‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 36 sur 82 · HISTOIRE DE PARIS. (1S80-1S9S · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE PARIS. (1S80-1S9S

geois qui étaient encore en prison sanglotaient et s'arrachaient lès cheveux. En ce moment les ducs de Bourgogne et de Çerri s'avancèrent devant le trône, mirent le genou en terre et demandèrent grâce pour la bonne ville de Paris. Le roi dit qu'il y consentait, et qu'il voulait bien commuer en peine civile la peine criminelle méritée par tant de rébellions. C'était le besoin d'argent qui faisait parler ainsi, et l'on continua à taxer et à pressurer tous les riches bourgeois de Paris , les quarteniers , les centeniers , les dizainiers. Les bonnes villes de Rouen, de Reims, d'Orléans, de Troyes, de Sens , de Châlbns , furent traitées de même sorte; on y vit beaucoup de supplices, et on y leva de fortes sommes.

Vers, le même temps la douloureuse monotonie des souffrances de la population parisienne fut interrompue par un duel judiciaire , dernier vestige d'un abus que l'E» glise s'efforçait de faire disparaître.

« En i386, dit Félibien , le roy permit un combat singulier entre deux gentilshommes normands^ messire Jean de Carrouges et Jacques Le Gris. Celui-ci étoit accusé par la femme de Carrouges de l'avoir violée. Le mari porta ses plaintes au roi et en eut plusieurs audiences, où il demanda qu'il lui fût permis de laver son outrage dans le sang d'un traître qui avoit abusé de la longue et étroite familiarité qui avoit été entre eux dès la jeunesse pour le déshonorer. Le roi ne voulut permettre le combat qu'à condition que le Parlement jugeât qu'il dût être accordé. Après que lès avocats eurent plaidé la cause , sans pouvoir produire de témoins, il fut dit qu'il y avoit lieu d'ordonner le duel. Le jour en fut assigné au 22 décembre , et le lieu indiqué derrière les murs de Saint-Martin des Champs. ]uà roi et

Page 1