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tenue captive; sainte Agnès , l'agneau emblème de sa candeur; sainte Âpollonie ^ la dent arrachée par la tenaille. Sainte Thècle tient une palipe, et un lion du cirque lui lèche les pieds (i).
Viennent ensuite sainte Zite, la cruche en main ; sainte Gertrude , sainte Rose de Lima , sainte Thérèse, sainte Aure, sainte Catherine de Bologne , sainte Catherine de Sienne, sainte Claire, sainte Pulchérie, sainte Scolastique, sainte Marthe. A leur suite, s'avance le cortège des saintes femmes : sainte Monique, sainte Paule, sainte Hélène, sainte Félicité, sainte Juliette, sainte Crescentia, sainte Anne, sainte Elisabeth , sainte Clotilde, et tant d'autres dont l'illustre artiste a représenté l'image et les attributs, mais dont l'énumération occuperait ici une place trop étendue.
Une grande composition transversale rejoint, au-dessus de la porte, les deux panathénées catholiques dont se compose la double frise ; elle représente la mission de l'Eglise. Un autel orné du monogramme de Notre-Seigneur et surmonté du saint ciboire en occupe le centre. Sur les marchesde l'autel sont debout saint Pierre et saint Paul, enseignant les nations; saint Pierre catéchise l'Obcident et saint Paul l'Orient. Un chêne et un palmier caractérisent les deux régions. Du côté de saint Pierre s'agenouille la race latine et s'abaissent lalouve etl'aigle desétendards romains ; puis viennent les drapeaux étranges des Barbares et les physionomies inconnues des hordes du Nord; Gaulois, Huns, Scandinaves, se montrent avec leurs haches, leurs framécs et leurs familles sauvages, que le christianisme civilise
(i) Voir, au Moniteur de i856, le remarquable trayail de M, Th. Gau^ lier, chargé de reodre compte de cette œuvre.
70 HISTOIRE V^ PARIS. |»a»4M^
et dont il fait des peuples. Da côté de saint Paul^ les femmes des gynécées et des harems, les lettres d'Athènes et d'Alexandrie^ les philosophes du Portique, les mages et les satrapes de l'Inde, l'Arabe dans son burnous^ et le nègre vêtu de sa peau noire, livrée pbscure de la servitude, écoutent la parole divine avec ^s expressions. va<* riées d'intelligence réfléchie et de foi paîve^
Tel est cet immense ensemble de peintures, dont nous n'avons pu qu'indiquer rapidement les principaux traits* En dépit des imperfections dont nous renvoyons k res* ponsabilité aux architectes qui ont construit Téglise de Saint- Vincent-de-Paul, et qui enlèvent à ce monument le caractère de grandeur et de majesté dont nous aurions voulu le voir empreint, l'œuvre de M. Hippolyte.FJandrin attirera toujours l'admiration des connaisseurs, comme eUeéveillera^ nousospm l'espérer., l'attention réfléchie et 1^. déyc^tion des jS(iè}e$. ,.;;,..,„
Sousje.gouyei*iieinent,d0 iouis-Pl^ilippB, dt efa 184^ on copimeaça Igs tr^v^ux dp l'église Sàinte^-Ciaidlde^ construite dans, le style ogival. .
Ce n'était p^s tout néanmoins que dç iédvéHdv le style d'une église; il eut fallu encore pp^voijr d^réter du même coup, le génie capable de Je'nietti:^^ en c&uvre. Lés édiles parisiens n'y virent aucune ..diffîoulté,:et^ j^atàs se , préoccuper de l'embarras du çhoîx, ils daignèrent M., Gau ,, architecte .habile, mais connu .siii;toiit pftr ses études sur les;niqnu,raepfts d'Ibsamboul et. sur le^ bypo* gées de, la .Nubie. JVf. Gau y mit d'ailleurs de }^ bonnie yolonté; il visita fies, grande^ cathédrales des J)ords:4u Rhin; ne pouvant qu'imiter,, il chercha du moius de bons modèles. Et cepeiidf^njt ^le style de Sainte-Clotîlde
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n'est nulle part franchement accusé ; on remarque même dans ce monument , qui prétend rappeler le quatorzième siècle, des clefs aux ogives, comme si deux arcs appuyés Tun contre l'autre avaient besoin de clef, et comme s'il n'y avait pas quelque chose de mystérieux et de symbolique dans ces deux courbes inachevées se perdant dans l'espace. Tout, dans l'architecture ancienne , ét^t fini j les lignes comme les courbes, tandis qu'on peut dire que tout, dans l'architecture chrétienne, est infini. Le point le plus élevé du temple n'est lui-même marqué que par l'intersection de deux lignes qui semblent monter encore.
L'absence de conviction de l'artiste était donc un obstacle* sérieux au succès ; la parcimonie du conseil municipal en était un autre. On avait été prodigue sans mesure pour Notre-Dame-de-Lorette , Saint- Vincent-de- Paul et la Madeleine ; on |se corrigea de ce . défaut pour $aip^-Clotilde , et l'ornementation s'en ressentit : elle fut d'une sobriété presque pauvre, a M. Gau, lisons-nous dànsJeMonii^ury avait confondu la simplicité avec la, plus désespérante sécheresse j il avait banni, ces ornements mi^iltiples et variés dont le moyen âge était si prodigue. » Nous venons de voir que, si ce fut défaut de goût, ce fut aussi défaut d'argent ; mais, M. Gau étant venu à mourir, son successeur., M.,3allu, fut plus heureux; il obtint que le crédit primitif, qui était de 3,796,000 fr., serait porté à 5,647^(000, et il lui fut dès lors possible non-seulement d'achever l'édifice, dont le gros œuvre était à peu près terminé, mais eocqre d'en modifier jusqu'à un cer* tain point la décoration.
C'est surtout à l'extérieur que les modifications sont
'J2 HISTOIRE DE PARIS. (t8S9-184Q
sensibles. La façade de Sainte-Clotilde était d'une nudité glaciale ; des voussures sans profondeur, des contre-forts à peine décorés de maigres frontons, des tours terminées en terrasses, tel était l'aspect qu'elle présentait. M. Balki . augmenta les saillies des portes et par suite la profondeur des voussures ; il couronna les archivoltes de galbes richement ornés; les petits frontons des contre-forts firent place à des statues surmontées de baldaquins; la grande rose fut entourée de rinceaux et de feuilles, et deux étages des tours furent démolis pour être reconstruits sur un nouveau plan et terminés par de hautes flèches. L'effet fut de la sorte considérablement agrandi.
Saint-Clotilde s'élève sur les anciens terrains du couvent de Bellechasse, et un square planté marie sa verdure aux ligues blanches de son portail. Ce portail repose sur un perron de neuf marches, qui lui sert en quelque sorte de soubassement. Il se divise, comme dans toutes les églises du moyen âge, en trois parties naturellement indiquées par la forme du monument et par les convenances du culte. En bas ce sont trois portes avec voussures donnant entrée aux trois nefs ; en haut, deux campaniles pour les cloches et un pignon aigu répondant aux combles de la grande voûte. Ce pignon est orné d'une rosace «1 jour et surmonté de la statue de sainte Clotilde. Les portes de Sainte-Clotilde sont richement sculptées. Dans le tympan de la porte principale on remarque un hautrelief représentant Jésus -Christ assis sur un trône et montrant ses plaies. A ses côtés s'agenouillent deux anges, Tun portant la lance, l'éponge et la couronne d'épines; l'autre, la croix et les clous. Ces figures, dues au ciseau de M. Toussaint, sont d'une expression noble et recueillie.
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Les flèches reposent sur des tours octogones; tours et flèches sont à jour, et cependant les clochers de Sainte* Glotilde sont loin d'avoir la légèreté de quelques-uns de nos clochers du moyen âge. Une décoration un peu maigre en certains endroits, un peu chargée en d'autres, contri* bu,e sans doute à cet effet. Ces flèches sont bordées de crochets dans toute leur hauteur et percées de petites ouvertures ogivales trilobées et de quatre-feuilles alternant avec des imbrications. Leur sommet est à 76 mètres du sol ; il se termine par une croix en fer doré, entourée d'épis.
Les dimensions intérieures de Sainte-Clotilde sont : pour la grande nef, 97 mètres 33 centimètres de longueur, en y comprenant la chapelle de la Vierge, sur une largeur de 10 mètres 20 centim. ; la largeur des nefs latérales n'est que de 6 mètres 3o centim. Les transepts comptent 35 mètres, et, au lieu de se terminer par des portes , comme dans nos anciennes cathédrales, ils se terminent par deux cliapelles, comme à Saint-Germain-des-Prés, à Saint-Julien de Tours et dans quelques autres églises abbatiales. Les autres chapelles de Sainte-Clotilde sont presque toutes réunies autour du chœur. Les nefs latérales n'en ont que deux , à l'entrée, l'une consacrée au Baptême, l'autre, en face, consacrée à la mort. Mais derrière l'abside se suivent cinq chapelles formant un demi-cercle. Celle du centre est dédiée à la Vierge ; la forme en est pentagonale. IjCS quatre autres sont à trois pans; ce sont de charmants oratoires entièrement peints, avec vitraux légendaires et voûte bleu de ciel parsemée d'étoiles d'or.
L'ensemble de la décoration de Sainte-Clotilde n'est pas moins riche; il n'est pas une^ de ses quatre-vingts fe-»
74 HISTOIRE DE PARI84 (ttlMm)
nêtres qui ne $ait OFoëe de verrières peintes^ parmi lesquelles se font remarquer celles des chapelles absidales^ dues au pinceau.de M, Hesse et aux atelieiis de verrerie de MM. Laurent. et Gsell. Les grandes l^aies de l'abside présentent de hautes figures surmontées de baldaquins; celle de la nef, des grisailles d'un vert pâle à fond d^miassë ; celles des collatéraux , t<^te une suite de saints couron-' nés de dais et de clochetons. Ces vitraux .sont Vc^yre, le$ premier^, de M. Maréchal , 1^ autre^^ de M, luusson. Le^ trois roses, du^s à M. Emile Thibai^d, de ClermcHit- Ferrand, forment, au jugement de M. Biaqchot, la plus grande composition ^ur verre qui ait été exécutée en France depuis la renaissance d^^ style ogiml<^^t^ de Vam de tous les connaisseurs^ ajoûte-t-il, çest l'osuf^r^capitale de Sainte-Clotilde (j)»
En i84a on acheva de restaurer le pottail et diverses chapelles de l'église Saint- Sierrf^ qui, 4xk, ans afUpar9<>> vaut, avait été comipe la place d'artnçs et.lç dernier r^T fuge d'une insurrection sanglante.
Cette église, dont nous avon$ mentioiïné les première$ origines et la crypté, avait succédé à un oratoire élevé durant le huitième siècle par la piété de nos pères, et reconstruit, vers la fin du neuvième siècle, par Odon Le Faulconier, l'un des capitaines qui avaient défendu Paris contre les Normands. Il y eut son tombeau. Acette chapelle succéda, dans le douzième siècle, une église qui. fut reconstruite tcn 1 53o et achevée seulement en 1612 ; bien qu'elle ait été élevée en pleine Renaissance, elle porte tous le& caractères des édifices du moyen âge, et. soi\ portail
(i) Paris dans sa splendeur, magnifique ouvra§|;c édité par M. Charpentier.
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est rempli de détaib élégants* A Tépoque cle cette recons* traction on retrouva le tombeau d'Odon, avec cette modeste inscription : hic jaget vir bonje MEMORiiE, odo
FAXCOITARIUS, FUWDATOR HUJUS ECCLESUE.
. L'église Saint-'Merry était collégiale^ c'est-à-dire qu'elle avait un chapitre de chanoines^ lequel dépendait de Notxe* Dame. Elle est remarquable par ses ornements de sculp-* tare, ses vitraux peints par Pinaigrier^ ses* tableaux sur bois du seizième siècle, etc. On y a enterré : Jourdain deTIsle, seigneur gascon, qui, en 1 3^5, a fut exécuté au commun patibulaire jdt pour meurtres ett brigandages; Raoul de Presles, savant de la cour de Charles V ; Chapelain, c( le bel esprit de son temps, ditPiganiol^ le plus loué, le mieux rente, le plus critiqué ; » Arnaud de Pomponne, ministre des affaires étrangères sous Louis XIV, le signaliaire du traité de Nimègue, l'un d^ membres de cette grande famille parisienne des Arnaud, si célèbre dans les ^nales de. la littérature et du jansénisme.
La façade occidental^ de Saint-Merry se distingue par une riche décoration de pinacles^ de clochetons, de cor» niches et dégorges feuillagées. On entre dans l'église de ce côté par trois portes en ogive , couronnées de crossettes^ de fleurons , et cantonnées de niches et d'arcatures trilobées. Des feuilles et des grappes de vigne, délicatement refouillées, serpentent dans lesgorgesdesarcluivoltes. Des animaux et des figures grotesques , entre autres un petit joueur de cornemuse, servent de cousolies. Douze grandes statues d'apôtre$ e.t six petites, figures de saints ont été replacées, en 1842 f dans les niches dégarnies en 1793. La boiserie de la porte du milieu, contemporaine de la construction du portail, est sculptée d'ogives trilobées^
76 HISTOIRE DE PARIS. (tSSt-lMS)
de feuillages et de petits animaux. Il est regrettable que l'harinonie générale de la façade soit rompue par la tour lourde et carrée qui s'élève à Tangle méridional, audessus de l'entrée latérale ; c'est un contraste frappant avec l'élégante tourelle qui se dresse à la gauche du portail, décorée d'arcatures et, surmontée d'un campanile en bois travaillé à jour. Cette tour, ogivale dans sa partie inférieure, a reçu à ses derniers étages le cintre et les pilastres néo<*grecs du dix-septième siècle, et, en détruisant l'amortissement du pignon^ les meneaux de la rose du centre et la pointe du galbe à jour qui s'élevait à sa base, on a singulièrement appauvri la décoration. Deux gargouilles fantastiques accompagnent le pignon.
Deux autres portails s'élèvent aux extrémités du transept. La maison presbytérale ne laisse apercevoir de celui du midi que la pointe du pignon et les deux tourelles d'escaliers, terminées en forme de cloches, sur lesquelles rampent des Chimères ; au nord la façade de même ordonnance n'a rien qui l'obstrue. Celle-ci a pour décoration une large fenêtre à meneaux flamboyants. L'édifice est presque entièrement enveloppé de constructions parasites, et il est diiBcile, autrement que par des échappées, de se rendre compte de cet ensemble d'arcs-boutants percés d'arcatures trilobées, de balustrades de pierres découpées à jour avec mascarons feuillages, de tourelles et de hautes fenêtres à meneaux ondulés.
L'hémicycle du chœur est divisé en treize travées ouvrant sur autant de chapelles ; celle de la Sainte-Vierge occupe le milieu.
Les cinq travées de la grande nef correspondent, de chaque côté des collatéraux , à autant de chapelles. Dans
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la nef de grosses colonnes sans chapiteau reçoivent en pénétration les nervures prismatiques des voûtes ; les clefs sont ornées, comme celles du chœur, de feuillages ou d'armoiries. Une élégante frise de feuillages mêlés d'ani« maux court entre le sommet des arcs et le bas des fenêtres. A la voûte centrale du transept un lacis de nervures s'épanouit autour d'une clef pendante. Le collatéral du Midi est double ; celui du Nord est simple , mais ses chapelles communiquent les unes avec les autres par des ouvertures ogivales percées dans le mur de refend, ce qui forme un second* bas-côté. On y retrouve quelques écussons armoriés, échappés à la proscription des emblèmes héraldiques. Pris de la fièvre des rajeunissements artistiques qui existait au dix-huitième siècle, le clergé et les fabriciens de Saint-Merry dépensèrent, vers 17 53, plus de cincfuante mille ecus , pour transformer en pleins cintres les treize ogives du chœur et de l'abside , pour équarrir les piliers en les enveloppant dans des panneaux de stuc ; et pour établir une Gloire ridicule à gros rayons dorés dans la travée terminale. Les frères Slodtz, architectes, dirigé* rent ce regrettable travail. Michel-Ange Slodtz, l'un d'eux, dessina la chaire à prêcher, cantonnée de palmiers et surmontée d'une figure de la Religion ; mais pour placer cette chaire il fallut déformer la travée de la nef qui la contient. En 1764 l'architecte Richard éleva en dehors de l'église une chapelle de communion d'un triste aspect. Pour l'éclairer il perça la voûte de trois énormes trous ovoïdes, et pour y ouvrir trois entrées il défonça trois chapelles au midi. Les Slodtz exécutèrent quelques sculp tures dans cette lourde chapelle , et Charles Coypel en peignit le tableau d'autel .
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Autrefois toute ï'église ëtait omëe de magnifiques vitraux historiés, dus aux quatre plus habiles peintres verriers du dix-septième siècle, Héron, Jacques de Paroy, Charnu et Jean Nogare. 71 nèresife plus de cette magnificence que des débris, épars dans le chœur, la nef et les chapelles (i).
Sous le règne de Louis-Philippe lés idées, en matière d'art, subirent le contre-coup du mouvement Ktl?eraîre qui ramenait les sympathies du public vers le moyen âge, si longtemps méconnu ou calomnié; Vainement Jes goûts du roi étaient-ils ^tisfaits par de lourdes constructions dépourvues de style ; une réaction se manifestait dans le sens de la réhabilitation de Tart gothique. Le gouvernement résistait à cette tendance, il ne s'y associait que lentement, mais il consentait à ce que nos églises parisiennes du treizième et du quatorzième siècle' né fussent plus défigurées par de prétendus embellissements iftiitéà des Gre<îs, par des superpositions hybrides qui charmaient cependant MM. Fontaine et Percier èt= les architectes officiels. On daignait enfin Consulter la tradition et les hommes spéciaux. Oioi entreprenait de restaurer la' Sainte- Chapelle et Notre-Dame d'une façon intelligente ; on cherchait à se conformer à l'idée primitive de PieiTC de Montreuil et des tailleurs de pierre d^autrefois qui avaient élevé ces magnifiques monuments de l'art chrétien. Ce que l'art officiel consentait enfin à faire, le$ entrepreneurs civils, dirigés par des gens de goût, se résignaient à l'imiter. Nous vîmes alors s^élever à Paris de modestes chapelles, appartenant à dés communautés, qui furent comme autant
. (i) Paris dans sa splendeur^ H. Charpentier^ éditeur.
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de témoign^ages novveaux du retour de l'opinion vers les saines traditions du passe. La c/iapelle des Oiseaux^ située à l'encoignure de Iji rue de Sèvres et du boulevard des Ini^ides , réjouit à la fois le cœur des fidèles et les contemplations des artistes. Peu de temps après la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours fat construite par Breton, dans le style du treiîiènie siècle ; elle est petite et ne mesure pas plus de ao mètres de long sur 10 mètres de hauteur. On y voit, à l'intérieur, les nervures^ des voûtes, fines et hardies, retomber en gerbes de colonnettes formant des piliers qu'unit entre eux une galerie aérienne ornée de trèfles et de dentelles, de pierre. L'on monte à cette galerie par deux escali^*s sculptés à jour et contournant les piliers qui font face à la porte d'entrée. Le. chœur est séparé dé la nef par une grille en fer doré d'un beau travail, dans le genre gothique. L'autel, de marbre blanc, avec dei ornements de bronze doré, est surmonté d'aune statue 'de la Vierge, peinte selon ia coutume du moyen âge. I>es bas-côtés sont éclairés par des ogives oît s'eYidiassént des vitraux modernes remarquable^. Du reste, on n'y voit pas de tableaux ni ^ d'objets' d'art ;• tout le hiérile de pe charment petit monument réside dans les détails de l'arclûtecturei
Les monuments civils, dont la construction date de ce règne neserontpas tous indignes de Pattehtionfdès artistes.
Le palais du quai d Or sa j^ ^situë' entre les rues de Boîtiers-, BèUc^Chasse ^ de Lille et le quai'â'Ûrsay, fut commencé sous rEmpirè^ durant l'administration de M* de Champagny, et destiné au ininistère des affaires étrailgères (i&io). Les travaux restèrent suspendus jusqa'ii l'année i836, oil Charles X les fit reprendre dans
8o HJSTOIIUB DB PARIS. (tast.1810)
rinteotion d'employer ce bâtiment pour l'exposition des produits de l'industrie française. Depuis cette époque les travaux ont été continués et terminés sous la direction de M. Tjacornée ; ils ont coûté plus de la millions. Cet édifice a une vaste cour entourée de quatre magnifiques bâtiments, et deux autres cours plus petites. La façade du côté de la rivière présente une longue ligne de fenêtres formées par des arcs sous une colonnade ionique ; au-dessus est répété le même nombre de fenêtres et de colonnes d'ordre dorique. La cour est entourée par une double série d'arcades italiennes et de galeries au-dessus ; les plafonds sont peints en panneau et figurent différentes espèces de bois richement dorés. On voit quatre escaliers superbes, un à chaque coin de la cour. Sous les galeries la frise est de plusieurs couleurs marbrées. A l'intérieur il y a de trèsbelles salles, entre autres celle du Trône.
Ce monument, après être demeuré longtemps sans destination fixe, est maintenant occupé par le conseil d'État et par la cour des comptes.
Mais déjà, par ordre du gouvernement, la capitale de la France avait vu s'élever, sur l'une de ses places publiques; l'un des plus remarquables débris de la splendeur des Pharaons égyptiens. Nous voulons parler de Yobélis^ que de Loucqsor ou de Luxor.
Ce monument est un monolithe formé d'une énorme masse de granit rose; il a a3 mètres de hauteur, et pèse :35o,ooo kilogrammes environ. Trois rangées verticales d'hiéroglyphes couvrent ses faces ; la rangée du milieu est creusée à la profondeur de i5 centimètres; les deux autres sont à peine taillées. Les cartouches , multipliés sur les quatre faces, présentent tous le nom et le pré-
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nom de Rhamsès ou Sésostris( premier roi de la' dixneuvième dynastie égyptienne de Manétlion ) et contiennent le récit héroïque de ses travaux. Le bloc de granit sur lequel repose le monolithe égyptien, au milieu delà place de la Concorde, a 5 mètres de haut sur 3 mètres de large et pèse à Ity seul 100,000 kilogrammes environ. L'obélisque est un présent du vice-roi d'Egypte; il était resté pendant plusieurs siècles enterré au misérable village de Luxor, qui est tout ce qui reste aujourd'hui de cette Thèbes aux cent portes^ habitée jadis pat des millions d'hommes. Sa translation en France eut lieu en 1 833, sous la direction de Le Bas, ingénieur de la marine, et sur un vaisseau qu'on avait construit exprès. Les préparatifs qu'il fallut faire avant de pouvoir le dresser prirent près de trois ans. Enfin, le sf) octobre ï 836, Le Bas procéda avec le plus grand succès à cette érection, au milieu d'un immense concours de spectateurs. Tous les frais réunis de transport et d'érection s'élevèrent à trois millions environ. Ce monument s'élève près du lieu où fiit dressé l'échafaud de Louis XVI, souvenir sinistre qui semble planer sur la place de la Concorde et lui interdire de porter un semblable nom, en contradiction avec les témoignages de l'histoire.
L'aiguille égyptienne, plantée au milieu de la place, n'est guère en harmonie avec elle , mais c'est une faute qui se perd dans le désaccord de tout le reste, et surtout clans la grandeur de l'ensemble, dont les vices de détails ne peuvent gâter l'admirable effet. Qu'on dise tant qu'on voudra que le dessin des fontaines (nous les décrivons ci-après, pages 92 et suiv.), des colonnes rostrales, des candélabres n'est pas irréprochable ; que le grand pla-