‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 4)Chapitre 5 sur 82 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pari* lOtts le régne de Philippe le Bel (128V1314 )•

Philippe IV, surnommé le Bel^ était à peine âgé de dix-sept ans lorsqu'il monta sur le trône. Il passa les premières années de son règne dans les tournois et les fêtes, laissant à ses lieutenants le soin de continuer dans le Midi la guerre malheureuse commencée par son père. Ce prince s'entourait de jurisconsultes vieillis dans l'art de faire servir les textes au développement du despotisme royal ; il écoutait avidement leurs paroles ; auprès d'eux il s'imprégnait de toutes les maximes du droit monarchique tel que l'entendaient les jurisconsultes de l'empire d'Orient. Philippe ne tarda pas à mettre en pratique les leçons des professeurs parmi lesquels il choisissait ses favoris et ses ministres. Les légistes, la plupart de naissance roturière, s'isolèrent avec égoïsme de la masse populaire au lieu d'employer à l'amélioration de son sort l'immense pouvoir dont ils étaient revêtus;- ils se firent souvent les instruments d'une tyrannie plus pesante que n'avait été celle même des seigneurs féodaux. «

Le roi rendit plusieurs ordonnances, dont deux sont relatives à la police intérieure de Paris. La première enjoignait au prévôt de Paris de réduire la multitude effrénée (i) de ses sergents à soixante-dix fantassins et trente-

(i) Efjrœnatam multitudinem .

(1185-im) LIVRE VII. CHAPITRE II. 2t

cinq cavaliers. La seconde défendait qu^aucun Parisien ne portât ni couteau à pointe, ni bouclier^ ni épée, ni aucune arme, sous peine de la voir prendre et briser ; elle interdisait en outre aux bourgeois toute fête de nuit dans la ville, même pour noce ou pour toute autre cause, sans la permission du roi ou celle du prévôt, sous peine d'amende pécuniaire et de correction corporelle. Disposition, ajoutent les registres du Parlement qui mentionnent ces actes, dont la cour fut remerciée par Philippe du Paon et plusieurs autres citoyens de la ville.

Par une ordonnance rendue au parlement de la Pentecôte, en 1287, Philippe le Bel régla « la manière de faire et tenir les bourgeoisies de son royaume » , et, sous prétexte de faire disparaître les fraudes et les malices qui se faU soient par occasion dicelleSy et dont ses sujets étaient durement grei>és et durement plaignants , le pouvoir royal substitua aux confédérations communales, que jusqu'alors il avait souvent favorisées, une organisation légale des habitants des villes qui avaient droit à la protection des magistrats municipaux et devaient être réputés bourgeois. Tout homme en venant habiter une ville, et en y achetant une maison de la valeur de soixante sols parisis, pouvait requérir le prévôt de l'admettre à la bourgeoisie, c'est-àdire aux privilèges de la cité. 11 était alors tenu d'avertir judiciairement le seigaeur dont il abdiquait le patronage suzerain ; en outre il s'engageait à supporter pour sa part les charges communes, à habiter constamment la ville, lui ou sa femme, pendant les six mois d'hiver, à s'y trouver à toutes les bonnes fêtes, et à prêter ainsi main-forte, s'il en était requis, aux autres membres de la bourgeoisie. Ainsi la corporation urbaine ne se composait plus seule-

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