CHAPITRE II
Egliiety moiMiiiientf 9 Instttiitîoiii»
On sait dëjà ^e sous la première race il estait à Paris^ vers la rive droite de la Seine, une église dëdiëe sous le vocable de saint Germis et ^aint Protais. Fortunat dit que l'ëvêque saint Grermain, dès le temps de Giildebert, venait y faire sa prière. Le testament d'Ermentrude, qui date de la dernière année du septième siècle, fait mention de cette même église en ces termes : BasiUeœ domini Gen^asii annulo aureOj nomen meum in se hcAente scriptuniy dari prcecipio. Sous la seconde race, Téveque de Paris ayant établi des stations dans les églises de cette ville, aux jours des fêtes patronales, Saint-Gervais fut compris dans le nombre. Plus tard encore, lorsque l'évêque commença à être accompagné à Tautel de prêtres assistants ou prêtres cardinaux, le prélat ayant choisi des prêtres du clergé de Paris hors de l'enceinte de la Cité, Tun d'eux fut, selon le langage du temps, le prêtre (le curé) de Saint-Gervais, Tout indique, sans qu'il en soit fait mention dans les annales, que ce monument religieux eut beaucoup à souffrir des ravages des Normands, On ignore' d'ailleurs vers quel temps l'église Saint-Gervais fat érigée en paroisse. Au onzième siècle elle devint la propriété des comtes de Meulan, qui en firent don, dans la suite, au prieuré de Saint-Nicaise. Vers le milieu du douzième siècle cette église et l'église Saint-Jean étaient indiquées comme situées
dansle.boi^g ou dans le quartier de la.Grèvç , in yicjo qui dicebatur Grem. Cent ans pks .tftrd la cure de Saiiit- Gervab continuait d'être ^ la nomination du prieur de Saint-ISicais^ die Meulaq, bien que w prieujçé dépendît alors df^ L'abbaye du Bec* A cette époque on avait commepcé à la reconst^re^ mais elle ne fut sans doute t^n^inée gue vers Tan ^4^9» car en cette même a^née la dédicace de Sàiat-Gen^is fut Ê^itç psir O:o^bapd, évêqyed'Agrencc[ i/i/?û7*/i/>w^, Lj'inscriptipn suiyante, gravée §ur.june pierre incrustée dans Ici mur de la nef gauche, rappelle la date de la dédicace :
« Boi^nes gens v plaise vous, sçavoir que cette présente église de mess<^igpeurs saint Gervais et saint Protais fut dé-* diée le dimanche devant la fête de saint Simon saint Jude, Tan 14^0) par la main île révérend Père en Dieu maître Gombault| évêque d'Ag^çnce, et sera à toujours la fête de l'annualité de dédics^ce le dimanche devant ladite fête de saint Simon saint Jude, s'il vous plaît y venir y recomman* der vos maux, et prier pour les bienfaiteurs de cette église, et au^i pour les trépassés. Pater nosien JçCj Maria. »
L'abbé Lebeuf ne croit pas que l'église actuelle de Saint- Gervais soit celle qui fut dédiée en i4^o^ sous le règne de Charles VL
« L'inscription que l'on voit dans l'église^ dit*-il, est un monumœt conservé de cette ancienne église, de laquelle il ne reste rien maintenant. Il sufRt de connaître le genre d'arcliitecture usité dans les bâtiments de l'église sous le règne de Charles Vl- pour assurer que Tédifice actuellement existant^ n'a rien qui soit assez ancien pour qu'on puisse dire que la dédicace en a été faite en i4ao. On peut avancer cçmme certain que dans les vitrages, doi^t la plu-
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Saint-Germain i'JuJùêrrois. îîos lecteurs nous pardonneront de résunier ici toobêe^ue -nous avons dit, tout ce qui nous resté à dire ati dijel de cet éikû6e:
Onft vu plus Haut qde^ vers ie milieu du iiin^lème siècle, peu tlfe temps après iM iiiôrt dessàritGenhaiii^d'Atixefre^ les Parisiens avaient ëlevé une chapelle à Tentréè de la route qui conduisait à.Nantjeri^ej' cette chapelle servait de baptistère aux habitants des (îampàgnes voisines, séparées de ïa Cité ër de l'église patoiâsiaie par la Seine,* iloitt les débordement» fréquents étaient un péril et un obstacle. Un siècle après, sous Tépiscopat de saint Germain de Paris, cette même chap^fe Ait reconstruite ou agraddie , et les travaux pe furent t^rtnihés que verd Fian 58 1, au temps de Cliiip(érîc l^i ta nouvelle église était bâtie eâi' forme de fôtonde^ d'oU4ui était ^v^nu le nom populaire de Sâint- Gërmain le Kond. Sous le règne de ClÀtaire lï; en 606, elle âevint basilique et tint le second rang après la éathédrale. Bientoton établit, dans les constriictions qui rebtooraient, une école déjà célèbre soiis Grégoire de T^urs et qui brilla d'un éclat pli|s vif encdre ait début de la période çârlovingienne. X>ors de rinvasiçm des Normands eUe' subit la loi commune des édificés^ chrétiens et lut à demi ruinée par les barbares. Abbon, moine de SaintXîermaiD des Prés^ cpii â décrit le nége de Paris (885-866), nous apprend que les NornJandsi rcjtraâchés dans l'église et danireneloè de Saint- Germain TÀuxërrois, qu'il appelle eiiqope Saiiit-Germaio le Rond , s'y étaient fortifiés , et quHIs avaient creus^ en avant de leur camp des fossés larges et profonds, dont une rue voisine portai^ encore -le nom il ya-pêu d'années. Après Taq 1000, Robert le Pieux releva les rtiines de eet édifice et rétablit le coliié^ de.çbfmainepjqui de^rvaient
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l*égUse dès le règne de Chai'leinagae. En érigeant la collégiale Robert lui confirnia son titre d'église rajule, qu'elle tenait de Chîldebert. Sa juridiction s'étendait sur de vastes domaines et sur des campagnes où, depuis lors, se sont élevés de splendides quartiers, qui , plus tard, comprirent neuf paroisses de la ville et de la banlieue, savoir : Boulo-
.gne, Auteuil, Passy, la Magdeleine, Sainte- Agnès (Saint- Eustache), Saînt-Landrî, les Saints-Innocents, Saint-Sauveur et Saint- Roch. Lorsque le quartier de Paris où était située Téglise de Saint-Germain l'Auxerrois eut vu sapopu-
- lation s'accroître, et vers le règne de Philippe- Auguste, les chanoities qui la desservaient nommèrent un vicaire pour remplir les fonctions de leur ministère , et c'est ainsi que l'église collégiale fut érigée en cure. Quand le Louvre fut devenu la demeure des Capétiens l'église Saint-Germain l'Auxerrois fut érigée en paroisse royale, mais elle fut successivement et pièce à pièce rebâtie et agrandie. Ces constructions, qui la transformèrent, furent commencées à la fin du treizième siècle et se, prolongèrent longtemps après le quin- ^ème. C'est à peine si, de nos jours, on peut encore reconnaître quelques vestiges de l'église du roi Robert ; on les découvre dans. la partie inférieure de la tour romane, dépouillée, depuis un siècle, de sa flèche élevée en forme de pyramide hexagone.
Le dioair Ait bâti durant le treizième siècle , ce que témoignent les fenêtres à lancettes de l'abside. La face de Notre-Seigneur se voit isolée et apparente à la clef de voûte de cette abside , circonstance qui se rencontre trèsrarement dans les églises du moyen âge. Le grand portail ouvert sous le porche est également d'une date très-ancienne. Les archéologues nous font admiirer ses six statues
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hiératiques et son archivolte, où se voient la parabole des vierges sages et des vierges folles et les images symboliques du paradis et de Tenfer. Il n'y a à Paris que deux anciens édifices du style ogival qui soient précédés d'un porche : ce sont la Sainte-Chapelle et Saint-Germain l'Auxerrois. Sous le règne de Charles VI on reconstruisit la nef. Ceux qui ont conservé très intacte la tradition de Tart se plaignent de ce que les nervures des voûtes et des ogives, au heu de reposer sur des chapiteaux en saillie, viennent pénétrer insensiblement des piliers monostyles sans soubassement; ils reconnaissent, il est vrai, que ce n'est point la faute des premiers architectes, mais qu'on doit cette circonstance regrettable aux constructeurs plus modernes , qui , sous prétexte de remaniement,^ détruisireint l'ordonnance primitive du chœur.
L'église Saint-Germain l'Auxerrois, en dépit de quel* ques restaurations maladroites ou de certains embellissements dénués de goût, était à coup sûr l'un des plus magnifiques édificeschrétiens dont s'enorgueillissait Paris. On admirait les splendides verrières qui garnissaient les larges fenêtres ogivales ouvertes dans le transept et dans la nef, et dont les meneaux entrelacés en lignes ondulées caractérisaient le style flamboyant ; on ne pouvait se lasser de contempler le chœur et les chapelles, et leurs vitraux riches de couleur et de dessin, sur lesquels les pieux artistes du quinzième .siècle avaient représenté des scènes évangéliques, la Passion du Sauveur et les niiracles qui s'opérèrent lors de la translation des reliques de saint Vincent, diacre, par les moines de Tarbes. Il nous reste encore de précieux débris de cette antique décoration dans les 3ix verrièi:es et les deux roses du transept.
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Vers le milieu du dix-huitième siècle cette belle église eut à subir les humiliants et irrationdels rajeunissements que dirigea l'architecte Bacarit, à la grande joie des cha^noines et des marguilliers de cette époque, les uns et les autres hors d'état d'apprécier et d'aimer les merveille^ mystiques de l'architecture chrétienne. Ou commença par détruire le jubé, œuvre très-remarquable de la RW naissance, et qui avait pour auteurs Jean Goujon et Pierre Lescot. Cette destruction; digne des barbares, fîit désapprouvée même par les contemporains de Xouis XV, Quant au surplus des. outrages que l'on fît subir au monu<^ ment, sous prétexte de mettre d'accord le genre moderne et le genre gothique, les écrivains de cette époque les énumèrent avec complaisance et admiration, «c Cet habile architecte, disent-ils en parlant de Bacarit, est parvenu à marier les deux styles de la manière la plus heureuse....'' 11 y est arrivé en cannelant les colonnes et en rehaussant les cliapiteaux de deux pieds. Dans les masses qui sont au* dessus des arcades il a retaillé des tables qui sont enfoncées avec un caisson dans le milieu; Au pourtour du chœur ^ au-dessous des croisées, règne une balustrade d'entre-laçs, enrichie de fleurons. Les dessous des piédestaux de c^tte balustrade sont ornés de consoles^ ai>ec des têtes de çhé*^ rubins^ accompagnées de guirlandes. Quatre consoles de marbre^ enrichies de guirlandes, caisson sur la tête et graine dans les cannelures, le tout de bronze doré d'or moulu, soutiennent le maître-autel .... On a pris des mesures pour procurer du jour à toute l'église en supprimant les rosettes gothiques et une grande partie des meneaux des croisées. On a mis à leur place des vitraux neufs, au moyen desquels tout l'intérieur de ce bâtiment est parfai*
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tement éclaire (Huttautèt Maigny')'. »'C*estde cette manière que ^e dix-huittèiiie 'siècïle ëncô'érriigealt les ineptes dégradations que lé$ artistes alor^ en faveur infligeaient à\k plus beaux mokktunéùts de "l'époqtië ôgivaSè. Les Vandales, eux du nioîns, ne s'émerVeilliiient pas devant leurs œuvresf de brutale violence; ils né les rattachaient ni au triomphe) ni à la gloire du g6&Y. '^
Les ardntf^tes du dix^mitième ^ècle ne pouvaient tout détruire, ^us prétexte d'embellir; ils ont dû laisser subsister le portique, bâti en J409 par Jean Gaurel, maçon-tàUleur de pierres, pour la somme de 960 livres. «H ne le cède en magnificence, dit Sauvai', qu*à celui de laSorbonne. » Di compâmisôh ne lious paraît guère acceptable, tant il y adedifférénce dans le style des deux monuments. Sauvai ajoute : «iCest îe plus grand de ceux qu'on peut voir à Paris, et il e^t plus remarquable que les portiques de Saint- Germain des^ Prés, dé Saint-Mârtiri dès Champs, de Saint- Victor et du Temple. » Sotfs Ife portail , qui date du treizième siècle, on voit encore six statues de la même époque; à droite 'celles de saint Marcel, de sainte Geneviève et de saint Vincent (ou saint Landri); à gauche Celles du roi Childebêrt, de la reine UUrogothe, et d'un diacre que Ton croit avoir été* saint Vûlfran. L'église de Saint^Germain TAuxerrois est entourée de chapelles où Ton remarque quelques Vitraux d'une bonne exécution. Dans celle où les marguilliers s'assemblaient on remarquait autrefois une kssez telle copie de la Cène de Léonard de Vinci. Xe grand ouvrage connu sous le nom de Gallia Chrisiiana renfétme quelques détails sur les chapelles qui entourent la nef, et dont les plus anciennes ne remontent pas au delà du quinzième siècle. *Ëllès ont été dégradées et
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profanées, ainsi <pe le reste dé l'ëglise,' en lygSyàlbi^s que ce " magnifique édifice fut transforme en manufacture de salpêtre. Cbrûtne tes autres ëglisés de Pàtis, Saiht43èrmain PAuxerroîsnè fut rendu au culte catholique qu'après là publication du 'concordat, en TànX.
Dans les travées dû porèhe qui correspondent aux poHes latâ:*ales de; la ^adé on à pratiqué deux salles carrées fort curieuseç^ôîi le chapitre déposait ses archivés et les objets les plus précieux.; noUs plaçons, dans le spécimen oi^après, laplus intéressante sous lès yeuîd de nos lecteurs.
A la honte dé wotré siôole, cette basilique 6lEia*ée a été livrée àdeplufô récentes proJfanatk)ns. Le i4 février ï83i, six mois après' 4a tqmpéte Kfù avait chassé de France les Bourbons de la branche aînée , le curé de Saint-Germain TAuxerrois. çélébradans ^cetle église ^n, service-funèbre en commémoration de la mort du duc dejBerri) tué, onze ans auparavant, par le démagogue Louvd,>C^te cérémonie religieuse donna^ lieu, de la''pfirt des stxm de la feiMlle ekilée^ à quélqifes^ démonstrations imprudentes, quivàléi}^*