HISTOIRE DE PARIS. (IttO-MW
Nous avons dit que Louis XI favorisa 1 établissement de rimprimerie en France. Sous son règne Ulric Géring, né à Constance, Martin Grantzet Michel Friburger fondèrent à Paris ) le premier établissenwnt typograj^que. Ils avaient été appdés en France par Guillaume Fidiet, docteur en Sorbonne, et par son ami Jean de la Pierre^ qui ëtait alors prieur de cette maisovi. Le premier ouvrage sorti de leurs presses, et qu'édita Jean de la Pierre, fut ie recueil des ëpitres de Gasparino de Vergame {£pistoIœ Gasparini Pergém&isis). Cet ouvrage, qui porte la date de 147O) est imprimé en caractères ronds, dits romains. Ce volume fut suivi des éditions des meilleurs historiens de l'antiquité. Eli 147 3 les imprimeurs, dont le premier établissement avait, été installé dans les hâtimeuts mêmes de la Sofbonne, transportèrent leurs presses rue Saint- Jacques, à côté de l'église Saint-Benoît . Leur enseigne était au Soleild'or. Les trois associés se séparèrent en i47&; Géring resta seul à Paris.et continua :d'e&ercer la typographie. Il s'associa successivement avec Guillaume' Mayntal etBerthold Rembold.. On cite comme une merveille de l'art typographique \e Cor pus Juriscanonici^ qu'ils publiè-
maiuise 700 livres. Avant d'être reçu à la maîtrise il faut faire quatre années de compagnonnage.
« Tout maître doit avoir son poinçon pour marquer ses ouvrages, dont l'empreinte doit rester sur une table de cuivre déposée au Gbâteict dans la chambre du procureur du roi.
« Si un apprenti s'absente plus de trois mois de chez son maitre» sans une cause légitime, il perd tout droit à la maîtrise. Par ks statuts de cette communauté il fut permis aux maîtres d'établir à Paris un jeu d'arqoebuse, tel qu'on le voit dans les fossés de la porte Saint-Antoine.
« Les filH de maîtres sont tenus de foire apprentissage et en passer brevet ailleurs que chez leur père.
« Le patron est saint Éloi. »
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rent imprimé en trois volumes in-fdiio, sur cinq colonnes, avec divers caractères en rouge et noir. Les trois fondateurs de rimprimerie pandémie avaient obtenu de Louis XI des lettres de naturalisation; le nombre des imprimeurs s'accrut d'ailleurs si rapidement à Paris qu'à la mort de Géring on en comptait déjà plus de quarante dans cette ville. Parmi eux on mentionne Antoine Yérard, Philippe Pigouchet, Gaillot-Dupré, Aspais et Paquier- Bonhomme, Josse Bade et Jean Petit, qui fiirent les précurseurs de Henri Estienne, le patriarche de l'imprimerie française (i).
(i) Aux noms des imprimeurs que je viens de citer il faut ajouter les suivants pour ta fin du quinzième siècle: Pierre Caron ou Le Caron (1474). Ce fut lui qui imprima P Aiguillon -de Vtànout divin ^ que Afattaire cit>it être le premier livre imprimé en fran^is. « — Pascal Bonhomme (i476)f à qui Pon doit une édition estimée des Chroniques de Saint-Denis. Un Jehan Bonhomme imprimait aussi à Paris de i486 à 14S9. — Le célèbre Antoine Vérard (i48o- 1 S 1 7}. Quelque^ aufeurs prétendent cependant que c'était UD libraire seulement. — JeanBelin:{it\%i-tpi), -i^Jean Mmuvnd, qui demeurait rue Saint- Victor (i493). — François Renault (f484* iSSq), — Denys Janot, l'un des plus féconds imprimeurs de Fépoque (i484-i539).— Wdfgang Hopyl (1489-98). — Godefroy de Mamef (i49io98)t Ce nom, célèbre ds^sJes fastes de Part typographique, a étié porté par plusieurs individus de la même &mille.On voit un Enguerrand de Marnef xm^rivoear ea x5i7; \xn Jean de Marnefi en i5i4> ^t une Jeanne de Marnefi en i546, rue Neuve Notre-Dame, à l'enseigne de Saint- Jean-Baptiste. — Jean Trepperel (1494-98). *~ Jean Petit (i4sf8- 1539). — Simon Fostre (i5oo).^ Guidon Mercator (iSoii). — Quant à Henri Estienne, ce chef d'une des plus illustres familles parisiennes» né à Paris en 1470, il y imprimait dès Tan i5o3 et y mourut vers iSao. Ses trois fils, François, Robert et Chartes, furent tous imprimeurs avec ou après lui.v FVançois, que nous désignerons sous le non de François 7^, ne marqua guère, non plus que Charles ^ qui mourut en i564. Quanta T^o^r/, premier du nom, ce fut un homme supérieur. Né en iSoS» il débuta dans la carrière en i5i7 , puis fit paraître son Thésaurus Latinœ linguœ, tant de fois réimprimé et autant de fois enridii, devint
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Nous avons déjà mentionné rétablissement de la poste aux lettres , institution qui demeura bien longtemps à l'état d'enfance , et qui^ toutefois , rendit dès son origine, aux gouvernements et aux peuples, des services signalés.
Le 3 juin 1464 une ordonnance de Louis XI rétablit la cour des aides^ qui avait été supprimée au commencement de son règne.
On appelait âfiV/^^f les impositions extraordinaires votées par les états généraux, et dont l'usage remonte aux règnes de Charles Y et de Jean. La cour des aides fut instituée, peu après cette époque , pour connaître en dernier ressort de toutes les contestations de fiscalité qui s'élevaient dans le royaume sur la perception des impôts. Ces contestations avaient nécessité dans chaque province l'établissement d'un tribunal qui fut le tribunal de V élection ; à la cour des aides était la chambre souveraine d'où ressortissaient toutes les élections provinciales.
Sous Louis XI l'abbé et les religieux de Saint-Germain des Prés obtinrent l'autorisation d'établir, dans le
imprimear da roi, son protecteur, en i539, et mourut à Genève en iSSp, ayant été exilé de France pour la hardiesse de ses opinions. RoiïertP'^ eut, ainsi que son père Henri V^, trois fils, savoir : 1° Benri II » homme de génie, de haut savoir et d'un courage téméraire, qui, né en iSaS, alla mourir, en iSgS, à Phôpital de Lyon, laissant un fils, Paul Estienne^ qui mourut en 1627 , imprimeur à Genève, avec postérité. On doit à Henri H des ouvrages qui ne mourront pas , tels que l'inestimable Thésaurus lingua Grœcœ, V Apologie pour Hérodote, et divers traités précieux sur la langue française, a® Robert II, né en i53o, mort en iS;!, père de Robert III, imprimeur, mort sans enfant en 1629, et de Henri III, lequel eut un fils, Henri IV, imprimeur jusqu'en i64o. 3* François II, dont on sait peu de choses. Le dernier des Ëstienne fut le fils de Paul, nommé Antoine, qui fut imprimeur, et mourut à l'Hôtel-Dieu, eo i674t À Tâge de quatre-vingts ans.
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faubourg Saint-Germain, une foire franche, destinée à les ilédommager des pertes considérables qu'ils avaient éprouvées sous les derniers rois , par suite des guerres civiles et de l'invasion étrangère. La foire de S aint- Germain ^ exempte de tous droits fiscaux, devait commencer tous les ans au i*' octobre et durer huit jours. Dès que cette foire eut été instituée les religieux de Saint-Denis y formèrent opposition , alléguant qu'elle porterait préjudice à celle qui se tenait à Saint-Denis pendant huit jours et à dater du 9 octobre. Cette réclamation fut accueillie par un arrêt du parlement de Paris, qui reporta au mois de février de chaque année l'ouverture de la foire de Saint -Germain.
Cette foire commençait le 3 février, se continuait pendant le carnaval et durant la plus grande partie du carême; elle ne finissait qu'au dimanche des Rameaux. Dès l'an 1 486 les religieux de Saint-Germain firent construire, sur ce champ de foire, cent quarante loges ayant pour objet d'abriter les marchands et leurs marchandises; en i5ii elles furent abattues et réédifîées, sur un plus vaste plan , par les soins de l'abbé Guillaume firiçonnet, et ces magasins en charpente firent, pendant plus de deux siècles, l'admiration des gen$ de l'art.
« Les bâtiments de la foire Saint-Germain étaient di* visés, dit Hurtaut, en deux halles différentes, qui cepen« dant ne composaient qu'une seule et même enceinte et étoient contiguës. Elles avoient i3o pas de longueur sur loo de largeur. Neuf rues tirées au cordeau, et qui se* coupoient les unes les autres à angles droits, les partageoient en 24 parties. Les loges qui formoient et bornoient ces rues étoient composées d'une boutique au rez-de-chaussée et d'une chambre ou petit magasin au-dessus. H y avoit
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quelque9*unes de ces loges derrière lesquelles on avoit mënagë des cours où il y avoit des puits, pour éteindre le feu en cas d'accident. Au bout d'une des halles étoît une chapelle oh Ton disoit tous les jours la messe, pendant la durée de la foire.
a Les rues étoient distinguées par les noms des différens marchands qui y étaloient; ainsi il y avoit la rue aux Orfèvres ^ la rue aux Merciers j la rue aux Drapiers y la rue aux Peintres , la rue aux Tàbletiers , la rue auw FayencierSy la rue aux lÀngèreSj etc.
« Tout cela disparut dans une nuit, par un affreux incendie qui répandit l'alarme dans tout le quartier. Cet incendie arriva la nuit du 1 6 au 17 mars 1762. Le vent du Nord, qui souffloit avec une extrême violence, fit faire en peu de temps un si grand progrès aux flammes qu'en moins de cinq heures tontes les boutiques et les loges de la Foire, qui n'étoient construites que de bois, furent totalement consumées. Les maisons voisines opposées à la direction du vent auroient couru un grand risque si l'activité des gardes-françdises nfe les eût garanties. Cependant Féglifie de Saint-Sulpice ;fulun peuf en^mmagéej le feu avoit gagné deux poutres de la chapelle de là Vierge, et quelques plombs dé la couverture forent fondus. Un seul charpentier eut le tnalheùr lie périr dans les flammes. Il y eut trois ouvriers grièvement bkgsés et deux légèrëniënt. Le premier président, le lieutenant général de police et •plusieurs des principaux magistrats se transportèrent au lieu de Tincendie; par leurs soins et par la sagesse des ordres qu'ils donnèrent on ne perdit au plus que la dixième partie des marchandises, qui, sans les précautions dont on usa, auroient pu être exposées au pillage.
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et Au mois d'octobre de la même année les propriétaires du terrain sur lequel se tenoit la Foire présentèrent requête pour qu'il leur fut permis de procéder à son rétablissement. La requête ayant été admise, il y eut une ordonnance du lieutenant général de police , qui accorda la permission de construire cent loges pour les marchands, et qui en détermina l'étendue, la bâtisse et le prix de location. On y travailla aussitôt avec la plus grande activité, de manière que la foire s'y tint comme à l'ordinaire. Mais il s'en falloit bien que cette nouvelle foire fût aussi commode que l'ancienne; la magnifique charpettte qui couvroit cell^ ci soutenoit ua toit qui mettoit à couvert les différentes rues; aujourd'hui elles sont à découvert, malgré les vitrages qu'on a mis en forme de toit sur quelques-unes de ces rues et que les mauvais téihps ont presque déjà entièrement détruits, ce qui île peut êtreqùe très-incommode. »
Jusqu'en 1786 la foire Saint-Germain forma un immense bazar qui servait de rendez-vous aux oisifs et aux cUrîèuxde toùtesf'daàsfes' et de tout âge^ «î nombreux à Paris; les" étrangers y accouraient eux-mônies pour 'être témoins de ce spectacle pittoresque, dont ils ne se lassaient pas. C'était d'ailleurs, troplsouvetot, un théâtre d'émeutes, de vidlénces, de plaisirs et de' débauches. On le supprima pour lui substituer lé Palais-Royal, un autre bazar plus spîehdide encore, et que la mode adopta avec empressement. Peu d'années après, et sous le premier empire, on éleva, sur l'ancien emplacement de la foire Saint-Germaîn, un marché d'étendue assez médiocre, mais fort utile, et que nous décrirons en esquissant les annales de Paris au dix-neuvième siècle.