie Stuart en leur faveur, leur fit dispenser les dons de cette princesse , et , pour sa part , leur légua tous ses biens. C'est avec raison qu'on le nomme le second fondateur du collège des Écossais.

L'établissement n'ayant pas été fondé uniquement pour des étudiants, mais aussi pour former des missionnaires destinés à prêcher en Ecosse , a porté également la dénomination de collège et de séminaire. C'est pour ce motif peut-être que, qjjoique dépendant de l'Université, il ne fut pas supprimé en 1763 comme tant d'autres et réuni au collège de Louis-le-Grand, siège de l'Université. Les lettres patentes du i5 décembre 1688, enregistrées au mois de juillet suivant , considèrent l'établissement sous le double rapport de collège et de séminaire. Le roi déclarait dans ces lettres cf qu'il serviroit tant pour former des ecclésiastiques missionnaires à envoyer au royaume d'Ecosse que

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pour l'éducation de la jeunesse du mêiqe pays ; que le collège des Ecossais demeureroit toujours uni à l'Université; que le prieur des Chartreux en seroit à perpétuité seul su* pérîeur; que le principal et le procureur seroient Écossais de nation , mais qu'ils seroient réputés vrais et naturels sujets du roi, et que les boursiers et écoliers seroient tous^ pareillement nés Écossais. » Lie collège fut supprimé en 1790, ainsi que tous les autres établissements écossais ou irlandais. Après avoir servi de prison pendant la Révolution , il fut réuni, par les arrêtés du 19 fructidor an ix (6 septembre ï8oi), 24 vendémiaire et 3 messidor an xi (16 octobre 1802, 11 juin i8o3) et 24 floréal an xui (i4> mai i8o5), à la maison des Irlandais. Un décret impérial (lu II décembre 1808 le plaça sous la surveillance de TU* niversité , et la maison fut alors occupée par une institution (i).

Le collège de Marmoutier, établi rue Saint-Jacques, fut fondé par Geoffroi duPlessis, qui, en i329, donna quatre maisons qu'il possédait, dont trois étaient situées rue Saint-Jacques , en faveur des écoliers que le couvent de Marmoutier envoyait à Paris pour y faire leurs cours d'études. Dans la suite la réforme introduite dans l'abbaye de Marmoutier rendit ce collège inutile. Les Jésuites, en 1637, l'achetèrent pour accroître l'emplacement de leur collège de Clermont, aujourd'hui le lycée Louis-le-Grand.

Le collège de Bourgogne était situé, au temps des Valois, rue des Cordeliers ou rue de l'Ecole-de-Médecine, et sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui cette école. Jeanne de Bourgogne, reine de France, comtesse d'Artois

(1) M. de Gaulle.

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