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teau d'asphalte place au centre, avec l'obélisque à son milieu et ses 'deux énormes fontaines de fonte aux deux bouts , ressemble à un surtout de table ; que les six figures d^ chacune des deux grandes vasques font bien d'être assises, car elles doivent être fatiguées de leur propre poids; qu'on ajoute encore quelques justes critiques sur l'éparpillementdes lumières danscette place-veilleuse, comme on l'appelle, qui est largement édairée et où l'on voit si peu clair; que l'on se moque tout à $on;aise)de ces petits pavillons dont on a trouvé moyen de faire huit piédestaux pour les statues curules des principales vill^ de France; il n'en est pas moins vrai ^ . nous le répétons, que c'est encore là une admirable place, oîi l'art lui-même a ses dédommagements. Un monument comme le Garde^Meuhle; des statues comme les deux Victoires ailées de Coysevox, dont les coursiers galopent si bien aux deux côtés de la £f ille des Tuileries ; deux cbefs'-d'œuvre comn^e les deux chevaux de Coustou, quiy le 1 1 septembre 1795, ont été transportés de l'abreuvoir de Marly à l'entrée des Champs- Elysées^ où ils ont si bon air; enfin deux figures magistrales comme celtes de la ville de Lille et de Strasbourg, si fièrement' taillées dans la pierre par le ciseau de Pradier, rachètent bien des choses. Ce qui reliausse tout cela, c'est la verdure dont les hauts massifs des Tuileries et des Champs-Elysées encadrent la place de la Concorde au levant et au couchant ; c'est aussi la perspective de monuments qui s'étend sous le regard partout où il n'a pas à se reposer sur des masses d'cmibrages : là-bas, au-dessus des arbres et du panadbe des jets d'eau , le gros pavillon des Tuileries et son drapeau flottant; de l'autre côté) tout au bout de la hs^ite avenue des Champs-Elysées^
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(18301848) LIVRE XIX«. CHAPrTRE III. 83
TArc-de-Triomphe, porte géante à travers laquelle, certain soir d'été, le soleil couchant vient regarder la ville que son départ va plonger dans Tombre* Au nord et au midi, si la perspective a moins d'étendue, elle a son prix encore. D'un côté la Madeleine, terminant la large rue Royalç, fak, bien comme fond de tablean, et^ de l'autre^ quoique assez mesquine avec son fronton étroit et son escalier qui ne mène à rien, la &çade du Corps législatif, plaquçe en 1807 par Poyet sur les derrières du Palais- Bourbon, n'est pas faite pour gâter le point de vue. Ce coté a gagné beaucoup à la construction de Sainte-Clotilde, dont les deux flèches à jour font, sur la gauche de ce palais, un gracieux pendant au dôme des Invalides, qui s'élève à droite. ..
Le 29 juillet je 336, çpmm^ on l'a vu plus haut, eut lieu l'inauguration de V Arc-^de-Triomphe de la barrière de l'Étoile, monument d'une grande magnificence architecturale et qui honore l'époque qui l'a vu construire.
C'est par un décret impérial en date du i8 février 1806 quefiit arrêtée l'élévation de l'arc de trioinphe de l'Etoile' enTTiônneufl3es" armées françaises. Dès l'origine il iut décidé que cet édifice serait bâti dans des dimensions colossales; Or le plus grand arc de trifi^phe antiqgae, cielui de Constantin, a de hauteur 22 mètres et* .a.5 mètres de largeur. Quant à la porte Sa,int-Denis, arc de triomphe le plus grand: que l'on eût jenço^e élevé chjBz les modernes , il porte die hauteur environ a4 niètres, de largeur environ 2 5 mètres. . . .
. , L'arc de triomphe de l'Étoile a de hautei^œ j4us de 5o mètres, de largeur 4^ mètres ^ d'épaisseur près de nZ mètres.
84 HISTOIRE 1>E JPARIS. (1S3MM)
Le grand arc a 3o mètres de hauteur sur 1 5 mètres de largeur.
Les petits arcs ont 19 mètres de hauteur sur environ 9 mètres de largeur.
Les fondations ont i5 mètres de profondeur au-dessous du sol , sur 56 mètres de longueur et 28 mètres de largeur.
La première pierre porte pour inscription : « Van 1 806, ie quinzième daoût^ jour de V annii^ersaire de la nais^ sance de Sa Majesté Napoléon le Grande cette pierre est la première qui a été posée. Le minisire de Vin» ter leur y M. de Champagny.
IjCS sommes consacrées à la bâtisse et à la décoration de l'arc de triomphe s'élèvent à neuf millions six cent cinquante et un mille cent quinze francs quarante-deux centimes :
Sous l'Empire 3,aôo,7i3 fr. 36 c.
Sous la Restauration. 3,000,778 68 Sous Louis-Philippe. 3,449^6^3 38
Total 9,65i,ii5 42
Ce fut originairement le projet présenté par l'architecte Chalgrin que l'on adopta ; ce travail, peu remarquable, fut approuvé par Napoléon au milieu des préoccupations de Tannée 1806. Chalgrin dirigea la cons" truction de l'arc jusqu'au-dessus de la corniche du piédestal. Après la mort de cet artiste, en janvier 181 1, M. Goust suivit l'exécution de ce projet jusqu'à la hauteur de l'imposte du grand arc, et bientôt, en i8i4> les travaux lurent interrompus. On les reprit en i8a3, sous
cwsoiaaaj % livre xik. çaA.PiTRB ni. 85
la Restauration. MM. Huyot et Goust devaient les diriger ; mais le premier de ces artistes, ayant présenté un projet qui s'écartait des données primitivement adoptées, cessa ses fonctions, et M. Goust fut chargé de diriger les travaux sous la surveillance d'une commission composée de quatre architectes : MM. Fontaine, Debret, de Gisors et Liabarre. Avec ces dispositions l'arc de triomphe fut élevé jusqu'à la première assise de l'architrave de l'entablement.
liCS modifications proposées par M. Huyot consistaient à garnir les angles des deux massifs de l'arc de colonnes avec leurs piédestaux, en sorte que les champs pour les sculptures eussent été moins larges , que la saillie des colonnes eût donné plus d'effet à l'aspect du monument, et qu'enfin l'appareil architectonique de l'édifice eût dominé celui des sculptures.
Des hommes de goût et d'expérience regrettent que l'on n'ait pas adopté cette modification. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui la simplicité un peu nue de cet arc immense fait tomber toute l'attention sur les sculptures, dont quelques-unes n'ont pas le degré de perfection rcr quis pour supporter cette préférence. En rétrécissant le champ des sculptures et en les mettant dans des rapports à peu près égaux avec les ornements d'architecture, M- Huyot avait peut-être pensé à sauver l'imperfection probable de quelques groupes ou de quelques bàs-rcliefs qui se seraient alors confondus avec la disposition générale, tandis que, avec le système de sculpture gigantesque et excessivement saillante sur un fond uni, le plus léger défaut devient choquant. Mais, lorsqu'en 1828 M. Huyot reprit la direction des travaux^ l'élévation de
86 HISTOIRE DE PARIS. (1850-iM8)
l'arc jusqu'à l'entablement ne permettait] plus d'exécuter les changements qu'il avait proposés. C'est alors que ce grand architecte fit exécuter la voûte ogive intérieure, destinée à supporter le dallage supérieur et la sculpture d'ornement de la grande voûte. La place qu'occupe ce beau monument a été merveilleusement choisie; ses dimensions sont colossales, ses proportions heureuses^ et les ornements qui le décorent distribués avec goût; mais avec toutes ces qualités l'arc de triomphe de l'Étoile pourrait n'être encore qu'un splendide et gigantesque édifice si les grands faits d'armes qu'il rappelle ne lui donnaient un puissant intérêt. Ainsi on y trouve trois cent quatrevingt-quatre actions guerrières; depuis la bataille de Valmy, en 1 792 , jusqu'à celle de Ligny, en 1 8 1 5, les noms de cent vingt-six officiers généraux ayant combattu pour la France pendant cette période. Cet arc de triomphe n'est donc plus un simple édifice, mais un monument national.
Ce n'est point ici le lieu de soumettre à l'analyse de la critique les proportions et les détails de cette œuvre architecturale. La'face qui regarde Paris est préférée à l'autre, et, parmi les sculptures qui ornent la première, le groupe colossal de droite, figurant ié Départ^ en 1790, par M. Rude, attire surtout l'attention. Le Génie de la guerre, poussant le cri d'alarme et montrant de la pointe tlu glaive où l'ennemi doit être rencontré et vaincu, est plein de vie, de mouvement et d'enthousiasme. Le chef qui appelle les citoyens aux combats et les autres personnages se réunissant à* lui au cri d'alarme, ne le cèdent point au Génie qui plane au-dessus d'eux. Tout dans ce groupe est conçu, lié avec aisance et énergie, et^^ belle
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exécûtk>n contribue à en rendre Teffet rapide et durable.
L'autre groupe colossal, à gauche, représente le Triomphe^ en i8io. On y voit l'empereur couronné par la Victoire, tandis qiie la Renommée publie ses hauts faits et que l'Histoire les écrit. La composition a paru un peu froide, et l'exécution, bien que savante, encourt le reproche de lourdeur. On remarque surtout avec étonnettient ^expression plus que modeste de la figure de l'empereur couronné par la Victoire. Ce groupe est de M. Cortot.
Sur la face opposée, du côté de l'avenue de Neuilly, les deux groupes sont de M. Étex ; l'un représente la Résis^ tance ^ en ï8i/|, et l'autre /â: Paix^ en i8i5. Le mélange des qualités et des défauts dans ces deux ouvrages est tel qu'il maintient constamment l'œil et l'intelligence des spectateurs entre le désir de louer et le besoin de blâmer. Les deux compositions manquent de clarté, et, en général, on trouve les proportions des figures courtes et lourdes.
Entre l'imposte du grand arc et l'entablement sont placés, sur chacune des grandes faces, deux bas-reliefs, et un autre sur chacune des faces latérales.
Ces quatre groupes devaient, par la nature héroïque ou emblématique des sujets , être traités dans le style le plus élevé. Six grands bas-reliefs, dus aux plus illustres statuaires de l'époque, se développent sur les diverses faces du monument et représentent de mémôrablesr journées militaires. D'autres morceaux de sculpture d'une dimension moins grande contribuent à l'ornement des trois voûtes. Rien de plus majestueux, de plus grandiose tjue l'inlériieur des voûte3. Lorsqu'après avoir fait atten-
tivement le tour de rédifice Ton passe et Ton repasse sous ces arcs immenses ; lorsque des bancs établis au pied des murailles on lit tous les noms des généraux et des ba« tailles inscrits sur les grands massifs du monument, on se sent assailli d'une nuée d'idées, d'une foule de sentiments élevés qui mettent l'âme dans un situation diffi-p cile à décrire.
Quelque imperfection que la critique puisse signaler dans ce grand ouvi^age, il n'en reste pas moins certain que le volume prodigieux de sa masse, que sa position et l'ensemble des grands événements militaires et politiques dont il rassemble et consacre les souvenirs en font im immense jalon historique sur lequel la postérité ne ces* sera pas de tenir ses regards attentivement fixés.
En 1840 le gouvernement avait résolu de donner aux fêtes anniversaires de Juillet une solennité inaccoutumée et d'en faire, en quelque sorte, une manifestation nationale. Depuis dix ans les restes mortels des citoyens qui avaient péri en juillet i83o, en combattant pour les lois, étaient demeurés ensevelis dans des fosses creusées sur les divers points de la ville où la lutte avait été en* gagée. La loi voulait qu'ils fussent exhumés et transportés dans une vaste tombe creusée au milieu de la place de la Bastille et au-dessus de laquelle on venait d'élever la colonne de Juillet^ colonne de bronze destinée à honorer les sanglants souvenirs de deux révolutions,
La cérémonie de la translation des ossements fut inaugurée, le a8 juillet, par un service funèbre célébré en grande pompe dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, récemment restaurée et rendue au culte. A l'issue de ce sçrvipe, auquel avaient assisté les grands corps adminis*-
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tratifs et judiciaires , un spectacle imposant fut offert aux yeux de la foule; c'était celui d'un char colossal, traîné par vingt-quatre chevaux richement caparaçonnés, et qui s'a«> vançait lentement, sur la longue ligne des quais et des boulevards, au milieu d'un million de spectateurs attirés par la nouveauté et la grandeur lugubre de la cérémonie. Sur la place de la Bastille apparaissait, de loin, dépouillée des échafaudages et des voiles, la haute colonne deJuillet, sur laquelle étaient gravés en lettres d'or les noms de cinq cent quatre combattants populaires, qu'on appelait « les héros, » et qui allaient être enseveUs dans cette tombe immense creusée au milieu des ruines de l'ancienne Bastille. L'art, mis au service de l'idée révolutionnaire, avait installé au sommet de cette colonne cette statue dorée, ce Génie fatal qui semble planer sur Paris et s'élancer dans l'espace pour secouer sa torche sur les peuples, ce Spartacus idéal qui appelle l'humanité à la révolte en agitant les tronçons brisés de sa chaîne.
Le sarcophage, supportée à chaque bout par un lion, était revêtu de velours noir à bordures argentées, sur lequel il y avait de chaque côté cinq grands écussons por^ tant les chiffres 27, 28 et ag juillet i83o. La partie supérieure, en forme de catafalque , était recouverte d'une draperie en velours dessinant sur toute la longueur du sarcophage une grande croix d'argent , ornée à chaque extrémité de riches et magnifiques brodei*ies. Autour du soubassement , destiné à renfermer les cinquante cercueils collectifs, en dehors de la ligne du sarcophage, régnait une galerie bordée d'énormes panaches au-dessus desquels étaient suspendues des couronnes. De nombreux faisceaux de drapeaux tricolores décoraient le char, porté
90 HISTOIRE DE PABIS, (18$0*iM8)
sur SIX rdues en bronze ioiselé et argenté. Un temple ftinèbre, destiné à recevoir le char poiir la cérémonie de Tabsoute, avait été construit en face de la grande entrée des caveaux, du côté de la rue Saint- Antoine ; ce temple, de douze mètres d'élévation, était supporté par douze pilastres d'ordre égyptien et le pourtour du soubassement orné d'écus aux devises de Juillet. Sur chacun des frontons regardant la rue et le faubourg on avait peint un lion, la crinière dressée. L'intérieur du temple était recouvert de tentures noires; vingt lampes sépulcrales pendaient à la voûte. Deux grandes tribunes y étaient dressées, et les personnages les plus illustres du gouvernement y avaient pris place. Parmi eux la foule se complaisait à remarquer M.deRémusat^ ministre de l'intérieur, M. le comte Jaubert, ministre des travaux publics , M. le maréchal Gérard et M, Dupin aîné. La marche triomphale et l'hynme funèbre avaient été composés par M. Berlioz. Au moment oii le char funéraire entra dans le temple on arbora au sommet de la colonne une bannière aux trois couleurs sur laquelle était brodée une palme, et bientôt après lé clergé procéda aux cérémonies prescrites par le rit catholique. Quand les prières eurent été prononcées sur la tombe des morts l'assemblée se sépara en proie à une émotion profonde et les troupes défilèrent devant la nouvelle colonne.
Pendant le règne de Louis-Philippe l'administration municipale consacra chaque année, depuis i832, une certaine somme au forage de puits artésiens sur plusieurs points de Paris ; elle avait surtout pour but de procurer de l'eau à certains quartiers trop éloignés des grandes conduites de distribution des eaux pour qu'on pût y faire
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parvenir des tuyaux secondaires. Elle voulait aussi, en perçant le banc de craie qui règne sous le sol de la capitaie, fournir de nouveaux éléments d'observation à la science géologique, et éckirer en même temps tdute per* Sonne intéressée sur les chances d'un pareil forage dans le département de la Seine. L'on fit le premier essai de ce genre au carrefour de la rue de Reuilly, dans le faubourg Saint^Antoine; mais il ne répondit pas aux espérances qu'on avait conçues. Après être parvenu à une profondeur de plus de ICO mètres on obtint plusieurs nappes d'eau ; aucune ne s'éleva jusqu'à la surface du sol ; celle qui s'en approcha le plus avait son niveau à 3 mètres. Dès lors on renonça à creuser plus avant, après une dépense de 10,67a fr. 63 c.
Le puits de l'abattoir de Grenelle a pleinement répondu, pendant quelque temps, à tout ce qu'on attendait de ce grand travail. Commencé en i83a par Louis Mulot, il fut terminé, après beaucoup d'efforts, en 1 84 r . L'on obtint aussitôt 1600 mètres cubes d'eau par vingtquatre heures , à une élévation de 3o mètres au-dessus du sol et de i4 mètres au-dessus du bassin de la Villette. Sa température est de aS degrés centigrades. L'on espéra dès lors cpi'il serait possible de procurer de l'eau au quartier de l'Estrapade , qui est le point le plus élevé de Paris, et Ton construisit à cet effet un vaste réservoir près de la place de ce nom ; mais la quantité d'eau fournie par le puits de Grenelle ne tarda pas à diminuer sensiblement de jour en jour, et aujourd'hui il n'y a plus rien à en attendre à cet égard.
L'administration fit également forer à cette époque des puits artésiens, âkts d^absorptiofiy aux trois barrières
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de Saint-Mandé, deQrenelle et du combat ; leur profondeur atteignît de 60 à 85 mètres. L'on voulait faire absorber ainsi les eaux pluviales sur certains points de Paris où il n'existe pas d'égouts. Les résultats n'ayant pas répondu aux espérances qu'on avait conçues sur ce point, l'on ar« rêta les travaux après une dépense de bg^gSô fr. 89 c.
Le musée Dupuftren^ rue de l'Ecole^de-Médecine ^ fut fondé par l'université de Paris; il se compose d'ime collection formée par le célèbre Dupuytren et relative à l'anatomie pathologique. Elle renferme des morceaux d'ostéologie, des pièces injectées et l'imitation en cire de plusieurs maladies chirurgicales, et particulièrement des maladies de la peau, etc. Cette collection est placée dans le réfectoire du couvent des Cordeliers. /
Les bassins de la rue Racine^ réservoirs destinés à l'aménagement des eaux de l'Ourcq, ont été commencés en i836. Ils sont au nombre de trois et renferment près de 6,000 mètres cubes d'eau ; on a employé pour leur construction le béton hydraulique,
l^s fontaines de la place de la Concorde ont été édi^ fiées en 1839. Celle du côté de la Seine est dédiée aux mers ; près du bord on remarque des tritons et des néréides tenant tous un poisson dont la bouche donne passage à un jet d'eau ; au milieu du bassin est un groupe composé de six figures assises, ayant le gouvernail en main ; ces figures représentent l'Océan, la Méditerranée , la pêche du poisson de mer, celle des perles, celle du corail et celle des coquillages. Aux pieds dçs six figures sont des dauphins qui les entourent de gerbes d'eau ; trois Génies figurent la Navigation maritime, le Commerce, l'Astronomie, Sur un énorme tronc de palnûer s'élèvent les
(Î850.184S) LIVAÈ XÎX. CHAl^lTRÉ III. ^3
vasques qui déversent Teau en cascades. La fontaine du côté du Garde-Meuble est dédiée aux fleuves ; six figures assises la décorent ; deux représentent le Rhône et le Rhin , les quatre autres les récoltes du sol français : raisins, blés, fleurs et fruits ; trois Génies représentent TAgriculture, la Navigation fluviale et l'Industrie. Toutes ces figures ont été exécutées dans l'usine de M. Muel, sous la direction de M. Hittorf ; elles sont en fonte de fer.
Les fontaines qui nous occupent furent revêtues dans l'origine d'une peinture qui devait être, disait-on, d'une grande solidité. Les chairs des statues imitaient le bronze florentin; les vêtements, le bronze vert antique; les accessoires et les ornements étaient dorés. Mais toute cette peinture, ces dorures n'ont pas résisté longtemps aux influences diverses auxquelles elles étaient soumises , et à maintes reprises (tous les deux ans, croyons-nous) il a fallu gratter à vif et repeindre les fontaines, et cela sans plus de succès que la première fois. On était dès lors édifié sur l'insuffisance complète d'un tel moyen employé à la décoration et à la préservation de la fonte.
Cependant une industrie nouvelle se créait; elle n'allait à rien moins qu'à transformer par les procédés galvaniques les pièces les plus volumineuses et à leur donner l'aspect et la durée du bronze. A ces procédés, qui sont de l'invention de M. L. Oudry, la sanction de l'expérience paraît déjà acquise par les applications qui en ont été faites à plusieurs fontaines de Paris, ainsi qu'à un grand nombre de poteaux indicateurs du bois de Boulogne , de candélabres, de bancs de nos promenades publiques. Aussi l'administration municipale, sur le rapport d'une commission choisie dans son sein et composée des hommes
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les plus coisipélentsdaiis la matière^ n'a-UelIe pas hésité à voter les.fbnds nécessaires poiir que les fontaines de la place de la Concorde , ainsi que les vingt colonnes rostrales et les deux cent vingt candélabres de cette place et de ses abords et de la grande avenue des Champs-Ély* sées, soient à leur tour l'objet d'une transformation sem* blable.
Une distance de 65 mitres sépare les deux fontaines^ qui sont placées dans l'axe du pont, de la rue Royale-Saint- Honoré et de§ quatre ayennes latérales. Elles présentent une disposition analogue à celle des châteaux, d'eau si vantés qui accompagnent l'obélisque de Saint-Pierre de Rome, mais elles l'emportent sur ceux-ci par la richesse des détails et l'ampleur des proportions, conqim^ par le volume d-eau qu'elles débitent; Ce volume dépasse pour chaque fontaine 6,716 mètres cubes par vingt-quatre heures, soit près du double de ce que dépense une des fontaines de la place Saint-Pierre de.Rome.
Elles sont composées d'un vaste l^assin circulaire de î6 mètres de diamètre. Ce bassin , en pierre polie, est divisé, dans sa circonférence, par douze piédestaux acqpuplés, surmontés d'amortissemenjts en fonte. Au-dessus du bassin sont deux cqupei superposées ; la plus grande a 6 mètres de diamètre ; l'autre, qui est renversée , cqn^me aux fontaines de Saint-Pierre , n'a.que 3 m. 5o c. La hauteur totale delà fontaine, sans compter )a gerbe qui la surmonte, est de 9 mètres.
Le Château (Teau^ dont nous avons mentionné la fondation y a di^aru lors des travaux occasionnés par l'achèyement du Louyre et le prolongj^ment; de la rue de Rivoli. '