CHAPITRE II
Topographie parinenne font le gouTernement de Juillet* — AgrandMiementi et oonstmotions. — Population* •— Police*
Le gouvernement de Louis-Philippe, pour donner le change à la turbulence inquiète des habitants de Paris et procurer des travaux à la classe ouvrière, favorisait tout ce qui avait rapport au développement de Tactivité ^ extérieure et matérielle. De concert avec l'administration municipale il entreprit et exécuta de grands travaux qui avaient pour but Tembellissement et l'assainissement de la ville. On termina les édifices et les monuments nationaux que TEmpire et la Restauration avaient commencés sans pouvoir les achever ; on éleva, ensuite on restaura des palais et des églises. Tout cela se fit au prix de larges dépenses. Les travaux qui, durant cette période, eurent lieu pour élargir et améliorer la voie publique, pour ouvrir des rues nouvelles, pour compléter et rectifier la belle ligne des quais, absorbèrent chaque année régulièrement des sommes dont l'importance s'éleva parfois à dix et douze millions. Aussi la capitale se transformait-elle à vue d'oeil. Les vieilles rues élargies et assainies devenaient praticables même pour les voitures; on leur donnait des chaussées bombées avec des trottoirs ; la ligne magnifique des boulevards était nivelée et bitumée. On plantait des arbres sur les places et sur les quais ; l'éclairage au gaz devenait général ; le nombre des bornes-fontaines s'augmentait ; de nouvelles conduites d'eau s'établissaient par-
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tout, et cent cinquante kilomètres d'égout , habilement systématisés, étaient en partie remaniés. En même temps on déblayait la Cité ainsi que les abords de l'hôtel de ville et des halles; on perçait la grande rue Rambuteau, destinée à changer la face des quartiers populeux Saint- Denis et Saint-Martin; la place de la Concorde, la promenade des Champs-Elysées, la place de la Bastille se nivelaient et s'embellissaient de constructions pittoresques, et Tobélisque de Louqsor, amené d'Egypte, surgissait en face de la Madeleine. De son côté l'industrie privée suivait l'élan général donné par l'administration. Sur tous les points de la ville s'élevaient des constructions. De i832 à 1848 près de cinq mille maisons nouvelles furent bâties. Aux faubourgs Saint-Martin et Montmartre, à la Chaussée d'Antin, au clos Saint- Lazare, dans le quartier du Temple, près du canal, des terrains jusqu'alors vides ou cultivés se couvraient rapidement de rues spacieuses et de maisons magnifiques. Des quartiers nouveaux semblaient sortir du sol parisien. Au centre de la ville s'inauguraient un luxe et un éclat d'étalage jusqu'alors inconnus; les grands magasins, les cafés et les restaurants fréquentés devenaient éblouissants d'ornements et de richesse. Les simples boutiques elles-mêmes participaient jusqu'à un certain point à cette pompe extérieure et sollicitaient l'acheteur par mille séductions diverses. ^
Cette magnificence, jointe à l'animation extraordinaire, aux plaisirs de tout genre et à la facilité de la vie qu'on trouvait dans la capitale, y attirait incessamment des habitants nouveaux et augmentait aussi, chaque année le chiffre de sa population. En i83i ce chiffre s'élevait à 774)000 personnes ; en 1 836, 3909,000; en 184I9
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à 935,^61 ; il était de 1^053,897 ^^ 1846. Le nombre des voitures publiques et particulières était de 17,000 en 1818; il s'éleva à 35,ooo en 1837 et à 76,000 en 1847» Quant aux finances municipales de Paris, mal* gré les travaiux immenses qu'elles soldèrent extraordînai* rement dans tontes les branches du service^ leur prospérité ne cessa pas de s'accroître d'année en année.
Ainsi qu'on l'a vu plus haut, cette période ( 1840- 1843) vit se réaliser l'une des combinaisons qui devaient avoir pour résultats de doubler l'étendue de la capitale et de mettre cette grande cité à l'abri des invasions étrangères. ]!7ous voulons parler des fortifications de Paris'.
La pensée des fortifications de Paris avait - été plus d'une fois exprimée par Napoléon P% comme s'il eût eu le pressentiment des désastres de i8i4 et de 181 5. En 18 18 une commission de défense ^ instituée par le maréchal Saint-Cyr^ s'était préoccupée de la même idée. Après là révolution de Juillet on avait comm^cé quelques travaux qui furent interrompus par les ridicules alarmes suscitées dans le sein de la population et par la disposition que montrèrent les Chambres a refuser les subsides nécessaires. Des divergences d* opinion se manifestaient d'ailleurs parmi ceux qui voulaient faire de Paris une place de guerre. Les uns se bornaient à vouloir protéger les abords de la capitale par une ceinture de citadelles ou de forts détachés qui ne permettraient à aucune armée d'environner la ville; les autres préféraient l'établissement d'nne enceinte continue et bastionnée ; à la fin les deux opinions se fusionnèrent, otl associa les deux systèmes, et, sous la menace que faisait peser sur la France la question d'Orient, une ordonnance royale, du 10 septembre i84o,
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déclara d'utilité publique et d'urgence les travaux de fortification à exécuter autour de Paris.
Une loi fut présentée aux Chambres* pour régulariser cette dépense; M. Thiers, qui, comme ministre, avait provoqué la mesure, fut chargé, comme député, de résumer dans un rapport les raisons sur lesquelles s'ap* puyait cette grande mesure. Justifiant le projet de loi au point de vue politique et militaire^ M. Thiers invoqua l'autorité de Yauban, qui l'un des premiers avait reconnu la nécessité de fortifier Paris.
€€ Selon cet illustre témoignage , disait M. Thiers, la K prise de Paris serait un des malheurs les plus grands « qui pût arriver à ce royaume, et duquel il ne se relève- « rait de longtemps, peut«être jamais. »
M. Thiers ajouta :
c( Ainsi Yauban, qui avait créé toutes nos places de la frontière, qui était l'auteur de cette puissante ceinture , jugea lui-même qu'elle n'était pas suffisante et qu'il fallait couvrir la capitale. Il y pensa bien souvent.
« J'avoue, dit*il dans le noble et simple langage de son « temps, j'avoue que le zèle de la patrie et la forte in- « clination que j'ai eue toute ma vie pour le service du « roi et le bien de l'État m'y ont fait souvent songer, « mais il ne m'a point paru de jour propre à faire de pa- « reilles ouvertures. »
« Vauban raconte ensuite que le grand nombre d'ouvrages militaires, de palais royaux construits par Louis XIV, que les prospérités de son règne enfin « ont a détourné toutes les vues qui auraient pu, dit-il, se dire riger de ce côté-là ; » mais que cette pensée est si souvent revenue à son esprit qu'il l'a jugée digne d'une
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très-sérieuse attention, et qu'il a cru devoir Técrire, « espérant, ajoute-t-il, qu'il se trouvera un jour quelque « personne autorisée qui, lisant ce Mémoire, y pourra a faire réflexion, et que, poussé par la tendresse natu* a relie que tout homme de bien doit avoir pour sa patrie , « il en parlera, et peut-être en proposera-t-il l'exécution, « qui, bien que difficile et de grande dépense, ne serait Ci nullement impossible, étant bien conduite. »
a Pendant tout le dix-huitième siècle la guerre de la succession d'Autriche, la guerre de Sept- Ans, guerres mal conçues, mal conduites, mais où nous étions coalisés avec presque toute l'Europe, tantôt contre Marie-Thérèse, tantôt contre Frédéric-le-Grand , ne pouvaient guère nous inspirer d'inquiétude pour la capitale. La guerre d'Amérique, plus heureuse que les précédentes, et d'ailleurs toute maritime, était moins propre encore à fixer nos regards sur l'intérieur du royaume. Mais, dès que la révolution de 89, nous plaçant en contradiction avec l'Europe entière, fit naître à la fois une guerre de principe et de conquête, on songea à fortifier Paris. On y songea comme toujours, mal et trop tard. On éleva quelques retranchements en terre, dont quelques-uns existent encore ; mais l'insuffisance de ces ouvrages pour rassurer la capitale faillit amener de grands malheurs.
« Bientôt la Révolution fut victorieuse , et l'on ne songea plus à fortifier Paris.
« Napoléon vint. On croit généralement que c'est en T 81 4 seulement, quand les illusions de la prospérité s'évanouirent, qu'il songea à défendre sa capitale : c'est une erreur ; il y pensa en 1 806, lorsqu'après avoir enlevé à Ulmla moitié de l'armée autrichienne il volait sur
38 HISTOIRE DE PARIS. (tSIMSH)
Vienne. Si cette capitale eût été défendue le sort de 1^ guerre était changé. Napoléon le craignit un ipstant; mais Vienne était restée ouverte et il put la traverser en courant pour achever la guerre à Austerlitz !
cr Cette grande circonstance de sa carrière lui fît faire un retour sur lui-roême. Il songea ap danger de laisser les capitales ouvcartes et s'occupa de fortifier les environ^ de Paris. Il fit rédiger des projets ; mais il dit lui-même, tome 95 page 38, de ses précieux Mémoires , que « la «c crainte d'inquiéter les habitants et l'incroyable rapi- « dite des événements Tempêchèrent de donner suite à a cette grande pensée. »
ce II laissa passer ainsi les temps de la prospérité, qui passent si vite , et en i8i4i lorsque, seul avec une poignée d'hommes, il défendait le sol delà France épuisée, il y pensa, maic^ il était trop tard.
flCpLa France succomba avec Paris ^ et ce jourJà Napoléon dut^bien «regretter ces grandes pensées conçues au retcMir d'Austerlitz et emportées par letorrept delà prospérité. - •
« La leçon des événements est telle, Messieurs, que nous serions impardonnables si nous ne profitions pas.de la d^rée de la paix, durée inconnue à tout le monde, fowç nous occuper enfin d'un intérêt national signalé ^.i^otre attention par de «i grands événements et de si grands esprits. »
M' de Lamartine combattit énergiquement la pensée des; fortifications de Paris, mais de nombreux orateurs-^ succédèrent qui firent justice de ses craintes. Après uoe discussion qui présenta beaucoup d'intérêt, une loi fut rendue, à la date du 3 avril i84T) pour sancUonnerrini*
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tiative déjà prise par le gouvernement du roi et pour régler l'étendue, le système et les détails de Tentreprise.
Les fortifications de Paris se composent d'une ^/imwifff continue el de séizeforts détachés. L'enceinte embrasse les deux rives de la Seine, en se pliant partout aux exigences du terrain j elle est formée de fronts successifs contenus entre quatre-vingt-quatorze bastions que l'on a notablement aplatis, pour éviter l'effet du tir par ricochet. Ces fronts bastionnés, avec leurs accessoires, couvrent une bande de 142 mètres de largeur, ce qui forme pour toute l'enceinte une circonférence de 36,i65 mètres. Les ouvrages dont se compose cette enceinte sont : le terreplein du rempart ; le talus intérieur, qui touche à l'un des bords du chemin de ronde ou rue militaire ; le rempart, la banquette, le parapet, l'escarpe en maçonnerie; les contre-forts, qui soutiennent les terres ; le cordon, qui règne autour de ces parties ; le fossé, dans lequel le mur est enterré ; la cunette, le chemin couvert, et enfin le glacis, qui s'étend au delà du fossé, à l'extérieur.
Ces divers travaux, bien mariés ensemble, forment un tout harmonieux et offrent un aspect architectural admirable quand on les considère à vol d'oiseau. Le premier bastion de l'enceinte commence au sud-est de Paris, près du parc de Bercy, sur la rive droite de la Seine. A partir de ce point les fronts tiennent en dehors Saint- Mandé, Yincennes et Charonné, en laissant libres toutes les routes. Ensuite, ils enveloppent avec les mêmes précautions les hauteurs de Mont-Louis, de Ménil montant, Saint- Chaumont, Belleville et la Villette. Après avoir circulé autour de Montmartre, des Batignolles, de Monceaux, ils arrivent à Neuilly, se rabattent à l'ouest, en côtoyant
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4o HISTOIRE DK PARIS. (t8S0-1848)
le bois de Boulogne, et finissent par atteindre la Seine au point où se trouvent les beaux ouvrages qui précèdent le bastion n? 68. Ils se continuent au delà du fleuve, et, après avoir enfermé Grenelle, Vaugirard et Montrouge, ils atteignent le méridien de Paris au bastion n® 82. De ce point ils descendent encore au sud ; puis, remontant à Test, ils vont enfin rejoindre le fleuve un peu- au-dessous du bastion n^ i , qui fait face au n^94. Dans toute Ten* ceinte les parties de l'escarpe exposées à Tair sont en pierre meulière piquée, sur une épaisseur de do centimètres. Derrière ces parties s'étendent des lits de moellons bruts, joints avec du mortier hydraulique. Les angles saillants sont en pierre de taille dure, de même que la tablette de recouvi-ement. De plus, la partie en arrière de celte tablette est garnie d'un chapeau dé béton ayant 20 centimètres d'épaisseur. Les murs de profil sont pare* mentes de meulière piquée.
Une loi rendue en 18^5 a disposé que l'armement de sûreté ou ordinaire de l'enceinte continue serait de sept pièces par bastion, en tout six cent cinquante-huit pièces. L'armement de réserve a été calculé dans la supposition de l'attaque la plus vive, c'est-à-dire d'un assaut donné par l'ennemi contre six fronts à la fois. On l'a fixé, en conséquence, à trente-trois pièces et vingt mortiers par front, en tout deux cent dix-huit bouches à feu, plus quarante-deux pièces de sûreté. L'on a pensé que ces puissants moyens de défense éloigneraient à tout jamais des divers gouvernements de l'Europe la pensée de ve* nir assiéger Paris. Les environs de la capitale ont fourni presque tous les matériaux qu'on a employés pour la fortifier. La pierre de taille a été extraite des plaines de
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Montrouge, de Cliâlillon, d'Arcueil et de Bagneux; la meulière piquée provient principalement de Versailles ; le moellon a ëté pris dans les carrières voisines ; on Ta trouvé quelquefois dans les fouilles. Sur certains points l'on a établi les fondements du mur sur une couche de béton de 4o centimètres d'épaisseur, afin de le prémunir contre les caprices du soL Dans d'autres points, où l'enceinte passe au-dessus d'anciennes carrières, l'assise des fondations a exigé beaucoup d'habileté et de grands travaux de consolidation.
Près de l'enceinte continue on a bâti un certain nombre de casernes d'une construction solide et bien entendue ; elles sont judicieusement distribuées, et se trouvent placées chacune dans le voisinage d'une grande avenue de Paris, comme les avenues de Saint-Ouen, de la Chapelle, de la Villette, du Roule, de Montreuil, etc. Leur emplacement est un bastion dont elles occupent le centre ; leur façade donne sur la rue militaire et domine les ouvrages de défense de toute la hauteur de deux étages.
Ne perdons pas de vuç que la loi votée en 1 84 1 pour autoriser et prescrire les fortifications de Paris crut devoir ménager jusqu'au bout les susceptibilités invoquées, à cette époque , contre cette entreprise vraiment nationale.
Elle statua que l'enceinte municipale de Paris resterait limitée au mur d'octroi, et que les communes enveloppées par les fortifications conserveraient leur autonomie tant qu'une loi nouvelle ne les aurait pas fait rentrer dans l'unité parisienne. Nous verrons plus tard, sous le règne de Napoléon ÏII, comment il a été mis fin à cette situation indécise et hybride, qui, pour sauvegarder des intérêts
43 HISTOIRE DE PARIS. (ISM-fSM)
de transitioBy créait pour un prochain avenir des difficul* tés considérables.
Npus terminerons ce chapitre par quelques détails sur les impôts y. les revenus et la consommation de Paris depuis la fin du règne de Louis XYl jusqu'à la révolution dei848.
En 1797 le budget de la ville de Paris était de 5o3y3i8 francs pour les recettes et de 1,940,171 francs pour les .dépenses. £n 1790 les recettes s'élevaient à 10,406,659 fr.,et les dépenses à I2,a47>457 fr. Depuis cette époque les recettes et Ips déposes ont successivement, augmenté.. En i83o les recettes étaient de 44)020)4^6 f^-i l^s dépenses montaient à 45,178,103 francs.
Le budget de Paris s'élevaity pour Texercice 184^1 à la somme totale de 4^1,237,536 fr. Le chiffre des recettes balance exactement celui des dépenses,
£n i8i5 on consomma 642,44^ hectolitres de vin; 60,694 d'eau-de-vie; 32,545 de cidre, poiré, etc. ; j 4944s ^^ vinaigre et 79,448 de bière; 78,122 bœufs; 1,1,910 vaches; 77,466 veaux; 358, 5o2 moutons; 81,397 porcs et sangliers; i35,4o3 kilogr. d'abats et issues ; 1 0,669,062 bottes de foin ; 11 >7 1 3,965 de paille; 1,1 38,833 hectol. d'avoine ; 940,620 stères de boisdur , neuf ou flotté; 159,539 deboisbl^nc; 1,021,120 voies de charbon de bois (de, 2 hectolitres); 2i,25i hectol. de chaux; 7791 193 mètres cubes de plâtre ; 36,522 de moellons ; 1 7 ,492 milliers de pierres de taille, marbres, granits. Ep 18 1.9 on consomma 801, 524 hectolitres de vin; 42,693 d'eau-de-vie } 15,926 de cidre, poiré, etc.; 20^736 de vinaigre j 71,996 de bière j 2,6i8|566 demi-
(t8M-im) LIVRE XIX. CHAPITRX II, /|3
kîlogr. de ralain; 70,728 bœufs; 6,481 vaches; 67,7^3 veaux; 3129,070 moutons; 64,8212 porcs et ^nglmv; 291 ,727 kilogr. d'abats et issues; 1 i,o54,374 bottes de paille; 923,029 hectol. d'avoine; 723,284 stères de bois dur ; 1 5 1 ,635 de bois blanc; 3,388^ 3o4 oents de fagots; 862, 41 9 voies ( de 2 hectol « ) de charbon de bois ; 49^) 26 1 hectol . de charbon de terre ; 3o, 1 94 hectol . de chaux ; 1 9 224)8 1 8 mètres cubes de plâtre ; 62 , 1 53 de moellons ; '37o,660' milliers de pîernes de taille, marbres, granits; 4979S9836milIiâ:&d'apdbises; 5millionsde briquesettuiles ;. 35,07 7 stère* de diêne pour charpentes; 3,005,999 m^res de diêne pour sciage; 1,267,564 kilogr. de fromages secs; 3^.864,357 kilogr. desel; 75,0 12,950 kilogr. de suif en pains et eu chandelles.
Voici la consommation eh 1 83 1 : 776,784* hectol. de vin; 28,57.3 liectolitres d'eau-de^^vie; 7,58o de cidre et poiré; 17,648 de vinaigre; Ii2,359 de bière; I^i6i,i36 kilogr. de raisin; 61,670 bœufs; 14,389 "vaches; 62,867 veaux; 288,2o3 moutons; 76,741 porcs et sangliers; 2,928,B70 kilc^r. de viande à la main; 5a6,836kilogr. de charcuterie; 867,703 d'abats et issues; 996,369 d& fromages secs; pour 3,4^^9 1^9 fi"- de marée; 70îît,i8o fr. d'huîtres; 477,6iofr. de poissons d'eau douce; 6,426,648 de volailles et gibiers; 9,117,091 de beurre; 3,904,387 d'œufs; 8,o3 1,479 bottes de foin; 11^980,413 bottes de paille; 919,479 hectol. d'avoine.
£a i835 on a consommé 932,402 hectolitres de vin; 36,910 d'eau-de-vie; 17,024 de cidre et poiré; i8,5i5 de vinaigres; 110,621 de bières; 727,129 kilogrammj^ de raisins ; 7 1 ,634 bœufs ; i6v439 vaches ; 73,947 veaux ; 364,875 montons } 86,^4 porcs çt MOgliers; a^2,1^66
44 HISTOIRE DE PARIS. (1880-lSft8)
kilogr* de pâtés, terrines , viandes confites, écrevisses et homards; 783,024 de viandes à la main; 2^351,191 de charcuterie; 1,107,943 d'abats et issues; 1,180,421 de fromages secs; pour 4,4^9)^96 fr. de marée; 1,120,563 fr. d'huîtres; 610,939 de poissonsd'eau douce; 7,993,800 de volailles et gibiers ; 10,677,873 de beurre ; 4^592,424 d'œufs; 7,8i4>377 bottes de foin; 11, 903,706 de paille, et 987,885 hectol. d'avoine.
Année moyenne il se consommait à Paris, avant 1848 : 1 1 3, 880,000 kilogr. depain(238,5oo kilogr. par jour); 325,000 hectolitres de pommes de terre; 1,090,000 stères de bois dur et blanc; 4^000,000 de cents de fagots; 2,000,000 d'hectol. de charbon de bois; 1,000,000 d'hectol. de charbon de terre; 85,ooo hectol. d'orge; 4>o4o,ooo kilogr. de sel; 160,000 de cire blanche et bougie ; 6,45o,ooo kilogr. de suif en pain et en chandelles; 10, i65,ooo hectol. ( i hectol. vaut 4 voies Vs) d'eau puisée aux fontaines soumises aux droits; 80,000 hectol. d'huile.
Les bois et matériaux employés annuellement dans les constructions sont : bois de charpente, 85,ooo stères; bois de sciage, 260,000 mètres cubes ; bois de bateaux, 26,000 mètres carrés; lattes, 35o,ooo bottes de 5o; chaux, 80,000 hectol. ; plâtre, 3, 600,000 hectol. ; moellons, 200,000 mètres cubes ; pierre de taille, 60,000 mètres cubes ; marbres et granits ,- 1 ,600 mètres cubes ; ardoi* ses, 8,85o,ooo ; tuiles, 5,5oo,ooo ; briques, 8,5oo,ooo; carreaux, i2,5oo,ooo argile et sable, 5,4oo sacs.
Ces consommations déjà prodigieuses se sont accrues au moment où nous retraçons les annales de Paris.
Au moment où allait dispacaître le gouvernement de Juillet la population dé Paris atteignait le chiffre d'un
(tSaO-lM^ LIVRE XIX. CHAl>ITaE II. 4^
million cinquante-trois mille âmes, répandue sur une superficie de 3y4^o hectares; sur ce nombre 'd'habitants celui des indigents dépassait soixante-dix mille.
Une remarque à laquelle donnait lieu le mouvement des hôpitaux de Paris à cette époque, c'était celle du nombre des naissances et des décès qui survenaient dans leur enceinte. Dans les cinq années qui séparèrent les deux derniers dénombrements opérés sous le règne de Louis-Philippe y on reconnut que 2 5,5368 naissances, sur 1 50,067, et 49^1 o3 décès, sur 137,270, avaient eu lieu clans les asiles de la misère et de la douleur. Ainsi un sixième de la population de Paris naît et plus d'un tiers meurt à l'hôpital.
Ces populations nouvelles qui naissent et se donnent rendez-vous dans l'enceinte de Paris , il faut, avant que l'industrie satisfasse à des besoins qui échappent a toute appréciation, les loger et les nourrir, et de cette nécessité résulte un immense mouvement imprimé à l'art des constructions d'une part, à l'agriculture de l'autre.
Sur les constructions, les renseignements recueillis dans les deux derniers recensements dont nous venons de parler présentèrent les rapprochements suivants :
Le nombre des rues , places ou quais était de
Celui des maisons habitées^ de. . . .
Celui des maisons iobabitées, comprenant beaucoup de maisons neuves, de.
Celui des maisons en construction, de .
Celui des locations occupées , de . . .
Celui des locations vacantes, de ... .
 toutes les époques l'alimentation de Paris a été le
mi.
Ingroeotation en 1846.
si5o
46 firS1K>IRE I>B l»A]tIS. ttm-^«^
principâll' aiguillon 'du progrès de' Pagrictihore dans no6 plus belles provinces «t l'objet d'un immemse eomaierce. A mesure que Paris s'agrandit, que les communications se perfectionnent et s'étendent, le rayon de cet approvi* sionnement s'allonge etyfak^oncourir des contrées qui en étaient jusqu'alors exclues. Aujourd'hui Berdeaux, la Bourgogne, la Oiampagne, le bassin de la Loire tout entier, les côtes de la Méditerranée abreuvent Paris de leurs vins; il va chercher du bétail jusqu'aux portes de -Lyon et de Bordeaux; il fait valoir les pêdieries de l'Océan, et les départements qui l'environnent ont peine à combler parleurs menues denrées l'immense débouche queleur ouvrent ses marchés. Quoi qu'on en ait dit dans un travail revêtu de l'assentiment du conseil municipal ^^'P^i'îs, sous le gouvernement de Juillet, il n'est point exact qu'en s'étendant l'approvisionnement de la ville ne se soit point amélioré. Il résulte de redieiV^hes aussi consciencieuses qu'intelligentes , contrôlées au moyen: des produits de perceptions opérées par l'octroi et sur les marcliés de comestibles, qu'à considérer deux périodes, dont Tune des smze années, de i8â5à i84o, la consommation annuelle et individuelle des habitants de Paris en substances animales pouvait être établie ainsi :
!»• période.
Viande de boucherie. .... 5i Kil. 64o
Viande de porc S ^ 901
Poisson' . • ../'... ,\' '7'" '639
Volaille et gibier .,...'• • 7 817
Beurre 4 4ol
Œufs. ... ,. . ... ... ; 6 'o58
86kil. 45:?
i« période.
55kli
94 kil. 070
(iSSO 1848) LIYRIS XIX. CHAFITRE II. 4?
Ainsi, en même temps que la population s'aeemissait, elle était mieux et pluâ abondamment nouprie. ^ ' ^
Pour maintenir dans mie aussi grande agglomération d'hommes, d'intérêts, de besoins, de vices- ' et ée- souffrance, les garanties que réclament Tordre public, la sécurité individuelle, la satisfaction des devoiràf légitimes , il fallait organiser d'une manière puissante «t habile la police municipale de Paris; de nombiHéùx progrès furent réalisés alors dans cet ovàte de choses et ptëpatrèrent la remarquable situation dont nous jouissons aujoui^'hui sous ce même rapport.
"Dès le Consulat M. Dt:A)oi$^ qui e^tèrça le preniiét<'à Paris les fonctions de préfet de police, avait signaté éon passage par des mesui*es essentiellement utiles. -Ce magistrat organisa la surveillance de jour et de nuit, âssuni les approvisionnements, améliora la situation hygiénique de la ville, établit le marché des Innocents siil» Kemptacement de Tancien cimetièi^è , et iSt construire^ h colossal égout de là rue Saint-Denis. M. Pasquier, qui le remplaça, s'efforça de diâ(nplinér tes indu^ries parisiennes j dont les supercheries élatent; préjudicîiables aux intérêts et à la santé des citoyeilSi M. Delàveau (1821-1828) imposa un uniforme kut cochers des ^voitures publiques et coopéra aux améliorations- nombretises qui s'accomplissaient alors dans la ville sous Pimpulsion de M. de Chabrol, l'un dés préfets les^ pllFd^minents qui aient administré te département de là Seine; C'est à cette époque qu'on donna une grande extension' h l'établissement des trottoirs, des bornes-fontaines, etc. M. Debelleyme (1828-1829) voulut que la police destinée à moraliser la société donnât elle-même l'exemple de la
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moralité. Il purifia donc son personnel , composé d'éléments hétérogènes, voulut avoir des agents universellement respectés, et, persuadé qu'une police avouée vaut mieux qu'une police secrète, donna un uniforme aux sergents de ville, mesure dont les résultats furent excellents. La circulation dans les rues les plus fréquentées fut protégée et •régularisée par des agents, et les propriétaires furent assujettis à de sages règlements, destinés à prévenir les'dangers qui résultaient pour les passants de l'avancementsur la voie publique des auvents, des enseignes, etc. C'est à ce même préfet que Paris est redevable des voitures dites Omnibus^ qui contribtieut si puissamment à faciliter les relations entre les différents quartiers de notre grande cité. M. de Mangin (j 829-1 83o) soumit les forçats libérés à un classement qui avait pour but de Êiciliterleur surveillance; il fit poursuivre avec rigueur les délits relatifs aux sophistications des denrées alimentaires, du vin, de la bière, etc., défendit de crier dans les rues les arrêts de mort la veille du jour oîi les criminels devaient être exécutés, et défendit à la prostitution d'étaler sa plaie honteuse dans les rues, dans les passages et sur les places^ dont elle interdisait l'accès aux femmes honnêtes. M. Gisquet (i83i-i836) fit établir des gouttières à toutes les maisons, renvoya les saltimbanques étrangers, soumit les autres à Un règlement sévère , et, continuant Toeuvre de M. Debelleyme, exclut de la police tout homme ayant subi une condamnation. M. Gabriel Delessert ( 1 836- 1848) marcha plus résolument encore dans cette voie, et réforma jusqu'à la brigade de sûreté fondée par Vidocq, et pour laquelle on avait jusqu'alors, jugé nécessaire de recourir à l'expérience
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des repris de justice. Sous son administration la surveillance des voleurs, des malfaiteurs de toute espèce et des marchands de comestibles reçut de nouveaux développements; les voitures de place furent soumises à une discipline plus sévère, les maisons de recel disparurent, la mo« rallsation des détenus et des enfants trouvés devint l'objet^ d'une sollicitude attentive.
Nous verrons plus tard les progrès que fît encore à Paris l'organisation de la police municipale sous le règne de Napoléon III et par les soins de M. Billault.
BIST. Dl PAft». ^ T. ?•
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