VOIES NOUVELLES
Un grand nombre de larges voies nouvelles ont été ouvertes depuis i852.
Pour frayer ces larges voies beaucoup d'impasses', de cloaques, de petites rues étroites, où l'air et le soleil ne pénétraient pas, ont nécessairement disparu.
Elles OH fait place à la rue de Rivoli, aux boulevards Saint-Michel, Richard-Lenoir, H.ausmann, de Sébastopol, de Strasbourg, du Prince-Eugène , de l'Aima, et à leurs nombreux abords.
ancien Paris^ nombre des rues pavées i ,^45
Nombre des rues empierrées ou macadamisées. a54
I^s grandes voies ouvertes depuis 1 8 Sa ne sont qu'empierrées.
Dans les communes annexées presque toutes les rues sont encore à l'état de soi naturel ; beaucoup de sentiers et de ruelles.
Un mètre carré de pavés coûte environ 12 francs. Un mètre d'empierrement coûte de 3 fr. à 3 fr. 5o; mais cette différence de prix, est bien plus que compensée par les dépenses d'entretien et de personnel que nécessite l'empierrement.
Le pavage, en 1869, a coûté 1,126,475 fr. Le macadam, en iSSg, a coûté 2,1 4 5, 586 fr. Un fait nouveau se produit ; le pavé pourrait nous manquer, et voici pourquoi : les pavés se taillent dans des bancs de grès; les ouvriers chargés de ce pénible travail respirent inévitablement une poussière très-insalubre ; un grand nombre, au bout d'un certain temps, meurent phthisiques; mais on s'occupe de la construction d'une machine à vapeur qui remplacerait les tailleurs de pavés de grès.
La longueur des voies pavée à Paris est en chiffre ronds de 4oo kilomètres.
La longueur des voies empierrées ou macadamisées est de 100 kilomètres.
La longueur des trottoirs çn asphalte ou en granit est de 390 kilomètres
Les voies plantées, promenades , boulevards , squares, représentent une longueur de 35o kilomètres.
Les dépenses d'arrosage de la voie publique de l'ancien Paris se sont élevées, en 1859, à 194,623 francs; Pour le nettoiement des chaussées, pavées et macadamisées, à 1,525, 978 francs.
La poussière, chose incommode sur nos grandes
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voies de circulation, et doût la villfe tie Paris diflivre les piétons autant qu'elle le peut par un arrosage incessant et perfectionné, donne lieu aujourd'hui à une dépense municipale assez importante. Au moyen âge, en pleine féodalité, la poussière rapportait aux seigneurs une redevance de leurs vassaux, qu'on appelait le puli^raticum; dans le Dauphiné les moutons payaient le puliferaticum à cause de la poussière qu'ils soulevaient en passant sur la terre du seigneur.
N'oublions même pas les égouts,' ces rues souterraines, dans ce travail que nous nous efforçons de rendre complet.
Nous avons vu que dans l'ancien Paris leur développement est de 186,000 mètres;
Dans les communes annexées il est de 36,ooo mètres.
On achève de construire un égout collecteur destiné à verser les immondices des deux rives de la Seine, noa plus dans Paris, mais en aval du Pont d'Asnières.
L'impulsion est donnée à tous les projets d'agrandissements et d'embellissements.
Et dqà les habitants de Paris peuvent entrevoir le moment oîi l'immense zone dont l'annexion est venue d<>ter la capitale n'aura rien à envier aux quartiers les plus favorisés du centre. Les études se poursuivent sans relâche - pour y ouvrir de larges percées, pour y créer des promenades, des squares, qui seront un véritable bienfait pour les habitants de l'ancienne banlieue. Nous appellerons aujourd'hui l'attention de nos lecteurs sur différents projets qui témoignent de toute la sollicitude de la ville de Paris.poui*sès nouveaux administrés, et dont la plupart ont déjà été soumik aux formalités d'enquête , suiVaM la marche adoptéeen pareille matière. • -
:iOO HISTOIRE DE PARIS. (1852-18651
Les seules voies de premier ordre qui traversent les territoires annexés à Paris, en vertu de la loi du i6 juin 1859, sont d'anciennes routes le long desquelles les populations sont venues se grouper tout d'abord, parce qu elles y trouvaient des moyens de communication faciles avec le cautre de la ville. Or ces voies , qui aboutissaient né cessairement aux barrières ménagées dans le mur d'octroi, étaient peu nombreuses, et, lorsqu'elles furent bordées de constructions, on dut se rejeter, pour bâtir^ dans les vastes espaces qui les séparaient. C'est ainsi qu'on vit .se former, sans plan général, sans nivellement préalable, presque au hasard , des agglomérations d'habitants dont on ne pouvait d'ailleurs songer à régler d'avance le dé- . veloppement ; la multiplicité des administrations locales et la diversité des vues qui en résultaient auraient rendu bien difficile^ sinon impossible, la rédaction de tout.projet' d'ensemble. Quoi qu'il en soit ^ lorsque le mur d'octroi disparut, des localités importantes, telles que la Yillette, Belleville, Ménilmontant , Charonne, Saint-Mandé et Bercy, n'avaient avec Paris que des communications insuffisantes et d'une circulation malaisée. Déplus, ces localités, bien que voisines, ne se trouvaient rattachées les unes aux autres que par un très-petit nombre de voies régulières, et souvent leurs rapports directs sont fort difficiles.
Aussitôt après l'extension des limites de Paris l'administration municipale fît étudier par ses ingénieurs }e profil de plusieurs grandes voies destinées à rattacher entre eux et aux anciens quartiei's de Paris les nouveaux territoires formant le 19^ et le 20* arrondissement et une partie du 12*. L'importance d'une pareille entreprise ressortait d'elle-même;, sa mise à exécution présentait de
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sérieuses difficultés ^ tant à cause des mouvements très* brusques et en sens divers du sol où Ton avait à opérer que par l'obligation imposée aux ingénieurs de maintenir en général les rampes et pentes des nouvelles voies dans des limites d'inclinaison qui les rendissent partout acceç-^^ sibles aux voitures affectées au transport en commun. Rien n'a été négligé, dans le travail d'ensemble dont il s'agit, pour donner pleine et entière satisfaction aux besoins de la population des arrondissements mentionnés cidessus.
Ainsi, dans le 19* arrondissement, on se propose d'ouvrir une rue qui partirait deTancienne route de Flandre, au droit de la rue de Bordeaux. Cette voie couperait le chemin de Saint-Ouen à la hauteur de la rue de Valenciennes, puis elle se dirigerait vers le pont actuellement en construction sous le chemin de fer dé l'Est, et qui est destiné à remplacer celui dit de la Croix-de-l'Evangile. En continuant les rues de Crimée, de Marseille et de Bordeaux, et en se prolongeant par le chemin d'Aubervilliers jusqu'à la porte de ce nom, elle compléterait une ligne fort étendue , allant directement des hauteurs de Charonne, Ménilmontant et Belleville, à la porte d'Aubervilliers, où la nouvelle route départementale de Paris à Stains doit prendre naissance. D'un autre côté, au moyen de la rue de la Croix-de-l'Évangile rectifiée, elle formerait une jonction utile entre le centre de la Villette et la gare des marchandises du chemin de fer du Nord, Cette voie aurait 680 mètres de longueur sur 16 mètres de largeur, et deux trottoirs de 3 mètres chacun.
On a aussi le projet d'établir une rue d'un tracé à peu près circulaire, suivant le sommet des carrières du centre.
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En partant àe la rue de Crimée elle traverserait d'abord la rue de la Viilette, passerait entre les réservoirs, couperait les rues des Alouettes et du Hasard, et emprunterait une partie de la rue du Plateau pour venir déboucher sur la rue Fessart. De ce point elle atteindrait la rue de Paris (Belleville) par la rue des Moulins, qu'elle emprunterait aussi en partie.
Aux abords de l'église l'ancienne commune de Belleville est bien bâtie et convenablement percée; mais au delà, vers le bord des carrières du centre, le tracé des voies devient incertain; le pavage manque, l'écoulement des eaux est mal assuré, les maisons sont construites sans ensemble , dans une situation périlleuse. Il est nécessaire de régulariser ce quartier et de le terminer par une nouvelle rue, qui recevrait les extrémités des voies déjà tracées, établirait une commudication entre elles, formerait lés limites des consthictions de ce côté et réunirait dans ses égouts les eaux pluviales qui se déversent actuellement dans les carrières. Cette rue présenterait en outre un caractère tout spécial. Établie au sommet des carrières, à gS mètres environ audessus du niveau de la mer et à près de 6d mètres audessus de Paris, ne pouvant d'ailleurs être construite que sur l'un de ses côtés, elle formerait une sorte de terrasse d'amphithéâtre d'où Ton découvrirait un immense, horizon. La voie projetée aurait une longueur de 677 mètres entre les rues de Crimée et Fessart, et une longueur de 170 mètres, entre ce dernier point et la rue des Moulins. ' ' >. .
La largeur de la rue de Crimée à la rue Fessart sei'ait deaA inètres. ainsi divisés : une chaussée de q mètres, uù trottoir de 3 mètres du côté dés maisons,* et, du côté
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opposé, une contre-allée plantée, de 1 2 mètres. Au delà de la rue Fessart cette largeur serait réduite à i5 mètres et comprendrait une chaussée de 9 mètres bordée de deux trottoirs de 3 mètres chacun. Quant à la partie de la rue des Moulins qui continuerait la voie nouvelle jusqu'à la rue dej Paris (Belleville)', elle serait portée à 1 5 mètres par mesure ordinaire de voirie.
La ville de Paris est dotée à Test et à l'ouest de deux promenades sans rivales : le bois de Boulogne et le bois de^incennes. Ces deux parcs, que l'Europe nous envie (nous les décrirons ailleurs ), ont attiré dans les localités voisines, par l'agrément qu'ils offrent, un grand nombre d'habitants du centre de Paris, et amené ainsi un déplacement que l'intérêt même de la population rend des plus désirables. Ce résultat a naturellement appelé l'attention sur les avantages que présenterait la création de. deux promenades suffisamment étendues au nord et au sud de la capitale , à proximité du chemin de fer de ceinture, destiné, comme on le sait, à transporter avant peu des voyageurs, et dans le voisinage de terrains d'un prix peu élevé, sur lesquels on pût construire des habitations à la fois agréables et offrant des logements à bon marché.
Une étude attentive des besoins à satisfaire a conduit à faire choix, pour la promenade du Nord, d'un emplacement situé sur les buttes Saint-Chaumont , en contre-bas de la voie nouvelle dont nous avons parlé tout à l'heure, et dans ce qui fut autrefois les carrières du centre. L'étendue de ce square sera d'une vingtaines d'hectares; il aura ses entrées principales sur là rilé Fessart et sur la rue de Crimée. A l'heure où nous écrivons ce§ lignes, \es travaux auxquels donne lieu la création de ce square sont à
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la veille d'être terminés. Annoncer que l'étude et l'exécution de ce projet sont confiées à M. Alphand, ingénieur en chef de la ville de Paris, qui a pris une part considérable à la création du bois de Boulogne, des squares parisiens, du parc de Monceaux, du bois de Vincennes, qu'on termine en ce moment, et de maintes autres conceptions grandioses du nouyeau Paris, c'est dire tout ce qu'on peut attendre d« la nouvelle promenade , placée sur un terrain accidenté, d'oîi l'on embrasserait du regard Montmartre, la Chapelle, la Villftté, puis Paris, terminé au loin par les coteaux de Meudon et de Saint-Cloud. 11 y a là les éléments d'effets imposants et pittoresques dont l'habile ingénieur saura tirer le meilleur parti. Rien de plus chimérique, comme on le voit, que le projet bénévolement prêté à l'administration par des esprits aventureux de vouloir faire table rase des buttes Saint-Chaumont et des habitations cjui s'y trouvent. Loin de songer à les aplanir, on travaille à embellir ces buttes , à les sillonner de spacieuses voies, à les doter enfin d'une promenade qui en fera une des curiosités de la capitale (i).
Au milieu de ces transformations des quartiers les plus reculés, et qui semblent le moins solliciter l'attention municipale, il eût été impossible de ne point améliorer et embellir les magnifiques espaces qui s'étendent entre l'arc de triomphe de l'Étoile et la résidence de nos souverains.
Des dispositions furent prises pour couvrir de jardins* anglais toute la partie des Champs-Elysées comprise entre la grande avenue, le Cours-la-Reine, le palais de l'Industrie et la place de la Concorde. On sait les importantes
(i) M. Gh. Fnès, Travaux publics à Paris.
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améliorations qui ont été apportées dans ces dernières; années à la promenade parisienne par excellence, à cette splendide avenue qui s^étend de la place de la Concorde à celle que décore Tare triomphal élevé à la gloire de nos armées. Là où il suffit d'une échappée de beau temps pour faire afQuer la foule des promeneurs et des équipages, on ne voyait autrefois que de rares maisonnettes et de vastes marais qui approvisionnaient de légumes les marchés de la capitale. Ce fut vers 1670 que Ton entreprit d'y former des allées dont les arbres forent complètement renouvelés un siècle plus tard. Pendant Thiver d« 1818 à 1819 on dut exhausser et affermir le sol des allées. En i838 et en 1889 la ville de Paris fît établir dans les Champs-Elysées cinq fontaines en fonte qui ajoutèrent beaucoup à l'agrément de cette belle voie , à peine éclairée autrefois par la lueur vacillante des réverbères , et où le gaz marque aujourd'hui du soir au matin un double sillon de feux étincelants. Deux de ces fontaines, cuivrées par M. L. Oudry à l'aide de procédés galvanoplastiques spéciaux, constituent les premières applications qui aient été faites de cet art nouveau à la conservation et à l'embellissement des monuments publics.
Après la construction du palais de llndustrie, deux jolis parterres, avec jets d'eau, ont été formés au devant des ailes de cet immense édifice. Entre le palais de Tlndustrie et le Cours-la-Reine, dans cette partie des Champs- Elysées naguère déserte et que la moindre pluie suffisait à transformer en un cloaque de boue, de vastes jardins anglais , avec pelouses , allées sinueuses , monticules , ont été créés récemment. Là des milliers' de plantes, soigneusement entretenues et renouvelées sans cesse, mon-
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treat aux promeneurs tout ce que la flore de chaque saison offre de plus brillant parmi les différentes espèces qui font l'ornement de nos parterres. Point de grilles ni de clôtures qui défendent l'accès de ces jardiqs , abandonnés pour ainsi dire à la garde du public, qui s'y porte avec empressement comme pour témoigner de l'heureuse pensée qui a présidé à leur création. Lors de la fête nationale du i5 août, dont les r^ouissances attirent tout Paris aux Champs-Elysées, cinq cent mille personnes peut-être traversent ces jardins sans qu'aucune [fleur soit touchée , sans qu'aucune plante se ressente de cet immense courant de circulation.
. On n'ignore pas de combien d'hôtels somptueux les lignes architecturales des Champs-Elysées se sont enrichies depuis quelque temps, à partir du Rond-Point jusqu'à la barrière de l'Étoile. Près de cette entrée magistrale de Paris, notamment, les travaux de construction ont marché avec une rapidité merveilleuse, et l'on chercherait vainement, à l'heure qu'il est, un point qui ne soit pas bâti sur l'emplacement de l'ancien promenoir de Chaillot. De l'autre côté de l'avenue , là où fut Iç jardin Beaujon, tout un quartier, percé de rues spacieuses, achève de sortir de terre, et profile sur les Champs-Elysées les façades, variées de style, de c[uelques-unes de ses élégantes habitations.
Suivant le projet dont on poursuit l'exécution, lies grandes allées droites entourant chaque plateau ont ëtë maintenues, et l'on a créé de vastes carrefours aux abord$ des restaurants, cafés et autres établissements publics, qui ont tous été conservés. Quant aux arbres verts ou par trop caducs qui sje trouvent dans les allées droites , ils ont été
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remplacés par des marfpnniers, seule essence choisie, avec l'orme, pour décorer les Champs-Elysées. Une largeur de 5 mètres a été donnée aux allées qui isolent les pelouses , afin qu'elles ^tisfassent amplement aux besoins de la circulation. Des bancs à double siège, avec dossier, d'un modèle nouveau, sont installés, pour la commodité des piétons, dans les différentes parties de la promenadç. La construction de branchements d'égouts, la pose des conduites d'eau et des bouches nécessaires à l'arrosage des pelouses , complètent les travaux de transformation de cette partie des Champs-Elysées. Des modifications analogues doivent être apportées ultérieurement aux plateaux du coté droit de la grande avenue.
Au delà des Champs-Èllysées, et à une distance encore assez grande de l'arc de triomphe , le gouvernement impérial voulut doter la ville d'une promenade bien autrement belle : nous voulons parler delà transformation du Bois de Boulogne.
L'origine de ce bois est connue.
Une épaisse forêt remplissait autrefois l'espace qui se trouve entre Riris et Saint-Cloud. Une partie de cette forêt ayant été abattue vers le bord de l'eau, un village s'y éleva sous les rois de la première race , et fut longtemps appelé Menus lez Saint-Chudy AonlW n'était, comme aujourd'hui , séparé que par un pont.
. Un pèlerinage célèbre, établi à Boulogne-$ur-Mer dès le septième siècle, attirait un grand nombre d'habitants de Paris et des villages environnants. Quelques-uns de ces pèlerins sollicitèrent de Philippe le Long la permission d'ériger, dans le village des Menus, une confrérie de la Vierge et une chapelle semblable à celle de Boulogne. Ce
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monument, d'une architecture gothique, fut terminé et béni par Tévêque de Paris en i343. Le pape l'enrichît des mêmes indulgences qu'on allait autrefois chercher si loin à Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer, et les Parisiens, s'habituant à aller faire leurs dévotions en cet endroit, donnèrent dans la suite au village des Menus le nom de Boulogne. Cette chapelle fut bientôt agrandie et érigée en paroisse ; Boulogne fut alors démembré de la cure d'Auteuil.
Le Journal de Paris ^ sous Charles Fil ^ rapporte qu'un fameux Cordelier nommé frère Richard , prêchant le 2 5 avril 14^9 dans l'église érigée par la confrérie des pèlerins, toucha tellement les Parisiens accourus pour l'entendre, qu'à l'issue du sermon on ne voyait de tous côtés que des feux allumés où les hommes s'empressaient de jeter cartes, dés, billes, billards , tables de jeu, et tonè ce qui pouvait exciter l'avidité du gain et les querelles.
Boulogne est aujourd'hui devenu très'-considérable ; on y trouve de nombreux établissements industriels. On y remarque aussi de très- belles ihaisons de campagne, surtout celle du baron de Rothschild, située à droite, à l'entrée du village, en sortant du bois; elle est précédée d'une longue avenue et entourée d'un parc délicieux. L'archichancelier de l'empire, Cambacérès, eut aussi à Boulogne une maison de plaisance. Ce village, très-bien bâti, est un des plus beaux de la région occidentale des environs de Paris.
Le bois adjacent s*appelait d'abord forêt de RouQray^ nom dérivé de rohw\ sorte de chêne qui abondait en cet endroit. Olivier le Daim, ce farouche favori de Louis XI, occupa le poste de capitaine du pont de Saint^Cloud et