C5) LIVRE XXI. CHAPITRE I
sur les murs de Paris , la ville la plus civilisée de l'Europe.
Bien qu'ils n'y soient pas contraints, la plupart assistent à la messe du dimanche, et leur attitude y est très-convenable.
Les convalescents appartiennent à des industries diverses et souvent rivales, mais jamais de querelles entre eux ; ils se conduisent, en un mot, comme d'honnêtes gens.
Le personnel de l'Asile impérial de Vincennes se compose :
D'un directeur;
D'un receveur trésorier ;
D'un médecin en chef et de trois élèves internes ;
De six religieuses de l'ordre des Dames de Saint-Augustin de Belgique, dirigeant chacune un service : la pharmacie, la cuisine, l'infirmerie, la lingerie, la buanderie } d'un aumônier ; de cinq employés de bureaux, d'un garde-magasin, de quatre surveillants; de quarante employés subalternes au moins, tels que cuisiniers, cochers , jardiniers, infirmiers, barbier, baigneurs, chauffeurs, sommeliers , balayeurs , buandières , lingères , garçon de pharmacie.
Les employés sont soumis à une discipline presque militaire.
Les ressources financières annuelles de l'Asile impérial sont de diverses natures :
1° Prélèvement de i o/o sur les travaux entrepris dans le département de la Seine pour le compte de l'État et des communes du département. Dans l'espace de trois ans envirori ce prélèvement s'est élevé à une somme de 700,000 francs; mais ce prélèvement se partage entre
â3o mSTOIRE DE PABIS« (18521865)
TAsile impérial des convalescents de Vincennes et l'Asile impérial des convalescentes du Vésinet.
2^ Prix de journées payées par les convalescents.
Ce prix de journée est de 5o centimes pour les sociétés de secours mutuels , de 75 centimes pour les ouvriers des ateliers ayant souscrit un abonnement.
Pour tous ceux qui viennent directement de leur domicile le prix de la journée est de i fr. Nous rappellerons ici que chaque journée de convalescent coûte à TAsile a fr. 4o c, y compris les frais généraux. Cette ressource financière des journées payées ne s'est jamais élevée au-dessus de 3,000 à 3,5oo francs.
3® A ces divers revenus il faut ajouter la part qui re- J vient à l'Asile sur les fonds provenant du legs Monlyoïj Celte part de subvention n'esl réglée que sur les ai dations de l'Assistance publique. Elle s'est éieyjWk 29,665 fr. en i858 et à î>8,8oo fr. en 1859, mo^du dixième des sommes dépensées pour les convalwents envoyés à l'Asile par les hôpitaux de Paris.
4^ L'Asile inipérial de Vincennes possède des i meubles.
Sur un terrain de 10,800 mètres donnés par l'empereur, et grâce à une subvention de a millions fournie par le ministère de Tintérieur pour les cités ouvrières, 16 maisons ont été construites, comprenant 36 boutiques et 3ii logements.
Ces logements , destinés à des ouvriers ou à de petits ménages d'employés, sont loués à des prix très-modérés, de 90 à a5o francs; le prix des appartements, au premier, ne dépasse pas 600 francs. Le revenu probable de ces imm«ubl^ , dont l'empereur a doté l'Asile par acte""
(1852 1865) LIYKE XXI. CHAPITRE I. a3l
passé devant M* Mocquard ^ est évalué, pour une année, à QO^ooo francs.
Quelques esprits critiques se sont demandé si ce bjenr être passager dont jouissent les ouvriers convalescents ne doit pas leur rendre à la sortie leurs privations , Jeurs fatigues plus difficiles à supporter^ leurs travaux, leqrs devoirs plus pénibles à accomplir. Nous sommes loin de partager de telles opinions., de telles craintes ; nous estimons au contraire que les soins, les égards dont le3 ouvriers sont entourés à TAsile impérial les élèvent à. leurs propres yeux. Ils contractent ainsi , pendant leur séjour, des habitudes d'ordre, de régularité, d*urbanité.
tes intérêts de Tagriculture devaient, eux aussi, trouver leur compte dans les transformations et les embelli^ements de Vincennes. On comprend que nous faisons allusion à la création de la Ferme impériale.^ de ce qu'on peut diÇ'felerle champ d'expérience.
Cette ferme a surgi, comme par enchantement, sous riinpulsion des ordres de Temper^ur, , dans la plaine.qui s'étend entre .la route de Vincennes à Joinville-le-Pont et le chemin du fort à la redoute de Gravelle. Ce fut vers le mois d'octobre i858 que l'on entreprit le défrichement de cette vaste surface, qui ne comprend pas moins de a5o hectares. Au mois de mars de l'année suivante tout était ameubli, nivelé, mis en culture, et bientôt un luxuriant manteau de verdure succédait à l'herbe rare et desséchée de la plaine. Mais, ainsi que nous l'avons déjà dit à cette place , en fait de bâtiments comme pour le sol, tout était à créer. Sous la direction de M. Fould, alors ministre d'État et de la maison de, l'Empereur, en moins de deux moisi^ i^ap ferme coiisidérablçy. pjr^entant
une surface bâtie de a,ooo mètres carrés, était construite, terminée complètement et prête à recevoir son bétail. Cinq mois s'étaient écoulés depuis l'origine des défrichements, et la ferme était nantie de ses animaux, pourvue de son matériel, et vivait largement sur les fourrages donnés par ses terres.
L'empereur a mis trois hectares à la disposition de M. Georges Ville, professeur de physique végétale au Muséum d'histoire naturelle. Ce savant a appliqué la science à un nouveau système d'engrais et de fertilisation et a obtenu des résultats prodigieux quant au rendement et à la bonne qualité des céréales. En i863 le blé d'hiver, provenant de la grande parcelle de terrain prise pour type du maximum de récolte, a rendu à l'hectare 47 hectolitres et une fraction. Les deux années précédentes on avait employé le blé de mars , qui avait donné en moyenne 3o hectolitres à l'hectare, ce qui porte la production totale, à ce jour, à 107 hectolitres, représentant en argent 2, i4o francs, à raison de 20 francs l'hectolitre^ sans parler de 7 à 8,000 kilogrammes de paille. Si l'on songe que la dépense à l'hectare n'a pas dépassé 5 à 600 francs d'engrais, il sera facile de se faire une idée des nouveaux horizons que semble ouvrir un pareil système à l'agriculture de notre pays.
Après avoir décritles grandes promenades dont s'enorgueillit Paris , et qui rivalisent dignement avec les parcs et les splendides jardins de Londres, nous rentrerons dans l'enceinte de la ville pour mentionner des créations du même genre, d'une importance moindre, mais qui sont mieux goûtées du peuple parisien parce qu'elles sont plus à sa portée et plus rapprochées de lui. En effet, pour arriver