‹ Histoire de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 19 sur 96 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Règae de N«poléon III. — ÉvénemeiiU généraux ( 1852-lMS).

Le 2 décembre 1 85:2 Napoléon III fit, comme empereur, .son entrée à Paris. Une foule immense se pressait sur sou passage, faisant entendre des acclamations. Le même jour la proclamation de Tempire eut lieu à l'hôtel de ville. Le lendemain l'empereur visita l'Hôtel-Dieu et l'hôpital du Val-de-Grâce. « Je veux , dit-il, que ma première visite soit pour ceux qui souffrent. » Parmi les personnages illustres qui se pressèrent le soir aux Tuileries autour de Sa Majesté on remarqua l'émir Abd-el-Kader, récemment rendu à la liberté par une décision gracieuse de l'empereur, et dont la présence à Paris offrait un aliment de plus à la curiosité de la population.

Paris, en dépit d'une minorité impuissante de frondeurs, rentrait de jour en jour davantage dans les conditions normales de son histoire, qui sont le progrès dans l'ordre matériel et le développement dans la splendeur. Le 12 décembre fut inaugurée l'une des principales sections du chemin de fer de Ceinture, celle qui se trouve comprise entre la gare du chemin de fer de Rouen et celle du Nord. Le i^ l'empereur se rendit pour la première fois à l'hôtel de ville en suivant la rue de Kivoli, dont la dernière portion venait d'être achevée et dont l'aspect grandiose transformait les vieux quartiers de la capitale» Deux joui*s après Sa Majesté décréta, aux

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frais de sa cassette , rétablissement de plusieurs bains et de plusieurs lavoirs publics dans les quartiers peuplés par la classe indigente.

Au mois de janvier, l'empereur épousa en grande pompe, à Notre-Dame, Marie-Eugénie de Gusman^ comtesse de Téba ; cette union fut célébrée par des fêtes et par des actes de bienfaisance. La nouvelle impératrice s'y associa dignement en ordonnant qu'une somme de six: cent mille francs , votée pour elle par la ville de Paris, serait employée en œuvres de charité, telles que la fondation d'un hospice.

En cette même année i853 l'histoire de Paris ne fut signalée par aucun de ces événements graves qui changent la face des empires. Nous en avions vu assez, de ces événements, et Paris, aussi bien que la France, aspirait avant tout à jouir d'un glorieux repos.

La population de la capitale subissait un accroissement rapide, et les ouvriers, attirés de tous les départements à Paris par la perspective du travail et des salaires, commençaient à ne pouvoir trouver de logements. Dans cette situation se manifestait un mouvement de hausse du prix des loyers qui ajoutait aux. embarras de la classe laborieuse . Le gouvernement, s'attachant à remédier autant que possible aux difficultés de cette situation, décida que, outre les améliorations imposées aux anciennes habitations ouvrières, de nouvelles maisons, avec des logements garnis et non garnis, pour les ouvriers célibataires comme pour les ménages, s'élèveraient à la fois dans plusieurs quartiers de Paris, sur des emplacements bien choisis, à proximité des travaux, et que ces logements seraient disposés de manière à réunir à l'économie du prix toutes les condi-

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lions désirables de bien-être et de salubrité. De là Torigine et la fondation de ces cités ouvrières qui existent aujourd'hui à Paris, et dont le nombre et Timportance se seraient accrus si les travailleurs , en vue desquels on cherchait à réaliser une amélioration aussi considérable, ne s'étaient pas trop souvent montrés animés de préventions ou de défiance contre la pensée de Tadministration.

Les récoltes avaient été mauvaises et tout annonçait la cherté excessive du pain. L'empereur ordonna que l'on ne dépasserait pas, à Paris, le prix de 4o centimes par kilo* gramme de pain^ mais que la boulangerie serait remboursée, à la suite des prochaines récoltes, par le maintien du prix du pain à un taux un peu plus élevé que ne le comporteraient alors les mercuriales. Cette combinaison simple et heureuse permit à la population parisienne de traverser, sans de trop grandes souffrances, la longue période de disette qui allait s'ouvrir. Au milieu des graves préoccupations soulevées par des complots à déjouer, par une guerre à entreprendre, le gouvernement impérial n'oublia jamais de se montrer paternel et plein de mansuétude à l'égard des classes pauvres et souffrantes qu'on cherchait à égarer, et cette même année vit instituer à Paris, sur de larges bases, un service de traitement à domicile pour les malades pauvres. Vers le même temps Tadministration se préoccupa du soin d'établir, au centre du faubourg Saint- Antoine , un nouvel hospice destiné à recevoir les enfants malades, et qui fut placé sous le patronage de Sa Majesté l'Impératrice. Cette analyse de l'histoire de Parissous Napoléon 111 serait incomplète si nous ne nous hâtions pas de mentionner la cérémonie qui eut lieu^

le 7 décembre i853, à l'occasion de Tinauguration d'une statue élevée, au carrefour de l'Observatoire, à la mémoire du maréchal Ney.

En i854 une nouvelle invasion du choléra vint affliger Paris et durant plusieurs mois fit de nombreuses victimes. D'unautrecôté les récoltes ne paraissaient guère meilleures qu'elles ne l'avaient été l'année précédente, et la population parisienne, bien que protégée par les sages mesures dont le gouvernement avait pris l'initiative, eut à endurer beaucoup de privations. Dans cette situation difficile elle fit preuve de sagesse et de patience, et on la vit supporter sans murmure les souffrances qui pesaient sur elle. L'administration mit tous ses soins à procurer du travail à la classe ouvrière, et fit continuer presque sans interruption le percement des rues nouvelles et les constructions votées dans la campagne précédente.

Vers la fin de mars l'empereur annonça au Sénat et au Corps législatif que la Russie s'était constituée envers nous en état de guerre. La déclaration du gouvernement, depuis longtemps prévue , trouva la France prête aux glorieux sacrifices qu'on réclamait d'elle. En dépit des frais considérables que les événements du dehors allaient entraîner, la ville de Paris nf fut affligée ni par le ralentissement des travaux, ni par l'ajournement des vastes projets qui devaient concourir à son embellissement. On continua à prolonger, en face du débarcadère de l'Est , ce magnifique boulevard de Strasbourg dont une grande partie ne devait pas tarder à recevoir un autre nom ; on vit s'approcher de leur terpe les transformations entreprises au bois de Boulogne ; la jiie de Rivoli apparut comme par enchantement bordée

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