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Tarchltecte, et il s'est arrêté au confortable sans arriver au splendide ou au majestueux.
Un artiste d'un haut mérite, et dont la Franee regrette la perte, M. Hippolyte Flandrin^ reçut plus tard mission de peindre la frise de Saint-Vincent-de-Paul. C'«st un des plus remarquables ouvrages auxquels il a attaché son nom, et c'est, en outre, l'un des moins connus. Il faut le dire : à Paris, la piété seule amène les fidèles aux temples ; on n'y va guerre que poui» prier ; l'art ne leur envoie qu'un petit nombre de visiteurs. En Italie les églises sont presque toutes des musées religieux remplis par les chefsd'œuvre des maîtres, et que le voyageur, quelle que soit sa croyance, ne saurait négliger. Jusqu'à présent la pauvreté de nos églises en fait de peintures et de sculptures justifiait cet abandon ; mais les choses se sont bien modifiées, et dans peu de temps nous n'aurons plus rien à envier au catholicisme magnifique et splendide de l'Italie, de l'Espagne et de la Belgique. L'on peut même dire à notre avantage que nous ne devrons rien aux gloires du passé, et qu'à une époque réputée sceptique l'art aura su tisser pour nos églises nues une précieuse tunique de peinture. L'on ne se doute guère, à travers la vie haletante et sans loisir que chacun mène plus ou moins, des richesses que renferme déjà Paris en ce genre ; bientôt les touristes nous l'apprendront en visitant nos églises comme celles de Rome.
Hippolyte Flandrin a peint sur la frise la marche processionnelle des Saints qui vont recevoir la palme éternelle, la couronne immarcescible. Ce travail est grand et beau. Les apôtres sont en tête du cortège. Tous ont le nimbe < Chacun se reconnaît à son attribut ou à sa physio*
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nomie : Pierre a les clefs qui ouvrent et ferment les portes du ciel ; Paul^ le glaive nu sur l'épaule ; Jean, le rouleau de TApocalypse, et près de chaque tête, à coté de Tauréole, s'inscrit dans l'or en lettres lapidaires le nom glorieux et divinisé.
Après les apôtres vient le chœur des martyrs. Saint Etienne porte dans une main l'encensoir et la palme, et de l'autre quelques cailloux teints de son sang ; ensuite défilent saint Laurent, saint Denis, saint Polycarpe, saint Pothin, saint Cyr, le martyr enfant, marchant entre deux groupes, saint Saturnin, saint Clément, Georges, le saint guerrier avec son casque à aigrette , sa cuirasse antique, ses cnémides et son bouclier blasonné d'une croix , beau comme l'Alexandre de M. Ingres dans le plafond d'Homère, ou comme un de ces saints grecs de Pansélénos, le peintre byzantin, copiés par D. Papéty, et qui semblent dessinés d'après des marbres de Phidias inconnus. Der* rière saint Georges s'avancent les martyrs militaires de la légion Thébaine, Longin, Exupère, Maurice, Victor, et saint Sébastien, portant en faisceau les flèches retirées de ses plaies.
A cause de sa taille colossale saint Christophe n'aurait pu se tenir debout sous la ligne assez basse de la frise; par une idée ingénieuse, et conforme d'ailleurs à la légende, le peintre a représenté le géant chrétien chancelant et agenouillé, malgré l'appui du palmier qui lui sert de bâton, sous le poids de l'Enfant Jésus assis sur son épaule.
Viennent les docteurs et les Pères de l'Église. Et d'abord saint Irénée, saint Cyrille^ saint Athanase, saint Grégoire de Nazianze , saint Basile, personnages à lon-
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gues barbes, à fronts plissés , à physionomies méditatives, qui baissent ou lèvent la tête> regardant en eux-mêmes ou au ciel, serrant sur leur poitrine des rouleaux de papyrus ou déroulant des textes.
Un peu plus loin , comme s'il avait été arrêté dans sa marche par une réflexion profonde, arrive saint Jérôme, accompagné de son lion familier.
Saint Ambroise,' saint Augustin, Fauteur des Confes^ sions et de la Cité de Dieu, symbolisées par un manuscrit et un temple qu'il porte sous son bras; saint Hilaire , saint Jean Chysostome se groupent à la suite. Puis viennent le pape saint Grégoire ^ l'inventeur du chant grégorien, à qui parle le Saint-Esprit ; te pape saint Léon et saint Thomas d'Aquin^ le docteur Angélique, portant à la main la Somme dont il est l'auteur, et saint Bonaventure, le docteur Séraphique, soulevant une croix; * ^ La procession de la frise continue et nous montre, après les docteurs, les saints évêques, ayant la crosse et la mitre pour marques distinctives. Saint Nicolas se reconnaît aux enfants qui tendent vers lui leurs petites mains ; saint Patrice et saint Martin le suivent ; une colcmibe apporte du ciel à saint Bemi l'ampoule contenant le chrême qui doit oindre tes rois de France à leur sacre. Saint Médard, auquel la superstition populaire attribue une influence sur la pluie; saint Yvon; saint Honorât, tenant un pain et une gerbe ; saint Eloi, ayant à la main son marteau d'orjRévre; saint Louis de Toulouse , saint Norbert; saint Charles Borromée, revêtu des insignes de cardinal et regardant un crucifix avec ardeur ; saint Françms de Sales, joignant les mains et baissant humblement la tête , cornplètent*Ia théorie épiscopale«