CHAPITRE II
Suite dvrégnedeClutftotVI (1394^1415).
On voulait parfois adoucir les souffrances physiques du roi et apporter quelques distractions à ses ennuis. II n'était plus question de faire paraître ce triste prince dans les tournois et dans les fêtes, mais on multipliait avec sollicitude en sa faveur les prétextes d'amusement. Aux troubadours et aux trouvères , dont les chants procuraient à la noblesse des délassements intellectuels^ la bourgeoisie et Charles YI lui-même préféraient des jeux phis appropriés à l'état de leur esprit. Depuis longtemps on avait vu se succéder les jongleurs, les ménétriers, l'association de la Mère folle, les Enfants sans souci ^ les Cbqueluchiers, les CornardS, les Moralités jouées par les clercs de la Basoche , la Royauté des fous, par les écoliers; plaisirs grossiers sans doute, enfance de l'art où tout se trouvait confondu ) musique^ danse, allégorie, comédie^ tragédie, mais scènes pleines de mouvement et de vie. Les Enfants sans souci jouaient particulièrement la comédie ; leur chef s*appelait le Prince des sots et portait un capuchon surmonté de deux oreilles d'âne. Ces spectacles ne parurent d'abord que dans les rues, et quelquefois sur des échafauds dressés au milieu des carrefours ; mais sur la fin du quatorzième siècle plusieurs bourgeois de Paris s'associèrent pour donner unp forme plus régulière à ces essais grossiers. Ils composèrent une espéîçe de drame dont le