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pensée ou machinée qui leur pust porter dommage ouprér judice , ou à leurs adversaires profit, aide ou confort, ne faveur, comment que ce soit, vous Tempescherez en tant que vous pourrez et saurez, etc. » Dès que les magisti^ts et les habitants eurent prêté ce serment, la ville de Paris fut comblée par l'usurpateur étranffer de beaucoup de privilèges et de prérogatives, dont elle fut dépouillée lorsque se levèrent les jours de la justice et de la réparation nationale.
Ils ne devaient pas tarder, et déjà les ministres de Charles VII avaient ouvert des intelligences avec le duc de Bourgogne, pour le détacher des Anglais et le ramener aux intérêts de la dynastie capétienne. Le jeune Henri VI venait d'être ramené à Rouen par les soins du régent, et la guerre se prolongeait de part et d'autre , sans résultats décisifs. Or, le i3 novembre i432, la sœur du duc de Bourgogne, qui avait épousé le duc de Bedford , mourut à Paris des suites d'une maladie contagieuse. Cette princesse était aimée des Français et des Parisiens. Elle n'avait que vingthuit ans et ne laissa point d^enfants. Ainsi toute alliance de famille cessait entre le duc Philippe et la maison de Lancastre.
Bientôt se firent sentir les effets de cette mort. Le duc de Bedford montra d'abord quelque douleur publique et fit célébrer en l'honneur de sa femme de solennelles obsèques; mais il lui importait de contracter quelque alliance utile à son pouvoir en France. Louis de Luxembourg, évêque de Thérouane , chancelier de France pour les Anglais, avait une nièce belle et sage , fille de son frère le comte de Saint-Pol. Son crédit sur le duc de Bedford était grand ; d'ailleurs la maison d^ Luxembourg était riche,
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puissante, illustre. L'affaire fut conduite avec habileté et discrétion. Le duc de Bedford ayant quitté Paris se rendit à Rouen pour y recueillir une taille nouvelle et excessive qu'il avait ordonnée. De là il s'en alla à Thérouane, où son mariage avec madame Jacqueline de Saint-Pol fut pompeusement célébré.
Le duc de Bourgogne n'avait pas été consulté ; c'était à son insu que son beau-frère contractait un nouveau mariage ; c'était sans son agrément et sans le consulter que le comte de Saint-Pol, l'un de ses vassaux et de ses parents, mariait sa fille. L'évêque de Thérouane, qui avait conclu cette alliance, lui devait tout son pouvoir et toute sa grandeur et l'abandonnait aussi. Il se trouva offensé, et l'on commença à parler des Anglais et du duc de Bedford en assez mauvais termes à la cour de Bourgogne. Le duc de Bedford s'irrita a son tour ; la chose allait ainsi s'envenimant , et les conseils des deux princes voyaient avec déplaisir que cette discorde pouvait amener les plus funestes suites. On ne pouvait se dissimuler à Londres, encore moins à Rouen, que le succès delà cause des Anglais tenait surtout à leur bon accord avec les BourguignoujS.
Dans cette situation les hostilités étaient fréquemment interrompues par des trêves, et les conseillers de Charles VII travaillaient chaque jour avec plus de succès à concilier à leur maître les dispositions du duc de Bourgogne. Ce prince s'étant vu obligé de se rendre dans ses provinces du Nord eut à traverser Paris ; à son passage dans cette ville on lui rendit de grands honneurs. Tandis qu'il conférait avec le duc de Bedford, une députation des dames et des bourgeoises parisiennes se présenta à la duchesse pour la supplier d'engager son époux à faire tous ses effortsjpour
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rétablir la paix clans le royaume, c Mes amies, leur ré- « pondit-elle, la paix est une des choses de ce monde dont « j'ai le plus de désir et pour laquelle je prie jour et nuit c( le Seigneur notre Dieu , à cause du très-grand besoin « que je vois que nous en avons , et je tiens pour certain ff que Monseigneur le duc a la ferme volonté d'y exposer ce son corps et son bien. »
Un congrès fut assemblé à Arras; les principales puissances de TEurope s'y firent représenter, et les négociateurs entreprirent de réconcilier le duc de Bourgogne et le roi de France. Le duc de Bourgogne imposa à Charles VII de très-dures conditions, qui furent acceptées, après avoir été longuement débattues ; le roi de France dut fléchir sous la nécessité et la paix fut jurée. On était au 21 septembre i435. Peu de jours après mourut dans l'oubli de tous la vieille reine Isabeau de Bavière. Elle laissait à l'histoire, en descendant au tombeau, l'un des noms les plus odieux et les plus méprisés dont nos pères aient gardé le souvenir. Les Anglais qui occupaient encore Paris ne rendirent aucun honneur à la dépouille mortelle de celle qui avait été leur appui et leur complice.
Les Anglais accusèrent de trahison le duc de Bourgogne et continuèrent la guerre ; mais leur situation était changée. En i436 les lieutenants de Charles VII, l'Ile -Adam et le connétable deRichemont, s'occupèrent d'enlever Paris à la domination étrangère.
A la tête de cinq ou six mille combattants ils se portèrent de Pontoise vers la capitale du royaume, où ils comptaient entrer sans coup férir et par surprise. « Si furent illec de quatre à cinq heures; » puis, voyant que les ennemis étaient sur leurs gardes, ils se replièrent et prirent position dans
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les villages voîsîns, particulièrement à Aubervillers et à Montmartre. Le lendemain ils attaquèrent Saint-Denis, encore au pouvoir des Anglais, et s'en emparèrent après une lutte vive et opiniâtre qui coûta la' vie à sept ou huit cents ennemis. On pouvait moins aisément se rendre maître de Paris, et toutefois il n'y avait que deux mille Anglais dans cette ville; mais, à force de vigilance et de cruauté, ils comprimaient les habitants, et la terreur régnait avec la misère dans la capitale de la France. Tant de tyrannie ne put cependant empêcher les complots qui se formèrent. Les honnêtes bourgeois, n'ayant plus de raison de rester attachés au parti anglais, depuis que les Bourguignons avaient fait la paix avec les Français, prêtèrent l'oreille aux propositions des commissaires du connétable. « Et adonc les Parisiens , qui étoient moult favorables au duc de Bourgogne, c'est à savoir le quartier des Halles, aucuns (quelques-uns) de l'Uaiversité , Michaut Laiillier (Michel Lallier) et plusieurs autres bourgeois de Paris, se mirent ensemble par diverses compagnies, et conclurent de bouter les. Angloys hors de leur ville, et y mettre les François et Bourguignons dessusdits.'» Ces bons citoyens, dirigés surtout par MichelLallier, firent savoir à Richèmont et au sire de l'Ile-Adam qu'ils promettaient de leur ouvrir une des portes de la ville pourvu qu'on leur donnât la garantie que personne ne serait recherché pour ce qui avait pu être fait contre la cause royale et que la ville serait préservée de tout pillage. Le connétable leur en donna l'assurance, fit un choix de ses soldats les plus disciplinés, et se présenta pendant la nuit à la porte Saint- Jacques (ï3 avril 1436). Les ennemis étaient d'ailleurs sur leurs gardes. , « Et entre temps Louis de Luxembourg,
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évesque de Thérouenne, les évesques de Lisîeux et de Meaux, le seigneur de Villeby (Willoughby), et plusieurs autres, tenant le parti des Angloys , doubtant ce qui leur advint) c^est à savoir que le commun ne se tournast contre ^ux, firent loger leurs gens en la rue Saint- Antoine, auprès de la Bastille; et firent ladite Bastille bien garnir de vivres et habillemens de guerre ; et avec ce se tinrent leurs gens armes pour eux y retraire, si besoing y estoit. Et les dessusdits François çt Bourguignons venus devant ladite ville de Paris, vers la porte Saint- Jacques, outre l'eau vers Mont- Iliéry, envoyèrent leur chef parlementer à ceux des murs , lequel: leur montra une abolicion (amnistie) générale de par le roy Charles de France, scellée de son grand scel, en les admonestant très-instamment qu'ils se voulsissent réduire en l'obéissance du dessusdit roy... Lesquels Parisiens, oyant les douces paroles et offres que leur faisoit le seigneur de l'Ile- Adam, s'inclinèrent et conclurent assez brîef en suivant l'un avecque l'autre de mettre les dessusdits seigneurs en leur ville, » Ces pourparlers prenaient un temps précieux, et à tout prix il fallait se hâter. Déterminé à livrer Paris aux chefs de l'armée royale, le détachement de la milice bourgeoise, sans se donner le temps d'ouvrir la porte, tendit aussitôt une échelle. Ce fut le maréchal de l'Ile-Adam qui monta le premier, ce même l'Ile- Adam que le complot de Perrinet Le Clerc avait introduit dans Paris de la même manière dix-huit ans auparavant. Cette fois il portait la bannière du même roi qu'il avait chassé autrefois de la capitale , lorsqu'il n'était encore que Dauphin. Pendant te temps on brisait les serrures de la porte et on abaissait le pont-levis. Aussitôt le connétable, monté sur un superbe cheval, fit son entrée
en compagnie des seigneurs armagnacs et bourguignons confondus sous le même drapeau. Tous criaient : a Vive la paix ! vivent le roi et le duc de Bourgogne 1 » Les bourgeois se hâtaient de coudre sur leurs habits ou d'étaler devant leur maison , les uns la croix droite de France , les autres la croix penchée de Saint- André ou de Bourgogne; mais les vainqueurs ne faisaient aucune différence entre eux et faisaient à tous bon visage. Le connétable, d'un air satisfait et plein de courtoisie, serrait la main aux bourgeois, leur répétant : « Mes bons arays, le roy Charles vous « remercie de ce que si doucement vous lui avez rendu la ce maîtresse cité de son royaume ; tout est pardonné tant <r aux absents qu'aux présents , et si aucun, de quelque a état qu'il soit, à méprins par devers Monsieur le roy, il ce lui est tout pardonné » a Et tantost, sans descendre , fit crier à son de trompe que nul ne fust si hardy , sous peine d'estre pendu par la gorge , de soi loger en l'hostel des bourgeois outre leur volonté , ne de reprocher, ne de faire quelque desplaisir, ne piller personne (i). »
Les Anglais ne se laissèrent point enlever Paris sans résistance. L'évêque de Thérouane et lord Willoughby, comprenant d'ailleurs les difficultés d'une lutte inégale , armèrent les Anglais et leurs partisans , et, se divisant en trois compagnies, ils essayèrent de remettre la ville dans la soumission ou du moins d'assurer leur retraite. I-iC prévôt s'en alla aux halles; lord Willoughby et l'évêque de Thérouane prirent la rue Saint-Denis, et un lieutenant du prévôt, nommé Jean Larcher, que les Parisiens avaient dans une horreur extrême à cause de sa cruauté, suivit la
(0 MoDstreleti t. Vï. — Journal (Tua Bourgeois de Paris, p. tijS,